Comment se reconstruire dix ans après ? Entre histoires individuelles et tragédie collective, des victimes se livrent. Ils se prénomment David, Babou, Véronique et Nadia. Rescapés des attentats de novembre 2015 ou parents endeuillés. En février 2025, dix ans après les attentats, des victimes se livrent sur leur expérience. Ils racontent comment ils ont survécu à l’horreur des attaques, au procès et comment ils essaient aujourd’hui de se reconstruire. La salle du «V13», où vingt hommes ont été jugés pour les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, reste gravée dans la mémoire collective. Les images des explosions et des attaques sont toujours présentes dans leur esprit. Nous suivons les témoignages de survivants, d’avocats, de juges et de proches de victimes, qui partagent leurs émotions et leurs difficultés à reprendre une vie normale après cette tragédie. «C’était ce qui me soutenait aussi», affirme Véronique Maitrot, mère d’une victime. Le procès a été un moment clé dans leur processus de reconstruction, marquant la fin d’une étape difficile mais essentielle dans leur parcours. Comment se reconstruire dix ans après ? Entre histoires individuelles et tragédie collective, des victimes se livrent. Une salle a été spécialement construite au sein même du palais de justice de Paris pour mettre en scène cet événement historique. «C’est un moment que j’attendais depuis longtemps, depuis plusieurs semaines avec une appréhension parce que je savais qu’il y aurait beaucoup de monde, que la salle allait être pleine», se remémore Jean-Louis Périès, président de la Cour d’assises spéciale. «La première fois que je rentre dans la salle des pas perdus, je m’attendais à voir du monde, mais pas autant en fait. C’était noir de monde !», se souvient David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan. «À ce moment-là, je me prends vraiment au visage le fait que pendant 10 mois, j’allais assister à quelque chose d’extrêmement puissant, mais aussi que ça allait rassembler toute la mémoire du 13 novembre», souligne-t-il. Rescapés et endeuillés. Cela fait six ans que chacun attend cette échéance judiciaire pour comprendre, trouver des réponses à ce drame et se délester d’un bagage bien trop lourd à porter seul. «Je voulais faire entendre encore une fois le nom de ma fille.» – Véronique Maitrot, mère de Claire, décédée au Bataclan. «C’est vrai que je voulais témoigner en hommage à ma fille, mais honnêtement, je pense que j’avais besoin de passer quelques messages sur la violence, j’avais besoin de ça», souffle Nadia Mondeguer, mère de Lamia, décédée à la Belle Equipe. «Moi, je considérais que je n’avais pas souffert et donc, du coup comme on n’a pas souffert, on se dit : ‘qu’est-ce qu’on va venir dire, il ne faut pas venir se plaindre non plus ! Donc, je ne voulais pas du tout témoigner sauf que le deuxième jour d’audience, Salah Abdeslam a pris la parole. Il a dit dans cette salle : ‘qui pense aux victimes du Proche et du Moyen-Orient en Irak et en Syrie ?’ Et en fait, moi, ça m’a heurté parce que moi je viens d’Iran. C’est là où je me suis dit que j’allais parler», explique Bahareh Akrimi dite Babou, rescapée du Carillon. «J’ai été pris en otage pendant 2h30 par des terroristes au Bataclan, on a frôlé la mort à toutes les étapes de cette prise d’otage. Il y avait ce truc-là de se dire : ‘vous allez payer pour ce que vous m’avez fait en fait !’ J’avais une haine envers ces hommes-là parce que j’avais souffert en fait», confie de son côté David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan. Dans cette salle où la parole se libère, chacun prend peu à peu conscience de la souffrance de l’autre. Les récits sont uniques, mais le drame est collectif. «On a rencontré dans cette salle des parties civiles qui sont devenues des amis», déclare Nadia Mondeguer. En janvier, les interrogatoires des accusés commencent. Des membres des commandos meurtriers, il n’en reste qu’un. Et cristallise toutes les attentions et les ressentiments. Si certains restent mutiques, la plupart de ces hommes acceptent de s’expliquer. Certains livrent même des regrets. «C’était important d’entendre qu’ils aient leur mot à dire, d’entendre Abdeslam dire : ‘oui, j’ai été dans un café, j’ai essayé et en fait ça ne s’est pas fait. Que je le crois ou pas, ce n’est pas la question. Comment reconstruire sa vie dix ans après ? Entre les histoires individuelles et la tragédie collective, des victimes se confient. «Je me suis rendu compte que je souffrais plus de leur silence que du fait qu’ils parlent», explique David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan. «J’ai senti une véritable évolution positive venant de mon client. Mon client, c’est quelqu’un qui avait beaucoup de difficulté à s’exprimer. Il avait passé six ans de détention provisoire très souvent à l’isolement. À force, je crois, de renouer contact avec l’humanité, sortir de son isolement, à force de voir des gens défiler à cette barre, d’entendre des gens s’exprimer et avec la possibilité de lui laisser un espace de parole, je crois que progressivement, il a pris confiance dans son langage, et j’ai pu voir quelqu’un de complètement différent à l’arrivée, à la fin de ce procès que celui qu’il était au tout début», affirme Négar Haeri, avocate. «La justice est passée et donc moi aussi je peux avancer», assure David Fritz Goeppinger. Pourtant, tout n’aura pourtant pas été dit. De nombreuses questions resteront sans réponse. Le 29 juin, le verdict est prononcé. Les accusés sont condamnés à des peines allant de deux ans de réclusion criminelle à la perpétuité incompressible. Six ans et demi après l’horreur des attentats, les victimes vont pouvoir, enfin, conjuguer au passé leur statut de partie civile. «Il reste du mal bien sûr. Il reste de la noirceur, il reste un stress post-traumatique etc. mais la justice est passée et donc moi aussi, je peux avancer», assure David Fritz Goeppinger. «Il y avait un soulagement. Un ‘c’est déjà fini’, mais après, il y a une petite appréhension. Moi j’avais été stimulée intellectuellement grâce à ce procès. Et j’avais peur aussi de perdre un truc et de me retrouver à retourner dans mon travail normal, et faire des choses qui m’intéressent peut-être moins que ça», explique Bahareh Akrimi, dite Babou, rescapée du Carillon. «Il fallait avant la fin de ce procès, prévoir quelque chose pour la suite. Parce qu’effectivement, il y a presque un vertige de ce procès qui est assez fou», déclare Negar Haeri, avocate. «Les parties civiles qui n’osaient pas venir au début et qui finalement ne voulaient plus quitter cette salle, l’ont dit à la fin du procès : ils venaient au village. C’est quand même extraordinaire cette expression», s’étonne encore aujourd’hui Jean-Louis Périès, président de la Cour d’assises spéciale. Pour certains, l’après procès a créé un vide parfois abyssal. Retrouver un autre rythme, reprendre son travail et retourner à sa vie de famille, là où on l’avait laissée. Remplir ses journées autrement. Pas si simple. Un peu déboussolé, David a pu compter sur un noyau dur de proches. Sa femme, mais aussi Stéphane rencontré il y a dix ans. Il fait partie du groupe surnommé les «potages», contraction des mots potes et otages. «Après le procès, j’ai de nouveau eu besoin de retrouver Steph, les potages etc. pour me réinscrire aussi un peu avec eux, pour profiter de la vie en fait tout simplement», explique David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan. «On se comprend sans avoir besoin de se reraconter ce qu’on a vécu. On sait qu’on peut compter les uns sur les autres», affirme Stéphane Toutlouyan, rescapé du Bataclan. «On a été pris en otage ensemble», rappelle David. Comment se reconstruire dix ans après ? Entre histoires individuelles et tragédie collective, des victimes se livrent. «Notre mission, c’était de surveiller l’extérieur pour prévenir les terroristes s’il y avait la police qui arrivait», précise-t-il. «Dès que je suis sorti, oui j’ai eu besoin de retrouver les personnes qui étaient dans ce couloir car j’avais l’impression que c’était tellement improbable que j’avais besoin de confronter ma version, ce que j’avais vécu», ajoute Stéphane. «Moi ma fraternité par rapport au 13 novembre, elle a commencé avec Stéphane. S’il n’était pas venu me chercher, je ne suis pas sûr que j’aurais rejoint Life For Paris et même les autres groupes de victimes», assure David. «Stéphane m’a vraiment dit : ‘bon, allez viens ! On va essayer d’aller mieux ensemble’, et en fait, ça a marché», se rappelle-t-il. «C’est très compliqué de savoir s’il faut s’éloigner pour effectivement passer à autre chose, ou au contraire, se rapprocher parce que c’est un cocon rassurant», s’interroge Stephane. Une mémoire à transmettre. Cette histoire singulière, David et Stéphane ont eu besoin de la transmettre. Ils la racontent désormais devant des classes partout en France. «C’était une manière de trouver du sens à tout ça», estime Stéphane. «Aller rencontrer les élèves, c’était aussi parler à la société. Dire à ces générations futures qu’on a vécu ça un soir de 13 novembre, et que malheureusement c’est possible !», ajoute David. Comment préserver cette mémoire ? Un véritable enjeu pour les victimes et les collectivités. Dans cette réserve à l’adresse tenue secrète, sont conservés des objets qui constituent la mémoire du 13-Novembre. «Là, ce sont des éléments de mobilier qui viennent de la Belle Equipe. On a récupéré deux chaises qui portent bien sûr la marque de la violence avec les impacts de Kalachnikov», explique Claire Lartigue, chargée des collections du futur musée mémoriel. Sur ces étagères, se mêlent des scellés judiciaires et des objets intimes des victimes. Ils seront exposés dans le musée mémorial du terrorisme lorsqu’il sera ouvert. Nadia Mondeguer, la mère de Lamia, a fait don du portrait de sa fille Lamia, réalisé par un street artiste. La jeune femme a été assassinée à la terrasse de la Belle Equipe, à 150 mètres de chez sa mère Nadia, d’origine égyptienne. «Je sais que le portrait va là où il faut. Je suis contente. Là, elle est là, elle est vivante, elle nous sourit, elle est apaisée, apaisante. » fetchpriority=»high» as=»image»/> Arthur Dénouveaux, rescapé des attentats et président de l’association Life For Paris. • © France 3 Paris Île-de-France Ce jardin sera inauguré le 13 novembre 2025, jour du 10ème anniversaire des attentats. Un lieu de recueillement et de souvenir pour que les victimes ne soient jamais oubliées. Comment se reconstruire dix ans après ? Entre histoires individuelles et tragédie collective, des victimes se livrent dans le jardin mémorial encore en chantier. Arthur Dénouveaux, rescapé des attentats et président de l’association Life For Paris, explique : «L’idée, c’est qu’on ne voulait pas que ce soit un endroit mort. Il y a beaucoup de minéralités pour rappeler quand même la dureté de ce qui est arrivé. Et puis, il y a tous ces petits détails, il y a ces plantes, il y a ces espaces pour les oiseaux pour rappeler que c’est la vie, qu’on essaye quand même de maintenir ici.» Ce jardin est l’ultime projet porté par l’association Life for Paris et son président Arthur Dénouveaux, lui aussi rescapé des attentats. Après dix ans d’existence, l’association a prévu de se dissoudre le 13 novembre. «Life For Paris, ça a été une aventure humaine incroyable. Ça a été des amitiés, ça a été des mariages, ça a été des bébés. Ça a été d’une intensité complètement folle, et cette béquille-là, ce qui est beau c’est qu’on se les crée nous-mêmes. Mais c’était important pour nous de se dire, ce n’est pas parce qu’on s’est créé une association de victimes qu’on veut y passer notre vie», explique Arthur Dénouveaux. La mémoire c’est bien, c’est ce qui nous permet quand même de progresser, d’avancer. Il faut se souvenir pour ne pas répéter les erreurs du passé. Mais ça peut être aussi un poids très lourd à porter pour les victimes, cela nous enferme, affirme-t-il. Ne pas se laisser enfermer et reprendre la maîtrise d’une trajectoire de vie partie en éclat, quitte à tout envoyer valser. C’est le chemin emprunté par de nombreux survivants. Déménagement, changement de travail, séparation, Babou a coché toutes les cases. Un déclic qui s’est opéré sur les bancs du palais. «Effectivement, la place de victime silencieuse, de partie civile, moi elle ne me convenait pas (…) Je ne pouvais pas rester silencieuse. Fallait en faire quelque chose et de le faire d’une façon personnelle et artistique», explique Bahareh Akrimi, dite Babou. Pendant le procès, l’ancienne free-lance en communication s’est lancée dans des comptes-rendus d’audience en dessin qui ont cartonné sur les réseaux sociaux. Ils ont donné lieu à un livre puis à une série animée. «Je pense que c’était là en moi et qu’il fallait un déclencheur et ça l’a été donc j’ai continué. En ce moment je travaille, je finis de faire un livre sur un rappeur iranien qui est surtout dissident politique», annonce Babou. Un changement de cap, dix ans après les attentats. Même si les souvenirs de la terrasse du Carillon ne sont jamais tout à fait loin. «Ça a changé ma vie de manière positive alors que c’est un événement horrible», déclare Babou. «C’est tellement violent de voir des gens morts là, à côté de toi, que ça pour le coup, je l’ai enfoui.» – Bahareh Akrimi dite Babou, rescapée du Carillon. «La réalité, elle dépasse tellement ce que tu vois, pour le coup je l’ai enfoui. Peut-être, c’est ça aussi qui m’a permis de pouvoir en parler. Parce que j’ai toujours eu cette impression de pas y avoir été. Donc, est-ce que c’est digéré ? J’ai envie de dire oui. Mais est-ce qu’on digère vraiment les choses comme ça au final ? Non», tente-t-elle de comprendre. Il y a les images que son cerveau choisit d’effacer. Et celles intrusives qui ressurgissent à tout moment sans crier gare. C’est le fardeau de nombreuses victimes du terrorisme qui continuent de vivre avec les séquelles.

Ils se prénomment David, Babou, Véronique et Nadia. Rescapés des attentats de novembre 2015 ou parents endeuillés. Dix ans plus tard, ils témoignent de leur expérience de l’horreur des attentats, du procès et de leurs efforts pour survivre à la perte de leurs proches et se reconstruire. En février 2025, la salle du «V13» où vingt hommes ont été jugés pour les attentats du 13 novembre 2015 vit ses derniers moments. Les images des attaques à Paris et à Saint-Denis restent gravées dans la mémoire collective. Des survivants, des avocats, des juges et des proches des victimes partagent leur vécu de ce procès exceptionnel et son impact sur leur processus de reconstruction. Certains trouvent difficile, voire impossible, de reprendre une vie normale après cette épreuve. Une salle a été spécialement construite au sein même du palais de justice de Paris pour mettre en scène cet événement historique. «J’ai réalisé que je souffrais plus de leur silence que du fait qu’ils parlent», explique David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan.

«J’ai senti une véritable évolution positive venant de mon client. Mon client, c’est quelqu’un qui avait beaucoup de difficulté à s’exprimer. Il avait passé six ans de détention provisoire très souvent à l’isolement. À force, je crois, de renouer contact avec l’humanité, sortir de son isolement, à force de voir des gens défiler à cette barre, d’entendre des gens s’exprimer et avec la possibilité de lui laisser un espace de parole, je crois que progressivement, il a pris confiance dans son langage, et j’ai pu voir quelqu’un de complètement différent à l’arrivée, à la fin de ce procès que celui qu’il était au tout début», affirme Négar Haeri, avocate.

«Pourtant, tout n’aura pourtant pas été dit. De nombreuses questions resteront sans réponse. Le 29 juin, le verdict est prononcé. Les accusés sont condamnés à des peines allant de deux ans de réclusion criminelle à la perpétuité incompressible. Six ans et demi après l’horreur des attentats, les victimes vont pouvoir, enfin, conjuguer au passé leur statut de partie civile.

«Il reste du mal bien sûr. Il reste de la noirceur, il reste un stress post-traumatique etc. mais la justice est passée et donc moi aussi, je peux avancer», assure David Fritz Goeppinger.

«Il y avait un soulagement. Un ‘c’est déjà fini’, mais après, il y a une petite appréhension. Moi j’avais été stimulée intellectuellement grâce à ce procès. Et j’avais peur aussi de perdre un truc et de me retrouver à retourner dans mon travail normal, et faire des choses qui m’intéressent peut-être moins que ça», explique Bahareh Akrimi, dite Babou, rescapée du Carillon.

«Il fallait avant la fin de ce procès, prévoir quelque chose pour la suite. Parce qu’effectivement, il y a presque un vertige de ce procès qui est assez fou», déclare Negar Haeri, avocate.

«Les parties civiles qui n’osaient pas venir au début et qui finalement ne voulaient plus quitter cette salle, l’ont dit à la fin du procès : ils venaient au village. C’est quand même extraordinaire cette expression», s’étonne encore aujourd’hui Jean-Louis Périès, président de la Cour d’assises spéciale.

Pour certains, l’après procès a créé un vide parfois abyssal. Retrouver un autre rythme, reprendre son travail et retourner à sa vie de famille, là où on l’avait laissée. Remplir ses journées autrement. Pas si simple. Un peu déboussolé, David a pu compter sur un noyau dur de proches. Sa femme, mais aussi Stéphane rencontré il y a dix ans. Il fait partie du groupe surnommé les «potages», contraction des mots potes et otages.

«Après le procès, j’ai de nouveau eu besoin de retrouver Steph, les potages etc. pour me réinscrire aussi un peu avec eux, pour profiter de la vie en fait tout simplement», explique David Fritz Goeppinger rescapé du Bataclan. «On se comprend sans avoir besoin de se reraconter ce qu’on a vécu. On sait qu’on peut compter les uns sur les autres», affirme Stéphane Toutlouyan, rescapé du Bataclan.

«On a été pris en otage ensemble», rappelle David. Il précise que leur mission était de surveiller l’extérieur pour prévenir les terroristes en cas d’arrivée de la police.
Stéphane ajoute qu’après être sorti, il avait besoin de retrouver les personnes présentes dans le couloir pour confronter sa version des événements, car il trouvait cela tellement improbable.
David affirme que sa fraternité par rapport au 13 novembre a commencé avec Stéphane, qui l’a encouragé à rejoindre Life For Paris et d’autres groupes de victimes. Stéphane lui a dit qu’ils devaient essayer de se sentir mieux ensemble, et cela a fonctionné. Il se demande s’il faut s’éloigner pour passer à autre chose ou rester proche pour se sentir en sécurité. Nadia confie son émotion en retrouvant le portrait grandeur nature de Lamia, figée dans ses 30 ans comme une icône. Elle exprime : «Elle me manque… Je suis heureuse de revoir ce portrait grandeur nature».

Véronique, la mère de Claire décédée à 23 ans, se retrouve dans un square symbolique en face du Bataclan, où sa fille a été assassinée. Malgré l’attente du procès, Véronique affirme qu’aucune justice ne peut réparer la perte de son enfant. Elle partage : «Je suis toujours en colère, je suis toujours triste. Ce sont des pensées qui ne sont pas très gaies. Je vois la vie autour, mais c’est très difficilement supportable».

Véronique souligne l’importance des liens avec d’autres victimes et des associations de soutien pour traverser cette épreuve. Elle décrit le deuil comme une maladie qui ronge, affectant la perception de la réalité et la vie quotidienne.

Un jardin à la mémoire des victimes du 13 novembre est en cours de construction, avec six parcelles en hommage aux six lieux ciblés par les terroristes. Arthur Dénouveaux, président de l’association Life For Paris, explique l’importance de ce jardin en mémoire des victimes, soulignant la tragédie continue des personnes décédées des suites des attentats. Arthur Dénouveaux, président de l’association Life For Paris et rescapé des attentats, parle du jardin mémorial encore en construction. Il souligne que l’objectif est de créer un espace vivant, avec des éléments minéraux rappelant la tragédie mais aussi des détails naturels pour symboliser la vie. L’association Life For Paris, après dix ans d’existence, prévoit de se dissoudre le 13 novembre.

De son côté, Babou, une autre survivante des attentats, a choisi de ne pas rester silencieuse et de transformer son expérience en art. Après avoir réalisé des dessins des audiences du procès qui ont rencontré un grand succès, elle travaille actuellement sur un livre sur un rappeur iranien. Malgré les souvenirs douloureux, elle considère que cette tragédie a changé sa vie de manière positive.

Cependant, Babou reconnaît que certains souvenirs restent enfouis et que la réalité dépasse parfois ce qu’elle peut exprimer. Elle se questionne sur la manière dont on digère de telles expériences et sur la possibilité de véritablement les surmonter. L’un des sujets abordés dans le deuxième livre de David est le traumatisme et le stress post-traumatique causés par l’attentat du Bataclan il y a dix ans. Pour que chacun puisse renouer avec le fil de sa vie, ils se prénomment David, Babou, Véronique et Nadia. Rescapés des attentats de novembre 2015 ou parents endeuillés. Avec A.Blacher, E.Stervinou, A-S.Sfez, F.Turpin, C.Duponchel. Dix ans plus tard, ils partagent leur témoignage, racontant leur expérience de l’horreur des attentats, du procès et leur lutte pour survivre à la perte de leurs proches et se reconstruire aujourd’hui.

Une salle spécialement construite au sein même du palais de justice de Paris a été aménagée pour accueillir cet événement historique. David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan, explique qu’il a réalisé qu’il souffrait plus du silence de ses proches que de leur parole. Il a ressenti une évolution positive chez son client, qui a gagné en confiance en lui grâce au procès. Malgré le verdict prononcé le 29 juin condamnant les accusés, de nombreuses questions restent sans réponse. Pourtant, les victimes peuvent enfin tourner la page de leur statut de partie civile. David se sent soulagé mais appréhende l’après-procès. Bahareh Akrimi, également rescapée, partage ces sentiments. Pour eux, retrouver un nouveau rythme de vie n’est pas facile. Heureusement, ils peuvent compter sur le soutien de leurs proches, comme le groupe surnommé les «potages». Après tout ce qu’ils ont vécu, ils se comprennent sans avoir besoin de se raconter leur histoire. Il souligne que notre mission était de surveiller l’extérieur pour prévenir les terroristes en cas d’arrivée de la police.

Dès que je suis sorti, j’ai ressenti le besoin de retrouver les personnes présentes dans ce couloir car j’avais l’impression que c’était tellement improbable que je devais confronter ma version de ce que j’avais vécu, ajoute Stéphane.

Notre fraternité par rapport au 13 novembre a commencé avec Stéphane. S’il n’était pas venu me chercher, je ne suis pas sûr d’avoir rejoint Life For Paris et les autres groupes de victimes, affirme David. Stéphane m’a vraiment dit : ‘Allez viens! On va essayer d’aller mieux ensemble’, et en fait, ça a marché, se rappelle-t-il. C’est très compliqué de savoir s’il faut s’éloigner pour passer à autre chose ou au contraire se rapprocher car c’est un cocon rassurant, s’interroge Stephane.

Arthur Dénouveaux, rescapé des attentats et président de l’association Life For Paris.

Arthur Dénouveaux, rescapé des attentats et président de l’association Life For Paris.

© France 3 Paris Île-de-France

Le jardin est un lieu de recueillement et de souvenir, un espace pour honorer la mémoire des victimes de cette tragédie. Un endroit pour se recueillir, se souvenir et rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie ce jour-là.

Les familles et les proches des victimes trouvent dans ce jardin un lieu de réconfort, de communion et de solidarité. C’est un endroit où l’on peut se retrouver pour partager nos douleurs, nos souvenirs, et notre amour pour ceux qui nous ont été enlevés trop tôt.

Malgré la douleur et la tristesse qui les habitent, ces familles et ces proches trouvent du réconfort et de l’espoir dans ce jardin, un espace de paix et de sérénité au milieu de la tourmente et du chaos.

Dans le jardin mémorial encore en construction, Arthur Dénouveaux, rescapé des attentats et président de l’association Life For Paris, explique : «L’idée, c’est qu’on ne voulait pas que ce soit un endroit mort. Il y a beaucoup de minéralités pour rappeler quand même la dureté de ce qui est arrivé. Et puis, il y a tous ces petits détails, il y a ces plantes, il y a ces espaces pour les oiseaux pour rappeler que c’est la vie, qu’on essaye quand même de maintenir ici.»

Ce jardin est le projet final de l’association Life for Paris et de son président Arthur Dénouveaux, également rescapé des attentats. Après dix ans d’existence, l’association prévoit de se dissoudre le 13 novembre.

«Life For Paris, ça a été une aventure humaine incroyable. Ça a été des amitiés, ça a été des mariages, ça a été des bébés. Ça a été d’une intensité complètement folle, et cette béquille-là, ce qui est beau c’est qu’on se les crée nous-mêmes. Mais c’était important pour nous de se dire, ce n’est pas parce qu’on s’est créé une association de victimes qu’on veut y passer notre vie», explique Arthur Dénouveaux.

Babou, une rescapée des attentats, décide de reprendre le contrôle de sa vie qui a été bouleversée. Elle utilise son talent artistique pour transformer son expérience en quelque chose de personnel et artistique. Ses dessins des comptes-rendus d’audience du procès des attentats ont eu un grand succès sur les réseaux sociaux, donnant lieu à un livre et à une série animée.

Malgré les souvenirs douloureux, Babou affirme que les événements tragiques ont changé sa vie de manière positive. Elle partage également le défi de surmonter les traumatismes qui persistent malgré les années qui passent. L’un des sujets abordés dans le deuxième livre de David est le traumatisme post-attentat et comment il affecte sa vie quotidienne. David, un rescapé du Bataclan, partage son expérience de vivre avec les séquelles émotionnelles de l’attaque terroriste qui a eu lieu il y a dix ans. Il évoque le stress post-traumatique, les souvenirs douloureux qui le hantent et l’impact que cela a sur sa femme.

David reconnaît que les images de l’attentat le poursuivent au quotidien, même lorsqu’il va au cinéma ou dans les salles de concert. Il se remémore constamment les coups de feu et se sent toujours en état d’alerte, vérifiant les sorties de secours et restant sur ses gardes. Ce traumatisme constant l’a poussé à changer de vie et à rester actif en écrivant des livres, en réalisant des documentaires et en s’impliquant dans des projets artistiques.

Malgré ses efforts pour se reconstruire, David admet qu’il ne pourra jamais complètement comprendre pourquoi il a été pris en otage pendant 2h30. Il espère un jour pouvoir abandonner cette quête de compréhension et laisser derrière lui les sombres souvenirs de cette nuit tragique.

Les survivants du Bataclan, comme David, Babou, Véronique, Nadia et d’autres, ont tous été profondément marqués par cet événement. Certains refusent de faire un bilan de ces dix dernières années, préférant se concentrer sur le présent et honorer la mémoire de ceux qui ont été perdus. D’autres redoutent que la société oublie rapidement ces événements et les pousse à taire leur douleur.

Malgré les cicatrices laissées par les attentats, il y a aussi des récits de courage et de solidarité qui émergent. Les survivants ont trouvé du réconfort dans les liens humains qu’ils ont tissés, et ont continué à avancer malgré les obstacles. Leur histoire inspire et rappelle que la résilience et la fraternité sont des forces puissantes qui peuvent aider à surmonter les pires épreuves.

En réfléchissant à l’impact à long terme de ces attentats, il est clair que les survivants laisseront une empreinte indélébile dans l’histoire collective. Leur force et leur détermination à se reconstruire sont un témoignage poignant de la capacité de l’homme à surmonter l’adversité. Leur histoire restera gravée dans nos mémoires, nous rappelant la fragilité de la vie et la résilience de l’esprit humain.

Ils se prénomment David, Babou, Véronique et Nadia. Rescapés des attentats de novembre 2015 ou parents endeuillés.

Dix ans plus tard, ils témoignent de leur expérience de l’horreur des attentats, du procès et de leur lutte pour survivre à la perte de leurs proches et se reconstruire. En février 2025, la salle du «V13» où vingt hommes ont été jugés pour les attentats de novembre 2015 vit ses derniers moments. Les images des attaques et des massacres restent gravées dans la mémoire collective. Les survivants, les avocats, les juges et les proches des victimes témoignent de l’impact de ce procès sur leur vie et de la difficulté de se reconstruire après une telle tragédie. Véronique Maitrot, mère d’une victime du Bataclan, souligne l’importance pour elle d’assister au procès pour trouver du soutien. Le chemin vers la guérison et la reconstruction est long et difficile pour tous ceux qui ont été touchés par ces événements tragiques. Une salle a été spécialement construite au sein même du palais de justice de Paris pour accueillir cet événement historique.

«Je voulais faire entendre encore une fois le nom de ma fille», déclare Véronique Maitrot, mère de Claire, décédée au Bataclan.

«C’est vrai que je voulais témoigner en hommage à ma fille, mais honnêtement, je pense que j’avais besoin de passer quelques messages sur la violence, j’avais besoin de ça», confie Nadia Mondeguer, mère de Lamia, décédée à la Belle Equipe.

«À ce moment-là, je me prends vraiment au visage le fait que pendant 10 mois, j’allais assister à quelque chose d’extrêmement puissant, mais aussi que ça allait rassembler toute la mémoire du 13 novembre», souligne David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan.

«Moi, je considérais que je n’avais pas souffert et donc, du coup comme on n’a pas souffert, on se dit : ‘qu’est-ce qu’on va venir dire, il ne faut pas venir se plaindre non plus ! Donc, je ne voulais pas du tout témoigner sauf que le deuxième jour d’audience, Salah Abdeslam a pris la parole. Il a dit dans cette salle : ‘qui pense aux victimes du Proche et du Moyen-Orient en Irak et en Syrie ?’ Et en fait, moi, ça m’a heurté parce que moi je viens d’Iran. C’est là où je me suis dit que j’allais parler», explique Bahareh Akrimi dite Babou, rescapée du Carillon.

«J’ai été pris en otage pendant 2h30 par des terroristes au Bataclan, on a frôlé la mort à toutes les étapes de cette prise d’otage. Il y avait ce truc-là de se dire : ‘vous allez payer pour ce que vous m’avez fait en fait !’ J’avais une haine envers ces hommes-là parce que j’avais souffert en fait», confie David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan.

«On a rencontré dans cette salle des parties civiles qui sont devenues des amis», déclare Nadia Mondeguer, mère de Lamia, décédée à la Belle Equipe.

En janvier, les interrogatoires des accusés commencent. Des membres des commandos meurtriers, il n’en reste qu’un. Et cristallise toutes les attentions et les ressentiments. Si certains restent mutiques, la plupart de ces hommes acceptent de s’expliquer. Certains livrent même des regrets. David Fritz Goeppinger, rescapé du Bataclan, explique qu’il a réalisé qu’il souffrait plus du silence de ses proches que de leur parole. Négar Haeri, avocate, témoigne de l’évolution positive de son client après le procès, soulignant qu’il a gagné en confiance et en capacité d’expression. Malgré le verdict prononcé condamnant les accusés, de nombreuses questions restent sans réponse pour les victimes. David Fritz Goeppinger exprime tout de même un sentiment de soulagement après le procès, lui permettant d’avancer. Pour Bahareh Akrimi, dite Babou, rescapée du Carillon, la fin du procès suscite à la fois de l’appréhension et du soulagement.

Negar Haeri, avocate, souligne l’importance de prévoir quelque chose pour l’après procès, alors que Jean-Louis Périès, président de la Cour d’assises spéciale, s’étonne de l’expression des parties civiles se référant au tribunal comme un «village». L’après procès a créé un vide pour certains, mais David Fritz Goeppinger a pu compter sur le soutien de ses proches, notamment du groupe surnommé les «potages». Ils se soutiennent mutuellement sans avoir besoin de se remémorer les événements traumatisants vécus ensemble. Il souligne que notre mission était de surveiller l’extérieur pour prévenir les terroristes en cas d’arrivée de la police. Dès que je suis sorti, j’ai ressenti le besoin de retrouver les personnes qui étaient dans ce couloir car j’avais l’impression que c’était tellement improbable que j’avais besoin de confronter ma version, de revivre ce que j’avais vécu», ajoute Stéphane.

SOURCE

Deja una respuesta

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *