Peu avant sa mort en 2013, Blanche Laurens était passée d’un legs de 150 000 euros à des associations diocésaines, au don de la totalité de son patrimoine estimé à 17 millions. Dix ans plus tard, sa nièce porte plainte pour abus de faiblesse, après un combat de 20 ans pour «rétablir la justice».
L’affaire, révélée par le journal Libération au mois de juin 2025, a fait surgir en pleine lumière ce legs mystérieux d’une riche nonagénaire sans enfant, au diocèse de Gap dans les Hautes-Alpes, dans des circonstances plus ou moins troubles. Disparue en 2013 à l’âge de 91 ans, Blanche Laurens avait modifié son testament peu avant sa mort, passant d’un leg initial de 150 000 euros, au don de son immense patrimoine à l’association diocésaine locale, dirigée à l’époque par Jean-Michel Di Falco, par ailleurs évêque de Gap (fonction qu’il occupa de 2003 à 2017).
Dix ans plus tard, en 2024, sa nièce, Isabelle, dépose une plainte pour «abus de faiblesse» qui retient l’attention du Parquet de Paris. L’enquête est alors confiée à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse.
Isabelle Laurens, aujourd’hui conseillée par deux avocats parisiens, Christophe Ayela et Ruth Gabbay, sait qu’elle a entamé un énième bras de fer avec «des procéduriers«, «très puissants», «mais c’est mon devoir«, souffle-t-elle, «pour que la justice puisse faire son travail«. Désignée initialement comme légataire universelle sur les testaments de 2002 et 2003, cette psychologue de 57 ans, elle-même sans enfant, reconnaît avoir «peur» de s’attaquer à l’Église catholique qui a déjà «détruit une famille«.
«Ma tante Blanche et moi étions très proches depuis toujours,» affirme Isabelle Laurens
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© Isabelle Laurens
La nièce de Blanche Laurens n’en démord pas : ses proches et elle-même ont été victimes de captation d’héritage sous l’influence de trois personnes liées à l’Église catholique. Un avocat, un notaire et un secrétaire particulier, étrangers au cercle familial, auraient conduit la nonagénaire à modifier son testament au bénéfice des associations diocésaines de Paris et de Gap. Le patrimoine immobilier, comportant principalement 22 appartements bourgeois disséminés dans Paris, était estimé à 17 millions d’euros en 2013, «certainement le double aujourd’hui, ce qui suscite bien évidemment des convoitises«, affirme Me Ayela. L’avocat décrit chez la vieille dame en 2012, au moment de la modification du testament, un état de «démence«, assorti d’un syndrôme de Diogène, qui la maintenait alitée, la peau sur les os tandis qu’elle était assommée par les médicaments, «c’est clairement de l’abus de faiblesse, elle a été dépossédée de tout, s’indigne Christophe Ayela, quand ces gens rentrent dans la famille, c’est le loup dans la bergerie, ils vous dévorent».
Je mène ce combat pour ma tante qui a vécu un calvaire, pour réhabiliter l’honneur de ma famille. Et pour alerter les familles des risques de legs et de dons à l’Église catholique».
Isabelle Laurens, nièce de Blanche LaurensFrance 3 Provence-Alpes
Isabelle Laurens confirme avoir été «broyée par la machine«, qui a tout emporté sur son passage, photos, bijoux, objets, souvenirs ayant été débarrassés de l’appartement de la défunte, après sa mort, par les nouveaux propriétaires, à savoir les associations diocésaines désignées dans le testament de Blanche. Un testament remis en question par Me Ayela, qui aurait été, selon lui, «dicté» dans un dernier souffle de vie.
Isabelle Laurens, confrontée à l’interminable «calvaire de sa tante», exprime qu’elle a perdu bien plus que son héritage : «C’est terrible parce que j’ai l’impression d’avoir été amputée, la famille a été effacée. On a fait comme si on n’existait plus.»
Lorsque nous la contactons, Isabelle Laurens revient de Ristolas, un petit village niché au fond de la vallée du Queyras, où se trouve la maison de son grand-père. «Je me suis dit que peut-être de là-haut, il serait heureux de voir que j’ai rouvert les volets.» Cette demeure, considérée comme le «berceau familial» des Laurens, Isabelle a dû payer pour la récupérer. Après des années de lutte, elle raconte avoir été contrainte de racheter la part de l’association diocésaine de Gap qui en était devenue en partie propriétaire au décès de Blanche. Ainsi, ce lieu est devenu le symbole de sa lutte depuis 20 ans pour que «l’honneur de la famille soit retrouvé».
Son grand-père, Marcellin, un petit paysan des Alpes parti faire fortune dans le textile en Colombie au milieu du siècle dernier, a construit l’immense patrimoine familial. Sa fille, Blanche, gérante de la pharmacie Ponsard à Paris pendant trente ans avec les parents d’Isabelle, a hérité d’un capital important. Mais n’ayant pas d’enfant, elle a désigné sa nièce comme héritière dans un premier testament en 2002. Cependant, des inconnus se sont immiscés dans la vie de Blanche, prenant peu à peu le contrôle sur elle, isolant la famille et ses proches.
Après des années de lutte et de bataille judiciaire, Isabelle et son père ont finalement demandé la mise sous tutelle de Blanche. Malheureusement, la vieille dame est décédée avant l’audience, sans que la famille en soit informée. Un détail troublant dans le dossier médical révèle la carte de visite de l’avocat de Blanche comme personne à contacter en cas d’urgence.
Isabelle et ses avocats s’interrogent sur le legs de la fortune de Blanche à l’association diocésaine de Paris et de Gap. Ils suspectent une violation de la confidentialité du testament. Malgré les épreuves et la perte de sa famille, Isabelle considère son retour à Ristolas comme une petite victoire, même si elle se sent épuisée et seule. Blanche repose désormais au cimetière à l’entrée du village, et sa nièce pourra se recueillir plus souvent sur sa tombe. «Il a fallu attendre 2022 pour que le nom de ma tante soit gravé dans la pierre du caveau familial, ils ne s’en sont même pas occupés,» déplore-t-elle dans une émotion contenue.
Sans jamais baisser la garde, la nièce de Blanche Laurens brandit des écrits qu’elle a trouvés au fil de ses incessantes recherches : «la charte éthique de la Conférence des évêques de France indique que l’Église s’oblige à une relation juste et honnête avec les tiers, notamment la famille, pour favoriser une relation apaisée du leg» et tient à souligner qu’il en a été tout autrement dans cette affaire.
Dans l’immeuble du XVIe arrondissement où elle réside toujours, l’appartement de Blanche est désormais occupé par le locataire de l’association diocésaine. Pour le 15 août, la Parisienne va faire une pause à la montagne, se réjouit de repartir en vacances dans la maison familiale dont elle reprend doucement possession. Certes, «ça remue émotionnellement,» mais Isabelle se sent soulagée que la justice l’ait entendue, dix ans après.
Elle s’en remet à présent à ses avocats, qui ont permis de relancer le dossier en 2022. Christophe Ayela, quant à lui, tient à conclure sous forme de conseil adressé aux familles, dans un contexte sociétal de vieillissement de la population, «il ne faut pas avoir peur des hommes de robes, des hommes de loi, il faut demander la protection des proches qui peuvent tomber entre de mauvaises mains et devenir la cible de prédateurs.«
L’affaire, révélée par le journal Libération au mois de juin 2025, a fait surgir en pleine lumière ce legs mystérieux d’une riche nonagénaire sans enfant, au diocèse de Gap dans les Hautes-Alpes, dans des circonstances plus ou moins troubles. Disparue en 2013 à l’âge de 91 ans, Blanche Laurens avait modifié son testament peu avant sa mort, passant d’un leg initial de 150 000 euros, au don de son immense patrimoine à l’association diocésaine locale, dirigée à l’époque par Jean-Michel Di Falco, par ailleurs évêque de Gap (fonction qu’il occupa de 2003 à 2017).
Dix ans plus tard, en 2024, sa nièce, Isabelle, dépose une plainte pour «abus de faiblesse» qui retient l’attention du Parquet de Paris. L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse.
Isabelle Laurens, assistée par deux avocats parisiens, Christophe Ayela et Ruth Gabbay, sait qu’elle est engagée dans un combat difficile contre des adversaires puissants. Malgré sa peur, elle est déterminée à poursuivre pour que la justice puisse faire son travail. Désignée comme légataire universelle sur les testaments de 2002 et 2003, cette psychologue de 57 ans redoute de s’opposer à l’Église catholique, qui a déjà causé des dommages à sa famille.
Isabelle Laurens affirme que sa famille et elle-même ont été victimes de manipulation pour modifier le testament de sa tante Blanche au profit d’associations diocésaines. L’avocat estime que le patrimoine immobilier, évalué à 17 millions d’euros en 2013, vaut maintenant le double, ce qui suscite des convoitises. Il décrit l’état de démence de la vieille dame en 2012 et dénonce un abus de faiblesse de la part des personnes influentes de l’Église.
Isabelle Laurens se bat pour rétablir l’honneur de sa famille et alerte sur les risques liés aux legs et dons à l’Église catholique. Elle a été profondément affectée par la perte de son héritage et de la mémoire familiale. Après des années de lutte, elle a dû racheter la part de l’association diocésaine de Gap sur la maison de son grand-père, considérée comme le berceau familial. Cela fait de la maison de vacances des Laurens à Ristolas dans les Hautes-Alpes un symbole de leur lutte depuis 20 ans pour que «l’honneur de la famille soit retrouvé».
Son grand-père, Marcellin, un petit paysan des Alpes parti faire fortune dans le textile en Colombie au milieu du siècle dernier, a construit un immense patrimoine familial. Sa fille, Blanche, gérante de la pharmacie Ponsard à Paris pendant trente ans avec les parents d’Isabelle, a hérité, avec ses deux frères, d’un énorme capital. Malheureusement, elle n’a pas d’enfant et a désigné sa nièce comme héritière dans un premier testament en 2002. Cependant, des inconnus sont entrés dans la vie de Blanche, prenant peu à peu le contrôle sur elle. Isabelle se retrouve impuissante face à cette situation.
Alertant les services sociaux et médicaux, Isabelle et son père Jean se tournent finalement vers un juge pour demander la mise sous tutelle de Blanche. Cependant, la vieille dame décède avant l’audience, sans que la famille en soit informée. Le dossier révèle des détails troublants, notamment le legs de la fortune de Blanche à des associations diocésaines, ce qui soulève des questions sur la confidentialité du testament.
Malgré les années de lutte qui ont désuni sa famille, Isabelle voit le retour à Ristolas comme une petite victoire. Elle pourra désormais se recueillir plus souvent sur la tombe de Blanche, reposant au cimetière du village. Elle déplore avec émotion le fait qu’il a fallu attendre jusqu’en 2022 pour que le nom de sa tante soit gravé dans la pierre du caveau familial, et qu’ils n’ont même pas pris soin de s’en occuper. Sans jamais baisser la garde, elle brandit des écrits qu’elle a trouvés au fil de ses incessantes recherches, citant la charte éthique de la Conférence des évêques de France qui souligne l’engagement de l’Église à une relation juste et honnête avec les familles pour favoriser une relation apaisée du leg, soulignant que la réalité a été tout autre dans cette affaire.
Isabelle Laurens réside toujours dans l’immeuble du XVIe arrondissement, où l’appartement de Blanche est maintenant occupé par le locataire de l’association diocésaine. Malgré les remous émotionnels, elle se réjouit de repartir en vacances dans la maison familiale et reprend doucement possession de celle-ci. Elle se sent soulagée que la justice l’ait entendue, dix ans après. Elle s’en remet à ses avocats qui ont relancé le dossier en 2022, et Christophe Ayela souligne l’importance de ne pas avoir peur des hommes de loi pour protéger les proches de potentielles manipulations.
Peu avant sa mort en 2013, Blanche Laurens avait modifié son testament pour léguer la totalité de son patrimoine estimé à 17 millions d’euros à l’association diocésaine locale, après avoir initialement prévu un legs de 150 000 euros à des associations diocésaines. Sa nièce a porté plainte pour abus de faiblesse, mettant en lumière un legs mystérieux et les circonstances entourant ce changement soudain dans le testament de la riche nonagénaire.
Révélée par le journal Libération en juin 2025, cette affaire a attiré l’attention sur le diocèse de Gap dans les Hautes-Alpes et les questionnements concernant la gestion du legs de Blanche Laurens. Disparue à l’âge de 91 ans, son don massif à l’association diocésaine locale dirigée par Jean-Michel Di Falco a soulevé des interrogations sur d’éventuels abus de faiblesse. La plainte déposée par sa nièce Isabelle a ouvert une enquête du Parquet de Paris en 2024 pour faire la lumière sur cette affaire complexe. Alors, la Brigade de répression de la délinquance astucieuse se charge de l’enquête. Isabelle Laurens, assistée de deux avocats parisiens, Christophe Ayela et Ruth Gabbay, affirme qu’elle est en conflit avec des personnes «très puissantes» et «procédurières», mais qu’elle considère cela comme son devoir pour permettre à la justice de faire son travail. Désignée comme légataire universelle dans les testaments de 2002 et 2003, cette psychologue de 57 ans, sans enfants, avoue sa peur de s’opposer à l’Église catholique qui a déjà causé des ravages dans sa famille.
La nièce de Blanche Laurens affirme que sa famille et elle ont été victimes de manipulation d’héritage par trois personnes liées à l’Église catholique. Un avocat, un notaire et un secrétaire particulier ont influencé la nonagénaire pour modifier son testament en faveur des associations diocésaines de Paris et de Gap. Le patrimoine immobilier, composé principalement de 22 appartements bourgeois à Paris, était estimé à 17 millions d’euros en 2013, mais vaut probablement le double aujourd’hui, suscitant ainsi des convoitises. L’avocat Me Ayela décrit l’état de démence de la vieille dame en 2012 lors de la modification du testament, déplorant un abus de faiblesse.
Isabelle Laurens se sent anéantie par la perte de ses biens et de son héritage, ainsi que par le déchirement de sa famille. Elle a dû racheter la part de l’association diocésaine de Gap pour récupérer la maison de son grand-père à Ristolas, considérée comme le berceau familial des Laurens. The reopening of the Laurens family vacation home in Ristolas in the Hautes-Alpes in the summer of 2025 symbolizes their 20-year struggle to «restore the family’s honor.»
Her grandfather, Marcellin, a small farmer from the Alps who went to Colombia to make a fortune in textiles in the middle of the last century, built the immense family fortune. His daughter, Blanche, who managed the Ponsard pharmacy in Paris for thirty years with Isabelle’s parents, inherited a huge fortune along with her two brothers. However, as she had no children, she designated her niece as her heir in an initial will in 2002. The family fabric was depicted as united. Everyone lived in the luxurious building on Edmond-About Street, «I lived above my aunt on the 5th floor, my parents on the 4th, my uncle on the 3rd, and me on the 6th,» recalls Isabelle, who saw strangers enter Blanche’s life. At first, she did not realize the comings and goings as the visitors gradually took control of her aunt, «total control, both of her assets, her privacy, her health, and her access to her family, which she had less and less of.» Distraught, Isabelle did not have the keys, always found the door closed, and her father and uncle, also elderly, panicked. «These people put blackout curtains on the windows to isolate her even more,» emphasizes Christophe Ayela, «it’s a phenomenon of control.» So, «like the butler in the Bettencourt case,» explains the lawyer, Isabelle Laurens decided, whenever she could, to take photos and record conversations that she now presents in her file.
After alerting the appropriate social and medical services, Isabelle and her father Jean eventually turned to the judge to request guardianship over Blanche. «The old lady died on January 26, 2013, in the hospital, just before the hearing,» explains Me Ayela, «without the family being notified of her death.» However, he points out a detail: «on the other hand, in the hospital medical records, we find the business card of Blanche Laurens’ lawyer listed as the emergency contact.»
«A situation had become delusional, her niece started recording conversations. This case is a ‘mini Bettencourt,’ with lesser financial stakes.» – Me Christophe Aleya, lawyer for Isabelle Laurens, France 3 Provence-Alpes
Another troubling detail caught Isabelle and her lawyers’ attention. Blanche’s fortune was bequeathed to the diocesan associations of Paris and Gap, with the media-savvy Jean-Michel Di Falco being the director in 2013. When accused by the family, the clergyman, founder of the KTO channel, responded with a statement on his LinkedIn account: «I was contacted, I believe in 2012, by a notary or a lawyer, I cannot say with certainty, informing me that the dioceses of Paris and Gap were to benefit from a significant legacy to be shared. This legacy, mainly composed of buildings and apartments in Paris, was received without my ever having met or personally known the benefactor behind this disposition.» What bothers Me Ayela about this statement is that in 2012, Blanche Laurens was still alive. He therefore concludes that there was a «violation of testament confidentiality.»
For Isabelle, returning to Ristolas is a small victory, even though the fifty-something appears worn out. Over the years of battle, she has seen her family disintegrate, lost her mother, uncle, and father, who «suffered a lot from all this,» and now finds herself very much alone. Blanche rests in the cemetery at the village entrance, and Isabelle will now be able to visit her grave more often.
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