Près de 4 000 personnes sans-abri ont été recensées à Paris lors de la 9ème Nuit de la Solidarité, organisée dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026. Entre l’explosion des campements de fortune et le manque de places d’hébergement, élus et associations alertent sur une crise humanitaire qui s’aggrave au cœur de la capitale et dans la métropole.
Le constat est sans appel et les chiffres marquent un tournant. Lors de la 9ème édition de la Nuit de la Solidarité, organisée dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026, les premiers décomptes font état de 3 857 personnes sans solution d’hébergement dans les rues de la capitale.
Ce recensement, coordonné par la Ville de Paris avec l’appui de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), révèle une hausse de 10 % sur un an. Un chiffre qui s’alourdit à l’échelle de la Métropole du Grand Paris, où 1 083 personnes supplémentaires ont été recensées dans 33 communes volontaires.
Pour Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités, la situation est «glaçante et vertigineuse». L’élue souligne que ce «nombre historique» est atteint malgré l’activation du plan Grand Froid, qui aurait dû théoriquement vider les rues. Ce sentiment d’urgence est partagé par les acteurs de terrain, à l’image de Luc Viger, coordinateur d’Utopia 56.
Ce dernier rappelle que si la hausse est de 10 % par rapport à l’an dernier, le chiffre a «quasiment doublé par rapport aux années précédentes», citant les 2 200 à 2 500 personnes recensées en 2022. Le militant associatif précise d’ailleurs que ce décompte reste partiel, puisqu’il ne comptabilise ni les personnes en squats, ni celles mises à l’abri temporairement dans des gymnases, dans des conditions qu’il juge«extrêmement précaires».
L’un des enseignements majeurs de cette édition 2026 réside dans la mutation de l’occupation de l’espace public. Le nombre de personnes vivant dans des regroupements de plus de 20 individus a explosé, passant de 174 l’an dernier à 721 cette année.
Une hausse de 10 % des personnes à la rue, un triste «record» qui alarme élus et associations à l’ocasion de la «Nuit de la Solidarité 2026»
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© FAYCAL ELKECHAI / HANS LUCAS
Le communiqué de la municipalité pointe une multiplication des «campements de fortune», notamment sur les talus du périphérique, dans les parcs ou les bois de Boulogne et Vincennes. Nathan Lequeux confirme cette analyse en évoquant une «explosion des demandes de matériel, notamment des tentes et des couvertures» depuis deux ans.
Sur le plan politique, Léa Filoche lie cette situation aux politiques migratoires nationales qui, selon elle, «créent les conditions pour laisser des publics en dehors de tout cadre». Elle déplore que des personnes disposant pourtant de droits ou d’un titre de séjour ne parviennent pas à accéder au système d’hébergement classique. De son côté, Utopia 56 dénonce la rareté des mises à l’abri en Île-de-France et critique les «sas régionaux» vers lesquels les exilés sont orientés.
Many refuse these transfers to the provinces because they work in Paris or have children in school there, thus rejecting a forced «territorial disconnect.»
The debate on the responsibility of emergency accommodation is intensifying. The City of Paris insists that this mission «falls under the jurisdiction of the State» and regrets the disappearance of 1,794 places funded by the regional prefecture in two years. To compensate, the municipality claims to have created 1,000 places on its own, currently accommodating 1,800 people, including 700 children, in municipal buildings and gymnasiums.
Anne Hidalgo, the Mayor of Paris, emphasizes in a statement that this «humanitarian and health situation cannot continue,» noting the recent opening of two new centers in the 5th and 15th arrondissements.
However, associations expect more from the municipality. While Luc Viger acknowledges that the State is primarily responsible, he believes that the City of Paris should «set an example» by creating permanent dedicated structures rather than reacting in emergency situations. Utopia 56 advocates for the opening of a «first reception center» for migrants to prevent camps from becoming «indecent,» lacking access to water and sanitation.
Behind the battle of statistics lies a harsh social reality. Léa Filoche recalls a figure: in 2024, 419 people died on the streets of Paris. «It’s mathematical: the more people on the streets, the more deaths,» the elected official points out.
The only glimmer of hope in this dark picture is the decrease in the proportion of homeless women, from 14% to 11%. A decrease that the city attributes to the exceptional measures put in place this winter with the Cold Weather Plan. «It proves that when we take action, the numbers decrease,» concludes Léa Filoche, seeing it as a matter of «political choice.»
The complete and consolidated results of this 9th Night of Solidarity will be published by the APUR by the summer of 2026, allowing for a more detailed analysis of the profiles and needs of this increasingly excluded population at the heart of the metropolis. Le nombre de personnes vivant dans des regroupements de plus de 20 individus a considérablement augmenté, passant de 174 l’an dernier à 721 cette année.
Le communiqué de la municipalité met en avant une multiplication des «campements de fortune», notamment sur les talus du périphérique, dans les parcs ou les bois de Boulogne et Vincennes. Nathan Lequeux confirme cette observation en signalant une augmentation significative des demandes de matériel, notamment des tentes et des couvertures, au cours des deux dernières années.
Sur le plan politique, Léa Filoche fait le lien entre cette situation et les politiques migratoires nationales qui, selon elle, créent des conditions favorisant l’exclusion de certains publics. Elle déplore le fait que des personnes disposant pourtant de droits ou d’un titre de séjour ne parviennent pas à accéder aux structures d’hébergement traditionnelles. De son côté, l’association Utopia 56 critique la rareté des places d’hébergement d’urgence en Île-de-France et remet en question les «sas régionaux» vers lesquels les exilés sont dirigés. Selon l’association, de nombreux exilés refusent ces transferts en province car ils travaillent à Paris ou ont des enfants scolarisés dans la capitale, refusant ainsi un déplacement forcé.
Le débat sur la responsabilité de l’hébergement d’urgence s’intensifie. La Ville de Paris souligne que cette mission relève de la compétence de l’État et déplore la disparition de 1 794 places financées par la préfecture de région en deux ans. En réponse, la municipalité affirme avoir créé 1 000 places en propre, hébergeant actuellement 1 800 personnes, dont 700 enfants, dans des bâtiments municipaux et des gymnases.
Anne Hidalgo, maire de Paris, insiste sur le fait que cette situation humanitaire et sanitaire ne peut plus perdurer, soulignant l’ouverture récente de deux nouveaux centres dans les 5ème et 15ème arrondissements.
Les associations attendent cependant davantage d’actions de la part de la municipalité. Luc Viger estime que la Ville de Paris, bien que l’État soit le principal responsable, doit montrer l’exemple en mettant en place des structures dédiées permanentes plutôt que de réagir dans l’urgence. Utopia 56 plaide notamment pour l’ouverture d’un centre de primo-accueil pour les exilés afin d’éviter que les campements ne deviennent des situations indécentes, privées d’accès à l’eau et aux sanitaires.
Derrière les chiffres, se cache une réalité sociale cruelle. Léa Filoche rappelle qu’en 2024, 419 personnes sont décédées dans les rues de Paris. Elle souligne que plus il y a de personnes à la rue, plus il y a de décès, insistant sur l’urgence d’agir.
Une lueur d’espoir apparaît cependant, avec une diminution de la proportion de femmes sans-abri, passant de 14 % à 11 %. Cette baisse est attribuée par la mairie aux dispositifs exceptionnels mis en place cet hiver avec le plan Grand froid, démontrant que des actions concrètes peuvent avoir un impact positif.
Les résultats complets de cette 9ème Nuit de la Solidarité seront publiés par l’APUR d’ici l’été 2026, permettant une analyse plus précise des profils et des besoins de cette population en situation d’exclusion croissante au cœur de la métropole. La crise humanitaire s’intensifie au cœur de la capitale et dans la métropole, avec l’explosion des campements de fortune et le manque de places d’hébergement. Élus et associations tirent la sonnette d’alarme sur cette situation critique.
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