Depuis dimanche, Christophe Gleizes dort dans une cellule de la prison de Tizi Ouzou, après sa condamnation pour «apologie du terrorisme». Ses proches ont décidé de briser le silence. Ils dénoncent un procès «absurde».
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C’est «un cauchemar sans fin» qui ne hante pas seulement les nuits de Maxime. «C’est tout le temps, toute la journée, matin, midi et soir, que j’y pense.» Son frère aîné, le journaliste Christophe Gleizes, vient d’être condamné à sept ans de prison ferme par la justice algérienne, dimanche 29 juin, notamment pour «apologie du terrorisme» et «possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national». Cinq jours après, sa famille, «encore sous le choc», a accepté de prendre la parole pour la première fois auprès de France Télévisions.
«On parle pour faire du bruit, pour qu’on n’oublie pas Christophe», répète Maxime. «L’accuser d’apologie du terrorisme, pardon, mais c’est absolument dingue. Mon frère était en Algérie seulement pour faire des reportages sur le foot.»
C’est tout! J’ai aussi lu que mon frère était un espion, c’est complètement absurde.»
En effet, c’est pour réaliser un article sur le club de la Jeunesse sportive de Kabylie que le journaliste indépendant de 36 ans, collaborateur régulier des magazines So Foot et Society, s’était rendu dans le pays en mai 2024. Avant d’être arrêté quelques jours plus tard, le 28 mai, à Tizi Ouzou, la deuxième plus grande ville de Kabylie, puis placé sous contrôle judiciaire pendant 13 mois avec interdiction de quitter le territoire. La justice lui reproche d’avoir été en contact avec un dirigeant de club de foot, par ailleurs responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021.
Il y a quelques jours, Maxime Gleizes a fini par taper «prison Tizi Ouzou» sur internet. «C’était plus fort que moi, je voulais absolument voir dans quel endroit mon frère est désormais incarcéré. Les premières photos que j’ai vues étaient dures.» L’avocat de Christophe Gleizes, qui a été autorisé à rendre visite à son client mercredi, a pu dissiper les angoisses. «Maître Amirouche Bakouri nous a dit qu’il était bien traité. Il est enfermé dans une cellule de 10 m2, avec un codétenu, d’une autre nationalité. Il y a une douche, des toilettes, et de quoi lire. Il y a une télé aussi, mais que des chaînes algériennes, sauf une en français, BeIN Sports.»
Christophe Gleizes a, semble-t-il, «plutôt le moral». «Il ne s’attendait pas à autant de soutien de la part de la France. Pour lui, il est pris dans un étau, mais il essaye de relativiser», poursuit Maxime. «Il n’a qu’une envie, c’est de rentrer à la maison.»
«Mercredi, c’était mon anniversaire. Christophe a donc profité de la venue de son avocat pour lui demander de me souhaiter un très bon anniversaire de sa part.» – Maxime Gleizes à franceinfo
Samedi, la veille de la condamnation, les deux frères avaient même pu échanger quelques minutes. «On a surtout parlé du combat de chessboxing [un mélange de jeu d’échecs et de boxe] que je devais disputer en vue des championnats du monde l’année prochaine. Il m’a coaché, m’a donné des conseils. Je lui ai dit que je pensais fort à lui. Je l’ai trouvé plutôt serein. On était loin d’imaginer ce qui allait lui tomber sur la tête quelques heures plus tard…» The parents of journalist Christophe Gleizes speak for the first time on the set of the 8 p.m. news. After a year of silence, during which they discreetly prepared for «all scenarios, like an acquittal…», Christophe Gleizes’ mother and stepfather spoke Thursday evening on the France 2 8 p.m. news. «A firm sentence of seven years for a journalist doing his job, we were devastated by this news and so we decided to go public,» explained Sylvie Godard, the reporter’s mother. «We were more in the path of appeasement. We thought when he was arrested that things would be resolved quickly. This case has taken unimaginable proportions,» lamented his stepfather, Francis Godard.
Satisfied with the support of French journalists, the couple now wishes for public figures to take up the cause. «It would be great if Zinedine Zidane would get involved in this fight because it’s a fight for press freedom and a fight for the world of football,» proposed Christophe Gleizes’ stepfather.
The statement from Christophe Gleizes’ parents and brother also marks the end of months of secrecy. «We had to hide part of the truth for a year,» calculated Maxime. «When he was arrested but released on bail, the Ministry of Foreign Affairs, in agreement with Reporters Without Borders, advised us not to say anything to facilitate his quick release. We were told there was no problem, nothing in the file, that everything would be fine. We followed this directive, and we all remained silent.»
Over the months, a few close relatives eventually found out. «Our cousins, aunts, friends…» But there was one person who had to be «absolutely» protected: «Our 101-year-old grandmother who lives in the Southwest. We lied to her, saying that Christophe had just been arrested but would soon be coming back.» On Sunday evening, she learned from watching the news that her grandson was behind bars, 1,400 kilometers from France. «We were all devastated.»
Today, the Gleizes family exchanges news and all the action plans imagined by each other to support their brother, cousin, nephew, friend in a WhatsApp group. The name of the conversation is unequivocal: «Free Christophe Action.»
A petition, already signed by over 11,000 people, has also been launched to demand his release. His appeal trial is expected to take place in October. Ils critiquent un procès «absurde». La justice lui reproche d’avoir été en contact avec un dirigeant de club de football, qui est également responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation classée terroriste par les autorités algériennes en 2021.
Il y a quelques jours, Maxime Gleizes a finalement recherché «prison Tizi Ouzou» sur internet. «C’était plus fort que moi, je voulais absolument voir où mon frère est actuellement incarcéré. Les premières images que j’ai vues étaient difficiles.» L’avocat de Christophe Gleizes, qui a été autorisé à lui rendre visite mercredi, a pu apaiser les inquiétudes. «Maître Amirouche Bakouri nous a assuré qu’il était bien traité. Il est détenu dans une cellule de 10 m2, avec un compagnon de cellule d’une autre nationalité. Il y a une douche, des toilettes, et de la lecture. Il y a aussi une télévision, mais seulement des chaînes algériennes, sauf une en français, BeIN Sports.»

Christophe Gleizes semble avoir «plutôt le moral». «Il ne s’attendait pas à recevoir autant de soutien de la part de la France. Pour lui, il est pris au piège, mais il essaie de relativiser, ajoute Maxime. Il n’a qu’une envie, c’est de rentrer chez lui.»
«Mercredi, c’était mon anniversaire. Christophe a donc profité de la visite de son avocat pour lui demander de me souhaiter un très bon anniversaire de sa part.»
Maxime Gleizesà franceinfo
Samedi, la veille de la condamnation, les deux frères ont pu échanger quelques minutes. «On a surtout parlé du combat de chessboxing [un mélange de jeu d’échecs et de boxe] que je devais disputer en vue des championnats du monde l’année prochaine. Il m’a coaché, m’a donné des conseils. Je lui ai dit que je pensais fort à lui. Je l’ai trouvé plutôt serein. On était loin d’imaginer ce qui allait lui arriver quelques heures plus tard…»
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Après un an de silence, pendant lequel ils se préparaient discrètement «à tous les scénarios, comme une relaxe…», la mère et le beau-père de Christophe Gleizes ont pris la parole jeudi soir sur le plateau du 20 Heures de France 2.
La famille de Christophe Gleizes a été profondément secouée par sa condamnation à sept ans de prison pour avoir simplement fait son travail de journaliste. Cette nouvelle a été tellement bouleversante qu’ils ont décidé de médiatiser l’affaire. Sylvie Godard, la mère du reporter, a expliqué : «On était plutôt dans la voie de l’apaisement. On pensait lorsqu’il a été arrêté que les choses allaient s’arranger rapidement. Cette affaire a pris des proportions invraisemblables», a déploré son beau-père, Francis Godard.
Le couple a été encouragé par le soutien des journalistes français et souhaite maintenant que des personnalités s’engagent dans cette affaire. Le beau-père de Christophe Gleizes a suggéré que Zinédine Zidane s’implique dans ce combat pour la liberté de la presse et le monde du football.
La famille de Christophe Gleizes a décidé de mettre fin à des mois de silence. Maxime, le frère du journaliste, a révélé : «On a dû cacher une partie de la vérité pendant un an. Lorsqu’il a été arrêté mais laissé en liberté conditionnelle, le quai d’Orsay, en accord avec Reporters sans frontières, nous a conseillé de ne rien dire pour faciliter sa sortie rapidement. On nous disait qu’il n’y avait pas de problème, qu’il n’y avait rien dans le dossier, que tout allait bien se passer. On a respecté cette directive, et on s’est tous tus.»
Au fil des mois, quelques proches ont été mis au courant de la situation, mais il était crucial de préserver leur grand-mère âgée de 101 ans qui vivait dans le Sud-Ouest. Dimanche soir, elle a appris la vérité en regardant le journal télévisé et a été profondément bouleversée.
Aujourd’hui, la famille Gleizes communique via un groupe WhatsApp nommé «Free Christophe Action» où ils partagent des nouvelles et des idées pour soutenir Christophe. Une pétition exigeant sa libération a recueilli plus de 11 000 signatures, et son procès en appel est prévu pour octobre.
Christophe Gleizes dort désormais en prison après sa condamnation pour «apologie du terrorisme» et sa famille est déterminée à se battre pour sa libération. Ils dénoncent un procès «absurde». La justice lui reproche d’avoir été en contact avec un dirigeant de club de football, qui est également responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation classée terroriste par les autorités algériennes en 2021.
Il y a quelques jours, Maxime Gleizes a finalement recherché sur internet «prison Tizi Ouzou». «C’était plus fort que moi, je voulais absolument voir dans quel endroit mon frère est désormais incarcéré. Les premières photos que j’ai vues étaient dures.» L’avocat de Christophe Gleizes, qui a été autorisé à lui rendre visite mercredi, a pu dissiper les inquiétudes. «Maître Amirouche Bakouri nous a informés qu’il était bien traité. Il est enfermé dans une cellule de 10 m2, avec un codétenu d’une autre nationalité. Il y a une douche, des toilettes, et de quoi lire. Il y a une télévision aussi, mais seule une chaîne en français, BeIN Sports, est disponible.»
Christophe Gleizes semble «plutôt de bonne humeur». «Il ne s’attendait pas à autant de soutien de la part de la France. Pour lui, il est pris dans un étau, mais il essaie de relativiser», poursuit Maxime. «Il n’a qu’une envie, c’est de rentrer à la maison.»
«Mercredi, c’était mon anniversaire. Christophe a donc profité de la visite de son avocat pour lui demander de me souhaiter un très bon anniversaire de sa part.» – Maxime Gleizes, à franceinfo
Samedi, la veille de la condamnation, les deux frères ont pu échanger quelques minutes. «On a surtout parlé du combat de chessboxing [un mélange de jeu d’échecs et de boxe] que je devais disputer en vue des championnats du monde l’année prochaine. Il m’a coaché, m’a donné des conseils. Je lui ai dit que je pensais fort à lui. Je l’ai trouvé plutôt serein. On était loin d’imaginer ce qui allait lui arriver quelques heures plus tard…»
Après une année de silence, durant laquelle ils se préparaient discrètement «à tous les scénarios, comme une relaxe…», la mère et le beau-père de Christophe Gleizes ont pris la parole jeudi soir sur le plateau du 20 Heures de France 2. Sylvie Godard, la mère du journaliste condamné à sept ans de prison pour avoir fait son travail, explique que la nouvelle les a terrassés et les a poussés à médiatiser l’affaire. Son beau-père, Francis Godard, déplore que ce qui aurait dû être une affaire réglée rapidement ait pris des proportions incontrôlables.
Le couple est reconnaissant du soutien des journalistes français et souhaite maintenant que des personnalités se mobilisent pour cette affaire. Le beau-père de Christophe Gleizes propose que Zinédine Zidane s’engage dans ce combat pour la liberté de la presse et du football.
La famille de Christophe Gleizes a enfin pu révéler la vérité après des mois de silence imposé. Maxime explique qu’ils ont dû taire une partie de la vérité pour faciliter la sortie rapide de Christophe, mais qu’ils ont finalement décidé de parler. Certains proches étaient au courant, mais ils ont dû protéger leur grand-mère âgée qui a découvert la situation à la télévision.
Maintenant, la famille communique à travers un groupe WhatsApp nommé «Free Christophe Action» et a lancé une pétition pour exiger sa libération. Son procès en appel est prévu pour octobre.
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