Cette première enquête avait été déclenchée par un reportage de Mediapart au sujet de la plate-forme Kick, qui donne notamment accès à des contenus violents en un simple clic. Marie Turcan, qui a signé ce sujet pour Médiapart, a répondu aux questions de France 3 Côte d’Azur.
Qu’est-ce que la plate-forme vidéo Kick ?
«C’est une plateforme australienne de streaming, crée en 2022, qui met en ligne des contenus vidéos dont certains sont violents, humiliants et qui réunit 160 000 abonnés. La chaîne Jean Pormanove, Raphaël Graven, de son vrai nom, rassemblait généralement des milliers de personnes chaque soir.»
Vous avez enquêté sur ce phénomène, qu’avez-vous découvert ?
«Au fil du temps cette plateforme s’est fait une réputation de Far West, un eldorado pour les streamers qui n’ont plus leur place sur d’autres plateformes, le problème c’est l’absence de modération. Il y a ce que j’appelle le business de la maltraitance, certains internautes sont disposés à payer pour voir ces scènes dégradantes.»
Où le phénomène a-t-il pris le plus d’ampleur ?
«C’est manifestement aux Etats-Unis, où l’on assiste à un déferlement de violence, notamment un projet a vu le jour sur Kick où de faux profils ont piégé avec l’aide d’une jeune fille de 15 ou 16 ans des hommes, leur fixant un rendez-vous, une fois sur place ils sont humiliés, on les force à manger de la pâtée pour chats, le tout étant filmé et diffusé.»
Qu’en est-il en France, peut-on limiter ou interdire Kick ?
«Oui, des sanctions sont possibles en cas de débordements, la chaîne Jean Pormanove a été plusieurs fois suspendue après des signalements à l’ARCOM, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. En revanche, peu de réactions des pouvoirs publics qui peuvent facilement bloquer l’URL des sites en question, comme cela s’est fait récemment avec les sites pornographiques. Le problème, c’est que lorsqu’une chaîne disparaît, une autre prend sa place sur le même type de contenus.»
Le problème, c’est que lorsqu’une chaîne disparaît, une autre prend sa place sur le même type de contenus.»
Au cours d’un «live» sur la plateforme Kick, le streamer français Raphaël Graven, également connu sous le nom de «Jean Pornamove», est décédé après avoir subi des violences pendant 12 jours. La journaliste de Mediapart, Marie Turcan, a mené une enquête approfondie sur ce phénomène alarmant de société et partage ses conclusions.
Après le décès de Raphaël Graven, le Parquet de Nice a ouvert une enquête pour élucider les circonstances entourant sa mort. Cette enquête fait suite à une précédente enquête ouverte en décembre 2024 pour des accusations de provocation publique, violences volontaires en réunion et diffusion d’enregistrements d’images liées à des infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne.
La première enquête avait été initiée à la suite d’un reportage de Mediapart sur la plateforme Kick, qui permet un accès facile à des contenus violents. Marie Turcan, l’auteure de l’article pour Médiapart, a répondu aux questions de France 3 Côte d’Azur pour apporter des éclaircissements sur cette affaire.
Qu’est-ce que la plate-forme vidéo Kick ?
«Kick est une plateforme australienne de streaming fondée en 2022, qui diffuse des contenus vidéo, dont certains sont violents et humiliants, attirant 160 000 abonnés. La chaîne Jean Pormanove, alias Raphaël Graven, rassemblait généralement des milliers de spectateurs chaque soir.»
Que révèle votre enquête sur ce phénomène ?
«Au fil du temps, Kick s’est forgé une réputation de Far West, de terre promise pour les streamers exclus d’autres plateformes, en raison d’un manque de modération. Il existe ce que j’appelle un ‘business de la maltraitance’, où certains internautes sont prêts à payer pour voir des scènes dégradantes.»
Où ce phénomène est-il le plus répandu ?
«Il semble que ce phénomène soit plus répandu aux États-Unis, où l’on observe une montée de la violence. Un projet sur Kick a été lancé, où de faux profils ont piégé des hommes avec la complicité d’une jeune fille de 15 ou 16 ans, les humiliant sur place en les forçant à manger de la pâtée pour chats, le tout étant filmé et diffusé.»
Peut-on limiter ou interdire Kick en France ?
«Oui, des sanctions peuvent être prises en cas de débordements. La chaîne Jean Pormanove a été suspendue à plusieurs reprises après des signalements à l’ARCOM, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Cependant, les pouvoirs publics ont peu réagi, bien qu’ils puissent facilement bloquer les URL des sites incriminés, comme cela a été fait récemment avec les sites pornographiques. Le défi réside dans le fait qu’une fois qu’une chaîne est supprimée, une autre prend sa place avec des contenus similaires.»
Lorsqu’une chaîne disparaît, une autre prend sa place sur le même type de contenu.
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