Les premiers experts rejettent cette hypothèse. Ils estiment que la feuille d’anesthésie est difficile à interpréter et ne permet pas de déterminer de manière précise la chronologie des événements. Cependant, ils confirment que le patient n’allait pas mieux immédiatement après l’administration de l’éphédrine, et que ses troubles cardiaques ont perduré pendant environ 40 minutes. Cette discussion remet en question la responsabilité du Dr. Humbert dans l’affaire. La journée se poursuit avec de nouveaux témoignages et expertises qui pourraient apporter des éclaircissements sur les circonstances des événements tragiques survenus dans les cliniques privées de Besançon. «N’est-ce pas ?» répond Pierre Diemunsch. «Cela mériterait une autre analyse, mais c’est tout à fait possible à envisager». On l’a compris, Randall Schwerdorffer pousse l’hypothèse d’une erreur médicale pour expliquer l’arrêt cardiaque de Christian Dussaut, avec une erreur de produits lors de l’injection. 11h45 : Christine de Curraize se lève à son tour. «Bonjour Messieurs les experts, j’ai juste une question, en référence à la couleur de la peau de M.Dussaut». L’avocate générale rappelle le témoignage d’une infirmière qui expliquait qu’au cours de sa carrière, une erreur d’injection d’adrénaline sur un patient avait fait noircir la peau. Comme dans le cas de M.Dussaut. Pierre Diemunsch reste de marbre et explique que les signes d’une intoxication d’adrénaline, qui arrête la circulation du sang, sont «des pâleurs», et pas des noirceurs. 11h40 : Le ministère public attaque l’hypothèse principale des experts, l’hypoxie. «Une infirmière anesthésiste expérimentée, Mme Authier, a dit que c’était impensable, car elle était restée près de la tête du patient» leur apprend Thérèse Brunisso. «Et que les troubles du rythme ont commencé directement après l’injection de propofol». Ce qui laisse à penser qu’une seringue aurait été polluée selon Sophie Authier. «J’insiste, une langue noire n’est pas évocatrice d’une administration exogène de produits cardiotoxiques» se répète Antoine Tracqui, agacé. «Cela montre seulement une absence d’oxygène». Même explication pour le changement de couleur de la peau de M.Dussaut, devenue grisâtre et noirâtre. 11h35 : Delphine Thibierge s’attaque à l’éphédrine. «Vous considérez la présence d’éphédrine dans les séquestres comme très troublantes, avec une intoxication par ce produit susceptible de provoquer la même traumatologie que celle observée chez M.Dussaut» dit-elle. «Qu’est-ce que ça signifie ?» «C’est une question compliquée» avoue Pierre Diemunsch. «L’éphédrine a été retrouvée dans des ampoules d’adrénaline. On a du mal à comprendre ce qu’elle pouvait faire là. Après un revirement de situation à la barre, les premiers experts rejettent l’hypothèse d’un empoisonnement de Sylviane Baugey. Le seul moment où l’administration exogène toxique volontaire serait cohérente, c’est immédiatement lors de l’induction. Mais les ampoules ont été utilisées bien après. Pierre Diemunsch prend la suite d’Antoine Tracqui à 11h30, et tente d’appuyer l’hypothèse de l’arrêt cardiaque hypoxique. «Pour un patient obèse et à risque comme Christian Dussaut, la pré-oxygénation aurait dû être beaucoup plus soigneuse, et surtout contrôlée» dit-il. À 11h25, Delphine Thibierge, présidente de la cour, résume : «Pour vous, l’hypothèse principale, celle d’un arrêt cardiaque hypoxique post-induction, est un peu celle par défaut ?». «Oui» confirme Antoine Tracqui. Mme Thibierge revient sur cette «langue rôtie, noire» qui a beaucoup fait parler. «Dans la littérature, l’adrénaline provoque l’arrêt de la circulation du sang» se justifie le Pr Tracqui. «On peut faire l’expérience très facilement». Il place alors ses doigts sur les veines de son poignet et appuie pendant plusieurs secondes. «Est-ce que c’est noir ? Non, c’est blanc. On ne peut pas exclure l’administration d’adrénaline, mais cette langue noire n’en est aucunement un signe». À 11h15, Antoine Tracqui explique que la langue noire de Christian Dussaut au moment de l’induction serait due à une cyanose, provoquée par l’oxygénation insuffisante du sang après l’hypoxie. Dans ces séquestres mal réalisés, le Pr Tracqui note que «la présence d’éphédrine est très troublante», en signalant «qu’une injection de ce produit aurait pu provoquer» les signes cliniques observés sur Christian Dussaut. À 11h10, les experts Tracqui et Diemunsch évoquent l’hypothèse d’un arrêt cardiaque hypoxique comme la plus probable, suivi de celle d’un Tako Tsubo et d’un choc anaphylactique. Ils rejettent également l’hypothèse d’un empoisonnement. À 11h05, le Pr Tracqui précise que Christian Dussaut est resté à l’hôpital de Besançon jusqu’au 14 octobre 2015 et que l’hypothèse privilégiée à l’époque était un syndrome de Tako Tsubo. Pour conclure, à 11h, Antoine Tracqui revient sur la réanimation efficace qui a permis une reprise de l’activité cardiaque, avant un deuxième arrêt cardiaque. Le Dr Péchier était présent lors de cette réanimation. 10h55: «L’hospitalisation de M.Dussaut est motivée par une angioplastie illiaque bilatérale» rappelle le Pr Tracqui. «Il est admis le 5 octobre 2015 au matin, pour une opération le même jour. L’induction anesthésique débute à 11h01. À partir de 11h20, et avant la première incision, le patient a présenté une poussée d’hypertension et des épisodes de tachycardie, évoluant vers un arrêt cardiaque à 11h30». 10h50: L’audience reprend. Antoine Tracqui revient à la barre et aborde maintenant le cas de Christian Dussaut, victime à 66 ans d’un arrêt cardiaque juste avant son opération de l’artère fémorale à la clinique Saint-Vincent, le 5 octobre 2015. Parmi ses antécédents, on retrouve une obésité, un tabagisme à 30 paquets par année, et quelques soucis cardiaques et vasculaires. 10h28: L’audience est suspendue et reprendra à 10h50. Les Pr Tracqui et Diemunsch se lanceront dans leur expertise médico-légale de l’événement indésirable grave de Christian Dussaut. 10h25: Me Schwerdorffer n’a pas de question. Mais son client Frédéric Péchier, oui. L’accusé se lève, prend le micro et, une main sur la hanche, demande aux experts d’expliquer la technique utilisée par le Dr Gallinet, en assurant que selon lui, malgré la caméra utilisée, le chirurgien «ne voyait pas le bout de son aiguille» lors de l’injection de ropivacaïne. «Un chirurgien sera beaucoup plus à même d’expliquer son geste et les possibles aléas» lui répond Pierre Diemunsch, visiblement mal à l’aise dans ce dialogue avec l’accusé. 10h15: Me Kevin Louvet, avocat du Dr Martial Jeangirard, monte au créneau pour défendre son client. Lors de son témoignage à la barre, les premiers experts rejettent l’hypothèse d’un empoisonnement de Sylviane Baugey. Ils reprennent les explications données par le Pr Pili-Floury et le Dr Jeangirard, qui ont suggéré que les signes cliniques de l’EIG de Mme Baugey étaient «cataclysmiques» et ne pouvaient être expliqués que par l’administration d’un autre anesthésique local en plus de la ropivacaïne. Antoine Tracqui déclare : «C’est envisageable sur un plan théorique, mais nous n’avons pas les preuves nécessaires. Les éléments que nous avons actuellement suffisent à fournir une explication». Pierre Diemunsch renchérit en expliquant que les éléments en leur possession permettent de proposer une explication d’intoxication fortuite. Il ajoute que si un autre produit avait été injecté en même temps, le tableau clinique aurait pu être similaire, mais qu’ils n’ont aucun élément en ce sens. Kevin Louvet conclut en disant : «Pour le Pr Pili-Floury, l’injection seule de ropivacaïne ne peut pas expliquer le tableau clinique de la patiente. Il estime qu’il faudrait ajouter un autre anesthésique local. Mais pour vous, la ropivacaïne seule peut suffire à provoquer les signes cliniques de la patiente». Il est ensuite mentionné que les fortes doses d’adrénaline injectées par le Dr Péchier à Mme Baugey vont à l’encontre des recommandations de la SFAR. Thérèse Brunisso souligne que les doses administrées étaient bien au-dessus de ce qui était attendu pour une intoxication aux anesthésiques locaux. Les experts continuent leurs échanges techniques et la défense semble prendre l’avantage, alors que les conclusions des premiers experts ne vont pas dans le sens de l’accusation. Cependant, dans le compte-rendu de l’événement grave, l’ordre des événements mentionnés est d’abord un saignement, suivi d’une hypertension. C’est ce qui est indiqué dans le document. «Nous entendrons ce que David Gallinet aura à dire à ce sujet la semaine prochaine», déclare Thérèse Brunisso. 9h55 : «Pour résumer, c’est la faute du chirurgien ?», lance Anne-Sophie Willm, assesseure à la cour d’assises. En effet, c’est le Dr Gallinet, chirurgien de Mme Baugey, qui a effectué la 2e injection de ropivacaïne qui aurait perforé une veine de la patiente selon les experts. «J’ai mentionné plus tôt un aléa thérapeutique, pas une erreur médicale», répond Antoine Tracqui, de manière un peu contradictoire. «C’est très rare, mais c’est décrit dans la littérature scientifique. Ça peut arriver malgré une technique d’injection irréprochable». 9h50 : Frédéric Péchier reste impassible sur son siège pendant que les Pr Tracqui et Diemunsch fournissent une expertise en sa faveur. Ses avocats, Randall Schwerdorffer et Julie Péchier, échangent quelques mots. 9h40 : «Mais professeur, le Dr Jeangirard a précisé hier que l’injection a été faite en supra-scapulaire, avec l’aide d’une caméra», argumente Delphine Thibierge. «Cela ne permet-il pas d’éliminer l’hypothèse d’une erreur et d’une effraction vasculaire ?». Pour Pierre Diemunsch, l’utilisation d’une caméra ne garantit pas en soi la qualité de l’injection. 9h35 : Pierre Diemunsch prend la parole pour la première fois et confirme les explications de son collègue Tracqui, affirmant que l’arrêt cardiaque a eu lieu «à la suite de l’administration par arthropompe de la ropivacaïne». Il se base sur le saignement «quasi-immédiat» observé chez la patiente après cette injection d’anesthésique local par le Dr Gallinet en fin d’opération. 9h30 : Un revirement de situation se produit lors de ce procès, car les premières conclusions des experts Tracqui et Diemunsch écartent la possibilité d’un empoisonnement dans le cas de Sylviane Baugey. Contrairement à plusieurs témoignages entendus la veille, notamment ceux des médecins comme le Pr Pili-Floury et le Dr Jeangirard, qui ont assuré qu’il n’y avait pas eu d’erreurs lors de l’injection de ropivacaïne à la patiente. 9h25 : Fin de cette première expertise médicale. La présidente de la cour d’assises, Delphine Thibierge, interroge sur la possibilité que la double dose de ropivacaïne injectée par les Dr Jeangirard et Gallinet ait pu provoquer les «signes cliniques cataclysmiques» chez la patiente. Le retournement de situation se produit à la barre, lorsque les premiers experts rejettent l’hypothèse d’un empoisonnement de Sylviane Baugey. Le Pr Antoine Tracqui affirme que la dose de ropivacaïne administrée était classique et que l’effraction vasculaire lors de l’injection a entraîné les complications, conduisant à une intoxication fortuite. Il souligne également l’absence d’erreur dans la réanimation effectuée par le Dr Péchier. Ces conclusions vont à l’encontre de la thèse initiale d’empoisonnement par un autre anesthésique local et soutiennent la défense. Un retournement de situation se produit à la barre lorsque les premiers experts rejettent l’hypothèse d’un empoisonnement de Sylviane Baugey. Le médecin légiste énumère ensuite les antécédents médicaux de Mme Baugey, notant sa surcharge pondérale et son tabagisme. À 8h58, l’écran géant s’allume dans la salle d’audience, affichant le visage de Pierre Diemunsch, chef de service anesthésie et réanimation au CHRU de Strasbourg, qui a réalisé l’expertise médico-légale des cas Baugey et Dussaut avec son collègue Antoine Tracqui. À 8h55, le public commence à affluer alors que l’accusé Frédéric Péchier prend place avec son avocat et sa sœur avocate. Le Dr Péchier, vêtu de son pull bleu sombre et jean gris, est prêt pour la journée. À 8h50, les avocats prennent place, avec Me Pasina et Me Berna parmi eux. Dans le public, Antoine Tracqui est repéré, prêt à livrer ses conclusions sur les cas Baugey et Dussaut. À 8h45, la salle d’audience se remplit progressivement, mais le public semble moins nombreux que la veille, peut-être à cause de la nature scientifique des expertises médico-légales. Le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier reprend à 9h, avec les Dr Antoine Tracqui et Pierre Diemunsch présentant leurs expertises médico-légales des cas Baugey et Dussaut. L’après-midi sera consacré à d’autres experts, les Dr Alain Miras et Matthieu Bias. Frédéric Péchier est accusé d’avoir empoisonné plusieurs personnes et doit comparaître devant les assises durant 15 semaines. La journée précédente a été marquée par le témoignage poignant du fils d’une des victimes. Coup de théâtre au tribunal, les premiers experts rejettent l’hypothèse d’un empoisonnement de Sylviane Baugey. Florimond Baugey, fils de Sylviane décédée d’un arrêt cardiaque lors d’une opération de l’épaule, a vivement accusé le Dr Péchier lors du procès, le qualifiant de «lâche démasqué, pathétique, ridicule» et estimant qu’il mériterait d’être en prison. «Il n’est pas un médecin à mes yeux, mais plutôt un toxico-dépressif-suicidaire. J’espère qu’il assumera bientôt ses crimes et qu’il sera incarcéré. Pour moi, c’est quelqu’un de pathétique, qui a commis des actes minables sur des patients de bonne foi», a déclaré Florimond Baugey à la fin de l’audience. La justice soupçonne le Dr Péchier en raison de nombreux événements indésirables graves survenus lors d’opérations où il était présent. Sur 30 cas imputés à Frédéric Péchier, douze se sont soldés par des décès. Il est soupçonné d’avoir délibérément provoqué ces incidents pour se mettre en valeur en tant que réanimateur et pour nuire à certains de ses collègues. Frédéric Péchier a toujours nié les accusations portées contre lui. Son procès, durant 15 semaines, risque de le conduire à la réclusion criminelle à perpétuité. Il comparaît libre sous contrôle judiciaire.

The trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, including 12 fatally, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continues on Thursday, November 13. From the courthouse, our journalist Antoine Comte brings you the highlights of this 43rd day of the trial.

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12:02: End of this expertise. The trial is adjourned and will resume at 2pm, with a second medico-legal presentation: that of Alain Miras, forensic doctor, and Matthieu Biais, head of the intensive care unit at the Bordeaux University Hospital, on the causes of the Serious Adverse Events (EIG) of Sylviane Baugey and Christian Dussaut.

Operating room and IV drip. Illustrative image of Péchier trial.

© LUC NOBOUT / MAXPPP

11:55: «Regarding the intervention itself, yesterday we had anesthesiologist Florian Humbert on the stand who is unable to tell us what happened» regrets Me Schwerdorffer. «Which is very surprising. It seems he wasn’t present during the induction. When questioned, he said that the problems appeared as soon as the anesthetic products were injected«.

The anesthesia record of the operation is displayed in the courtroom.

«Yesterday, I asked Dr. Humbert why he left the room when his patient had problems very early on» continues the defense attorney. «He told me he went to see another patient because the situation had stabilized. However, on the anesthesia record, I don’t see any improvement. It’s even the opposite. What do you think?«

«This record is difficult to read and does not allow for a chronological understanding» responds Antoine Tracqui. «Some annotations raise questions, are not in the correct order. But this patient does not get better right away, that’s for sure. It’s touch-and-go for 40 minutes, starting from the heart problem«.

Through this exchange, Dr. Humbert’s responsibility seems to be implicated.

11:50: After two quick questions from Me Pasina, lawyer for the Dussaut family, it is Me Schwerdorffer who takes the microphone. He revisits the ephedrine, a substance found in the samples from Christian Dussaut’s EIG.

«Ms. Authier told us yesterday that a syringe of ephedrine was always present, just in case, on the anesthesia cart» he says. «If I understood correctly, you said that the accidental administration of an ephedrine ampoule could have caused the troubles as they appeared» in the case of M. Dussaut. «C’est une question complexe» admet Pierre Diemunsch. «L’éphédrine a été retrouvée dans des ampoules d’adrénaline. On a du mal à comprendre ce qu’elle pouvait faire là«.

Le moment où l’administration exogène toxique serait cohérente est immédiatement lors de l’induction, mais les ampoules ont été utilisées bien après. Le patient est transféré au CHU de Besançon à 12h45. Antoine Tracqui reprend les explications fournies hier par le Pr Pili-Floury et le Dr Jeangirard, qui ont qualifié les signes cliniques de l’EIG de Mme Baugey de «cataclysmiques«. Ils ont suggéré que ces signes ne pouvaient être expliqués que par l’administration d’un autre anesthésique local en plus de la ropivacaïne.

Antoine Tracqui répond : «C’est envisageable sur un plan théorique. Mais nous n’avons pas les preuves. Les éléments que nous avons déjà nous permettent de fournir une explication«.

Pierre Diemunsch ajoute : «Les éléments dont nous disposons nous permettent de proposer cette explication d’intoxication fortuite. Mais si un autre produit avait été injecté en même temps, nous aurions pu observer un tableau similaire. Cependant, nous n’avons aucune preuve en ce sens«.

Si quelque chose avait été donné en plus de la ropivacaïne, le tableau clinique aurait pu être similaire.

Pierre Diemunsch,

expert médico-légal

Kevin Louvet conclut : «Selon le Pr Pili-Floury, l’administration seule de ropivacaïne ne peut pas expliquer les signes cliniques de la patiente. Il faudrait ajouter l’administration d’un autre anesthésique local. Mais nous avons compris que pour vous, la ropivacaïne seule pourrait suffire à provoquer les signes cliniques de la patiente«.

Thérèse Brunisso soulève le point selon lequel les fortes doses d’adrénaline administrées par le Dr Péchier à Mme Baugey allaient à l’encontre des recommandations de la SFAR. Elle mentionne que Mme Baugey a reçu un total de 75 ml, alors que le diagnostic d’intoxication aux anesthésiques locaux était déjà envisagé.

Pierre Diemunsch admet que les doses d’adrénaline étaient très importantes et ne correspondaient pas aux recommandations habituelles.

Thérèse Brunisso rapporte les doutes exprimés par une infirmière anesthésiste expérimentée quant à l’explication d’une effraction vasculaire lors des infiltrations d’anesthésiques locaux par des chirurgiens. Le Pr Pierre Diemunsch mentionne que de telles erreurs ont été documentées dans la littérature scientifique.

Après des discussions techniques, le ministère public interroge les experts sur leur conclusion d’une intoxication aux anesthésiques locaux due à une effraction vasculaire. La question est soulevée quant aux doses élevées d’adrénaline administrées et à l’absence d’un empoisonnement délibéré.

Antoine Tracqui admet que c’est une possibilité.

Dans le compte-rendu de l’événement indésirable grave, on mentionne d’abord un saignement, suivi d’une hypertension. C’est l’ordre établi dans ce document.

During the trial of Frédéric Péchier on September 12, 2025, the president of the Assize Court, Delphine Thibierge, was at the center.

Ensuite, le médecin légiste a énuméré les antécédents médicaux de Mme Baugey, qui avait un excès de poids et était fumeuse. Florimond Baugey, dont la mère Sylviane est décédée d’un arrêt cardiaque lors d’une opération de l’épaule, a vivement critiqué le Dr Péchier lors du procès, le qualifiant de «lâche démasqué, pathétique, ridicule» et affirmant qu’il mériterait d’être menotté.

Il a ajouté : «Pour moi, ce n’est pas un médecin, c’est un toxico-dépressif-suicidaire. J’espère qu’il portera bientôt le poids de ses crimes, qu’il ira en prison. C’est pour moi quelqu’un de pathétique, qui a commis des crimes minables sur des gens confiants» a déclaré Florimond Baugey à la fin de l’audience.

Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste, est soupçonné par la justice d’avoir provoqué délibérément plusieurs événements indésirables graves lors d’opérations chirurgicales entre 2008 et 2017. Sur les 30 cas attribués à Péchier, douze patients ont perdu la vie. Il est accusé d’avoir provoqué ces incidents pour mettre en avant ses compétences en réanimation et pour nuire à ses collègues en conflit.

Péchier a toujours nié les accusations et risque la réclusion criminelle à perpétuité. Son procès, qui se déroule du 8 septembre au 19 décembre 2025, doit durer 15 semaines. Frédéric Péchier n’est plus autorisé à pratiquer dans le Doubs et ne peut plus exercer sa profession.

  • 1er octobre 2021 : Frédéric Péchier tente de se suicider en se jetant du premier étage.
  • 27 septembre 2022 : Les suspicions concernent désormais 32 patients empoisonnés, dont 13 décédés.
  • 22 mars 2023 : Frédéric Péchier est inculpé pour 30 cas, dont 12 mortels.
  • 5 août 2024 : Le médecin anesthésiste est renvoyé devant la cour d’assises du Doubs pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels.
  • 8 septembre 2025 : Le procès de Frédéric Péchier devant la cour d’assises du Doubs commence, prévu pour durer 15 semaines.
  • France 3 Franche-Comté se mobilise pour vous faire vivre le procès de Frédéric Péchier, avec une couverture en direct sur notre site internet. Suivez les débats en cours dans la salle d’audience du 8 septembre au 19 décembre 2025 grâce à nos journalistes web sur place Jeanne Casez, Antoine Comte et Sarah Rebouh.

    Avec la collaboration de Sophie Courageot, rédactrice en chef adjointe, et Morgane Hecky, chargée d’édition numérique, ainsi que des équipes de reportage présentes à l’audience.

    Le Dr Humbert a été en contact avec le trouble cardiaque pendant 40 minutes. Au cours de cet échange, la responsabilité du Dr Humbert semble être mise en cause.

    À 11h50, après deux questions rapides de Me Pasina, avocat de la famille Dussaut, Me Schwerdorffer prend la parole. Il revient sur la présence d’éphédrine dans les séquestres de l’EIG de Christian Dussaut. Il souligne que l’administration accidentelle d’une ampoule d’éphédrine aurait pu causer les troubles cardiaques observés chez M. Dussaut.

    Randall Schwerdorffer avance l’hypothèse d’une erreur médicale dans l’arrêt cardiaque de Christian Dussaut, suggérant une erreur de produits lors de l’injection.

    A 11h45, Christine de Curraize pose une question sur la couleur de la peau de M. Dussaut, en référence à un possible cas d’erreur d’injection d’adrénaline. Pierre Diemunsch explique que les signes d’intoxication à l’adrénaline sont des pâleurs, et non des noirceurs de la peau.

    A 11h40, le ministère public remet en question l’hypothèse principale des experts, l’hypoxie. Une infirmière anesthésiste expérimentée a mentionné que les troubles du rythme cardiaque ont commencé après l’injection de propofol, ce qui laisse penser à une possible contamination de la seringue selon Sophie Authier. Antoine Tracqui souligne que la langue noire n’indique pas une administration de produits cardio-toxiques, mais seulement une absence d’oxygène. La peau de M. Dussaut est devenue grisâtre et noirâtre en raison d’une cyanose, une coloration anormale bleutée ou grisâtre de la peau, provoquée par une oxygénation insuffisante du sang après l’hypoxie. Cette couleur de peau n’est pas le résultat de l’administration d’adrénaline, comme cela a été suggéré. Antoine Tracqui, médecin légiste, estime que l’hypothèse la plus probable est un arrêt cardiaque hypoxique post-induction. Christian Dussaut a été admis à l’hôpital de Besançon le 5 octobre 2015 pour une opération, mais a présenté une instabilité dès son arrivée. Les médecins pensaient à l’époque à un syndrome de Tako Tsubo comme cause de l’événement indésirable grave. Malgré une réanimation efficace, le patient a fait un second arrêt cardiaque avant d’être transféré au CHU de Besançon. Antoine Tracqui reprend les explications données hier par le Pr Pili-Floury et le Dr Jeangirard, qui ont décrit les signes cliniques de l’EIG de Mme Baugey comme «cataclysmiques«, suggérant qu’ils pourraient être expliqués par l’administration d’un autre anesthésique local en plus de la ropivacaïne.

    Cependant, Antoine Tracqui souligne que «sur un plan théorique, c’est envisageable«, mais qu’ils ne disposent pas de preuves concrètes. Pierre Diemunsch ajoute que les éléments actuels permettent d’expliquer l’intoxication de manière fortuite, même si l’ajout d’un autre anesthésique local aurait pu donner un tableau similaire. Cependant, ils n’ont aucune preuve dans ce sens.

    Si quelque chose avait été donné en plus de la ropivacaïne, le tableau clinique aurait pu être similaire.

    Pierre Diemunsch,

    expert médico-légal

    Kevin Louvet conclut en affirmant que le Pr Pili-Floury pense que seule l’injection de ropivacaïne ne peut expliquer les signes cliniques de la patiente, et qu’il faudrait ajouter un autre anesthésique local. Cependant, ils ont compris que pour d’autres, la ropivacaïne seule pourrait suffire à provoquer ces signes.

    Thérèse Brunisso poursuit en mentionnant les fortes doses d’adrénaline administrées par le Dr Péchier à Mme Baugey, allant à l’encontre des recommandations de la SFAR, alors que le diagnostic initial était une intoxication aux anesthésiques locaux.

    La discussion se poursuit avec des aspects techniques et des points de vue divergents, mettant en lumière les différentes interprétations des experts et des témoins dans le cadre du procès de Frédéric Péchier.

    Thérèse Brunisso soulève également des questions sur la possibilité d’une effraction vasculaire lors des infiltrations d’anesthésiques locaux, pointant du doigt des erreurs potentielles. Le Pr Pierre Diemunsch évoque des situations similaires dans la littérature scientifique.

    La journée se poursuit avec des échanges entre la présidente et les experts, ainsi que des interventions du ministère public, mettant en lumière les divergences d’opinions et les complexités de l’affaire.

    Enfin, Antoine Tracqui admet qu’il s’agit d’une possibilité, laissant ainsi planer le doute sur les circonstances entourant l’intoxication de Mme Baugey.

    En revanche, le compte-rendu de l’événement indésirable grave mentionne d’abord un saignement, suivi d’une hypertension. C’est l’ordre précisé dans ce document

    «Oui, nous entendrons ce que David Gallinet aura à dire à ce sujet la semaine prochaine», déclare Thérèse Brunisso.

    9h55 : «Pour résumer, est-ce la faute du chirurgien ?» demande Anne-Sophie Willm, membre de la cour d’assises. Rappelons que c’est effectivement le Dr Gallinet, chirurgien de Mme Baugey, qui a réalisé la deuxième injection de ropivacaïne ayant, selon les experts, perforé une veine de la patiente.

    «J’ai mentionné plus tôt un aléa thérapeutique, pas une erreur médicale», répond Antoine Tracqui, de manière un peu contradictoire. «C’est très rare, mais c’est documenté dans la littérature scientifique. Cela peut arriver malgré une technique d’injection irréprochable».

    9h50 : Assis sur son siège, Frédéric Péchier ne laisse rien transparaître, pendant que les Pr Tracqui et Diemunsch exposent une expertise en sa faveur. Les avocats, Randall Schwerdorffer et Julie Péchier, discutent entre eux.

    9h40 : «Mais professeur, le Dr Jeangirard a mentionné hier que l’injection a été faite en supra-scapulaire, avec l’aide d’une caméra», argumente Delphine Thibierge. «Cela ne permet-il pas d’exclure la possibilité d’une erreur et d’une perforation vasculaire ?».

    Selon Pierre Diemunsch, l’utilisation d’une caméra ne garantit pas à elle seule la qualité de l’injection.

    9h35 : Pierre Diemunsch prend la parole pour la première fois et confirme les explications de son collègue Tracqui, expliquant que chronologiquement, l’arrêt cardiaque a eu lieu «à la suite de l’administration par arthropompe de la ropivacaïne».

    Il se base sur le saignement «quasi-immédiat» observé chez la patiente après cette injection d’anesthésique local par le Dr Gallinet en fin d’opération.

    9h30 : Il y a un petit rebondissement dans ce procès, car les conclusions des experts Tracqui et Diemunsch réfutent la thèse d’un empoisonnement dans le cas de Sylviane Baugey.

    Contrairement à plusieurs témoignages entendus hier, dont ceux de médecins comme le Pr Pili-Floury, chef du service réanimation du CHU de Besançon, et du Dr Jeangirard, anesthésiste de Mme Baugey, qui ont affirmé qu’il n’y avait pas eu d’erreurs lors de la double injection de ropivacaïne à sa patiente.

    9h25 : Fin de cette première expertise médicale. La présidente de la cour d’assises, Delphine Thibierge, demande si la double dose de ropivacaïne injectée par les Dr Jeangirard et Gallinet aurait pu suffire à provoquer les «signes cliniques cataclysmiques» de la patiente.

    9h : The characteristic sound of the entrance of the Assize Court rings out. Delphine Thibierge, the president, enters, followed by her assessors and the six jurors. She invites Professor Antoine Tracqui to step forward to the bar.

    «We will start with Mrs. Sylviane Baugey,» begins Professor Tracqui. «She is a woman born on August 31, 1957, admitted on April 20, 2015 to Saint-Vincent

    9:05 : Back in the operating room on April 20, 2015, with the words of Antoine Tracqui. «Entered the operating room at 9:53 am,» reads the expert. The surgery goes well, «the tendon is repaired,» when, at the end of the operation, at 10:55 am, Dr. Gallinet injects a dose of 20 ml of ropivacaine.

    It is during the dressing change that significant bleeding and cardiac arrhythmias appear, leading to an «immediate cardiac arrest» at 11:03 am.

    9:10 : An anesthesia report, written by Dr. Jeangirard, is read by Professor Tracqui: «cardiac massage,» «call to Dr. Péchier,» four bottles of intralipids, ten doses of adrenaline, electrical shocks, calcium gluconate, etc. «In total, this lady will have received 75mg of adrenaline,» and cardiac massages for 50 minutes.

    This cold enumeration allows us to see the ordeal the patient endured on the operating table. As a reminder, yesterday during the debates, Florimond Baugey, son of Sylviane, accused Dr. Péchier of turning his mother’s resuscitation into a «battlefield

    9:15 : Mrs. Baugey is transferred to the Besançon University Hospital in the early afternoon. Despite extremely heavy care, including the use of extracorporeal circulation, «the patient still remains in a deep coma,» continues Professor Tracqui, undisturbed. «The blood brought to the brain was unable to penetrate it

    «Mrs. Baugey’s death is the result of brain death due to prolonged lack of oxygen» at the brain level. «Most likely, cardiac arrest is the result of the ropivacaine passing into the bloodstream,» a local anesthetic injected into the blood at the end of the operation by Dr. Gallinet.

    Important point: for the experts Tracqui and Diemunsch, hypothesis number 1 is not intoxication by local anesthetics but rather a medical error in the ropivacaine injection. Yesterday, the hypothesis of poisoning by the injection of another local anesthetic, in addition to ropivacaine, was favored.

    «The dose is standard,» repeats Antoine Tracqui. «If there had not been this vascular breach, objectified by this bleeding, it would have gone well. What will cause these catastrophic signs is the passage of ropivacaine into the patient’s blood

    As a reminder, this double injection of ropivacaine, a local anesthetic injected intra-articularly twice, at the beginning of the operation by Dr. Jeangirard and at the end of the intervention by Dr. Gallinet, is a medical technique called RAC, that is, «enhanced recovery after surgery

    Ensuite, le médecin légiste a énuméré les antécédents médicaux de Mme Baugey, qui souffrait de surcharge pondérale et était fumeuse.

    À 8h58, l’écran géant s’est allumé dans la salle d’audience, affichant le visage de Pierre Diemunsch, chef de service anesthésie et réanimation au CHRU de Strasbourg, qui a réalisé l’expertise médico-légale des cas Baugey et Dussaut.

    À 8h55, les rangs du public ont commencé à se remplir, et Frédéric Péchier, l’accusé, accompagné de son avocat et de sa sœur, s’est installé dans le prétoire.

    Le Dr Péchier était vêtu de la même tenue que la veille : un pull bleu foncé sur un jean gris.

    À 8h50, les avocats Me Pasina et Me Berna se sont installés, prêts pour la journée. Dans le public, Antoine Tracqui était visible, prêt à déposer ses conclusions sur les événements graves impliquant Sylviane Baugey et Christian Dussaut.

    À 8h45, la salle d’audience était moins remplie que la veille, surtout du côté des parties civiles, moins intéressées par les expertises médico-légales prévues pour la journée.

    Le procès du Dr Frédéric Péchier reprendra à 9h, avec une journée consacrée aux expertises des Dr Tracqui, Diemunsch, Miras, et Bias sur les cas de Baugey et Dussaut. Florimond Baugey, le fils de Sylviane décédée d’un arrêt cardiaque lors d’une opération de l’épaule, a vivement critiqué le Dr Péchier lors du procès, le qualifiant de «lâche démasqué, pathétique, ridicule» et affirmant qu’il ne lui manquait plus que les menottes.

    «Pour moi, ce n’est pas un médecin, c’est un toxico-dépressif-suicidaire. J’espère qu’il portera bientôt le poids de ses crimes, qu’il ira en prison. C’est pour moi quelqu’un de pathétique, qui a commis des crimes minables sur des gens confiants», a déclaré Florimond Baugey à la fin de l’audience.

    Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste, est soupçonné par la justice d’avoir provoqué des événements indésirables graves lors de ses interventions à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté, à Besançon, entre 2008 et 2017. Sur 30 cas attribués à Péchier, douze patients en sont décédés.

    L’anesthésiste est soupçonné d’avoir provoqué ces incidents pour mettre en avant ses qualités de réanimateur et nuire à ses collègues. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité mais nie fermement les faits. Son procès doit durer 15 semaines, du 8 septembre au 19 décembre 2025. Frédéric Péchier a été interdit de pratiquer dans le Doubs et ne peut plus exercer sa profession. En date du 1er octobre 2021, il a tenté de se suicider en se défenestrant du premier étage. Les soupçons concernent désormais 32 patients, dont 13 sont décédés, pour empoisonnement le 27 septembre 2022. Le 22 mars 2023, Frédéric Péchier a été mis en examen pour 30 cas, dont 12 mortels. Le 5 août 2024, il a été renvoyé devant la cour d’assises du Doubs pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels. Le procès de Frédéric Péchier devant la cour d’assises du Doubs était prévu pour s’ouvrir le 8 septembre 2025 et durer 15 semaines.

    France 3 Franche-Comté s’engage à couvrir le procès de Frédéric Péchier en direct sur son site internet. Du 8 septembre au 19 décembre 2025, suivez les débats en direct depuis la salle d’audience grâce à nos journalistes sur place, Jeanne Casez, Antoine Comte, et Sarah Rebouh. Sophie Courageot, rédactrice en chef adjointe, et Morgane Hecky, chargée d’édition numérique, collaborent également avec les équipes de reportage présentes à l’audience.

    Le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier, accusé d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon, se poursuit aujourd’hui. Notre journaliste Antoine Comte vous fait vivre les temps forts de ce 43e jour d’audience depuis la cour d’assises.

    À 12h02, la première expertise s’est achevée, et l’audience est suspendue jusqu’à 14h. Un deuxième exposé médico-légal par Alain Miras, médecin légiste, et Matthieu Biais, chef du service réanimation du CHU de Bordeaux, sur les causes des événements indésirables graves de Sylviane Baugey et Christian Dussaut est prévu pour la reprise.

    À 11h55, Me Schwerdorffer a exprimé des regrets quant à l’intervention de l’anesthésiste Florian Humbert, soulignant son incapacité à expliquer les événements. La feuille d’anesthésie de l’opération a été présentée en salle d’audience, suscitant des questionnements sur le déroulement de l’intervention.

    Restez informés en temps réel sur les développements du procès de Frédéric Péchier en suivant notre couverture en direct sur notre site internet. Certaines annotations sont problématiques et désordonnées. Cependant, le patient ne montre pas d’amélioration immédiate, c’est certain. Il reste instable pendant 40 minutes, à partir du problème cardiaque. Ce qui soulève des questions sur la responsabilité du Dr Humbert.

    À 11h50, après quelques questions rapides de Me Pasina, avocat de la famille Dussaut, Me Schwerdorffer prend la parole. Il revient sur l’éphédrine retrouvée dans les séquestres de l’EIG de Christian Dussaut. Il insiste sur la possibilité d’une erreur médicale dans l’administration de ce produit, ce qui aurait pu entraîner les problèmes cardiaques de M. Dussaut.

    À 11h45, Christine de Curraize pose une question sur la couleur de la peau de M. Dussaut. L’avocate générale évoque une possible erreur d’injection d’adrénaline qui aurait pu noircir sa peau. Cependant, Pierre Diemunsch explique que les signes d’une intoxication à l’adrénaline sont plutôt des pâleurs que des noirceurs.

    À 11h40, le ministère public remet en question l’hypothèse d’hypoxie des experts, en citant le témoignage d’une infirmière. Selon elle, les troubles du rythme cardiaque ont commencé directement après l’injection de propofol, laissant penser à une possible contamination de la seringue. Antoine Tracqui souligne que la langue noire ne signifie pas forcément une administration de produits toxiques pour le cœur, mais plutôt un manque d’oxygène. Même explication pour le changement de couleur de la peau de M. Dussaut, devenu grisâtre et noirâtre.

    À 11h15, il est expliqué que la langue noire de Christian Dussaut au moment de l’induction, qui avait tant choqué l’infirmière-anesthésiste, Mme Authier, était due à une cyanose, une coloration anormale bleutée ou grisâtre de la peau, provoquée par l’oxygénation insuffisante du sang après l’hypoxie.

    Il est mentionné que dans les séquestres mal réalisés, la présence d’éphédrine était troublante, et une injection de ce produit aurait pu provoquer les signes cliniques observés sur Christian Dussaut. Antoine Tracqui, médecin légiste, indique que l’hypothèse la plus probable est un arrêt cardiaque hypoxique post-induction. Cependant, pour les médecins de l’hôpital, l’EIG de M. Dussaut était probablement un syndrome de Tako Tsubo, une insuffisance cardiaque aiguë. La réanimation a été efficace lors de l’arrêt cardiaque, mais un second arrêt s’est produit plus tard. M. Dussaut a été transféré au CHU de Besançon.

    Christian Dussaut a subi un arrêt cardiaque avant son opération de l’artère fémorale en raison de son obésité, de son tabagisme et de ses problèmes cardiaques antérieurs. Les experts médicaux continueront leur expertise de cet événement grave lors de la reprise de l’audience.

    L’accusé, Frédéric Péchier, a posé des questions aux experts sur la technique utilisée par le Dr Gallinet lors de l’injection de ropivacaïne, mais les réponses des experts ont montré un certain malaise. L’avocat du Dr Martial Jeangirard a également pris la parole pour défendre son client. Antoine Tracqui reprend les explications données hier par le Pr Pili-Floury et le Dr Jeangirard, qui ont décrit les signes cliniques de l’EIG de Mme Baugey comme «cataclysmiques«, suggérant qu’ils pourraient être expliqués uniquement par l’administration d’un autre anesthésique local en plus de la ropivacaïne.

    «C’est envisageable sur un plan théorique» répond Antoine Tracqui. «Mais on n’a pas les séquestres. Et les éléments qu’on a déjà nous suffisent pour fournir une explication«. Pierre Diemunsch ajoute que «les éléments dont nous disposons nous permettent de proposer cette explication d’intoxication fortuite. Mais s’il y avait eu un produit injecté en même temps, si c’était le cas, on aurait pu aussi observer un tableau analogue. Mais nous n’avons aucun élément dans ce sens«. Selon l’expert médico-légal Pierre Diemunsch, «Si quelque chose avait été donné en plus de la ropivacaïne, le tableau clinique aurait pu être similaire«. Kevin Louvet conclut en disant que «Pour le Pr Pili-Floury, cette seule injection de ropivacaïne ne peut pas expliquer le tableau clinique de la patiente. Il faut y ajouter l’injection d’un autre anesthésique local«.

    Thérèse Brunisso poursuit en soulignant les fortes doses d’adrénaline administrées par le Dr Péchier à Mme Baugey, allant à l’encontre des indications de la SFAR. Elle mentionne qu’elle a reçu un total de 75 ml alors que le diagnostic présumé était une intoxication aux anesthésiques locaux. Pierre Diemunsch admet que ces doses sont importantes et ne sont pas conformes aux recommandations. Dans le compte-rendu de l’événement indésirable grave, on mentionne d’abord un saignement, suivi d’une hypertension. C’est l’ordre établi dans ce document. Au centre de la cour, on retrouve la présidente Delphine Thibierge.

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