Lors des prochaines élections municipales de mars 2026, les électeurs voteront tous pour des listes. Mais dans les communes de moins de 1 000 habitants, il ne sera plus possible de rayer des noms pour faire son équipe idéale. Ces listes devront par ailleurs être paritaires.
Fini le «tir au pigeon». Pour les prochaines élections municipales, il ne sera plus possible pour les électeurs des petites communes de rayer d’un trait de plume le nom d’un candidat qui ne leur convient pas.
Le mode de scrutin par liste, déjà en vigueur dans les communes de 1 000 habitants et plus, est désormais généralisé. Ces listes se doivent d’être paritaires, en alternant les hommes et les femmes. Un sacré bouleversement acté par une loi entrée en vigueur en mai 2025, moins d’un an avant le prochain scrutin.
Pour Bernard Guy, le président de l’association départementale des maires de la Haute-Marne, par ailleurs édile de Saint-Blin depuis quatre mandats, ce changement risque de perturber aussi bien les élus que les électeurs. «Ce n’est pas la parité qui pose problème. Tous les élus un peu sensés ont compris qu’elle était indispensable et qu’on ne pouvait pas y échapper. Le plus gros problème est la liste bloquée.»
Il s’explique : «Sur bien des communes, ce sera quasiment impossible de faire une deuxième liste.» Dans les petites communes, rien n’obligeait à présenter une liste complète. On pouvait tout à fait présenter la candidature d’une seule personne.
Avec plus de candidats que de postes à pourvoir, l’électeur faisait ensuite son choix. «Avec son crayon, il prenait les deux ou trois listes, pas forcément complètes. Il rayait ceux qu’il ne voulait pas. Il mettait des listes ensemble dans la même enveloppe. Et ça fonctionnait. Maintenant on ne pourra plus. L’électeur va avoir la contrainte de choisir une liste et de la mettre dans l’enveloppe. Et c’est tout.»
Certains pourraient alors avoir le sentiment que l’élection est jouée d’avance et qu’il n’est pas utile de se déplacer, s’il n’y a qu’une liste constituée. D’autres pourraient continuer à vouloir voter comme avant. «Je crains que l’électeur ait la tentation d’aller mettre deux bulletins et de rayer des noms.» Mais tout bulletin annoté sera alors considéré comme nul. «On en aura énormément à mon avis pour cette première fois», prédit Bernard Guy.
L’électeur en fin de compte, n’aura pas le choix. Ce sera soit s’exprimer, soit voter nul ou blanc. C’est un peu dommage pour la démocratie.
Franck Jacquet, maire de Chenay (Marne) depuis 2011, ne mâche pas ses mots à l’encontre de la réforme du mode de scrutin. «Je trouve que cette loi est une hérésie totale. Je l’ai combattue aux côtés de Cédric Chevalier (sénateur de la Marne) qui portait nos voix.»
On est un petit village de 260 habitants. La parité est quand même très compliquée à trouver.
Son conseil municipal sortant, élu via un scrutin plurinominal, compte 3 femmes sur les 11 postes à pourvoir. «Pour la dernière liste que j’ai voulu constituer, souvent j’allais voir des femmes et c’était leurs maris qui venaient, raconte le maire. La parité est une bonne chose, mais peut-être quand on a un panel assez large devant soi. Quand on est dans une petite commune, on ne l’a pas forcément.»
Lui n’a pas encore acté s’il repartait ou non pour un nouveau mandat. «Si je venais à me représenter, je risque d’être dans l’illégalité parce que je ne me battrai pas pour avoir une liste en parité, si elle ne correspondait pas quelque part à la philosophie que je recherche en termes d’état d’esprit et d’exemplarité», prévient-il déjà.
Au-delà de la question de la parité, les habitants qui souhaitent s’engager sont toujours plus difficiles à trouver. «Les gens ne se précipitent pas à la porte pour rejoindre une liste. J’ai ça une ou deux fois. Mais sinon, il faut aller les chercher, leur expliquer comment ça se passe», détaille Nadine Poulain, maire de Jonchery-sur-Vesle (Marne) depuis 2020.
Elle était conseillère municipale dans le mandat précédent et secrétaire de mairie pendant trente ans, de quoi avoir un certain recul sur l’évolution de la situation. L’élue, qui se dit opposée à la parité imposée par la loi, témoigne de la difficulté à convaincre les habitants à s’engager, le plus souvent bénévolement. Car les simples conseillers municipaux n’ont pas d’indemnités. «Ce n’est pas facile de trouver des gens investis.»
Jonchery-sur-Vesle (Marne), 1 900 habitants environ, était déjà concernée par le mode de scrutin par listes lors des élections précédentes.
En 2020, Nadine Poulain était la seule candidate proposée aux électeurs. Elle sourit en disant : «Quand les hommes prendront le boulot des femmes à la maison, peut-être qu’il y aura plus de femmes dans les conseils municipaux. Les plus jeunes ont des familles, ils ne veulent plus trop s’investir, ce que je peux comprendre.» Bernard Guy de l’association départementale des maires de la Haute-Marne ajoute : «Trouver des gens qui veulent s’investir aujourd’hui dans une commune, c’est excessivement difficile.»
En 2026, les électeurs voteront pour des listes dans les communes de moins de 1 000 habitants, sans possibilité de rayer des noms. Les listes doivent être paritaires. Bernard Guy craint que cette nouvelle règle ne soit pas suffisante pour garantir une vitalité démocratique.
Nadine Poulain a déjà décidé de se présenter pour un nouveau mandat à Jonchery-sur-Vesle. Elle affirme : «Il n’y a pas de politique. Je veux juste des gens qui ont envie de travailler pour la commune, c’est tout.» Le problème est qu’il est difficile de constituer des listes complètes dans les petites communes», souligne-t-il.
En effet, dans les petites communes, trouver des candidats prêts à s’engager devient de plus en plus compliqué. Les contraintes du mandat, le manque de reconnaissance et d’indemnités en dissuadent plus d’un. Les habitants semblent moins enclins à s’investir dans la vie communale, préférant consacrer leur temps à d’autres activités. Cette réalité est une source de préoccupation pour de nombreux maires, qui voient avec inquiétude la difficulté croissante à trouver des candidats pour les élections municipales.
Cette situation est d’autant plus problématique que la loi exige désormais des listes paritaires dans toutes les communes, quel que soit leur nombre d’habitants. Si dans les communes de moins de 1 000 habitants, les listes peuvent compter deux candidats de moins que nécessaire, cela ne garantit pas pour autant une participation suffisante pour assurer une représentation démocratique équilibrée.
Les maires des petites communes se retrouvent donc face à un dilemme : comment constituer des listes complètes et paritaires lorsque les habitants ne sont pas motivés à s’engager dans la vie communale ? La tâche s’avère ardue, et certains élus envisagent même de ne pas se représenter pour un nouveau mandat, craignant de ne pas pouvoir respecter les exigences de parité imposées par la loi.
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les petites communes pour assurer une représentation démocratique équitable. La question de la parité, bien que louable en soi, soulève des problématiques pratiques dans un contexte où l’engagement citoyen semble en perte de vitesse. Il est essentiel de trouver des solutions pour encourager les habitants à s’investir dans la vie communale, afin de garantir une représentation diversifiée et équilibrée au sein des conseils municipaux.
Face à ces enjeux, les maires des petites communes doivent redoubler d’efforts pour convaincre les habitants de s’engager. Il est crucial de valoriser l’engagement citoyen et de reconnaître le rôle essentiel des conseillers municipaux dans la vie démocratique locale. Sans une participation active des citoyens, la vitalité démocratique des petites communes est mise à mal, compromettant ainsi l’exercice d’une gouvernance locale efficace et représentative.
Tous les élus sensés ont reconnu l’importance de cette réforme et l’impossibilité d’y échapper. Le principal problème réside dans la liste bloquée. Certains craignent que dans de nombreuses communes, il soit presque impossible de constituer une deuxième liste. Dans les petites communes, il n’était pas obligatoire de présenter une liste complète, il était possible de proposer la candidature d’une seule personne. Avec plus de candidats que de postes à pourvoir, les électeurs faisaient leur choix en rayant les noms des candidats non souhaités. Cependant, avec la nouvelle réforme, les électeurs devront choisir une liste et la mettre dans l’enveloppe, sans possibilité de modifications. Certains pourraient penser que l’élection est déjà jouée d’avance et être tentés de voter nul ou blanc. Franck Jacquet, maire de Chenay, critique cette réforme du mode de scrutin et souligne les difficultés de trouver une parité dans les petits villages. Il estime que la parité imposée par la loi est compliquée à respecter dans les petites communes. Certains élus, comme Nadine Poulain, maire de Jonchery-sur-Vesle, rencontrent des difficultés à convaincre les habitants de s’engager bénévolement dans les conseils municipaux. Ils soulignent que la vie de la collectivité n’est plus une priorité pour tout le monde. Bernard Guy, de l’association des maires de la Haute-Marne, estime que la mesure autorisant les listes à compter deux candidats de moins que nécessaire ne suffira pas à assurer la vitalité démocratique. Il craint que des communes ne parviennent pas à constituer une liste complète, ce qui pourrait entraîner des conséquences à long terme, comme la fusion de communes. Nadine Poulain a déjà décidé de se présenter pour un nouveau mandat et souligne qu’elle recherche simplement des personnes prêtes à s’investir pour la commune, sans considération politique. Please rewrite the following sentence:
Original sentence: «The student was unable to complete the assignment due to technical difficulties.»
Rewritten sentence: «Technical difficulties prevented the student from finishing the assignment.»
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