«Ce ne sont pas des violences policières», a réagi le ministre de l’Intérieur suite aux publications de vidéos mettant en cause les gendarmes. Le ministre de l’Intérieur réagit aux vidéos mettant en cause les gendarmes: «Il y a eu un usage illégal»

«Tiens ta mère la pute», «mettez-leur une GM2L dans la gueule», ces mots viennent des caméras-piétons des gendarmes lors de la manifestation contre le projet de bassines à Sainte-Soline en mars 2023. Des vidéos révélées par Médiapart et Libération. Le ministre de l’Intérieur a demandé l’ouverture d’une enquête administrative.

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“Pue-la-pisse”, “enculés”, “chiens”, ce sont les qualificatifs utilisés par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestants lors des mégabassines en mars 2023 à Saint-Soline. Des éléments révélés par Médiapart et Libération ce mercredi 5 novembre dans une enquête vidéo. Les journalistes ont visionné 84 heures d’images réalisées par les caméras-piétons des gendarmes.

Dans les vidéos révélées par les médias, on peut entendre les gendarmes échanger entre eux :

– “Y’a un enculé que j’ai eu à la tête mon gars.
– Ah ouais.
– Dis pas ça devant la caméra.”

Dans ces images, on entend les gendarmes parler “d’un vrai kif” et se réjouissent des militants “éborgnés”, ou encore “J’ai signé pour ça mec, j’ai attendu dix ans de gendarmerie pour vivre ça.”

L’enquête vidéo, publiée conjointement par Libération et Mediapart, montre des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser «l’adversaire», lors de la manifestation interdite de Sainte-Soline, le 25 mars 2023.

© Archives France Télévisions

Des propos “condamnés” par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ce jeudi 6 novembre sur France Inter. Il ne les qualifie pas comme “des violences policières” mais “des gestes violents qui pourraient ne pas être proportionnés.” “Il y a une enquête qui l’établira et il y aura des sanctions.”

Julien Le Guet, porte-parole du mouvement ‘Bassines Non Merci !’, estime que «la lumière enfin va pouvoir être faite» sur les agissements des forces de l’ordre, le 25 mars 2023. «C’est dans l’ordre des choses qu’une demande d’enquête administrative soit ouverte, mais c’est regrettable que cela sorte que maintenant», poursuit-il. «Il est temps qu’ils soient jugés pour leurs comportements illégaux, et qu’ils fassent l’objet de sanctions adéquates.»

Pour la députée écologiste de la Vienne, Lisa Belluco, présente dans le cortège ces propos sont «choquants.» «Venant de personnes censées protéger la population, tenir ce genre de mots et réaliser des gestes manifestement interdits par la loi, c’est choquant.» Elle ajoute, «ce qui me choque le plus, c’est que ce n’est pas un cas isolé. Ce sont neuf escadrons sur les quinze. Ils ont reçu des ordres de gradés sur place en ce sens.»

«The important thing today in the investigation is to know where these instructions come from.»

The important thing today in the investigation is to know where these instructions come from.

Lisa Belluco

Ecologist Deputy from Vienne

The deputy points out the presence of families in the processions, people with disabilities, and elected officials. «These videos provide us with evidence of what we were saying. There was clearly an illegal use on the part of the gendarmes. We need to shed light on the situation.» Regarding the behavior of the police, «they feel justified when the discourse is that all these people want to harm them. In the images revealed by Médiapart and Libération, we can see that the protesters are calm.»

On the side of the protesters, a collective also reacts to these revelations. They contest the initial conclusions drawn by the General Inspection of the National Gendarmerie (IGGN): «We denounce a partial and incomplete investigation, giving almost exclusive voice to the gendarmes and the emergency services working with them. The point of view of the protesters, especially the medics who treated the injured, the people who called for help, is completely absent. We refuse to take the IGGN investigation at face value without any critical distance.»

On March 25, 2023, in Sainte-Soline in the Deux-Sèvres region, activists opposed to the mega-reservoir project decided to mobilize against the project. A demonstration banned by the Deux-Sèvres prefecture had gathered nearly 20,000 to 30,000 protesters according to organizers and 6,000 according to the police.

Among the protesters, several people had been seriously injured.

© Archives France Télévisions

Facing these overwhelmingly peaceful protesters, an unusually large police presence was observed. Twenty squadrons of armed mobile gendarmes, some traveling on quads, nine helicopters, four water cannons, and four armored vehicles.

The count of ammunition fired by the prefecture attests to the level of violence on the scene. The gendarmerie reported having deployed nearly one tear gas grenade per registered protester, totaling 5015. 89 stun grenades and 40 flashbang grenades were also launched by law enforcement. Finally, 81 LBD shots must be added to the count.

The use of violence, already denounced by those present on site, is now confirmed by the videos revealed by Médiapart and Libération.

Following the firing of tear gas grenades, two protesters remained in a coma for a long time. One of them, Serge D., suffered a fractured skull and continues to have severe lifelong consequences.

«Hold your mother, the whore», «put a GM2L in their faces», these words come from the gendarmes’ body cameras during the protest against the reservoir project in Sainte-Soline in March 2023. Videos revealed by Médiapart and Libération. The Minister of the Interior has requested the opening of an administrative investigation.

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Selon les organisateurs, une manifestation qui avait été interdite par la préfecture des Deux-Sèvres a rassemblé entre 20 000 et 30 000 manifestants, tandis que la police a estimé le nombre à 6 000 personnes. Face à ces manifestants majoritairement pacifistes, un dispositif policier extrêmement important a été déployé. Vingt escadrons de gendarmes mobiles armés, certains circulant en quad, neuf hélicoptères, quatre canons à eau, et quatre véhicules blindés étaient présents sur place.

Le décompte des munitions utilisées par la préfecture témoigne du niveau de violence durant la manifestation. La gendarmerie a déclaré avoir tiré près d’une grenade lacrymogène par manifestant, soit un total de 5 015 grenades lacrymogènes. En plus, 89 grenades de désencerclement et 40 grenades assourdissantes ont été lancées, ainsi que 81 tirs de LBD. Ce recours à la violence a été dénoncé par les témoins sur place, et des vidéos publiées par Médiapart et Libération ont confirmé ces témoignages.

À la suite des tirs tendus de grenades lacrymogènes, deux manifestants sont restés dans le coma pendant un certain temps. L’un d’eux, Serge D., a subi une fracture du crâne et garde des séquelles graves pour le reste de sa vie.

Des caméras-piétons des gendarmes ont enregistré des propos injurieux tels que «Tiens ta mère la pute» et «mettez-leur une GM2L dans la gueule» lors de la manifestation contre le projet de bassines à Sainte-Soline en mars 2023. Ces vidéos ont été révélées par Médiapart et Libération, entraînant l’ouverture d’une enquête administrative par le ministre de l’Intérieur.

De nouveaux éléments ont été divulgués récemment, montrant que les forces de l’ordre ont proféré des insultes telles que «Pue-la-pisse», «enculés» et «chiens» à l’encontre des manifestants lors de l’événement. Ces révélations ont été faites dans le cadre d’une enquête vidéo menée par Médiapart et Libération le 5 novembre.

La violence exercée par les forces de l’ordre lors de cette manifestation interdite a suscité de vives réactions et soulevé des questions sur les méthodes de maintien de l’ordre. Les conséquences graves pour les manifestants blessés soulignent l’importance d’une enquête approfondie pour garantir la responsabilité et la transparence dans de telles situations. Les journalistes ont regardé 84 heures d’images provenant des caméras-piétons des gendarmes. Dans les vidéos diffusées par les médias, on peut entendre les gendarmes échanger des propos tels que : «Y’a un enculé que j’ai eu à la tête mon gars. – Ah ouais. – Dis pas ça devant la caméra.» Dans ces images, les gendarmes parlent de «vrai kif» et se félicitent des militants «éborgnés», en disant : «J’ai signé pour ça mec, j’ai attendu dix ans de gendarmerie pour vivre ça.»

Ces propos ont été condamnés par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le jeudi 6 novembre sur France Inter. Il ne les qualifie pas de «violences policières» mais de «gestes violents qui pourraient ne pas être proportionnés.» Il a annoncé qu’une enquête serait menée pour établir la vérité et qu’il y aurait des sanctions.

Julien Le Guet, porte-parole du mouvement ‘Bassines Non Merci !’, a déclaré que «la lumière enfin va pouvoir être faite» sur les agissements des forces de l’ordre le 25 mars 2023. Il a ajouté qu’il était temps que les responsables de ces comportements illégaux soient jugés et sanctionnés.

La députée écologiste de la Vienne, Lisa Belluco, a qualifié ces propos de «choquants» et a souligné qu’il était important de savoir d’où venaient les consignes données aux gendarmes. Elle a rappelé la présence de familles, de personnes en situation de handicap et d’élus dans les cortèges et a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur ces événements.

Un collectif de manifestants a contesté les conclusions de l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN), dénonçant un travail lacunaire et partial qui ne prendrait pas en compte le point de vue des manifestants et des secours présents sur place.

Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, des militants se sont mobilisés contre un projet de mégabassines.

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