«Je savais que la maternité avait des difficultés financières, mais que ça ferme, c’est triste !», déclare, devant l’établissement, cette maman enceinte de sept mois et qui va accoucher pour la deuxième fois à la maternité des Lilas.
«Cette fermeture annoncée, c’est une double onde de choc !», s’exclame Corrina Pallais, psychologue et déléguée syndicale SUD, «Pour les personnels. Parce que c’est l’incertitude, le chômage dans quatre mois, c’est terrifiant ! Et puis c’est d’abord une violence faite aux femmes», souligne-t-elle. «Comment peut-on annoncer à une femme qui a fait le choix de s’inscrire dans cette maternité : vous avez investi les lieux, travailler sur le projet, l’accouchement physiologique et puis on vous dit : ‘Et bien non ! Il va falloir accoucher ailleurs’ (…) Aujourd’hui encore, j’ai récupéré une femme en pleurs !»
L’annonce de la fin définitive de l’établissement a été faite le 1er juillet par l’ARS, l’Agence régionale de Santé. La petite clinique fondée il y a soixante ans qui emploie 80 titulaires, mais aussi du personnel médical vacataire, doit cette fois se résigner à fermer ses portes.
En déficit, abrité dans un bâtiment jugé vétuste, l’établissement privé à but non lucratif, qui compte 17 chambres a récemment perdu sa certification par la Haute autorité de santé, tandis que le nombre de naissances y est en déclin et qu’une cessation de paiements se profile.
«À la lumière de ces éléments et dans un contexte de renouvellement des autorisations d’activité, qui, pour les maternités, intervient à la rentrée 2025, un renouvellement de l’autorisation paraît peu probable, voire impossible», a indiqué à l’AFP l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France.
Depuis sa création, la clinique du 12 -14 rue du Coq Français aux Lilas en Seine-Saint-Denis a fait figure d’établissement pionnier en faveur des droits des femmes. Fondée en 1964 par la comtesse de Charnière, la maternité a été créée pour mettre en œuvre la méthode d'»accouchement sans douleur», introduite en France par le docteur Fernand Lamaze, inspirée des techniques soviétiques.
«Les Lilas» ont d’autre part joué un rôle crucial dans plusieurs mouvements sociaux et médicaux. La maternité a été un acteur important dans le combat pour la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) avant la loi Veil de 1975. Elle est devenue également l’une des rares structures à offrir un accompagnement gratuit aux personnes LGBTQI+.
«On perd un lieu historique qui, depuis les années 60 en fait, a été le premier lieu en région parisienne à pratiquer les avortements alors même que c’était encore interdit», rappelle Jeanne Barral, représentante du comité de soutien des usagers de la maternité. «Ce lieu a permis à des personnes transsexuelles de pouvoir accoucher dans des conditions idéales, à pouvoir pratiquer des accouchements physiologiques. Le tout, dans le respect des choix.»
Au fil des années malgré son rôle historique et social, la maternité des Lilas a fait face à de nombreuses difficultés financières et structurelles. Plusieurs mobilisations ont eu lieu pour tenter de sauver l’établissement. Des manifestations auxquelles se sont associées des personnalités du monde du spectacle comme les chanteuses Lio ou Catherine Ringer des Rita Mitsouko qui a même rédigé une chanson intitulée ‘Notre maternité des Lilas». Il y a trois ans lors d’une mobilisation, une pétition pour sauver la maternité a recueilli plus de 35 000 signatures.
L’an prochain, le bâtiment qui abrite la clinique actuelle devra donc céder sa place à «un centre de soins pour la santé des femmes et des mères, qui assurera le suivi des femmes avant et après l’accouchement», selon l’ARS. Pour pallier la disparition de la maternité, la filière physiologique de l’hôpital Tenon, situé dans le 20e arrondissement de Paris devrait être renforcée.
Concernant la maternité des Lilas, les discussions avec la Haute autorité de Santé sont encore en cours pour ce qui concerne la date exacte de fermeture du lieu. «La première question, c’est celle du moment de la fermeture et ça, c’est un élément important notamment pour les femmes qui aujourd’hui sont suivies à la maternité. Je ne veux pas que ça se fasse brutalement «, assène Lionel Benharous, le maire (PS) des Lilas, «Il faut aussi que les salariés soient traités correctement. Ce sont des gens qui ont toujours fourni un travail remarquable, il est hors de question que du jour au lendemain, ils se retrouvent dans des conditions indécentes«, ajoute-t-il.
Pour le maire des Lilas, la question de la réaffectation des lits se pose également. «À un moment donné dans ce département qui est déjà mal doté en équipement sanitaire, il faut quand même regarder comment est-ce que les lits de la maternité des Lilas seront bien réaffectés à un autre établissement du 93.»
Le projet de centre de soins annoncé par l’ARS qui succédera l’an prochain à la maternité des Lilas a déjà été acté. Un protocole sur la transformation de la maternité a été signé et a été avalisé par le conseil municipal de la commune la semaine dernière.
Dans ce projet, une unité physiologique de maternité (de niveau 1) à l’hôpital Tenon va être créée et le futur centre de soins installé aux Lilas par l’AP-HP doit travailler en lien avec cet établissement. «Le principe, c’est que les femmes arriveront dans ce centre de santé au Lilas, feront la préparation à l’accouchement avec des sages-femmes, L’accouchement aura lieu à Tenon et ensuite le suivi post-grossesse se fera de nouveau aux Lilas», explique Lionel Benharous.
Le futur centre de santé abritera le centre d’orthogénie où se déroulent les interruptions volontaires de grossesse (I.V.G.). L’actuelle maternité pratique 700 IVG par an. Le centre de soins devrait accueillir une série de consultations médicales destinées à des femmes atteintes d’endométriose ou souffrant de cancers gynécologiques. Il assurera également le suivi des couples LGBT. Un projet de PMI, protection maternelle infantile, est aussi en cours de discussion. L’installation de cette future structure nécessitera d’importants travaux pour mettre aux normes le bâtiment vétuste actuel qui abrite la maternité des Lilas.
La mise en place de cette future structure nécessitera des travaux importants pour mettre le bâtiment vétuste aux normes requises.
Une série de consultations médicales pour les femmes atteintes d’endométriose ou de cancers gynécologiques, ainsi que le suivi des couples LGBT, seront proposées par le centre de soins. De plus, un projet de PMI est en cours de discussion. Des travaux importants seront nécessaires pour mettre aux normes le bâtiment vétuste qui accueillera cette future structure.
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Maria Izquierdo
Soy María Izquierdo, profesional junior en comunicación digital. Creo y gestiono contenido para redes y medios online, combinando copywriting, narrativa visual y edición básica. Con formación en comunicación audiovisual y un máster en contenidos digitales, me motiva el storytelling y conectar con audiencias jóvenes a través de contenido creativo.
















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