In Meurthe-et-Moselle, nurses are sounding the alarm between physical assaults, threats, and harassment. On Monday, December 15, 2025, a partnership agreement will be signed between the association France Victimes 54 and the Council of Nurses to better support the victims.
As a self-employed nurse for almost twenty years in the Nancy area, Jérôme, 51, did not expect to face such a challenge in his career. With a broken nose and arm, and 45 days of total incapacity for work, he recounts a terrible assault that took place in a building he was familiar with in Vandœuvre. Despite it being a regular stop on his rounds, after confronting someone smoking in the common areas, Jérôme found himself facing an entire family who had come to «settle the problem.» Fists flew in the elevator, then continued all the way down to the ground floor. «I was punched in the face. Because there were several of them and women present, I didn’t dare fight back. In any case, in the context of my work, I would never dare to hit someone,» he recounts. Trying to flee, one of his attackers caught up to him and even used a walker to fracture his arm.
He was threatened with death if he reported the incident. Jérôme did not give in to the threat but found himself accused in turn. «She went and filed a complaint against me, omitting to mention that she had gathered her whole family and they had broken my nose,» he bitterly laments. The investigation is ongoing. After only three weeks off work, he returned with his arm still in a cast. «The responsibilities are still there,» he explains resignedly.
This daily violence is unfortunately not an isolated case in the profession. Thierry Pechey, President of the Order of Nurses of Meurthe-et-Moselle, confirms a worrying escalation: «Two years ago, we had one report per month. Six months ago, it was one per week. Today, I would say two per week.» The figures he presents are alarming: 47% of the assaults involve death threats and insults, a third are physical assaults, and 10% are sexual and sexist assaults. «We are well below the truth, we are aware of that, but it is almost daily in some services,» he points out. These acts of violence affect all professionals, both in hospitals and in private practice. «It’s not necessarily the same type of violence. In private practice, there are areas where we may not want to go anymore, difficult neighborhoods,» explains Thierry Pechey.
Two years ago, we had one report per month. Six months ago, it was one per week. Today, I would say two per week
Thierry Pechey, President of the Order of Nurses of Meurthe-et-Moselle
Véronique (name changed), in her forties, a self-employed nurse for over fifteen years, experienced a more insidious form of assault, equally traumatizing. Last June, she received a blocked call in the middle of the afternoon. On the line, a man claimed to need care. The conversation quickly took a turn for the worse: explicit sexual propositions, precise knowledge of her work area… Véronique panicked. «I recorded the call. What bothered me was that he knew where I worked. He knew me,» she recounts, still emotional.
The police took her complaint seriously. The investigation quickly revealed the identity of her harasser: a relative of one of her patients. «For a whole week, I didn’t take any new patients over the phone,» she recalls. The following period was particularly challenging. «I was really paranoid. It was a time when I was not at ease at all.» Véronique stopped treating the patient linked to her harasser.
For Jérôme, as for many of his colleagues, the passion for the job has faded. «It’s clear that the passion for work no longer drives me at all. It’s solely about providing for my family,» he admits candidly, «people are much less pleasant. They demand a lot of care without appreciating what we can provide.» Economic constraints worsen the situation: with a basic care fee of 7 euros including travel, «if you want to make your month profitable, you have to keep providing care.»
And when there’s a need to work quickly, any event can lead to outbursts. «Just this morning, I was scolded because we parked on the sidewalk, even though we had our hazard lights on, with the permit displayed on the windshield, and it was clear we were there to provide care,» Jérôme recounts.
Les conditions de travail ne sont pas supportables, et quand elles commencent le libéral, au bout d’un certain temps, ça recommence, voire empire.«
Face à cette situation alarmante, les autorités ont mis en place plusieurs mesures. En juin 2025, un protocole innovant a été signé entre l’Ordre des Infirmiers, la préfecture, et les forces de l’ordre. «Nous sommes les premiers en Meurthe-et-Moselle sur ce dispositif«, précise Thierry Pechey. Le système permet aux professionnels agressés d’alerter les autorités avec une géolocalisation automatique si nécessaire. «Vous êtes agressé, vous faites le 17, pas besoin de parler. Si vous ne répondez pas, la police ou la gendarmerie la plus proche envoie une équipe pour vous secourir«, explique le président de l’Ordre. Le dépôt de plainte est également facilité.
En juillet dernier, une nouvelle loi a créé le délit d’outrage sur un professionnel de santé. «Vous injuriez un professionnel, c’est comme injurier un agent de police. Une agression sur un professionnel de santé aujourd’hui, c’est 50 jours de prison et jusqu’à 75 000 euros d’amende«, détaille Thierry Pechey.
Ce lundi 15 décembre 2025, une convention de partenariat sera signée entre l’association France Victimes 54 et le Conseil de l’Ordre pour renforcer l’accompagnement des victimes. «On va accompagner le professionnel agressé, mais à un moment donné, on est un peu dans nos limites. Cette convention va nous permettre un accompagnement psychologique et juridique«, se réjouit le président, «on fait ce métier pour soigner, pas pour se faire agresser tous les matins«.
Thierry Pechey explique qu’en libéral, il y a des secteurs où les infirmiers ne veulent plus forcément se rendre, notamment dans des quartiers difficiles. Il souligne que la situation s’est détériorée au fil des années, avec une augmentation des déclarations d’agressions. Il précise que désormais, il doit répondre à deux déclarations par semaine, ce qui montre l’ampleur du problème.
Véronique, infirmière libérale depuis plus de quinze ans, a été victime d’une forme d’agression insidieuse qui l’a profondément traumatisée. Un homme l’a contactée en prétendant avoir besoin de soins, mais la conversation a rapidement dégénéré en propositions sexuelles explicites. Ce harceleur avait une connaissance précise de son secteur d’intervention, ce qui a terrifié Véronique. Après avoir enregistré l’appel, elle a réalisé que l’homme savait où elle travaillait et la connaissait. La police a pris sa plainte au sérieux et a rapidement identifié l’auteur de ces appels inappropriés, qui était un proche d’une de ses patientes. Cette expérience a profondément perturbé Véronique, qui a décidé de ne plus soigner la patiente liée à son agresseur.
Jérôme, un autre infirmier libéral, partage le sentiment de désillusion qui envahit de nombreux professionnels de santé. Il confie que la passion pour son métier s’est éteinte et qu’il ne travaille que pour subvenir aux besoins de sa famille. Il explique que les patients sont de moins en moins agréables et demandent des soins sans en apprécier la valeur. Les contraintes économiques sont également un poids supplémentaire, car pour rentabiliser son mois, il faut enchaîner les soins à un rythme effréné. Les contraventions pour stationnement abusif s’accumulent, ce qui rend la situation encore plus difficile pour les infirmiers libéraux.
Véronique souligne que peu de femmes exercent jusqu’à la retraite en libéral, car les conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Elle explique que beaucoup quittent l’hôpital public pour se tourner vers le libéral, mais finissent par être confrontées à des situations de harcèlement qui les poussent à arrêter leur activité.
Face à cette situation alarmante, les autorités ont pris des mesures pour protéger les professionnels de santé. En juin 2025, un protocole innovant a été mis en place pour permettre aux infirmiers agressés d’alerter les autorités rapidement. Ce dispositif, en place dans le département de Meurthe-et-Moselle, permet une géolocalisation automatique en cas d’urgence. Une nouvelle loi a également créé le délit d’outrage sur un professionnel de santé, avec des peines sévères pour les auteurs d’agressions.
Une convention de partenariat sera signée entre l’association France Victimes 54 et le Conseil de l’Ordre des Infirmiers pour renforcer l’accompagnement des victimes d’agressions. Cette initiative vise à soutenir les professionnels de santé qui sont victimes de violences et à leur offrir un soutien psychologique et juridique. Thierry Pechey souligne l’importance de protéger les infirmiers et de garantir un environnement de travail sûr pour tous les professionnels de santé. Réécrire : Notre politique de confidentialité
















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