Pourquoi est-il nécessaire d’utiliser l’abattage massif des troupeaux contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ? Selon l’expert corrézien David Quint, l’abattage massif des troupeaux est actuellement la seule solution pour lutter contre la propagation de la maladie. Pourquoi l’abattage massif des troupeaux est utilisé contre la dermatose nodulaire contagieuse ?

Les abattages récents de cheptels entiers de bovins, à cause d’un seul animal touché par la DNC, dans le Doubs et l’Ariège, ont provoqué la colère d’une partie du monde agricole. Mais selon l’expert corrézien David Quint, l’abattage massif des troupeaux est actuellement la seule solution.

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Quelles sont les alternatives à l’abattage massif des troupeaux de bovins lorsqu’un animal est contaminé par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ? La question se pose avec acuité ces derniers jours, après les abattages contestés de cheptels entiers dans le Doubs, le premier décembre, puis en Ariège, cette semaine.

La politique sanitaire chapeautée par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a suscité la colère de nombreux agriculteurs. Si le Limousin est pour l’instant épargné par la maladie, les syndicalistes de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale ont multiplié les rassemblements et les opérations coup de poing en Creuse et en Corrèze, parfois conjointement, ce qui est assez rare pour être souligné.

Les agriculteurs en colère demandent une vaccination totale des troupeaux contre la DNC et le recours à l’abattage sélectif, et non pas total, de leurs animaux quand l’un d’eux est touché.

David Quint est un vétérinaire corrézien, président du syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL).

© France Télévisions

Afin de comprendre pourquoi les mesures gouvernementales abondent vers des abattages généralisés, nous avons interrogé David Quint, vétérinaire corrézien et président du syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL).

France 3 : Pourquoi l’abattage des vaches se fait-il directement sur les exploitations ?

David Quint, vétérinaire: Dans les mesures de lutte contre la DNC, on a interdiction des mouvements pour éviter de déplacer la maladie puisqu’elle est vectorielle. Et justement, le fait d’euthanasier les animaux sur place permet de ne pas déplacer ceux qui sont vivants et qui pourraient déplacer la maladie en étant porteurs du virus.

On sait aussi que les mouches piqueuses ne piquent pas les cadavres. Quand les animaux ont été euthanasiés, on doit donc déplacer les cadavres dans des conditions particulières de sécurité. Ce qui nous permet, une fois les animaux morts, de ne prendre quasiment aucun risque de déplacer la maladie.

Plutôt que d’abattre des troupeaux entiers, pourquoi ne pas trouver une solution pour neutraliser les mouches porteuses de la maladie ?

Les méthodes de lutte contre les insectes ne sont malheureusement pas très efficaces. On sait que c’est difficile de lutter contre les mouches. On le voit bien, même chez nous, dans nos maisons l’été : on a des produits tue-mouches mais il en reste toujours quelques-unes.

C’est difficilement possible, voire impossible d’éradiquer la totalité des mouches qui pourraient être les vecteurs de la maladie. Et les produits que l’on utiliserait en termes de gestion environnementale auraient des impacts lourds.

Si on laissait les vaches malades en vie, pourraient-elles développer une immunité ?

Celles qui ne meurent pas pourraient s’immuniser et «guérir». Mais pendant toute cette phase de «guérison», elles resteraient potentiellement dangereuses pour les vaches voisines.

En effet, il est possible que la maladie vectorielle soit transmise par les mouches qui pourraient piquer des animaux en cours de guérison. Certains modèles mathématiques suggèrent qu’un abattage sélectif pourrait être envisagé, mais seulement dans le cas d’une immunité déjà présente chez les animaux vaccinés. Cependant, dans les zones concernées, l’immunité n’est pas encore suffisamment établie et ces modèles n’ont pas été validés par des données réelles. Ainsi, actuellement, il n’existe pas d’alternative à l’abattage massif des troupeaux. Les vétérinaires qui pratiquent ces euthanasies le font car c’est la méthode la plus efficace connue à ce jour. Il est important de noter que ces abattages ont touché environ 3 500 vaches sur 16 millions de têtes de bovins, loin de constituer un massacre comme certains le dénoncent. Les abattages récents de troupeaux entiers de bovins, liés à un seul animal touché par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), dans les départements du Doubs et de l’Ariège, ont suscité des réactions de colère parmi les agriculteurs. Cependant, selon l’expert vétérinaire David Quint, l’abattage massif des troupeaux est actuellement la seule solution viable.

Les agriculteurs se questionnent sur les alternatives à l’abattage massif des troupeaux de bovins en cas de contamination par la DNC. La politique sanitaire menée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a provoqué des tensions parmi la communauté agricole. Bien que le Limousin soit pour l’instant préservé de la maladie, les syndicalistes de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale ont organisé des manifestations et des actions coup de poing en Creuse et en Corrèze, parfois de concert, ce qui est assez rare pour être souligné.

Les agriculteurs en colère réclament une vaccination généralisée des troupeaux contre la DNC et préconisent un abattage sélectif, plutôt que total, des animaux touchés par la maladie.

Lorsque des animaux sont euthanasiés en raison de la maladie, il est impératif de déplacer les cadavres dans des conditions de sécurité strictes pour limiter les risques de propagation de la maladie. Cela permet de réduire considérablement les dangers liés au déplacement des animaux décédés.

La lutte contre les insectes vecteurs de la maladie, tels que les mouches, est malheureusement inefficace. Les méthodes actuelles de lutte contre les insectes sont souvent peu efficaces, car il est difficile de les éradiquer complètement. Même dans nos maisons, malgré l’utilisation de produits insecticides, il reste toujours quelques mouches. Il est donc difficile, voire impossible, d’éliminer toutes les mouches potentiellement porteuses de la maladie, et les solutions environnementales pourraient avoir des conséquences graves.

En ce qui concerne l’idée de laisser les vaches malades en vie pour qu’elles développent une immunité, il est possible que celles qui survivent s’immunisent et guérissent. Cependant, pendant cette période de guérison, elles pourraient transmettre la maladie aux autres vaches via les mouches vectrices de la maladie.

Certaines études suggèrent qu’un abattage sélectif pourrait être envisagé dans le cas d’une immunité établie, c’est-à-dire sur des animaux correctement vaccinés. Cependant, actuellement, l’immunité n’est pas suffisamment présente dans les zones concernées, et les modèles mathématiques sur lesquels ces études se basent n’ont pas été validés sur des données réelles. Par conséquent, à l’heure actuelle, il n’existe pas d’alternative viable à l’abattage.

Il est important de souligner que les vétérinaires pratiquent ces euthanasies car c’est la méthode la plus efficace connue à ce jour. Les abattages ont concerné environ 3 500 vaches sur un total de 16 millions de têtes de bovins, ce qui est loin du «massacre» dénoncé par certains. To understand why government measures are leaning towards widespread culling, we interviewed David Quint, a veterinarian from Corrèze and president of the National Union of Liberal Veterinary Practitioners (SNVEL).

France 3: Why is the culling of cows done directly on the farms?
David Quint, veterinarian: In the measures to fight against Bovine Viral Diarrhea (DNC), there is a ban on movements to prevent the spread of the disease since it is vector-borne. Euthanizing the animals on site avoids moving the live ones, which could spread the disease by carrying the virus.

We also know that biting flies do not bite dead animals. Therefore, once the animals have been euthanized, we must move the carcasses under specific safety conditions. This allows us to minimize the risk of spreading the disease once the animals are dead.

Instead of culling entire herds, why not find a solution to neutralize the disease-carrying flies?
Unfortunately, insect control methods are not very effective. It is difficult to control flies. We can see this even in our homes in the summer: we have fly-killing products, but some flies always remain.

It is difficult, if not impossible, to eradicate all the flies that could be disease vectors. And the environmental management products we would use would have significant impacts.

If we left the sick cows alive, could they develop immunity?
Those that do not die could become immune and «recover.» But during this «recovery» phase, they would still potentially be dangerous for neighboring cows. The vector-borne disease could be transmitted by flies that would bite these animals during their recovery.

So, you believe there is no alternative to culling?
Some studies, based on mathematical models, suggest that selective culling could be considered in the case of established immunity, i.e., on animals that have been properly vaccinated.

However, this is not the case today: immunity is not sufficiently established in the affected areas. Additionally, these are just mathematical models that have not been verified with real data. Therefore, there are currently no alternatives to culling.

It is important to note that the veterinarians who carry out these euthanasias do so because it is currently the method that appears to be most effective. The euthanizations have led to the death of around 3,500 cows out of 16 million cattle. This is far from the massacre some have denounced.

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