Qui est Anne Graire, l’auteure d’un livre émouvant sur la grande couturière Madame Grès, qui n’est autre que sa grand-mère ? Qui est Anne Graire, auteure d’un livre émouvant sur la grande couturière Madame Grès ? Qui est Anne Graire, l’auteure du livre touchant sur la grande couturière Madame Grès ?

C’est un voyage littéraire à la fois intime et solaire auquel Anne Graire invite le lecteur. En ouvrant les portes d’une mémoire familiale, elle rend hommage à Madame Grès, figure légendaire de la Haute Couture française, et qui n’est autre que sa grand-mère.

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C’est avec une élégance paisible, une voix empreinte de pudeur, presque poétique qu’Anne Graire déroule le fil d’une mémoire longtemps gardée en silence. Quinquagénaire, mère de cinq enfants, elle n’est pas de celles qui cherchent la lumière mais plutôt de celles qui éclairent. Pendant des années, elle a porté en elle le désir d’écrire sur sa grand-mère sans jamais oser franchir le pas : «Si j’ai décidé d’écrire sur elle, c’est parce que je lui dois beaucoup. Notre histoire conjuguée à toutes les deux est la source de ce récit», confie-t-elle avec la simplicité de ceux qui portent en eux une dette d’amour.

Portrait d’Anne Graire, petite-fille de la grande couturière Madame Grès

© Astrid di Crollalanza @Editions Flammarion

Dès mes jeunes années, j’avais envie de raconter qui était Madame Grès, ma grand-mère. Mais ça ne l’intéressait pas, elle avait d’autres préoccupations.

Anne Graire

Petite-fille de Madame Grès et auteure du livre «Madame Grès, le sphinx de la Haute Couture

Son livre Madame Grès, le sphinx de la Haute Couture, n’est pas un récit de mode mais une histoire de transmission, tissée à deux, dans l’intimité d’un lien profond entre une petite-fille et sa grand-mère maternelle Germaine Émilie Krebs, dite Madame Grès. Une proximité que le destin a poussée jusqu’à la similitude de leurs noms Graire et Grès et leur attitude : «Je suis comme ma grand-mère, j’ai l’air très sévère», fait-elle remarquer dans un éclat de rire. «Elle m’a élevée de mes 6 mois à mes 13 ans, comme une mère. Dès mes jeunes années, j’avais envie de raconter qui elle était parce que c’est exceptionnel d’avoir une figure comme ça dans sa famille. Mais ça ne l’intéressait pas, elle avait d’autres préoccupations. Je me suis mise à l’écriture bien plus tard, sous l’insistance de mes enfants».

Au fil des générations, le besoin de raconter s’est transmis pour préserver cet héritage de l’extinction.

J’ai eu cinq enfants

J’ai voulu raconter l’histoire romanesque d’une femme qui a été courageuse toute sa vie

Anne Graire

Petite-fille et auteure du livre «Madame Grès, le sphinx de la Haute Couture», publié aux Editions Flammarion

La couturière Madame Grès en 1986

© PIERRE GUILLAUD / AFP

De la fin des années 1930 jusqu’aux années 1980, Madame Grès a habillé trois générations de femmes. Ses somptueuses robes drapées inspirent Hollywood, quand elles ne sont pas étudiées par des générations de jeunes créateurs pour devenir une référence en matière de mode. La couturière entre de son vivant dans les musées, est adulée au Japon comme aux États-Unis. Un exploit qu’elle accomplissait dans le silence. Pour en arriver là, Anne Graire souligne l’existence d’épreuves et de luttes d’une grand-mère portée jusqu’au bout par une détermination exemplaire, et fidèle à ses idéaux : «Elle répétait souvent à son mari «Ne néglige pas ton travail, c’est ton meilleur ami». Elle a eu une fin assez terrible, mais ce que j’ai voulu raconter à travers mon témoignage, c’est l’histoire romanesque d’une femme qui a été courageuse toute sa vie. Elle s’est battue contre ses parents pour faire le métier qu’elle aimait, contre les Allemands sous l’occupation, contre son mari qui l’a abandonnée, contre les Américains dans ses affaires ou encore contre Bernard Tapie».

Modèle défilant lors de la présentation de la collection prêt-à-porter automne-hiver, sous le regard de la couturière française Madame Grès – 1985

© PIERRE GUILLAUD / AFP

Mais derrière le génie, l’ombre d’une tragédie familiale. Anne Graire ne cache rien de la fin douloureuse de Madame Grès, effacée dans la solitude et trahie par les siens. L’éclat d’une vie de succès s’est vu soudain terni par une fortune dilapidée et par la disparition passée sous silence : «Ma mère a dilapidé toute la fortune que ma grand-mère a obtenue en une vie de travail. C’est comme si Madame Grès avait été effacée. Elle a même dissimulé sa mort pendant un an«, confie Anne, d’une voix lucide, tentant de réparer les blessures du passé. Ses recherches l’amènent à découvrir l’origine du surnom de «Sphinx de la Haute Couture», attribué à Madame Grès après sa disparition : «J’ai découvert un jour un article remarquable signé par une journaliste américaine de Vanity Fair, en 1997. Elle lui avait donné ce nom en raison de sa discrétion. Et c’est vrai que sur les photos, elle arbore souvent un visage assez sévère. La journaliste était allée jusqu’à Tahiti, sur les traces de l’ex-mari de ma grand-mère, pour tenter de reconstituer le puzzle d’une vie dont beaucoup d’aspects nous échappaient encore». Une enquête à la mesure de l’énigme Madame Grès, insaisissable, fascinante, toujours en avance sur son temps.

De la fin des années 1930 jusqu’aux années 1980, Madame Grès a habillé trois générations de femmes. Ses somptueuses robes drapées ont inspiré Hollywood et ont été étudiées par des générations de jeunes créateurs pour devenir une référence en matière de mode. La couturière est entrée de son vivant dans les musées, a été adulée au Japon comme aux États-Unis. Un exploit qu’elle a accompli dans le silence. Pour en arriver là, Anne Graire souligne les épreuves et la lutte d’une grand-mère portée jusqu’au bout par une détermination exemplaire, fidèle à ses idéaux : «Elle répétait souvent à son mari «Ne néglige pas ton travail, c’est ton meilleur ami». Elle a eu une fin assez terrible, mais ce que j’ai voulu raconter à travers mon témoignage, c’est l’histoire romanesque d’une femme qui a été courageuse toute sa vie. Elle a combattu contre ses parents pour poursuivre sa passion, contre les Allemands pendant l’occupation, contre son mari qui l’a abandonnée, contre les Américains dans ses affaires, et même contre Bernard Tapie.».

Mais derrière le génie, se cache l’ombre d’une tragédie familiale. Anne Graire révèle la fin douloureuse de Madame Grès, effacée dans la solitude et trahie par les siens. Le succès de sa vie s’est soudain assombri par une fortune dilapidée et une disparition passée sous silence : «Ma mère a gaspillé toute la fortune que ma grand-mère avait accumulée au fil d’une vie de travail. C’est comme si Madame Grès avait été effacée. Elle a même caché sa mort pendant un an, confie Anne, avec une lucidité poignante, cherchant à panser les plaies du passé. Ses recherches l’ont menée à découvrir l’origine du surnom de «Sphinx de la Haute Couture» attribué à Madame Grès après sa disparition : «Un jour, j’ai trouvé un article remarquable écrit par une journaliste américaine de Vanity Fair en 1997. Elle lui avait donné ce surnom en raison de sa discrétion. En effet, sur les photos, elle affiche souvent un visage sévère. La journaliste était même allée jusqu’à Tahiti, sur les traces de l’ex-mari de ma grand-mère, pour essayer de reconstituer le puzzle d’une vie dont de nombreux aspects nous échappaient encore». Une enquête à la hauteur du mystère Madame Grès, insaisissable, fascinante, toujours en avance sur son temps.

Écrire ce livre a demandé à Anne Graire cinq années de patience, dont une de réécriture, pour tenter de faire revivre celle qui fut bien plus qu’une figure tutélaire pour elle ; une mère de substitution, une boussole dans la tempête. De ce récit, elle tire le plus précieux des héritages : l’audace d’être libre, la fidélité à soi-même et le courage d’avancer dans la lumière, malgré les ombres du passé.

C’est un voyage littéraire à la fois intime et solaire auquel Anne Graire invite le lecteur. En explorant les souvenirs de sa famille, elle célèbre la mémoire de Madame Grès, une figure emblématique de la Haute Couture française, qui n’est autre que sa grand-mère.

Avec grâce et une voix empreinte de pudeur, presque poétique, Anne Graire dévoile enfin les secrets d’une mémoire longtemps enfouie. À cinquante ans et mère de cinq enfants, elle préfère éclairer les autres plutôt que de chercher la lumière pour elle-même. Pendant des années, elle a gardé en elle le désir d’écrire sur sa grand-mère sans jamais oser le faire : «Si j’ai décidé d’écrire sur elle, c’est parce que je lui dois beaucoup. Notre histoire commune est la source de ce récit», confie-t-elle humblement.

Son livre, «Madame Grès, le sphinx de la Haute Couture», n’est pas un simple récit sur la mode, mais une histoire de transmission entre une petite-fille et sa grand-mère, Germaine Émilie Krebs, alias Madame Grès. Une relation profonde et intime, symbolisée par la similitude de leurs noms Graire et Grès, ainsi que par leur attitude : «Je suis comme ma grand-mère, j’ai l’air très sévère», souligne-t-elle avec humour. «Elle m’a élevée comme une mère de mes 6 mois à mes 13 ans. Dès mon enfance, j’avais envie de raconter qui elle était, car avoir une figure aussi exceptionnelle dans sa famille est rare. Mais cela ne l’intéressait pas, elle avait d’autres préoccupations. C’est finalement sous l’insistance de mes enfants que je me suis lancée dans l’écriture.» D’une génération à l’autre, le besoin de raconter semble s’être transmis pour préserver cet héritage et éviter qu’il ne disparaisse.

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