The trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, 12 of whom fatally, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continues this Friday, December 12. Plaidoiries are still ongoing on this 64th day. Our journalists Sarah Rebouh and Antoine Comte bring you the highlights of the hearing.
➜ This article is regularly updated throughout the day. Feel free to refresh your page.
1:00 PM: The hearing is adjourned. It will resume at 2:30 PM.
12:58 PM: “Henri Quenillet was the 12th victim”, finally pronounces Thérèse Brunisso, overcome with emotion. She lets a silence fall in the room. The prosecutor speaks again, her voice trembling: “He is the 30th victim on this list of horror”.
“Three months later, while the Collette and Quenillet families mourned their deaths, the ‘3rd conspirator, Dr. Balon, went to see one of her patients, who in turn was suffering from an unexplained EIG”. This patient was Sandra Simard. A new silence falls. The magistrate clings to her lectern. “This will be the beginning of the Péchier affair”.
Thérèse Brunisso concludes and returns to her seat. She wipes her eyes with a tissue. Christine de Curraize squeezes her hand in a comforting gesture.
12:55 PM: “Frédéric Péchier is the author of this malicious act, why? First, he had all the opportunity to tamper with the bags this morning”, on November 21, believes Thérèse Brunisso. “And above all, because it is clear that Dr. Assila was the target, and that Mr. Quenillet was just the instrument of his resentment and vengeance”.
«Loubna Assila was also criticized by Frédéric Péchier for her management of the Anesthesiologists’ Society. She went on sick leave because of all these conflicts. Mr. Quenillet is her first patient, on the day of her return, while she is pregnant», she repeats, visibly moved.
Henri Quenillet will die because of the completely irrational hatred that Frédéric Péchier harbors towards his colleague. The first patient on her return day.
Thérèse Brunisso, prosecutor
12:52 PM: The 12th death in the judicial file that has interested the assize court since September 8 is Henri Quenillet, who succumbed to an unexplained cardiac arrest at the Saint-Vincent clinic on November 21, 2016, at the age of 73. His anesthesiologist was Dr. Loubna Assila, who was also called a ‘“conspirator” by the accused a few weeks earlier.
For the last time, Thérèse Brunisso reviews each toxicological hypothesis. To stop, as with the 29 other cases analyzed previously, on intoxication with local anesthetics, specifically via the 2nd solution bag that was administered to the patient.
12:50 PM: warns Thérèse Brunisso about the accused. , she repeats.
“Bertrand Collette is the 11th death on this grim list. He will not be the last, there will be a 12th… Mr. Quenillet,” continues the prosecutor.
12:45 PM: Unsurprisingly, for the prosecution, these two EIGs were caused by poisoning. This time, via potassium intoxication, . In the case of Bertrand Collette, a patient of Dr. Serri, , says Thérèse Brunisso.
What elements designate the accused as the perpetrator? explains the prosecutor. “Once again, this is his signature, this product that sticks to him and of which he himself said on the phone to a close relative: ‘If it weren’t for that, there would be no case’”.
According to the accusation, “Dr. Serri is clearly targeted. In an exchange of emails, he is called a ‘conspirator’ by the accused”.
We know that Frédéric Péchier holds a grudge. He brooded over his revenge during his vacation.
Thérèse Brunisso, prosecutor
12:42 PM: The pace is intense in the courtroom, following the words spoken by the prosecutors. The analysis of serious adverse events unfolds rapidly. Another change: here is Thérèse Brunisso again, to address the last two cases of EIG: those of Bertrand Collette, on October 31, 2016, and Henri Quenillet, on November 21 of the same year,
12:38 PM: As a reminder, these two serious adverse events were not fatal. Christine de Curraize conclut que même si Frédéric Péchier est l’empoisonneur, il n’avait pas nécessairement l’intention de tuer ces deux jeunes patients. Elle affirme que les échecs de Péchier à tuer étaient dus à des erreurs dans ses méthodes, et non à un manque de volonté. Elle demande à ce qu’il soit reconnu coupable des empoisonnements aggravés de Kevin Bardot et Wilhem Barraut.
Elle explique également que l’adrénaline suit le parcours criminel de Péchier, soulignant sa présence lors de plusieurs empoisonnements. Elle affirme que Péchier avait une nécessité psychologique de passer à l’acte criminel pour survivre mentalement.
Dans un retournement inhabituel, l’avocat de la défense accorde une interview aux journalistes pendant que le réquisitoire se poursuit. Il mentionne que son client ne va pas bien, mais que cela est constant depuis 8 ans.
Les analyses des empoisonnements de Wilhem Barraut et Kevin Bardot montrent une intoxication à l’adrénaline malveillante, sans administration de cette substance pendant les opérations. Péchier était présent lors des réanimations et semblait attendre que les symptômes se manifestent.
Christine de Curraize revient sur les cas de Laurence Nicod, affirmant que Péchier l’a tuée sans lui laisser aucune chance. Elle demande aux jurés de le déclarer coupable des empoisonnements de Sylviane Baugey et Laurence Nicod.
Elle évoque également un plan diabolique de Péchier visant à faire tuer Catherine Nambot par son conjoint, ce qui est jugé extrêmement malveillant. Le Dr Sylvain Serri, anesthésiste à la Clinique Saint-Vincent et ancien ami de Frédéric Péchier, a été auditionné longuement en tant que partie civile lors du procès le jeudi 18 septembre 2025. Pendant ce procès, des éléments ont été révélés sur la relation conflictuelle entre les deux hommes, ainsi que sur les suspicions d’erreurs médicales graves liées à des accidents iatrogènes chez les patients du Dr Serri. Nathalie Péchier, ex-wife of the accused, urgently calls her husband’s psychologist because, in her words, «he’s spiraling out of control.» The public prosecutor believes there may be a connection with the death of Mrs. Baugey.
At 11:53, the public prosecutor is convinced that the poisoning was caused by the use of a contaminated infusion bag. Frédéric Péchier’s behavior is seen as incriminating, as he was the one leading the resuscitation efforts, administering electric shocks, and giving numerous injections of calcium gluconate.
At 11:47, the potential mistake of Mrs. Baugey’s surgeon, referred to as «this vascular breach,» is completely rejected by the surgeon himself, Dr. Gallinet, the anesthetist, Dr. Jeangirard, and the experts Miras and Biais. This eliminates the hypothesis that would exonerate Frédéric Péchier.
At 11:43, the details of the operation and cardiac arrest of Sylviane Baugey, anesthetized by Dr. Martial Jeangirard, are revisited. The cause of death, according to all experts, was due to local anesthetic intoxication, but there are differing opinions on the exact cause.
At 11:40, the public prosecutor shifts focus to the fatal incidents involving Sylviane Baugey and Laurence Nicod, which occurred on April 20, 2015, and April 14, 2016, respectively. These cardiac arrests are so similar that they are addressed together by the prosecutor.
At 11:38, after the demonstration, Christine de Curraize approaches the conclusion regarding Tedy’s incident. Je demande à ce que la culpabilité de Frédéric Péchier soit établie et qu’il soit déclaré coupable de l’empoisonnement du petit Tedy Hoerter-Tarby. Il se drogue également de médicaments et d’antidépresseurs la même année.
Dans cette optique, pensez-vous réellement, Mesdames et Messieurs les jurés, que les deux voire trois EIG successifs qui ont touché les patients du Dr Biyick en quelques mois seulement sont normaux ?
Et je vous démontrerai qu’il s’agit d’empoisonnements». Lors de l’audience, Mme Brunisso informe les jurés que «Frédéric Péchier a admis le principe de cet empoisonnement, après l’avoir contesté formellement lors de l’instruction». Elle ajoute que «il conteste la thèse de la pollution en amont pour retenir celle d’une injection en cours d’intervention car il est absent le 3 mars et car c’est le Dr Serri qui était présent». Du côté de la défense, Frédéric et Julie Péchier fixent le ministère public, tandis que Me Schwerdorffer prend des notes sans regarder l’accusation.
Dans cet EIG, Mme Brunisso déclare que «les séquestres ont parlé», affirmant que «l’arrêt cardiaque d’Armand Dos Santos est la conséquence d’une intoxication massive de potassium». Elle souligne que «l’apport en potassium ne peut qu’être l’action d’une main malveillante» et cite le Dr Serri qui a qualifié l’empoisonnement de «empoisonnement au potassium».
Dans son plaidoyer, l’avocate générale Christine de Curraize affirme que le contexte autour de l’EIG prouve qu’il s’agit d’un empoisonnement du Dr Péchier, soulignant notamment sa volonté de faire partir sa consoeur le Dr Colette Arbez. Elle évoque également la tentative de suicide de l’accusé après l’empoisonnement de Jean Benoît, y voyant un lien direct avec cet acte criminel.
Christine de Curraize conclut en demandant aux jurés de déclarer Frédéric Péchier coupable des empoisonnements aggravés de Monique Croissant, Anne-Marie Gaugey et Jean Benoît. Puis, après la coronarographie, Frédéric Péchier a administré une seconde dose d’anesthésique adrénaliné directement. En tant qu’anesthésiste de garde, l’accusé a conduit M. Péchier en coronarographie et l’a ensuite laissé aux mains de Frédéric Péchier en salle de réveil après un premier arrêt cardiaque.
Le plan de Frédéric Péchier contre le Dr Arbez a abouti à l’assassinat de Jean Benoît lors d’une opération de la cataracte en 2014. Frédéric Péchier aurait même déclaré qu’il n’était pas grave de mourir à l’âge de 79 ans, montrant ainsi son mépris pour la vie.
La démonstration du ministère public soutient que les actes de Frédéric Péchier étaient des empoisonnements visant à provoquer la mort. Il a délibérément laissé des patients en détresse sans intervention pour les sauver, dans le but de nuire au Dr Arbez.
Dans le cas d’Anne-Marie Gaugey, les éléments incriminant Frédéric Péchier sont nombreux, et l’accusation souligne sa présence dans les événements indésirables graves, ainsi que sa volonté de nuire au Dr Arbez. L’utilisation des mêmes anesthésiques locaux que dans d’autres cas suspects est considérée comme une signature de ses crimes.
L’accusation réfute l’hypothèse d’une hémorragie comme cause de décès pour Anne-Marie Gaugey, en soulignant la présence anormale de mépivacaïne, ce qui indiquerait un empoisonnement délibéré. La défense a tenté de justifier cette présence par une anesthésie chez le dentiste, explication rejetée par l’avocate générale.
Étienne Manteaux, ancien procureur de la République de Besançon, est également présent dans la salle d’audience ce jour-là. Il a consacré beaucoup de temps à l’affaire des empoisonnements dans les cliniques de Besançon avant de rejoindre le parquet de Grenoble il y a quelques mois. Le Dr Arbez a perdu un nouveau patient, Jean Benoît, ce qui a surpris tout le monde, selon l’avocate générale debout derrière son pupitre. Elle a affirmé que la malveillance, et non le hasard ou la malchance, était à l’origine de cet événement. Elle a également souligné que Frédéric Péchier était la clé de cette affaire, visant à éliminer le Dr Arbez. Le Dr Arbez était responsable d’un quart des victimes de cette affaire et était une victime collatérale de Frédéric Péchier. A cette période, de nombreux événements indésirables graves (EIG) se produisent de manière disproportionnée dans ces deux établissements de soins privés. From September 8 to December 19, 2025, follow the ongoing debates in the courtroom live on our website, thanks to our on-site web journalists Jeanne Casez, Antoine Comte, and Sarah Rebouh.
With the collaboration of Sophie Courageot, deputy editor-in-chief, and Morgane Hecky, digital editing manager, and the reporting teams present at the hearing.
This Friday, December 12, the trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, including 12 fatally, between 2008 and 2017 at two private clinics in Besançon (Doubs), continues. The 64th day is dedicated to the closing arguments. Our journalists Sarah Rebouh and Antoine Comte bring you the highlights of the hearing.
➜ This article is regularly updated throughout the day. Feel free to refresh your page.
1:00 PM: The court session is adjourned. It will resume at 2:30 PM.
12:58 PM: «Henri Quenillet was the 12th victim», finally declares Thérèse Brunisso, overcome with emotion. She allows a moment of silence in the courtroom. The prosecutor general continues, her voice trembling: «He is the 30th victim on this list of horror.»
«Three months later, while the Collette and Quenillet families mourned their deaths, the ‘3rd conspirator, Dr. Balon, went to see one of her patients, in turn a victim of an unexplained EIG». This patient was Sandra Simard. Another moment of silence follows. The magistrate holds onto her lectern. «This marked the beginning of the Péchier case.»
Thérèse Brunisso concludes and returns to her seat. She wipes her eyes with a tissue. Christine de Curraize squeezes her hand in a comforting gesture.
12:55 PM: «Frédéric Péchier is the perpetrator of this malicious act, why? First, he had all the opportunity to tamper with the IV bags this morning», on November 21, Thérèse Brunisso believes. «And especially, because it is evident that Dr. Assila was the target, and Mr. Quenillet was just the tool of his resentment and vengeance.»
«Loubna Assila was also criticized by Frédéric Péchier for her management of the Anesthetists’ Society. She went on sick leave because of all these conflicts. Mr. Quenillet is her first patient on her return, while she is pregnant», she repeats, visibly moved.
Henri Quenillet will die because of the completely irrational hatred that Frédéric Péchier harbors towards his colleague. The first patient on her return day.
Thérèse Brunisso, prosecutor general
12:52 PM: «The 12th victim» in the judicial file under scrutiny since September 8 is Henri Quenillet, who died of unexplained cardiac arrest at the Saint-Vincent clinic on November 21, 2016, at the age of 73. His anesthesiologist was Dr. Loubna Assila, also accused of being a ‘“conspirator” by the defendant a few weeks earlier.
For the last time, Thérèse Brunisso goes over each toxicological hypothesis. Just like in the 29 previous cases analyzed, she concludes that the cause was intoxication from local anesthetics, specifically «a massive and exogenous administration of potassium» through the 2nd IV bag given to the patient.
12:50 PM: «The clinic is his playground, let’s not forget that,» warns Thérèse Brunisso about the accused. «As in previous cases, everything points to Frédéric Péchier as the poisoner of Bertrand Collette. Is this act poisoning? Yes, because he knows the effects of potassium, a substance he has used before. Yes, because one does not kill multiple times by chance», she reiterates.
«Bertrand Collette is the 11th victim on this sinister list. He will not be the last, there will be a 12th… Mr. Quenillet,» the magistrate continues.
12:45 PM: Unsurprisingly, for the prosecution, these two EIGs were caused by poisonings. This time, through potassium intoxication, «as favored by the experts». In the case of Bertrand Collette, a patient of Dr. Serri, «there is no doubt. But Frédéric Péchier still disputes it,» says Thérèse Brunisso.
What evidence points to the accused as the perpetrator? «Upon arrival, Frédéric Péchier administered calcium gluconate,» explains the prosecutor general. «Once again, this is his signature, a product that is synonymous with him and that he even said on the phone to a friend: ‘If it weren’t for this, there would be no case’.»
According to the prosecution, «Dr. Serri is clearly targeted. Lors d’un échange de mails, l’accusé traite Frédéric Péchier de ‘comploteur’. Thérèse Brunisso s’exclame : «Planifier le meurtre de Catherine Nambot par son conjoint, c’est absolument démoniaque !» «Une administration malveillante» Thérèse Brunisso, vêtue d’une robe rouge et noire, a décidé de lier les EIG mortels de Sylviane Baugey et Laurence Nicod, survenus respectivement les 20 avril 2015 et 14 avril 2016.
Bien que séparés d’un an, ces deux arrêts cardiaques «se ressemblent tant» que l’avocate générale les abordera conjointement. Mme Brunisso a d’abord rappelé la colère des fils de Sylviane Baugey, exprimée à la barre à travers des témoignages poignants et puissants.
À 11h38, après la démonstration, Christine de Curraize s’approche de la conclusion concernant l’EIG de Tedy. «La culpabilité de Frédéric Péchier est établie, je vous demande de le déclarer coupable de l’empoisonnement du petit Tedy Hoerter-Tarby.»
À 11h35, Christine de Curraize s’interroge sur un faisceau d’indices incriminant Frédéric Péchier et souligne son refus de reconnaître un acte malveillant, ce qui, selon elle, confirme sa culpabilité. Elle souligne également le contexte entourant ces EIG, mettant en lumière un conflit professionnel avec le Dr Cherreau.
Frédéric Péchier, visé par le ministère public depuis jeudi matin, reste impassible face aux accusations.
À 11h30, une nouvelle démonstration débute, mettant en avant les expertises toxicologiques et les signes cliniques liés aux EIG. Christine de Curraize interroge la réactivité de Frédéric Péchier après l’arrêt cardiaque de Tedy Hoerter-Tarby, soulignant que personne ne l’a appelé.
À 11h27, après un bilan de l’année 2016, la démonstration se poursuit avec le cas de Tedy Hoerter-Tarby, victime d’un arrêt cardiaque suspect à l’âge de 4 ans lors d’une opération des amygdales.
À 11h25, Christine de Curraize estime que la clé de compréhension se trouve chez Frédéric Péchier, soulignant son comportement et sa consommation de médicaments à cette époque.
À 11h22, l’accusation affirme que l’année 2016 a été marquée par la perte de soutiens et d’aura de Frédéric Péchier à la clinique Saint-Vincent, le poussant à empoisonner des patients.
À 11h20, l’avocate générale rappelle une réunion révélatrice en 2016 où le Dr Péchier a exprimé son raisonnement, montrant ainsi une partie de sa psychologie. Elle évoque ensuite les victimes des EIG suspects en 2016. Kevin Bardot, âgé de 26 ans, est un patient du Dr Serri et se trouve actuellement en conflit avec Frédéric Péchier. La demande est donc de déclarer Frédéric Péchier coupable des empoisonnements aggravés d’Odile Lacheray et Edith Bongain», insiste l’avocate générale. Elle passe ensuite la parole à sa consoeur chargée de conclure sur les événements indésirables graves de l’année 2015 à la clinique Saint-Vincent.
A 10h30, l’avocate générale met en avant l’animosité du Dr Péchier envers sa consoeur, le Dr Biyick, soulignant des échanges de mails témoignant de son mépris envers elle. Elle remet en question la normalité des événements indésirables graves touchant les patients du Dr Biyick, insinuant une manipulation de la part du Dr Péchier pour évincer sa collègue.
Elle poursuit en attaquant la défense de Frédéric Péchier, déclarant que les preuves mènent incontestablement à lui en tant qu’empoisonneur des victimes. Elle souligne sa présence constante lors des réanimations et cite des témoignages de proches des victimes corroborant ses actes malveillants.
A 10h20, l’avocate générale revient sur le cas d’Odile Lacheray, soulignant les anomalies dans son diagnostic initial et affirmant qu’elle a été empoisonnée par une poche polluée à l’adrénaline. Elle évoque également les signes d’intoxication aux anesthésiques locaux chez la patiente.
Ensuite, à 10h16, elle aborde le cas d’Edith Bongain, décédée après un arrêt cardiaque inexplicable en raison de fortes doses d’anesthésiques retrouvées dans ses organes. Elle affirme que cet événement indésirable grave était nécessairement malveillant et causé par une poche de soluté polluée.
Enfin, à 10h14, l’avocate générale conclut en affirmant que les empoisonnements d’Edith Bongain et d’Odile Lacheray visaient clairement le Dr Biyick, soulignant une anomalie statistique majeure. Elle promet de démontrer qu’il ne s’agit pas d’une erreur médicale mais d’actes malveillants commis par Frédéric Péchier. Et je vous prouverai qu’il s’agit d’empoisonnements. Selon Mme Brunisso, lors de l’audience, «Frédéric Péchier a admis le principe de l’empoisonnement, après l’avoir nié formellement lors de l’enquête.» Elle explique aux jurés que l’accusé conteste la thèse de la contamination préalable pour soutenir celle d’une injection pendant l’intervention, car il n’était pas présent le 3 mars et que c’était le Dr Serri qui était là. En revanche, du côté de la défense, Frédéric et Julie Péchier fixent le ministère public, tandis que Me Schwerdorffer prend des notes sans prêter attention à l’accusation.
Dans son exposé, Mme Brunisso affirme que «l’arrêt cardiaque d’Armand Dos Santos est la conséquence d’une intoxication massive de potassium», soulignant que les signes cliniques le confirment. Elle insiste sur le fait que la présence de potassium dans une poche de soluté en concentration élevée prouve un empoisonnement. Elle cite le Dr Serri qui a qualifié l’acte d’empoisonnement au potassium, ajoutant : «Je n’ai pas d’autre mot.»
En poursuivant son argumentation, l’avocate générale explique que l’accusé aurait manipulé le planning du Dr Arbez pour la diriger vers l’opération de Jean Benoît, dans le but de la faire partir de la clinique. Elle mentionne également la tentative de suicide de l’accusé après l’empoisonnement de Jean Benoît, soulignant un lien entre les deux événements.
Dans un autre passage, Mme de Curraize évoque les paroles de Colette Arbez concernant la présence de Péchier au chevet de Jean Benoît, créant une situation difficile pour l’accusé. Elle détaille également une première contamination à l’adrénaline en salle de préanesthésie, soulignant la machination de l’accusé pour mener à bien son plan.
En conclusion, l’avocate générale demande aux jurés de déclarer Frédéric Péchier coupable des empoisonnements de Monique Croissant, Anne-Marie Gaugey et Jean Benoît. Puis, Frédéric Péchier a administré une seconde dose d’anesthésique adrénaliné directement après la coronarographie. En tant qu’anesthésiste de garde, l’accusé était responsable de l’emmener en coronarographie, et après un premier arrêt cardiaque, Jean Benoît a été laissé aux mains de Frédéric Péchier en salle de réveil.
Le plan de Frédéric Péchier contre le Dr Arbez a abouti à l’assassinat de Jean Benoît lors d’une opération de la cataracte. L’avocate générale rapporte que Frédéric Péchier a déclaré que mourir à 79 ans n’était pas très grave, montrant ainsi son mépris pour la vie. Elle le confronte directement en lui demandant qui il est pour décider du destin des autres.
Le ministère public affirme qu’il s’agit d’empoisonnements délibérés visant à provoquer la mort, soulignant que la survie des patients était due aux efforts du Dr Arbez et non à Frédéric Péchier. Dans le cas de Gaugey, il est accusé de ne pas avoir aidé à la réanimation et d’avoir agi pour éloigner le Dr Arbez du bloc opératoire.
Les éléments incriminant Frédéric Péchier dans ces incidents, notamment l’utilisation des mêmes anesthésiques locaux et sa volonté d’atteindre le Dr Arbez, montrent selon l’accusation qu’il était responsable de ces actes. Les arguments scientifiques soutiennent que la mépivacaïne trouvée dans les victimes ne pouvait provenir que d’un empoisonnement.
Étienne Manteaux, ancien procureur de la République de Besançon, est présent dans la salle d’audience ce vendredi. Il a consacré beaucoup de temps à l’affaire des empoisonnements dans les cliniques de Besançon avant de rejoindre le parquet de Grenoble il y a quelques mois. Ensuite, à la stupéfaction de tous, le Dr Arbez perdra un autre patient, Jean Benoît», déclare l’avocate générale debout derrière son pupitre.
Ici, le hasard ou la malchance ne sont pas les explications. Seule la malveillance. Et Frédéric Péchier en est la clé.
Christine de Curraize, avocate générale
“Ces EIG ont un but : celui d’éliminer le Dr Arbez”, déclare l’avocate générale. “Le Dr Arbez est une des grandes victimes de cette affaire. Une victime collatérale de Frédéric Péchier. Je vous demanderai de ne pas l’oublier dans votre verdict. Elle était en charge de presque un quart des victimes de cette affaire”.
9h03 : La sonnerie retentit. “Veuillez vous lever”, ordonne l’huissier. La cour d’assises fait son entrée pour la 64e journée du procès de Frédéric Péchier. La deuxième et dernière journée du réquisitoire du ministère public est lancée.
Contrairement à hier, c’est Christine de Curraize qui débutera. La magistrate aux courts cheveux bruns bouclés se lève, micro-casque sur les oreilles, et aborde maintenant les trois derniers événements indésirables graves subis par l’anesthésiste Colette Arbez, en 2013 et 2014.
8h54 : Frédéric Péchier, l’accusé, entre à son tour dans la salle du Parlement. Ses deux avocats l’entourent : Julie Péchier, sa soeur ainsi que Randall Schwerdorffer.
8h50 : Les premiers arrivés dans le prétoire sont Me Berna et Giuranna, les deux avocats principaux des parties civiles. Les pénalistes enfilent leur robe puis partent saluer les magistrats et même quelques membres du public, présents comme eux à ce procès depuis trois mois et demi.
Stéphane Giuranna (à droite) et Frédéric Berna, les principaux avocats des parties civiles lors du procès de Frédéric Péchier.
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© SEBASTIEN BOZON / AFP
8h45 : Bienvenue dans ce direct. Tout au long de la journée, vivez à nos côtés le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier, comme si vous étiez dans la salle d’audience. L’audience du jour devrait reprendre à 9h.
Ce vendredi 12 décembre, le réquisitoire du ministère public va se poursuivre toute la journée, sur le même modèle que la veille. Pour les quatorze événements indésirables graves restants, les avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize vont argumenter face à la cour dans l’espoir de convaincre les jurés de la culpabilité de Frédéric Péchier. En fin de journée, elles prononceront leurs réquisitions, c’est-à-dire la peine qu’il leur semble juste d’infliger à l’accusé.
Le docteur Péchier clame son innocence depuis 2017 et est soupçonné par la justice d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017. Le verdict est attendu la semaine prochaine. Pendant 15 semaines d’audience, l’homme aura comparu libre. Il n’a jamais été incarcéré durant les 8 années d’instruction.
Que s’est-il passé la veille ?
Jeudi 10 décembre, la journée s’est étirée jusqu’à 19h avec la première partie du réquisitoire du ministère public. En commençant par les événements indésirables graves de Jean-Claude Gandon et Sandra Simard, survenus en 2017, Thérèse Brunisso puis Christine de Curraize ont rappelé que l’identité de l’empoisonneur ne faisait pour elles aucun doute : “tout mène à Frédéric Péchier”.
Durant de longues heures les avocates générales ont décrit Frédéric Péchier comme l’empoisonneur des cliniques bisontines. «Ce n’est pas un médecin que vous jugez, mais un criminel qui a utilisé la médecine pour tuer», a martelé l’avocate générale Thérèse Brunisso, qui porte l’accusation avec Christine de Curraize.
L’accusé «n’est évidemment ni Guy Georges, ni Michel Fourniret, il n’en est pas moins un tueur en série», a insisté Thérèse Brunisso, «certaine de sa culpabilité«.
Ensuite, les magistrates se sont lancées dans la longue énumération des cas, les uns après les autres, avec toujours cette conviction : “Frédéric Péchier est sans contexte l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française. […] Il a créé ses zones de guerre à lui : le bloc opératoire et la salle de réveil”.
Frédéric Péchier aurait pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, afin de provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par d’autres médecins anesthésistes, selon l’accusation.
Il «agit pour atteindre la clinique ou atteindre ses confrères», a souligné Christine de Curraize, mettant en avant les «failles narcissiques» de l’accusé et son «besoin de puissance».
Pourquoi la justice soupçonne-t-elle le docteur Péchier ?
Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste, a travaillé à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté, à Besançon, entre 2008 et 2017. A cette période, de nombreux événements indésirables graves (EIG) se produisent de manière disproportionnée dans ces deux établissements privés de soins. The trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, accused of poisoning 30 people, 12 of whom died between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continues this Friday, December 12. The 64th day of the trial is dedicated to the closing arguments. Our journalists Sarah Rebouh and Antoine Comte are providing live updates on the key moments of the proceedings.
13:00: The court session is adjourned and will resume at 2:30 p.m.
12:58: «Henri Quenillet was the 12th victim,» finally states Thérèse Brunisso, overcome with emotion. She lets a silence fill the room. The prosecutor continues, her voice trembling: «He is the 30th victim on this list of horror.»
«Three months later, while the Collette and Quenillet families were mourning their deaths, the ‘3rd conspirator, Dr. Balon, went to see one of her patients who was also a victim of an unexplained EIG.» This patient was Sandra Simard. Another silence falls. The magistrate grips the lectern. «This marked the beginning of the Péchier case.»
Thérèse Brunisso finishes and returns to her seat. She wipes her eyes with a tissue. Christine de Curraize squeezes her hand in a gesture of comfort.
12:55: «Frédéric Péchier is the perpetrator of this malicious act, why? Firstly, he had ample opportunity to tamper with the bags this morning,» from November 21, believes Thérèse Brunisso. «And above all, because it is obvious that Dr. Assila was the target, and Mr. Quenillet was just a tool of his resentment and revenge.»
«Loubna Assila was also criticized by Frédéric Péchier for her management of the Anesthesiologists’ Society. She went on sick leave due to all these conflicts. Mr. Quenillet was her first patient on the day of her return, while she was pregnant,» she repeats, visibly moved.
«Henri Quenillet will die because of the completely irrational hatred that Frédéric Péchier harbors towards his colleague. The first patient on his day of return,» remarks Thérèse Brunisso, the prosecutor.
12:52: The 12th deceased in the judicial file that has interested the Assize Court since September 8 is Henri Quenillet, who died of an unexplained cardiac arrest at the Saint-Vincent clinic on November 21, 2016, at the age of 73. His anesthesiologist was Dr. Loubna Assila, who was also called a ‘complotter’ by the accused a few weeks earlier.
For the last time, Thérèse Brunisso revisits each toxicological hypothesis. She stops, as with the previous 29 cases analyzed, on the intoxication with local anesthetics, specifically «a massive and exogenous administration of potassium» via the 2nd saline bag administered to the patient.
12:50: «The clinic is his playground, let’s not forget that,» warns Thérèse Brunisso about the accused. «As in the previous cases, everything points to Frédéric Péchier as the poisoner of Bertrand Collette. Is this act poisoning? Yes, because he knows the effects of potassium, a product he has used before. Yes, because one does not kill multiple times by chance,» she repeats.
«Bertrand Collette is the 11th victim on this fatal list. He will not be the last, there will be a 12th… Mr. Quenillet,» the magistrate continues.
12:45: Unsurprisingly, for the prosecution, these two EIGs were caused by poisonings. This time, through potassium poisoning, «as favored by the experts.» In the case of Bertrand Collette, a patient of Dr. Serri, «there is no doubt. But Frédéric Péchier still contests it,» says Thérèse Brunisso.
What elements point to the accused as the perpetrator? «As soon as he arrived, Frédéric Péchier administered calcium gluconate,» explains the prosecutor. «It is once again his signature, a product that is associated with him and that he himself said on the phone to a close relative: ‘If it weren’t for that, there would be no case.'»
According to the accusation, «Dr. Serri is clearly targeted. In an email exchange, he is called a ‘conspirator’ by the accused.»
12:42: The pace is intense in the courtroom, echoing the words spoken by the prosecutors. L’enquête sur les événements indésirables graves progresse rapidement. Thérèse Brunisso revient pour examiner les cas de Bertrand Collette, le 31 octobre 2016, et d’Henri Quenillet, le 21 novembre de la même année, «qui se sont produits dans un contexte particulièrement conflictuel».
À noter que ces deux événements indésirables graves n’ont pas été mortels. La question se pose alors : Frédéric Péchier, s’il est bien l’auteur des empoisonnements, avait-il l’intention de tuer ces deux jeunes patients ? Christine de Curraize conclut en expliquant que les échecs de Péchier à tuer étaient dus à des méthodes moins abouties, et non à son intention. Elle demande alors de le déclarer coupable des empoisonnements aggravés de Kevin Bardot et Wilhem Barraut.
L’avocate générale Christine de Curraize poursuit son réquisitoire en mettant en lumière les liens entre Frédéric Péchier et les différents empoisonnements. Elle souligne que l’adrénaline suit le parcours criminel de Péchier et qu’il est le dénominateur commun de ces actes. Une corrélation est établie entre les moments où Péchier ne va pas bien et la survenue des événements indésirables graves.
Une interview de l’avocat de la défense est accordée aux journalistes présents en coulisses. L’avocat explique que son client ne va pas bien, mais que cela est un état habituel depuis plusieurs années. La défense présentera ses arguments avant la délibération de la cour.
Les événements concernant Wilhem Barraut et Kevin Bardot sont analysés par l’avocate générale. Des preuves indiquent une intoxication à l’adrénaline dans les deux cas, sans administration de cette substance lors des interventions. Péchier est présent lors des réanimations, ce qui éveille les soupçons. Il reste silencieux après, ce qui renforce les accusations à son encontre.
De nouveaux événements indésirables graves impliquant deux jeunes hommes sportifs sont examinés. L’avocate générale revient sur le déroulé de ces cas, soulignant des similitudes troublantes. La question de la culpabilité de Péchier dans la mort de Laurence Nicod est abordée, avec des déclarations sans équivoque de la part de l’avocate générale.
Les liens entre Péchier et les empoisonnements se précisent, notamment avec l’intention de se venger en préparant l’empoisonnement de Catherine Nambot. Les éléments s’accumulent contre l’accusé, mettant en lumière un schéma de comportement troublant. Thérèse Brunisso s’exclame : «Planifier le meurtre de Catherine Nambot par son conjoint, c’est absolument démoniaque !» «Une administration malveillante» Thérèse Brunisso, vêtue d’une robe rouge et noire, a décidé de lier les événements indésirables graves (EIG) mortels de Sylviane Baugey et Laurence Nicod, survenus respectivement les 20 avril 2015 et 14 avril 2016.
Malgré un an d’écart entre ces arrêts cardiaques, ils se ressemblent tellement que l’avocate générale les abordera ensemble. Mme Brunisso commence par évoquer la colère des fils de Sylviane Baugey, exprimée à la barre à travers des témoignages poignants et puissants.
À 11h38, après une démonstration, Christine de Curraize approche de la conclusion concernant l’EIG de Tedy. Elle demande que Frédéric Péchier soit déclaré coupable de l’empoisonnement du petit Tedy Hoerter-Tarby.
À 11h35, Christine de Curraize soulève des questions incriminant Frédéric Péchier et met en avant son refus de reconnaître un acte malveillant, soulignant son manque d’émotion pendant les débats.
À 11h30, une nouvelle démonstration commence avec des questions sur l’acte malveillant dans le cas de Tedy Hoerter-Tarby. Les expertises toxicologiques sont mises en avant, et des éléments accusant Frédéric Péchier sont présentés.
À 11h27, le bilan de l’année 2016 est évoqué, avec un examen des cas individuels d’EIG mortels. Le premier cas mentionné est celui de Tedy Hoerter-Tarby, un arrêt cardiaque suspect lors d’une opération à Saint-Vincent.
À 11h25, Christine de Curraize souligne le manque d’affect de Frédéric Péchier et estime que la clé de compréhension se trouve chez lui. Elle évoque également la consommation d’antidépresseurs et somnifères par le Dr Péchier.
À 11h22, l’accusation affirme que l’année 2016 marque une période de perte de soutiens et de repères pour Frédéric Péchier à la clinique Saint-Vincent, ce qui aurait contribué à ses actes.
À 11h20, l’avocate générale rappelle une réunion en 2016 où le Dr Péchier a exprimé un raisonnement révélateur, soulignant ses tensions professionnelles et son comportement inadapté.
La journée se poursuit avec un décompte des victimes d’EIG suspects en 2016. Kevin Bardot, âgé de 26 ans, patient du Dr Serri, est en plein conflit avec Frédéric Péchier. Enfin, Bertrand Collette le 31 octobre, et Henri Quenillet, le 21 novembre. Plusieurs enseignements sont à tirer de cette série : ils sont inexplicables, ils commencent à toucher des patients de plus en plus jeunes.
En 2016, c’est le début de la fin pour Frédéric Péchier. Il perd pied, il ne maîtrise plus rien. Ses collègues le trouvent fatigué, en manque de sommeil, physiquement et psychologiquement entamé. La même année, il se bourre également de médicaments et d’antidépresseurs.
Christine de Curraize, avocate générale.
11h12 : Reprise des débats dans la salle du Parlement. La cour fait son retour. Christine de Curraize, avocate générale, se lève et reprend son récit. Elle en vient à l’année 2016, une année maudite à la clinique Saint-Vincent.
Le nombre d’EIG donne le vertige, lance-t-elle. D’abord celui de Wilhem Barraut, à seulement 16 ans. Puis Tedy Hoerter-Tarby, le benjamin des victimes qui avait 4 ans. Laurence Nicod, ensuite, victime d’une vengeance mortifère de Frédéric Péchier envers son confrère Sylvain Serri, avec qui il s’était brouillé.
10h52 : Fin de cette deuxième matinée de réquisitions des avocates générales. La présidente de la cour d’assises suspend l’audience. Elle reprendra à 11h10.
10h50 : Ultime question de Mme Brunisso : “Frédéric Péchier a-t-il eu l’intention de tuer Christian Dussaut ?”. Réponse affirmative. “Il y avait nécessairement la volonté de donner la mort. Vouloir provoquer un arrêt cardiaque, je le répète et je le répéterai encore, c’est vouloir donner la mort”.
Ici, le crime était presque parfait. Vous l’avez compris, l’adrénaline, on ne peut pas la détecter car le corps en produit lors d’un choc cardiaque.
Thérèse Brunisso, avocate générale.
Thérèse Brunisso s’interrompt un instant puis se tourne vers les jurés. «Souvenez-vous de cette phrase de l’anesthésiste Romain Jouffroy : ‘Nous, anesthésistes, savons comment tuer un patient’“, déclare-t-elle. “Vous déclarerez donc Frédéric Péchier coupable d’empoisonnement aggravé sur Christian Dussaut”.
10h45 : “Cet empoisonnement se fait dans l’immédiat, est réactionnel. Il n’avait pas été prévu et planifié par le Dr Péchier”, explique Mme Brunisso. Elle répète le contexte de cet EIG et l’attitude du Dr Humbert qui avait décidé de reprendre son programme opératoire, alors qu’il était convenu que Frédéric Péchier devait s’en occuper. Cette action va “engendrer de la frustration chez l’accusé, et a encouragé le passage à l’acte”, dit Thérèse Brunisso.
10h40 : Comme à son habitude, le ministère public rappelle les conclusions médicales des quatre experts toxicologues et relève leur hypothèse privilégiée concernant Mr Dussaut : “une intoxication à l’adrénaline”. Thérèse Brunisso, infatigable tout comme sa consoeur Christine de Curraize, s’attache ensuite à démonter les arguments de la défense, qui avait mis en avant une erreur due à une injection d’héparine. L’accusation juge cette option «complètement virtuelle”.
“Frédéric Péchier est doublement présent. C’est lui qui devait initialement prendre en charge M.Dussaut, avant que le Dr Humbert décide de reprendre subitement son programme opératoire”, rappelle-t-elle. Le Dr Péchier repartira donc en ophtalmologie, éloigné du bloc opératoire de M.Dussaut, mais réapparaîtra subitement lors de la réanimation.
Quel est le mode opératoire de l’empoisonneur pour nuire à Christian Dussaut ? “Il a eu accès aux poches et aux seringues qui ont été utilisées pour l’opération de M.Dussaut. Une modification des seringues est donc tout à fait possible”, argue Thérèse Brunisso.
10h37 : La présidente Delphine Thibierge voudrait faire une pause, mais Thérèse Brunisso insiste, elle a encore un cas à présenter, le dernier survenu en 2015.
Debout derrière son pupitre en Plexiglas, l’avocate générale revient sur l’arrêt cardiaque inexpliqué de Christian Dussaut, le 5 octobre 2015, en marge d’une opération à la clinique Saint-Vincent. Le patient du Dr Humbert subissait une angioplastie iliaque bilatérale, qui consiste à ponctionner l’artère fémorale. Il fera un arrêt cardiaque, suivi de sept jours de coma.
10h35 : Christine de Curraize rappelle les douleurs des patientes, mais aussi la sensation de mort imminente d’Odile Lacheray, “une miraculée” qui a dû se faire injecter “des doses massives de poison”. Dans les cas d’Edith Bongain et Odile Lacheray, “la volonté de tuer est évidente, elles ont été assassinées par Frédéric Péchier. Elles n’ont été que des moyens pour atteindre le Dr Biyick.”
«Elisabeth Biyick est morte peu après avoir quitté la clinique Saint-Vincent. Certes, elle avait des difficultés personnelles, mais Frédéric Péchier l’a achevée. Sa culpabilité est prouvée. «Je demande donc que vous déclariez Frédéric Péchier coupable des empoisonnements aggravés d’Odile Lacheray et Edith Bongain», conclut l’avocate générale, avant de passer la parole à sa consoeur chargée de conclure sur les événements indésirables graves de l’année 2015 à la clinique Saint-Vincent.
10h30 : L’animosité du Dr Péchier envers sa consoeur, le Dr Biyick, est également soulignée par le ministère public. Christine de Curraize cite plusieurs témoignages et échanges de mails où il manifeste ouvertement son mépris envers Elisabeth Biyick. «Dans cette optique, pensez-vous vraiment, Mesdames et Messieurs les jurés, que les deux EIG successifs, voire trois en quelques mois d’intervalle, qui ont touché les patients du Dr Biyick sont simplement fortuits ?»
Il avait un but précis : écarter le Dr Biyick en pointant du doigt son incompétence
Christine de Curraize, avocate générale
Christine de Curraize enchaîne en attaquant le mode de défense de Frédéric Péchier, qui nie les empoisonnements des Dames Bongain et Lacheray. «Comment peut-il sincèrement affirmer que le cas de Mme Bongain n’est pas un empoisonnement, malgré la présence de deux anesthésiques locaux qui n’avaient pas été utilisés dans le protocole d’empoisonnement ? Car tout indique qu’il est l’auteur de ces actes empoisonnés.»
10h25 : Après avoir démontré la malveillance, Christine de Curraize veut prouver une fois de plus que l’empoisonneur est bel et bien Frédéric Péchier. Présent sur place lors des réanimations, travaillant dans les blocs adjacents, «il est omniprésent», souligne l’avocate générale.
«Nous disposons également des témoignages de Mme Lacheray et de ses proches», ajoute Mme de Curraize. «La victime est convaincue que M. Péchier s’est approché d’elle en salle d’attente avant l’opération, a discuté avec elle et a déposé du matériel médical à ses pieds en déclarant ‘C’est de la bonne’».
Il est important de rappeler que cet échange entre Odile Lacheray et Frédéric Péchier est contesté par la défense, ce que l’accusation refuse de croire. «Non seulement M. Péchier était présent, mais il a manipulé des éléments empoisonnés près de Mme Lacheray», affirme la magistrate. «Il aurait pu facilement échanger une poche de Ringer pure avec une poche empoisonnée. Il prétend que personne ne l’a vu faire, mais c’est faux.»
And I will show you that it is poisoning.» Mme Brunisso informe les jurés que «Frédéric Péchier a reconnu lors de l’audience avoir empoisonné les patients, après l’avoir nié catégoriquement lors de l’enquête». Elle souligne également que «il nie la théorie de la contamination en amont pour soutenir celle d’une injection pendant l’intervention car il n’était pas présent le 3 mars et c’est le Dr Serri qui était là». Du côté de la défense, Frédéric et Julie Péchier fixent le ministère public, tandis que Me Schwerdorffer prend des notes sans regarder l’accusation.
Dans son exposé, Mme Brunisso affirme que «l’arrêt cardiaque d’Armand Dos Santos est dû à une intoxication massive de potassium» et que les preuves le confirment. Elle mentionne également la présence de potassium dans une poche de soluté en concentration élevée, affirmant que cela ne peut être que le résultat d’une action malveillante. Elle cite le Dr Serri qui a qualifié cela d'»empoisonnement au potassium».
Elle souligne également le changement de planning effectué par l’accusé pour déplacer le Dr Arbez, ainsi que sa tentative de suicide après l’empoisonnement de Jean Benoît. Selon elle, ces éléments prouvent l’intention de tuer de Frédéric Péchier.
Mme Brunisso conclut en demandant aux jurés de déclarer Frédéric Péchier coupable des empoisonnements des patients Monique Croissant, Anne-Marie Gaugey et Jean Benoît. Ensuite, Frédéric Péchier a administré une seconde dose d’anesthésique adrénaliné directement après la coronarographie. En tant qu’anesthésiste de garde, l’accusé a pris en charge M. Péchier en salle de réveil après un premier arrêt cardiaque et l’a laissé entre les mains de Frédéric Péchier.
À 9h30, le plan de Frédéric Péchier contre le Dr Arbez atteint son point culminant avec l’assassinat de Jean Benoît lors d’une opération de la cataracte. Frédéric Péchier aurait déclaré que mourir à 79 ans n’était pas très grave, ce qui soulève la colère de l’avocate générale.
Dans le cas de Mme Gaugey, l’accusé aurait agi pour empêcher sa réanimation, dans le but de mettre en œuvre son plan pour éloigner le Dr Arbez du bloc opératoire.
À 9h22, l’accusation souligne que Frédéric Péchier était présent lors de deux événements indésirables graves impliquant Mme Gaugey et que sa volonté d’atteindre le Dr Arbez était évidente.
À 9h17, l’accusation démontre que la présence de mépivacaïne dans le cas d’Anne-Marie Gaugey, qui n’avait pas été utilisée par les autres médecins, indique un acte malveillant de la part de l’accusé.
Étienne Manteaux, ancien procureur de la République de Besançon, est présent dans la salle d’audience à ce moment-là. Il a récemment rejoint le parquet de Grenoble après avoir travaillé intensément sur l’affaire des empoisonnements dans les cliniques bisontines. Cependant, le Dr Arbez a perdu un nouveau patient, Jean Benoît, ce qui a surpris tout le monde», déclare l’avocate générale debout derrière son pupitre.
Ici, le hasard ou la malchance ne sont pas les explications. Seule la malveillance est en jeu. Et Frédéric Péchier en est la clé.
Christine de Curraize, avocate générale
«Ces événements indésirables graves ont pour seul but d’éliminer le Dr Arbez», déclare l’avocate générale. «Le Dr Arbez est l’une des grandes victimes de cette affaire. Une victime collatérale de Frédéric Péchier. Je vous demande de ne pas l’oublier dans votre verdict. Elle était en charge de près d’un quart des victimes de cette affaire».
9h03 : La sonnerie retentit. «Veuillez vous lever», ordonne l’huissier. La cour d’assises fait son entrée pour la 64e journée du procès de Frédéric Péchier. La deuxième et dernière journée du réquisitoire du ministère public commence.
Contrairement à hier, c’est Christine de Curraize qui ouvre. La magistrate aux courts cheveux bruns bouclés se lève, un micro-casque sur les oreilles, et aborde les trois derniers événements indésirables graves subis par l’anesthésiste Colette Arbez en 2013 et 2014.
8h54 : Frédéric Péchier, l’accusé, entre à son tour dans la salle du Parlement. Ses deux avocats l’entourent : Julie Péchier, sa sœur, et Randall Schwerdorffer.
8h50 : Les premiers arrivés dans la prétoire sont Me Berna et Giuranna, les deux avocats principaux des parties civiles. Les pénalistes enfilent leur robe puis partent saluer les magistrats et même quelques membres du public, présents comme eux à ce procès depuis trois mois et demi.
Stéphane Giuranna (à droite) et Frédéric Berna, les principaux avocats des parties civiles lors du procès de Frédéric Péchier.
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© SEBASTIEN BOZON / AFP
8h45 : Bienvenue dans ce direct. Tout au long de la journée, vivez à nos côtés le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier, comme si vous étiez dans la salle d’audience. L’audience du jour devrait reprendre à 9h.
Ce vendredi 12 décembre, le réquisitoire du ministère public se poursuivra toute la journée, suivant le même schéma que la veille. Pour les quatorze événements indésirables graves restants, les avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize argumenteront devant la cour pour convaincre les jurés de la culpabilité de Frédéric Péchier. En fin de journée, elles prononceront leurs réquisitions, c’est-à-dire la peine qu’elles estiment juste d’infliger à l’accusé.
Le docteur Péchier, qui clame son innocence depuis 2017, est soupçonné par la justice d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017. Le verdict est attendu la semaine prochaine. Pendant 15 semaines d’audience, l’homme aura comparu libre. Il n’a jamais été incarcéré durant les 8 années d’instruction.
Que s’est-il passé la veille ?
Jeudi 10 décembre, la journée s’est étirée jusqu’à 19h avec la première partie du réquisitoire du ministère public. En commençant par les événements indésirables graves de Jean-Claude Gandon et Sandra Simard, survenus en 2017, Thérèse Brunisso puis Christine de Curraize ont rappelé que l’identité de l’empoisonneur ne faisait pour elles aucun doute : «tout mène à Frédéric Péchier«.
Durant de longues heures, les avocates générales ont décrit Frédéric Péchier comme l’empoisonneur des cliniques bisontines. «Ce n’est pas un médecin que vous jugez, mais un criminel qui a utilisé la médecine pour tuer», a martelé l’avocate générale Thérèse Brunisso, qui porte l’accusation avec Christine de Curraize.
L’accusé «n’est évidemment ni Guy Georges, ni Michel Fourniret, il n’en est pas moins un tueur en série», a insisté Thérèse Brunisso, «certaine de sa culpabilité«.
Ensuite, les magistrates se sont lancées dans la longue énumération des cas, les uns après les autres, avec toujours cette conviction : «Frédéric Péchier est sans contexte l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française. […] Il a créé ses zones de guerre à lui : le bloc opératoire et la salle de réveil«.
Selon l’accusation, Frédéric Péchier a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par d’autres médecins anesthésistes.
Il «agit pour atteindre la clinique ou atteindre ses confrères», a exposé Christine de Curraize, soulignant les «failles narcissiques» de l’accusé et son «besoin de puissance».
Pourquoi la justice soupçonne-t-elle le docteur Péchier ?
Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste, a travaillé au sein de la clinique Saint-Vincent, mais également de la polyclinique de Franche-Comté, à Besançon, entre 2008 et 2017.
A cette époque, de nombreux événements indésirables graves (EIG) se produisent dans ces deux établissements privés de soins, dans une proportion disproportionnée. Please rewrite this sentence. Please rephrase the following sentence. Please rewrite this sentence.
SOURCE
Camille Dupont
Je suis Camille Dupont, professionnelle junior en communication digitale. Je crée et gère du contenu pour les réseaux sociaux et les médias en ligne, en combinant copywriting, narration visuelle et montage de base. Formée en communication audiovisuelle et titulaire d’un master en contenus digitaux, je suis motivée par le storytelling et par la connexion avec les jeunes audiences à travers du contenu créatif.

















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