L’anesthésiste dépose du matériel au pied du lit de la patiente et son cœur s’emballe. Son époux témoigne : L’anesthésiste dépose du matériel au pied de son lit et son cœur s’emballe. L’époux de cette patiente témoigne : «Donc on ne peut pas exclure que les médecins l’aient utilisé même si ce n’est pas précisé.» Malgré tout, les experts médico-légaux préfèrent la thèse d’un «accident cardiovasculaire inaugural», et non celle d’un empoisonnement, pour expliquer la mort d’Edith Bongain. 14h45 : Le médecin légiste Antoine Tracqui continue de lister les incohérences et les carences du compte rendu d’anesthésie. «Un document succinct et manifestement incomplet», «aucune mention de l’arrêt cardiaque subi par la patiente»… Derrière lui, Me Berna plonge son visage dans ses mains : ces zones de flou devraient profiter à la défense de Frédéric Péchier. 14h35 : Et la mépivacaïne ? Des traces de cette molécule se trouvaient aussi dans les tissus d’Edith Bongain. Mais là non plus, les experts n’ont pas assez d’éléments pour savoir si ce produit a été utilisé dans le cadre de l’opération ou de manière exogène, et donc peut-être malveillante. 14h30 : Comme le toxicologue entendu à la barre ce matin, Antoine Tracqui concentre son exposé sur deux molécules. La lidocaïne d’abord, retrouvée dans le “liquide de putréfaction, dans le foie et la moelle osseuse” du cadavre d’Edith Bongain. Selon lui, “il est possible mais peu probable” que cette molécule ait été utilisée au niveau local de la jambe gauche qui faisait souffrir la patiente. Une fois de plus, l’expert tacle le manque d’informations à sa disposition. “Le compte rendu d’anesthésie est, comment dire… ni fait ni à faire. Il ne permet pas de dire si de la lidocaïne a été utilisée dans le cadre de la réanimation de Mme Bongain.” 14h25 : Au cours de l’enquête, la justice a demandé aux experts de rendre un second rapport, au regard de nouveaux “résultats toxicologiques post mortem”. Le cadavre d’Edith Bongain a en effet été exhumé, puis analysé, en 2019, cinq ans après le décès. 14h15 : “Le risque de survenue d’un tel accident était clairement envisagé par les praticiens» qui ont placé l’opération à un haut niveau de risque, poursuit Antoine Tracqui. “La seule alternative c’était l’amputation. Or une dame de 88 ans, si on lui coupe la jambe, on la tue. C’était donc une intervention destinée à lui sauver la vie.” La veille, le chirurgien d’Edith Bongain était plus mitigé. Selon lui, les risques étaient faibles, il avait d’ailleurs rassuré les proches de cette patiente avant l’opération. 14h10 : “À la fin de cette opération, dont le déroulement ne présente pas de particularité, arrêt cardiaque brutal”, retrace le médecin légiste, Antoine Tracqui. “Malgré trente minutes de réanimation, le décès est déclaré à 14h15”, le 13 mars 2015. L’expert précise le rôle de chaque médecin au cours de la réanimation de la patiente. “Massage cardiaque externe réalisé par le Dr Péchier. Mise en place d’un défibrillateur. Premier choc réalisé par le Dr Biyick. Reprise du massage cardiaque par le Dr Péchier. Le mari de la patiente témoigne que les médecins ont d’abord pensé à une défaillance cardiaque, ce qui a causé une grande inquiétude pour sa santé. Il explique que sa femme ressentait une accélération de son rythme cardiaque à la moindre tension, ce qui nécessitait une surveillance constante. Il mentionne également le lourd traitement qu’elle a dû prendre pour son cœur pendant cette période, soulignant que cela aurait peut-être pu être évité si elle n’avait pas été empoisonnée. Pas de doute pour son mari en tout cas : «Elle a été empoisonnée deux fois, la deuxième fois avec ces cachets inutiles.» Le mari de la patiente témoigne : «L’anesthésiste a déposé du matériel au pied de son lit et son cœur s’est emballé. Au départ, on nous a dit que c’était un accident, on s’était résignés à ça, jusqu’au jour où la police nous a demandé de venir. Depuis, elle rumine sans aborder souvent le sujet car elle voulait oublier, sans pour autant le faire. On ne prenait pas ça avec l’importance de l’heure actuelle, on se disait que ce n’était pas au niveau des gens qui sont malheureusement partis, alors on a minimisé», explique cet homme en gilet gris. C’est différent, depuis le début du procès, raconte le mari d’Odile Lacheray. «Tous les soirs, elle voit les comptes rendus de la journée et on revit tout ça. Hier soir, c’était très compliqué. Elle m’a dit “on a voulu me tuer”. Elle va vivre toute sa vie avec ça, elle a des problèmes de mémoire. Pour plaisanter, elle dit que c’est l’âge, mais voilà.» Jean-François Lacheray préfère qu’on lui pose des questions, alors la présidente préfère lui lire ce qu’il avait déclaré aux enquêteurs à l’époque, à savoir : “Quand l’affaire a été connue des médias, mon épouse est rentrée de chez son père. (…) Elle m’a rapporté que le Dr Péchier était venu dans sa chambre à l’hôpital, qu’il avait déposé des produits au pied de son lit et qu’il lui avait dit “c’est de la bonne”, pour reprendre les propos de mon épouse.» Odile Lacheray ne s’est pas présentée au tribunal pour l’instant. C’est son époux, Jean-François Lacheray, qui se trouve à la barre. «En 2015, mon épouse s’est fait opérer. C’est très compliqué. Elle a quelques séquelles mais bon, j’ai de la chance, elle est là», témoigne M. Lacheray. L’audience est suspendue, elle reprendra à 10h30. Une petite heure à patienter et nous devrions en savoir plus ce qu’a vu ou entendu Odile Lacheray ce jour de janvier 2015 : cette femme est la personne suivante attendue à la barre. Odile Lacheray a souffert d’importants troubles cardiaques, juste avant son opération en 2015, à la clinique Saint-Vincent. Son père ne peut pas déposer aujourd’hui en raison de problèmes de santé. Mais il avait été entendu par les enquêteurs. La présidente de la cour Delphine Thibierge lit cette déposition. Après la mise en examen de Frédéric Péchier, ce monsieur avait montré une photo du médecin à sa fille. “C’est le docteur qui t’a anesthésié ?”, lui avait-il demandé. “Ce n’est pas lui qui m’a anesthésié, mais il était là. Il a déposé une boite de matériel à mes pieds et il a dit ‘y a du bon là-dedans’”, lui aurait-elle alors répondu. Ce témoignage est crucial : si cette dame dit vrai, cela signifie que Frédéric Péchier est intervenu auprès d’elle, juste avant que son cœur s’emballe, alors qu’il n’était pas en charge de cette patiente. L’anesthésiste dépose du matériel au pied de son lit et son cœur s’emballe ? Témoignant de sa patiente, l’époux déclare : «C’est un des facteurs qui peut expliquer qu’on observe des différences entre les différents cas de ce dossier», précise l’expert. L’époux de cette patiente témoigne que lorsque l’anesthésiste a déposé du matériel au pied du lit, son cœur s’est emballé.

The trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, including 12 fatally, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continued on Friday, November 7. Relive the highlights of the trial with our on-site journalist, Jeanne Casez.

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3:33 PM: The trial is adjourned and will resume on Monday at 9 am. This concludes today’s live coverage. Thank you for following along with us.

Join us next week for the eleventh interrogation of Frédéric Péchier scheduled for Monday at 2 pm. After a final testimony from experts in the morning, the anesthesiologist will be asked to speak about the cases of Bongain and Lacheray. These two patients experienced a serious adverse event at the beginning of 2015. Their anesthesiologist, Dr. Biyick, had just arrived at the Saint-Vincent clinic. Shortly after the events, this woman was fired and let herself die at home.

3:30 PM: The experts have been thanked. The trial is coming to a close, but the president insists on reading a brief testimony before the adjournment. It is the testimony of Edith Bongain’s son, Bruno Bongain. Investigators asked him to recount his mother’s death. «We did not receive an explanation, except that the anesthesiologist told us, ‘it happens’.» «Did the doctor mention the possibility of a medical error?» asked the investigators. Response: «not at all. It was a shock for us. The surgeon always assured us that there was no risk in performing this operation.»

L’avocate générale Christine de Curraize au procès de l’anesthésiste Frédéric Péchier.

© Valentin Pasquier – France Télévisions

3:20 PM: Based on the experts’ testimony, doubt favors the accused in this operation. Therefore, Christine de Curraize rises to remind everyone of the context in which it occurred. For her, this is «the fifth poisoning involving the use of mepivacaine. From our perspective [that of the prosecution], we recognize a modus operandi.» The prosecutor adds that during this period, the anesthesiologist in charge, Dr. Biyick, experienced three serious adverse events, including two deaths, within a few weeks before being fired from the Saint-Vincent clinic.

3:10 PM: Pierre Diemunsch also does not mince his words regarding the anesthesia report that was returned to him. «Deplorable!» regrets the anesthesiologist. «We don’t even know if the patient was ventilated, or with what she was ventilated. It gives an extremely unpleasant and unfavorable impression of the seriousness with which these documents were filled out.»

3:00 PM: The court president reminds the experts that «there was no justification for using these two molecules.» Mr. Diemunsch shakes his head in disagreement behind his computer. Antoine Tracqui will respond on his behalf. Regarding mepivacaine, «the hypothesis of an inadvertent administration is at the top of the list.»

On the other hand, lidocaine «has its place» in the patient’s operation protocol.

Cependant, il est possible que les médecins aient utilisé la mépivacaïne, bien que cela ne soit pas spécifié. Malgré tout, les experts médico-légaux préfèrent la thèse d’un “accident cardiovasculaire inaugural” pour expliquer la mort d’Edith Bongain, plutôt que celle d’un empoisonnement. Le deuxième choc électrique a été fatal pour la patiente, mettant ainsi fin au compte rendu, déclare le médecin en levant les yeux de sa feuille pour observer la cour.

Antoine Tracqui énumère les antécédents médicaux d’Edith Bongain, décédée en 2015 sur la table d’opération, comprenant une insuffisance nitrale, des valvules cardiaques, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs sévère et une fracture du fémur droit. Les experts médicaux, Antoine Tracqui et Pierre Diemunsch, prennent la parole lors de l’audience, avec ce dernier intervenant à distance par visioconférence.

L’audience est suspendue à 11h35 et reprendra à 14h. L’avocat de la défense, Randall Schwerdorffer, rectifie les propos de ses adversaires et interroge le mari d’Odile Lacheray sur ses déclarations aux enquêteurs. La défense laisse planer le doute sur la possibilité que Frédéric Péchier ait pu intervenir sur la patiente ce jour-là.

Stéphane Giuranna prend la parole pour confirmer la version d’Odile Lacheray aux enquêteurs, soulignant le manque de masque du Dr Péchier. Son mari confirme également ses dires. Les craintes de santé d’Odile Lacheray et les traitements lourds qu’elle a dû suivre sont mentionnés, en cas de suspicion d’empoisonnement. No doubt for her husband in any case: «She was poisoned twice, the second time with these unnecessary pills.»

11:15 AM: Me Berna was Odile Lacheray’s lawyer before she no longer wanted to be a civil party. A choice he respects. «Victims react differently.» He reminds that his former client did not «simply recognize a guy with a beard. Beyond the face, she recognized an imposing physique.»

11:10 AM: Christine de Curraize prepares the witness for future questions from Frédéric Péchier’s lawyer. «Let’s be clear, the defense is questioning your wife’s word, I would say it’s fair play,» warns the attorney general, who emphasizes Odile Lacheray’s good faith. «She mentioned it in 2017 at a time when she did not consider herself a victim, she has no reason to invent this.» «Absolutely,» responds Jean-François Lacheray.

«We wanted to kill me»

11:00 AM: «Yesterday, it was assumed that your wife could have been mistaken, and confused with a nurse anesthetist. Do you think her statements could have been influenced by the media coverage of the case or is she certain?» asks Delphine Thibierge, the court president.

«My wife is certain,» Jean-François Lacheray responds without hesitation. «Odile is 1.55m tall, Mr. Péchier is much taller and stronger. People who are much more imposing, she remembers. Seeing him in the newspaper, she was surprised right away, and since the events, it has always been the same. She is quite good at remembering faces.»

10:55 AM: To enable Jean-François Lacheray to comment more effectively on his wife’s statements, the president reads him her deposition to the investigators.

«The Dr. Péchier arrived from my right. He had this gray box, he put it at the end of my bed. I saw the tubes, the catheters. (…) He came towards me, I smiled at him. He put down his box saying ‘it’s good stuff,’ I laughed, he laughed too and he left,» she had said to the police, for example.

10:45 AM: The court president asks why Odile Lacheray did not come to speak to the court herself. Her husband’s response: «She wants to move on, the fact of coming here in front of you and reliving all this, it would have been stressful and I don’t think it would have been a Takotsubo.» En 2015, les médecins avaient diagnostiqué le syndrome de Takotsubo, un arrêt cardiaque lié au stress, pour expliquer les problèmes cardiaques de sa femme, avant que la police ne commence à envisager son empoisonnement.

L’homme en gilet gris raconte : «Au départ, on nous a dit que c’était un accident, mais la police nous a demandé de venir. Depuis, ma femme rumine sans aborder souvent le sujet, voulant oublier mais sans y parvenir. Nous n’avons pas réalisé l’importance de la situation à l’époque, mais maintenant nous comprenons que c’était grave.»

Depuis le début du procès, la femme voit les comptes rendus quotidiens et revit tout. Son mari explique : «Elle m’a dit ‘on a voulu me tuer’. Elle vivra avec ça toute sa vie, avec des problèmes de mémoire.»

Jean-François Lacheray témoigne à la barre : «En 2015, mon épouse s’est fait opérer. C’est très compliqué. Elle a quelques séquelles mais bon, j’ai de la chance, elle est là.»

Odile Lacheray n’est pas encore présente au tribunal, mais son mari est là pour témoigner. Il relate un incident où le Dr Péchier aurait déposé des produits au pied du lit de sa femme en disant «c’est de la bonne».

La présidente lit la déposition du père d’Odile Lacheray, qui a été entendu par les enquêteurs. Il montre une photo du médecin à sa fille et lui demande si c’est celui qui l’a anesthésiée, ce à quoi elle répond que non, mais qu’il était là et a déposé une boîte de matériel en disant «y a du bon là-dedans».

Ce témoignage est crucial car s’il est vrai, cela signifie que le Dr Péchier est intervenu auprès de la patiente juste avant que son cœur s’emballe, alors qu’il n’était pas en charge d’elle. L’expert souligne que cela peut expliquer les différences observées entre les différents cas de ce dossier. De plus, il n’a pas expertisé une mèche de cheveux car elle est contaminée par les molécules du corps pendant l’inhumation, rendant toute interprétation impossible.

Lors de l’exhumation du corps en 2019, treize molécules ont été retrouvées dans les tissus de la défunte, dont de la lidocaïne et de la mépivacaïne, qui n’étaient pas mentionnées dans le rapport initial des experts.

L’expert toxicologue Fabien Bévalot a analysé les séquestres de l’opération en 2018, mais les poches de soluté utilisées pendant l’opération, souvent cruciales dans les cas d’empoisonnement, n’ont pas été fournies.

Dans le cadre du procès de Frédéric Péchier, l’expert toxicologue Fabien Bévalot a déposé au sujet du cas d’Edith Bongain, décédée lors d’une opération de la jambe. Ce cas retient l’attention de la cour en raison de la présence de lidocaïne et de mépivacaïne dans les tissus de la défunte.

Le procès du docteur Péchier se poursuit avec l’intervention de différents experts et des familles des victimes. Les dépositions des médecins et des infirmières ont été marquées par des témoignages poignants lors de la journée précédente. A cette époque, de nombreux événements indésirables graves se produisent dans ces deux établissements privés de soins, dans une proportion excessive. From September 8 to December 19, 2025, follow the ongoing debates in the courtroom live on our website, thanks to our on-site web journalists Jeanne Casez, Antoine Comte, and Sarah Rebouh.

With the collaboration of Sophie Courageot, deputy editor-in-chief, and Morgane Hecky, digital editing manager, and the reporting teams present at the hearing.

This Friday, November 7, the trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, 12 of whom died, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continued. Follow the highlights of the hearing with our on-site journalist, Jeanne Casez.

This article is regularly updated throughout the day. Feel free to refresh the page.

15:33: The hearing is adjourned and will resume on Monday at 9 am. Thank you for following us today. Join us next week for the eleventh questioning of Frédéric Péchier scheduled for Monday at 2 pm. After a final expert deposition in the morning, the anesthesiologist will be invited to speak about the cases of Bongain and Lacheray, two patients who experienced serious adverse events in early 2015. Their anesthesiologist, Dr. Biyick, had just arrived at the Saint-Vincent clinic. Shortly after the events, this woman was fired and let herself die at home.

15:30: The experts have been thanked. The hearing is coming to an end, but the president wants to read a brief statement before the bell rings. It is the statement of Edith Bongain’s son, Bruno Bongain. Investigators asked him to recount his mother’s death. «We did not have an explanation, except that the anesthesiologist told us, ‘it happens.’ «Did the doctor tell you it could be a medical error?» the investigators asked. Response: «Not at all. It was a shock for us. The surgeon always told us there was no risk in performing this operation.»

15:20: Based on the experts’ testimonies, the benefit of the doubt goes to the accused in this operation. Christine de Curraize stands up to recall the context in which it occurred. For her, this is «the fifth poisoning using mepivacaine. From our position [that of the prosecution], we see a modus operandi that we recognize.» The prosecutor adds that during this period, the anesthesiologist in charge, Dr. Biyick, experienced three serious adverse events, including two deaths, within a few weeks before being fired from the Saint-Vincent clinic.

15:10: Pierre Diemunsch also does not mince his words about the anesthesia report that was returned to him. «Deplorable!» regrets the anesthesiologist. «We don’t even know if the patient was ventilated, or with what she was ventilated.» Cela donne une impression extrêmement négative et peu sérieuse de la façon dont ces documents ont été complétés.»

15h : La présidente de la cour rappelle aux experts que «rien ne justifiait d’utiliser ces deux molécules». M. Diemunsch secoue la tête pour exprimer son désaccord, derrière son ordinateur. Antoine Tracqui répondra à sa place. Pour la mépivacaïne, «l’hypothèse d’une administration fortuite [imprévue] est «en tête de liste».

La lidocaïne, en revanche «a sa place» dans le protocole d’opération de la patiente. «Donc on ne peut pas exclure que les médecins l’aient utilisé même si ce n’est pas précisé.» Malgré tout, les experts médico-légaux préfèrent la thèse d’un «accident cardiovasculaire inaugural», et non celle d’un empoisonnement, pour expliquer la mort d’Edith Bongain.

14h45 : Le médecin légiste Antoine Tracqui continue de lister les incohérences et les carences du compte rendu d’anesthésie. «Un document succinct et manifestement incomplet», «aucune mention de l’arrêt cardiaque subi par la patiente»… Derrière lui, Me Berna plonge son visage dans ses mains : ces zones de flou devraient profiter à la défense de Frédéric Péchier.

14h35 : Et la mépivacaïne ? Des traces de cette molécule se trouvaient aussi dans les tissus d’Edith Bongain. Mais là non plus, les experts n’ont pas assez d’éléments pour savoir si ce produit a été utilisé dans le cadre de l’opération ou de manière exogène, et donc peut-être malveillante.

14h30 : Comme le toxicologue entendu à la barre ce matin, Antoine Tracqui concentre son exposé sur deux molécules. La lidocaïne d’abord, retrouvée dans le “liquide de putréfaction, dans le foie et la moelle osseuse” du cadavre d’Edith Bongain. Selon lui, “il est possible mais peu probable” que cette molécule ait été utilisée au niveau local de la jambe gauche qui faisait souffrir la patiente. Une fois de plus, l’expert tacle le manque d’informations à sa disposition. “Le compte rendu d’anesthésie est, comment dire… ni fait ni à faire. Il ne permet pas de dire si de la lidocaïne a été utilisée dans le cadre de la réanimation de Mme Bongain.”

14h25 : Au cours de l’enquête, la justice a demandé aux experts de rendre un second rapport, au regard de nouveaux “résultats toxicologiques post mortem”. Le cadavre d’Edith Bongain a en effet été exhumé, puis analysé, en 2019, cinq ans après le décès.

14h15 : “Le risque de survenue d’un tel accident était clairement envisagé par les praticiens» qui ont placé l’opération à un haut niveau de risque, poursuit Antoine Tracqui. “La seule alternative c’était l’amputation. Or une dame de 88 ans, si on lui coupe la jambe, on la tue. C’était donc une intervention destinée à lui sauver la vie.” La veille, le chirurgien d’Edith Bongain était plus mitigé. Selon lui, les risques étaient faibles, il avait d’ailleurs rassuré les proches de cette patiente avant l’opération.

14h10 : “À la fin de cette opération, dont le déroulement ne présente pas de particularité, arrêt cardiaque brutal”, retrace le médecin légiste, Antoine Tracqui. Après trente minutes de réanimation, le décès est constaté à 14h15, le 13 mars 2015.

L’expert détaille les actions de chaque médecin pendant la réanimation de la patiente. «Le Dr Péchier a réalisé un massage cardiaque externe. Le Dr Biyick a effectué le premier choc avec le défibrillateur. Le Dr Péchier a repris le massage cardiaque. Le deuxième choc électrique a été administré, et le compte rendu s’arrête là avec le décès de la patiente,» termine-t-il en levant les yeux de sa feuille pour regarder la cour.

À 14h05, Antoine Tracqui énumère les antécédents médicaux d’Edith Bongain, décédée en 2015 sur la table d’opération. Étaient-ils suffisants pour expliquer sa mort ? Le médecin devrait répondre à cette question dans peu de temps.

À 14h, l’audience reprend avec l’intervention des experts médicaux. Antoine Tracqui et Pierre Diemunsch déposent à la barre.

À 11h35, l’audience est suspendue et reprendra à 14h.

À 11h30, Randall Schwerdorffer se lève pour rectifier les propos de ses adversaires et interroge le mari d’Odile Lacheray.

Me Schwerdorffer laisse le public sur sa faim, laissant planer la question sur l’intervention de Frédéric Péchier auprès de la patiente ce jour-là.

À 11h25, Stéphane Giuranna sécurise la version d’Odile Lacheray et répète ses propos aux enquêteurs.

Les témoignages révèlent que la quadragénaire a pris un lourd traitement pour le cœur pendant une période où elle craignait pour sa santé. Son mari ne doutait pas du tout : «Elle a été empoisonnée deux fois, la deuxième fois avec ces cachets inutiles.»

Pas de doute pour son mari en tout cas : «Elle a été empoisonnée deux fois, la deuxième fois avec ces cachets inutiles.»

Il n’y avait aucun doute pour son mari : «Elle a été empoisonnée deux fois, la deuxième fois avec ces cachets inutiles.» Le diagnostic initial des médecins pour les troubles cardiaques de sa femme en 2015 était le syndrome de Takotsubo, un arrêt cardiaque lié au stress. Cependant, la police a ensuite envisagé son empoisonnement. Depuis le début du procès, son mari a expliqué que sa femme revit chaque jour les événements, affirmant même qu’elle avait l’impression que quelqu’un avait voulu la tuer. Son témoignage est crucial, car il suggère une intervention inappropriée du médecin Frédéric Péchier juste avant que son cœur ne s’emballe, alors qu’il n’était pas responsable de sa prise en charge. Selon l’expert, l’une des raisons expliquant les différences observées entre les différents cas de ce dossier est qu’une mèche de cheveux n’a pas été expertisée, car pendant l’inhumation du défunt, elle est contaminée par toutes les molécules présentes dans le corps, ce qui rend toute interprétation impossible.

Lors de l’exhumation du corps de la défunte en 2019, treize molécules ont été retrouvées dans ses tissus, dont de la lidocaïne et de la mépivacaïne. Ces deux molécules n’avaient pas été mentionnées dans le rapport des experts et n’ont pas été retrouvées dans les séquestres, ce qui attirera l’attention de la cour.

L’expert toxicologue Fabien Bévalot a analysé les séquestres de l’opération en 2018, mais les poches de soluté utilisées pendant l’opération, qui sont souvent cruciales pour conclure à un empoisonnement, n’ont pas été fournies.

Dans cette affaire, le docteur Frédéric Péchier est suspecté d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017. Son procès devant les assises à Besançon se poursuit, et l’expert toxicologue Fabien Bévalot a présenté ses résultats lors de cette journée d’audience. A cette période, de nombreux événements indésirables graves (EIG) se produisent de manière disproportionnée dans ces deux établissements de soins privés. On Friday, November 7, the trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, 12 of whom died, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continued. Follow the highlights of the trial with our on-site journalist, Jeanne Casez.

15:33: The hearing is adjourned and will resume on Monday at 9 a.m. This concludes our live coverage for today. Join us next week for the eleventh interrogation of Frédéric Péchier scheduled for Monday at 2 p.m. Following a final expert testimony in the morning, the anesthesiologist will be asked to address the cases of Bongain and Lacheray. These two patients experienced a serious adverse event at the beginning of 2015. Their anesthesiologist, Dr. Biyick, had just arrived at the Saint-Vincent clinic. Shortly after the events, this woman was fired and allowed herself to die at home.

15:30: The experts have been thanked. The hearing is coming to an end, but the president insists on reading a brief statement before the adjournment. It is the deposition of Edith Bongain’s son, Bruno Bongain. Investigators asked him to recount his mother’s death. «We had no explanation other than the anesthesiologist telling us, ‘it happens.’ «Did the doctor mention the possibility of a medical error?» the investigators asked. His response: «Not at all. It was a shock for us. The surgeon always assured us that there was no risk in performing this operation.»

15:20: Based on the experts’ testimony, the benefit of the doubt goes to the accused in this operation. Christine de Curraize rises to remind everyone of the context in which it occurred. For her, it is «the fifth poisoning with the use of mepivacaine. From our standpoint [the prosecution], we see a modus operandi that we recognize.» The prosecutor adds that during this period, the anesthesiologist in charge, Dr. Biyick, experienced three serious adverse events, including two deaths, within a few weeks before being fired from the Saint-Vincent clinic.

15:10: Pierre Diemunsch, also does not mince his words regarding the anesthesia report that was returned to him. «Deplorable!» laments the anesthesiologist. «We don’t even know if the patient was ventilated, or with what she was ventilated. It gives an extremely unpleasant and unfavorable impression of the seriousness with which these documents were filled out.»

15:00: The court president reminds the experts that «there was no justification for using these two molecules.» Mr. Diemunsch shakes his head in disagreement behind his computer. Antoine Tracqui will respond in his place. La mépivacaïne est suspectée d’avoir été administrée de manière fortuite, selon les experts. En revanche, la lidocaïne est considérée comme faisant partie du protocole d’opération de la patiente, même si son utilisation n’est pas clairement spécifiée. Les experts médico-légaux privilégient l’hypothèse d’un accident cardiovasculaire plutôt que celle d’un empoisonnement pour expliquer le décès d’Edith Bongain.

Le médecin légiste Antoine Tracqui souligne les lacunes du compte rendu d’anesthésie, mettant en évidence des incohérences et des manques d’informations. Les avocats des parties civiles semblent préoccupés par ces zones d’ombre qui pourraient jouer en faveur de la défense de Frédéric Péchier.

Des traces de mépivacaïne ont également été retrouvées dans les tissus d’Edith Bongain, mais les experts ne peuvent déterminer avec certitude si ce produit a été utilisé pendant l’opération ou de manière malveillante. Le toxicologue et le médecin légiste soulignent le manque d’informations adéquates pour établir clairement les circonstances du décès de la patiente. Le Dr Péchier reprend le massage cardiaque. Après le deuxième choc électrique, le compte rendu s’arrête avec le décès de la patiente, déclare-t-il en levant les yeux de sa feuille pour observer la cour.

À 14h05, Antoine Tracqui énumère les antécédents médicaux d’Edith Bongain, décédée en 2015 sur la table d’opération. La question de savoir si ces antécédents étaient suffisants pour expliquer sa mort devrait trouver réponse sous peu.

À 14h, l’audience reprend avec l’intervention des experts médicaux, dont Antoine Tracqui et Pierre Diemunsch.

À 11h35, l’audience est suspendue et reprendra à 14h.

À 11h30, Randall Schwerdorffer se lève pour rectifier les propos de ses adversaires. Il rappelle les déclarations d’Odile Lacheray aux enquêteurs concernant le Dr Péchier.

Randall Schwerdorffer laisse planer le doute sur la possibilité que le Dr Péchier ait pu repartir avec une boîte, une question qui sera posée à l’accusé lors de son prochain interrogatoire.

À 11h25, Stéphane Giuranna prend la parole pour soutenir la version d’Odile Lacheray concernant le Dr Péchier. Son mari confirme également ses dires.

Odile Lacheray a vécu dans la crainte d’une défaillance cardiaque et a été sous surveillance constante en raison de ses problèmes de santé. Son mari ne doute pas : «Elle a été empoisonnée deux fois, la deuxième fois avec ces cachets inutiles.»

Me Berna, l’avocat de parties civiles au procès de Frédéric Péchier, respecte le choix d’Odile Lacheray de ne plus être partie civile. Il souligne que sa cliente a reconnu plus que juste un visage, mais un physique imposant.

Christine de Curraize prépare le témoin pour les questions de l’avocat de la défense. L’avocate générale met en avant la bonne foi d’Odile Lacheray, affirmant qu’elle n’avait aucune raison d’inventer ses déclarations.

Jean-François Lacheray affirme sans hésitation que sa femme est formelle dans ses déclarations concernant Frédéric Péchier. Il souligne que la différence de taille et de physionomie entre sa femme et l’accusé est claire.

La présidente de la cour lit la déposition d’Odile Lacheray aux enquêteurs pour aider Jean-François Lacheray à commenter les déclarations de sa femme. Odile avait décrit une interaction avec le Dr Péchier lors de son hospitalisation.

Jean-François Lacheray explique que sa femme a choisi de ne pas assister au procès pour éviter le stress de revivre les événements, préférant passer à autre chose. Le syndrome de Takotsubo, un arrêt cardiaque lié au stress, a été diagnostiqué par les médecins pour expliquer les problèmes cardiaques de sa femme en 2015, avant que la police ne commence à envisager son empoisonnement.

À 10h40, l’homme en gilet gris explique : «Au départ on nous a dit que c’était un accident, on s’était résignés à ça, jusqu’au jour où la police nous a demandés de venir. Depuis, elle ruminait sans aborder souvent le sujet car elle voulait oublier, sans pour autant le faire. On ne prenait pas ça avec l’importance de l’heure actuelle, on se disait c’est pas au niveau des gens qui sont malheureusement partis, alors on a minimisé.»

Depuis le début du procès, le mari d’Odile Lacheray raconte que sa femme revit constamment les événements : «Tous les soirs, elle voit les comptes rendus de la journée et on revit tout ça. Hier soir, c’était très compliqué. Elle m’a dit “on a voulu me tuer”. Elle va vivre toute sa vie avec ça, elle a des problèmes de mémoire.»

À 10h35, la présidente lit la déclaration de Jean-François Lacheray aux enquêteurs, où il évoque les propos du Dr Péchier à l’hôpital. À 10h30, c’est Jean-François Lacheray qui témoigne à la barre, affirmant que sa femme a subi des séquelles après son opération en 2015.

À 9h35, l’audience est suspendue, et reprendra à 10h30 avec le témoignage d’Odile Lacheray. À 9h30, la déposition du père d’Odile est lue par la présidente, évoquant une photo du médecin montrée à sa fille après sa mise en examen. Ce témoignage crucial met en lumière une possible intervention du Dr Péchier auprès de la patiente avant ses problèmes cardiaques.

À 9h20, il est expliqué que la distribution des produits dans les organes peut être incomplète si le décès survient rapidement. L’expert souligne que les différences observées entre les différents cas de ce dossier peuvent s’expliquer par ce facteur. De plus, une mèche de cheveux a été soumise à l’expert après l’exhumation, mais il n’a pas pu l’expertiser en raison de la contamination pendant l’inhumation du défunt.

L’expert toxicologue Fabien Bévalot a analysé les séquestres de l’opération en 2018, mais les poches de soluté utilisées pendant l’opération n’ont pas été fournies, ce qui complique les conclusions sur un éventuel empoisonnement.

Il est mentionné qu’Edith Bongain, âgée de 89 ans, est décédée lors d’une opération de la jambe et que des molécules inattendues ont été retrouvées dans ses tissus, ce qui attire l’attention de la cour.

Le procès de Frédéric Péchier, accusé d’avoir empoisonné plusieurs personnes entre 2008 et 2017, se poursuit avec des témoignages poignants et des analyses d’experts.

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