La présentation de «La Voix de Hind Rajab» a provoqué une grande émotion à la Mostra de Venise. Le film relate les dernières heures d’une fillette de Gaza tuée par l’armée israélienne en janvier 2024. Vingt-trois minutes d’ovation et de nombreuses larmes ont marqué la projection du film, qui est maintenant un favori pour remporter le Lion d’or lors de la clôture du festival. Réalisé par Kaouther Ben Hania, le film se concentre sur les enregistrements des appels à l’aide de l’enfant aux secours, avant son décès.
L’histoire se déroule en janvier 2024, lorsque la famille de Layan Hamada tente de fuir les combats dans la bande de Gaza. Malheureusement, leur voiture est encerclée par des chars israéliens et est la cible de tirs. Seuls Layan et Hind survivent à l’attaque, mais Hind est grièvement blessée. Les enregistrements des appels de détresse de l’enfant au Croissant-Rouge palestinien ont été utilisés par la cinéaste pour mettre en lumière la tragédie.
Les opérateurs du Croissant-Rouge ont tenté de sauver Hind, mais ont malheureusement dû entendre sa mort en direct. Les ultimes moments de la fillette ont été marqués par la peur et la douleur, alors qu’elle était entourée des corps de ses proches. Les témoignages des secouristes révèlent l’horreur de la situation et la cruauté des actes commis lors de ce terrible événement.
L’opératrice se rappelle que sa voix était empreinte de tristesse et de désespoir, tout en entendant des drones et des tirs sporadiques. Alors que la nuit tombe, Hind Rajab est de plus en plus affaiblie et effrayée. «J’ai tellement peur, s’il te plaît, viens me chercher!» implore-t-elle.
Rana promet de lui porter secours, mais le Croissant-Rouge doit obtenir l’autorisation de l’armée israélienne avant d’envoyer une ambulance sur place. La coordination avec les autorités israéliennes prend du temps. «[Hind] m’a demandé : ‘Dans combien de temps seras-tu là?’ J’ai répondu ‘une heure’. Au final, une heure et demie s’est écoulée et nous n’avions toujours pas envoyé personne», regrette l’opératrice.
Le Croissant-Rouge n’obtient le feu vert pour intervenir qu’à 17h40. Peu avant 18 heures, l’ambulance arrive enfin dans la rue où se trouve Hind Rajab. «On était toujours en communication avec elle et nos secouristes», raconte Rana. En ligne avec l’ONG, les ambulanciers signalent qu’ils sont visés par des lasers. «Tout à coup, on a entendu des tirs. Jamais nous n’aurions pensé que c’était l’ambulance qui était visée, elle était presque à côté de Hind.» Rana perd le contact avec la fillette et ses collègues avec les secouristes.
Il faudra douze jours au Croissant-Rouge pour envoyer une nouvelle équipe sur place. Celle-ci découvre «les corps en décomposition» de Hind Rajab et de ses proches, dans une voiture «criblée de balles», selon un rapport de l’ONU publié en juillet 2024. L’ambulance venue à sa recherche est retrouvée quelques dizaines de mètres plus loin, «complètement détruite», avec à son bord «les dépouilles de deux secouristes».
Pour le Croissant-Rouge, le véhicule identifié comme une ambulance de secours a été pris pour cible par l’armée israélienne. Une attaque qui pourrait être considérée comme un «crime de guerre», tout comme le meurtre de Hind Rajab et de sa famille, dénonce le rapport des Nations unies. Plus de 63 000 Gazaouis ont perdu la vie depuis le début du conflit, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.
Quelques heures plus tôt, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate de l’ouest de la localité où vit la jeune fille de 15 ans avec sa famille, selon le Washington Post. Les parents de Layan ont tenté de fuir vers le nord en embarquant leurs trois enfants ainsi que leur nièce Hind Rajab dans leur voiture. Les autres proches de la jeune fille, dont sa mère, ont dû évacuer à pied.
Malheureusement, la voiture des Hamada n’a parcouru que 400 mètres avant d’être encerclée par des chars israéliens et pris pour cible. Bashar Hamada, sa femme et deux de leurs enfants ont été tués. Seules Layan et Hind ont survécu. Lorsque l’adolescente a réussi à contacter un de ses oncles vers 13 heures, celui-ci a alerté le Croissant-Rouge palestinien. Il a fallu plus d’une heure à l’ONG pour pouvoir la joindre sur son portable. Paniquée, elle a signalé : «Ils nous tirent dessus. Le tank est près de moi». Interrogée par l’opérateur Omar, elle a confirmé qu’elle était cachée.
La conversation a été interrompue par des tirs nourris et les cris terrifiants de Layan. Omar a compris que la jeune fille venait d’être tuée. Selon une enquête du Washington Post, plus de 62 tirs ont visé la voiture en seulement six secondes.
Omar a rappelé le numéro et c’est la dernière survivante, Hind Rajab, qui a répondu. Grièvement blessée au dos, à la main et au pied, elle était assise sur la banquette arrière, entourée des corps de ses proches. Rana, collègue d’Omar, a essayé de la rassurer pendant plus de trois heures, alors que la fillette était de plus en plus faible et terrifiée. Le Croissant-Rouge a finalement obtenu l’autorisation d’intervenir vers 17h40, mais l’ambulance a été prise pour cible avant d’atteindre Hind.
Douze jours plus tard, une équipe du Croissant-Rouge a découvert les corps en décomposition de Hind Rajab et de ses proches, dans une voiture criblée de balles, selon un rapport de l’ONU publié en juillet 2024. L’ambulance envoyée pour secourir Hind Rajab a été retrouvée quelques dizaines de mètres plus loin, «complètement détruite», avec les dépouilles de deux secouristes à bord, selon le document.
Pour le Croissant-Rouge, le véhicule de secours, clairement identifiable, a été ciblé par l’armée israélienne. Une attaque qui pourrait constituer un «crime de guerre», tout comme le meurtre de Hind Rajab et de sa famille, dénonce le rapport des Nations unies. Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne assure être encore «en train d’examiner» les circonstances de la mort de la jeune Palestinienne. Comme elle, plus de 63 000 Gazaouis ont perdu la vie depuis le début du conflit, selon le ministère de la Santé, administré par le Hamas.
«La Voix de Hind Rajab» a bouleversé la Mostra de Venise. Le film raconte les dernières heures d’une fillette gazaouie, tuée par l’armée israélienne en janvier 2024.
Vingt-trois minutes d’ovation et de nombreuses larmes. La Voix de Hind Rajab a secoué la Mostra de Venise, mercredi 3 septembre, se hissant parmi les favoris pour décrocher le Lion d’or lors de la clôture du festival italien de cinéma samedi soir. Le film de Kaouther Ben Hania retrace les dernières heures d’Hind Rajab, fillette de cinq ans tuée avec sa famille dans la bande de Gaza en janvier 2024. Au cœur du long-métrage : les enregistrements des trois heures que l’enfant a passées au téléphone avec les secours, avant de succomber à ses blessures.
«Lorsque j’ai entendu pour la première fois la voix d’Hind Rajab, il y avait quelque chose de plus que sa voix. C’était la voix de Gaza qui appelait à l’aide et personne ne pouvait entrer», confie Kaouther Ben Hania, alors qu’Israël intensifie encore son offensive dans l’enclave palestinienne ravagée par deux ans de guerre contre le Hamas. La famille de la jeune gazaouie a autorisé la cinéaste tunisienne à utiliser le son de son appel d’urgence, enregistré par le Croissant-Rouge palestinien le 29 janvier 2024.
Ce jour-là, Omar, un opérateur de l’ONG, est au téléphone dans les bureaux de l’organisation à Ramallah (Cisjordanie). Plus de 80 kilomètres le séparent de la ville de Gaza et de Layan Hamada, la jeune Palestinienne qui se trouve au bout du fil. Quelques heures plus tôt, l’armée israélienne a appelé à l’évacuation immédiate de l’ouest de la localité, où l’adolescente de 15 ans habite avec sa famille. Cherchant à fuir vers le nord, les parents de Layan ont fait grimper leurs trois enfants, ainsi que leur nièce Hind Rajab, dans leur voiture. Les autres proches de la fillette, dont sa mère, ont évacué à pied.
Mais le véhicule des Hamada ne parcourt que 400 mètres avant de s’immobiliser, entouré par des chars israéliens et visé par des tirs. Bashar Hamada, sa femme et deux de ses enfants sont tués. Seules Layan et Hind survivent. Vers 13 heures, l’adolescente parvient à joindre l’un de ses oncles, qui donne l’alerte au Croissant-Rouge palestinien. Il faut plus d’une heure à l’ONG pour parvenir à contacter Layan Hamada sur son portable. «Ils nous tirent dessus. Le tank est près de moi», panique-t-elle, dans l’enregistrement relayé par Al-Jazeera. «Are you hiding?» asked Omar, the operator. L’ambulance qui était partie à sa recherche a été retrouvée quelques dizaines de mètres plus loin, «complètement détruite», avec les corps de deux secouristes à bord, indique le document. Le Croissant-Rouge affirme que le véhicule de secours, clairement identifiable, a été visé par l’armée israélienne. Cette attaque pourrait constituer un «crime de guerre», tout comme le meurtre de Hind Rajab et de sa famille, dénonce le rapport des Nations unies. L’armée israélienne, interrogée par l’AFP, affirme qu’elle est encore en train d’examiner les circonstances de la mort de la jeune Palestinienne. Depuis le début du conflit, plus de 63 000 Gazaouis ont perdu la vie, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.
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