Les responsables sécurité incendie de Crans-Montana ont expliqué lors de leurs auditions pourquoi ils n’ont pas contrôlé le bar depuis cinq ans. Selon eux, c’était un problème déjà connu par le président de la commune, qui a découvert la situation après l’incendie mortel. Franceinfo vous révèle en exclusivité le contenu de leurs témoignages. Les responsables sécurité incendie de Crans-Montana ont déclaré lors de leurs auditions qu’ils avaient présenté au conseil communal leurs tâches et fonctions, ainsi que les difficultés rencontrées en raison du manque de ressources. Christophe Balet a souligné que certains établissements étaient priorisés en raison de ce manque de moyens, et a indiqué qu’il n’était pas possible de tout faire avec les ressources disponibles. Ils ont également affirmé que ce problème était connu depuis des années par les élus locaux, dont Nicolas Féraud, le président de la commune de Crans-Montana. Ce dernier avait gelé les embauches dans sa commune, ce qui a eu un impact sur la sécurité incendie. Ils ont expliqué que pour effectuer tous les contrôles incendie nécessaires, il faudrait au moins cinq à six personnes supplémentaires. En outre, ils ont mentionné que les visites de contrôle n’étaient pas fréquentes, notamment dans les restaurants et bars. En ce qui concerne la mousse acoustique, à l’origine de l’incendie, ils ont admis ne pas la connaître et n’avaient pas pour consigne de la contrôler lors de leurs inspections. Des nouvelles directives ont été données à ce sujet après l’incendie. Les responsables sécurité incendie de Crans-Montana ont déclaré lors de leurs auditions qu’ils ne voyaient pas le problème posé par l’installation de mousses acoustiques inflammables dans les bars ou les restaurants. Ils ont répondu à des questions sur leur formation en matière de lutte contre les incendies et ont admis ne pas avoir été sensibilisés à des exemples d’incendies dramatiques survenus à l’étranger. Malgré leurs méconnaissances, ils expriment des pensées pour les victimes de l’incendie et leurs proches.

Les deux responsables sécurité incendie de Crans-Montana ont expliqué pourquoi ils n’ont pas contrôlé le bar depuis cinq ans. Un problème connu, selon eux, par le président de la commune, lui qui a dit découvrir la situation après l’incendie mortel. Franceinfo vous révèle en exclusivité le contenu de leurs auditions.


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Des fleurs et des bougies déposées devant Le Constellation, à Crans-Montana (Suisse) (FABRICE COFFRINI / AFP)

Chacun son style, chacun ses mots, mais pour dire la même chose. Un mois et demi après l’incendie qui a tué 41 personnes et blessé 115 autres à Crans-Montana en Suisse la nuit du réveillon, une question est sur toutes les lèvres et ces deux responsables de la commune sont pressés d’y répondre : pourquoi aucun contrôle incendie n’a eu lieu au Constellation, géré par le couple Moretti, depuis mai 2019 ? Par manque de personnel et de compétence, affirment en substance l’ancien et l’actuel responsable incendie de Crans-Montana. Dans leurs auditions qui ont eu lieu pour l’un le 6 février et pour l’autre le 9 février, et que franceinfo a pu consulter en exclusivité, tous les deux décrivent comment ils se sentent bien seuls avec leur équipe pour réaliser ce que la loi les oblige à faire : contrôler tous les ans les établissements publics de la commune.

Et la tâche s’avère, de leur propre aveu, impossible. Ken Jacquemoud, l’ancien responsable sécurité incendie qui a quitté son poste en mai 2024, raconte qu’en 2017 «quand j’ai commencé, j’étais seul comme chargé de sécurité». Il explique devant les trois magistrates et une quarantaine d’avocats comment il a «bataillé» pour se constituer une équipe, aujourd’hui de cinq personnes sous les ordres de son successeur Christophe Balet. Ken Jacquemoud raconte comment il enchaîne les rapports dans lesquels il fait «part du manque de ressources».



Extrait des auditions des responsables de la sécurité incendie de Crans-Montana en février 2026.


Extrait des auditions des responsables sécurité incendie de Crans-Montana en février 2026. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Extrait des auditions des responsables sécurité incendie de Crans-Montana en février 2026. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Toujours est-il que jusqu’à l’incendie, tous les deux ne voyaient pas le problème posé par l’installation de ces mousses acoustiques dans des bars ou des restaurants, un matériau hautement inflammable. Ce qui pousse les magistrates à leur poser des questions sur leur formation, sur le contenu de leur apprentissage en matière de lutte contre les incendies. Ils doivent tous les deux faire face à la même série de questions : «Au cours de votre formation, est-ce que des exemples d’incendies aux conséquences dramatiques survenus à l’étranger ont été abordés, tels que l’incendie de la discothèque 5-7 en France en 1970 ?», réponse : «Non». «Ou celui du Station Nightclub aux Etats-Unis en 2003 ?», «non». «Ou celui de la discothèque Kiss au Brésil en 2013 ?», «non». «Ou celui de la discothèque Colectiv en Roumanie en 2015 ?», «non plus». «Ou le bar Cuba Libre en France en 2016 ?», «non». L’un des deux se souvient quand même de l’incendie de la Grenfell Tower à Londres en 2017, qui a coûté la vie à 72 personnes.


Extrait des auditions des responsables sécurité incendie de Crans-Montana en février 2026. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Extrait des auditions des responsables sécurité incendie de Crans-Montana en février 2026. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Des méconnaissances qui interrogent pour deux hommes, tous les deux pompiers, l’un muni d’un diplôme de bûcheron, l’autre ancien garagiste, tous les deux reconvertis dans la sécurité incendie. Christophe Balet, ancien garagiste, a raté son brevet de spécialiste en sécurité incendie à cause de problèmes de santé, il ne l’a jamais repassé. Si dans la retranscription de son audition il n’a pas de mot pour les victimes de l’incendie, son prédécesseur confie en toute fin d’interrogatoire : «Depuis ce drame, toutes mes pensées vont vers ces victimes, ces personnes qui ont été lésées et qui n’auraient jamais dû vivre ça. Mes pensées vont également pour les gens qui sont intervenus sur place, qui ont vu des choses qu’ils n’auraient jamais dû voir». Des pensées également adressées «vers toutes les familles et leurs proches qui vivent quelque chose d’inimaginable». Ces deux responsables sécurité incendie seront bientôt interrogés à nouveau. Ils restent libres jusqu’à leur prochaine audition.

Franceinfo révèle en exclusivité le contenu des auditions des responsables de la commune de Crans-Montana en Suisse, suite à l’incendie tragique qui a coûté la vie à 41 personnes. Ces responsables ont expliqué en détail les difficultés rencontrées en termes de contrôle incendie au Constellation, géré par le couple Moretti. Les responsables de la sécurité incendie de Crans-Montana ont révélé lors de leurs auditions en février 2026 qu’ils avaient signalé un manque de ressources lors de leurs présentations au conseil communal. Ce problème était connu de tous les élus de la commune et du canton du Valais depuis des années. Malgré cela, le président de la commune, Nicolas Féraud, avait gelé les embauches dans un plan appelé Personal Stop, ce qui a contribué à la situation actuelle.

Selon les responsables de la sécurité incendie, il faudrait au moins cinq à six personnes supplémentaires pour pouvoir effectuer tous les contrôles incendie nécessaires chaque année. Suite à l’incendie, Nicolas Féraud fait l’objet d’une plainte pour des «manquements gravissimes» et plusieurs avocats demandent à ce qu’il soit entendu.

Les responsables ont également expliqué que leur métier était mal perçu par les établissements qu’ils contrôlaient, ce qui rendait leur travail encore plus difficile. Ils ont souligné que les contrôles étaient souvent source de tension et demandaient beaucoup d’énergie, surtout en cas de manque d’effectifs.

Enfin, lors de leurs auditions, les responsables ont admis ne pas connaître la mousse acoustique, responsable de l’incendie, et n’avaient pas pour ordre d’en contrôler la présence lors de leurs inspections. De nouvelles consignes ont depuis été données au niveau du canton pour éviter de nouveaux incidents. Les responsables de la sécurité incendie de Crans-Montana ont récemment été auditionnés pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas effectué de contrôles du bar pendant cinq ans. Selon eux, le président de la commune était au courant de ce problème, affirmant ne l’avoir découvert qu’après l’incendie tragique.

Jusqu’à l’incendie, les deux responsables ne semblaient pas considérer les mousses acoustiques installées dans les bars et restaurants comme un matériau hautement inflammable. Cela a conduit les magistrates à interroger les deux hommes sur leur formation en matière de lutte contre les incendies. Les questions tournaient autour de la prise en compte d’incendies dramatiques à l’étranger, tels que ceux survenus en France, aux États-Unis, au Brésil, en Roumanie et au Royaume-Uni. Les réponses des deux responsables ont montré de graves lacunes dans leur connaissance de ces événements.

L’un des responsables, ancien garagiste et non titulaire d’un brevet de spécialiste en sécurité incendie, a exprimé ses pensées pour les victimes de l’incendie lors de son interrogatoire. Son prédécesseur a également exprimé sa compassion pour les victimes, les intervenants sur place et les familles touchées par la tragédie.

Les méconnaissances et les lacunes de ces deux hommes, tous deux pompiers reconvertis dans la sécurité incendie, soulèvent de sérieuses questions. Christophe Balet, en particulier, a échoué à son brevet de spécialiste en sécurité incendie en raison de problèmes de santé et n’a jamais cherché à le repasser.

Malgré ces révélations troublantes, les responsables sécurité incendie restent libres jusqu’à leur prochaine audition. Il est prévu qu’ils soient de nouveau interrogés dans un proche avenir. La situation soulève des préoccupations quant à la formation et à la compétence des personnes chargées de la sécurité incendie dans la région de Crans-Montana. Franceinfo a révélé en exclusivité le contenu des auditions des responsables de la commune de Crans-Montana en Suisse, suite à l’incendie tragique qui a coûté la vie à 41 personnes. Les responsables ont témoigné sur le manque de contrôles incendie au Constellation, géré par le couple Moretti, depuis mai 2019. Les auditions ont mis en lumière le manque de personnel et de compétences pour réaliser les contrôles annuels obligatoires des établissements publics de la commune. Les responsables ont décrit la difficulté de leur tâche et le manque de ressources pour y faire face. Les responsables de la sécurité incendie de Crans-Montana ont révélé lors de leurs auditions en février 2026 qu’ils manquaient de ressources pour effectuer tous les contrôles nécessaires. Cette situation était connue des élus depuis des années, y compris le président de la commune, Nicolas Féraud. Ce dernier est maintenant l’objet d’une plainte pour des «manquements gravissimes». Les responsables ont également expliqué que les contrôles incendie n’étaient pas fréquents et que le manque d’effectifs les empêchait de tout faire. De plus, ils ont admis ne pas connaître la mousse acoustique, responsable de l’incendie, et n’avaient pas pour instruction de la contrôler avant le drame. Des nouvelles consignes ont depuis été données pour renforcer la sécurité incendie.

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