Un jardin mémoriel pour des cérémonies et des moments heureux entre amis, selon le président de Life for Paris.

Ouvert jour et nuit, le jardin se veut un espace de vie et d’accueil, au cœur de Paris. “On ne pouvait pas le placer près de tous les sites d’attentats. L’idée, c’était de le situer au centre parce que c’est tout le grand Paris qui a été touché” explique-t-il.

Arthur Dénouveaux vient aussi de publier Vivre après le Bataclan (Éditions du Cerf), écrit après le suicide de son ami Fred Dewilde, victime du Bataclan. “Sa mort m’a forcé à regarder tout ce que j’avais voulu laisser de côté. Il y a une forme d’injonction à la résilience comme si tout le monde devait s’en sortir au même rythme, une mentalité qui peut être dangereuse pour les victimes.”

Pour les dix ans, le président de Life for Paris souhaitait une commémoration différente : “Jusqu’ici, on commémorait entre nous, victimes et politiques. Les Français n’y participaient pas. Ce jardin, c’est l’occasion de passer un moment collectif qui fasse sens. Un hommage où on est capables d’être ensemble, comme aux JO.”

L’association Life for Paris sera dissoute, mais les liens d’amitié, eux, resteront intacts : “Nos objectifs sont remplis : entraide, justice, mémoire… On n’a plus besoin de la structure pour exister ensemble.

Le collectif, c’est notre amitié.”

Arthur Denouveaux, président de l’association Life for Paris

Mais le combat moral n’est pas fini : “On a beaucoup réagi sur le plan sécuritaire. Cependant, on n’a pas encore réfléchi aux causes ni complètement tiré des leçons de ces attaques : pourquoi, dix ans après, des jeunes veulent encore s’en prendre à notre démocratie ? Il est temps d’ouvrir ce débat”.

Le jardin continuera de vivre quoi qu’il arrive : “On y fera des cérémonies, mais aussi des moments heureux, entre amis. Comme au Mexique, où l’on fête les morts dans les cimetières. On le doit à ceux qui sont partis ! ”