Annuler Se connecter lire plus tard Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo Sans paiement. Les parents ont témoigné de façon glaçante au procès de l’animateur Frédéric S., jugé à Nantes pour agressions sexuelles. Un couple se présente à la barre. Comme d’autres parents des 13 enfants parties civiles dans ce procès, ils ont demandé à témoigner lors de cette deuxième journée d’audience, le mardi 16 décembre. En 2019, leur fille de 4 ans leur raconte avoir reçu un premier «bisou» sur la bouche, puis un second, de la part de Frédéric S., animateur périscolaire dans son école maternelle de Rezé (Loire-Atlantique), jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Nantes. «Quand elle relate ces faits, c’est très spontané, ma fille me raconte qu’elle va ‘se marier avec Frédéric’ et elle n’a pas l’impression que c’est mal», se souvient sa mère. «Je n’ai aucun doute sur les paroles de ma fille. Il y a un rapport de confiance absolu entre nous : depuis toute petite, elle est ‘nos yeux’, à mon mari et moi qui sommes déficients visuels. La parole a une importance d’autant plus centrale entre nous», confie la mère de famille. «Ma fille, depuis toute petite, a une notion très précise des mots qu’elle emploie. J’ai totalement confiance en ma fille. Étant non-voyant, elle m’a évité plein d’accidents, elle ne m’a jamais menti», assure son père. «Et les maux du corps parlent», insiste-t-il. Après la période des faits, sa fille a notamment souffert d’encoprésie, une incontinence fécale. Les témoignages se succèdent, dans un silence absolu. Par moments, certains quittent la salle, ou laissent échapper un sanglot. «Mon fils s’est fait violer», lâche, la voix brisée par l’émotion, cette autre maman. Si la qualification de viol n’a pas été retenue dans ce dossier, elle déclare que, selon son fils, Frédéric S. l’aurait «suivi dans les toilettes» et lui aurait «mis un doigt dans les fesses (…), ce qui lui a fait mal à cause de ses ongles». Si la majorité des 13 enfants constitués parties civiles dans ce procès sont des filles, il y a aussi des garçons. «Mon petit garçon a suivi toute l’audience, il vous a vu mentir. S’il y a encore des gens qui croient à vos mensonges, ils sont bien naïfs», lâche-t-elle en s’adressant au prévenu. «Je n’attends pas vos aveux. Je travaille en prison, aujourd’hui. Les trafiquants de stupéfiants avouent, les voleurs avouent, les meurtriers avouent, les violeurs : jamais.» La mère d’une autre fillette prend la parole. «Il m’a volé ma fille», affirme-t-elle, dans un déchirement de voix. Elle explique avoir constaté, à l’époque des faits, des changements brutaux chez son enfant, comme des comportements sexualisés, une puberté précoce. Sa fille souffre, elle aussi, d’encoprésie. Concernant d’éventuels attouchements, elle explique avoir fait un jeu de rôle pour savoir comment sa fille «jouait avec Frédéric». L’enfant lui raconte alors que Frédéric S. a «ouvert sa braguette et montré son zizi», et lui a «fait pipi au visage». Les différentes évaluations psychologiques et médicales réalisées sur les victimes au cours de l’enquête font état de symptômes post-traumatiques. Luis Alvarez, psychiatre et pédopsychiatre, a été entendu à ce sujet lors du premier jour d’audience, en visioconférence. Il a examiné trois enfants dans cette affaire. «L’un des défis pour l’enfant, c’est de pouvoir traduire avec ses mots ce qu’il a vécu. Pour beaucoup d’enfants, la figuration d’une fellation, c’est ‘faire pipi dans la bouche’. L’enfant n’a pas notion de la sexualité adulte», explique l’expert. «Excusez mon langage, mais ce jour-là, je me suis pris un camion dans la gueule», déclare la mère d’une autre victime. Sa fille, âgée de 3 ans à l’époque des faits, raconte que Frédéric S. lui a introduit «un testicule dans la bouche». Peu après cette période, l’élève de maternelle a développé plusieurs symptômes post-traumatiques, allant jusqu’à se «lacérer le clitoris» car «il était sale parce que Frédéric l’avait touché». Crises de colère et pleurs, conduites masturbatoires, troubles alimentaires… L’examen psychologique réalisé lors de l’enquête relève un changement radical et soudain de comportement après la période des faits. «Je suis toujours en recherche de vouloir être aimé, avoir de l’affection, sans aucune arrière-pensée sexuelle», assure le sexagénaire. La première journée d’audience avait dû être interrompue plus tôt que prévu, le prévenu déclarant souffrir de «vertiges» et «se sentir mal». Fréderic S. a notamment fait un parallèle entre son cas et les erreurs judiciaires du procès d’Outreau, se considérant comme «victime» et clamant son innocence. Des propos qui ont suscité l’indignation des parties civiles. «Je n’ai jamais demandé à des enfants de ‘me caresser la nuque’ ou de ‘tirer mes poils de torse’, (…) rien de tout ça ne s’est passé.» Comme la veille, Frédéric S. continue de nier en bloc : «Les enfants sont proches de moi car ils m’aiment bien, je n’ai pas d’hyperproximité avec les enfants. Est-ce que j’aurais dû écarter ces enfants ? J’ai mal géré le danger que j’encourais en faisant ce métier. J’ai simplement agi avec les mêmes gestes et postures que mes collègues femmes. Tout ça, c’est parce que je suis un homme», se lamente le prévenu. «Ce n’est jamais votre faute mais toujours celle des autres : celle des enfants, des autres animateurs (…) Vous répétez les mêmes choses et le temps avance, Monsieur S.», observe la présidente du tribunal. De leur côté, les parents espèrent une condamnation. «On s’en remet à la justice, pour que les faits soient reconnus, insiste le père de l’un des enfants. Je souhaite que la justice accomplisse son travail. Pour nos enfants, c’est trop tard… Mais pour les autres.» Plusieurs parents évoquent aussi des failles dans le recrutement ou l’encadrement des animateurs et des dysfonctionnements dans la gestion du secteur périscolaire par la municipalité de Rezé, où exerçait Frédéric S. «Il est temps que les choses changent, un homme déjà signalé une fois ne peut pas continuer de travailler dans un établissement scolaire avec des enfants», dénonce un père.

Ils attendaient ce procès depuis presque sept ans. Les parents des victimes, aujourd’hui âgées d’une dizaine d’années, ont témoigné mardi au tribunal correctionnel de Nantes.

Sans abonnement, il est possible de créer un compte ou de se connecter. Marie Grimaud, avocate d’une dizaine de parties civiles, s’adresse à Frédéric S., le prévenu, lors de la deuxième journée d’audience au tribunal correctionnel de Nantes. Elle est entourée de parents des 13 enfants parties civiles dans ce procès, qui ont demandé à être entendus. Les témoignages poignants des parents révèlent des faits troublants et des conséquences traumatiques sur les enfants. Les parents espèrent une condamnation et dénoncent les failles dans la gestion du secteur périscolaire par la municipalité de Rezé. «Il est temps que la mairie prenne conscience de son rôle crucial dans la protection de nos enfants», déclare un autre. Après les témoignages des parents, les plaidoiries des avocats et les réquisitions du procureur sont attendues mardi en fin d’après-midi. Aucun abonnement. Dans une salle d’audience pleine au tribunal correctionnel de Nantes, l’avocate de plusieurs parties civiles, Marie Grimaud, s’adresse au prévenu, Frédéric S., le 16 décembre 2025. Un couple prend la parole, représentant des parents des 13 enfants parties civiles dans ce procès. Ils racontent comment leur fille de 4 ans a été victime d’attouchements de la part de l’accusé, un animateur périscolaire. D’autres témoignages poignants décrivent des agissements similaires, causant des traumatismes profonds aux enfants. Malgré les dénégations de l’accusé, les parents espèrent une condamnation afin que justice soit rendue et que des mesures soient prises pour éviter de tels drames à l’avenir. «La mairie doit prendre conscience de son rôle dans la protection de nos enfants», exprime un participant, soulignant ainsi l’importance de l’engagement des autorités locales. Après les témoignages poignants des parents, les avocats présenteront leurs plaidoiries et le procureur fera ses réquisitions mardi en fin d’après-midi.

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