Un patient opéré de la cataracte est décédé de manière inouïe après avoir été empoisonné au potassium, un nouvel incident mortel exposé devant la cour lors du procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier. Ce cas s’ajoute à la liste des 30 personnes soupçonnées d’avoir été empoisonnées, dont 12 sont décédées entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon. Réécriture de deux nouveaux cas mortels exposés face à la cour, mettant en avant un empoisonnement au potassium et la mort «inouïe» d’un patient opéré de la cataracte. Ces deux cas présentent des similitudes avec une opération de la colonne vertébrale effectuée par le même chirurgien, le Dr Godfrin. Dans les deux cas, les symptômes sont apparus environ une heure après l’anesthésie. Thérèse Brunisso, avocate générale, souligne lors de son intervention que le Dr Péchier avait administré la même dose de potassium à Monsieur Dos Santos, trois ans après l’avoir fait à Sandra Simard, qui a survécu. Ce dernier en est tragiquement décédé. Au cours du procès, l’avocate générale évoque une réunion de morbi-mortalité qui s’est tenue après la mort de Monsieur Dos Santos. L’absence du Dr Péchier à cette réunion soulève des interrogations sur son absence, alors qu’il était le dernier anesthésiste à avoir utilisé la salle d’opération où le patient a fait un arrêt cardiaque. Les investigations révèlent qu’une tentative de suicide de la part du Dr Péchier a eu lieu peu après le décès de Monsieur Benoît. Il disposait d’ampoules de médicaments et s’était infligé une blessure à la main en cassant l’une d’entre elles. Cette tentative suscite des questions sur l’état mental du médecin. La cour d’assises se penche ensuite sur une réunion des anesthésistes de la clinique Saint-Vincent, qui s’est tenue après la mort d’Armand Dos Santos. Cette réunion visait à discuter des nombreux événements indésirables graves survenus dans l’établissement. L’absence du Dr Péchier à cette réunion soulève des soupçons quant à son implication dans ces événements. Ainsi, les similitudes entre ces deux cas mettent en lumière les agissements du Dr Péchier et soulèvent des questions sur sa responsabilité dans ces tragédies. Deux nouveaux cas mortels ont été exposés devant la cour, mettant en lumière un «empoisonnement au potassium» et la mort «inouïe» d’un patient opéré de la cataracte. Delphine Thibierge, présidente de la cour d’assises, a demandé à Olivier Verguet de clarifier que dans le cas de Jean Benoît, c’est une ampoule de Diprivan qui a été contaminée, et non une poche. Dans le cas d’Armand Dos Santos, le policier a affirmé qu’il y avait des similitudes avec l’incident grave impliquant Sandra Simard, évoquant une pollution au potassium d’une poche de soluté. Les deux cas ont été présentés devant la cour, suscitant une grande attention de la part du public. Le décès tragique d’un patient opéré de la cataracte à la suite d’un empoisonnement au potassium, ainsi qu’un autre cas mortel similaire ont été exposés devant la cour. «Il fera une comparaison avec l’arrêt cardiaque de Mme Simard, celui qui avait lancé l’enquête, le 11 janvier 2017», explique le policier. «Et comme le Dr Serri, il nous dira qu’il ne comprenait pas comment ce patient avait pu se retrouver dans cette situation si brutale». Pour une fois, les séquestres étaient complets, avec notamment trois poches de soluté. Or dans de nombreuses situations, ses poches font défauts dans des cas suspects. Les analyses allaient révéler 100 fois la dose de potassium dans une poche. «Ici, nous avions donc le même mode opératoire que dans le cas de Mme Sandra Simard, une intoxication au potassium d’une poche de soluté», lâche le policier. «Pour nous, il n’y avait aucun doute, c’était un empoisonnement au potassium». Le policier s’épanche ensuite sur l’événement indésirable grave d’Armand Dos Santos, premier patient de la journée le 3 mars 2014. M. Dos Santos, 72 ans, était opéré au niveau du rachis par le Dr Godfrin, à la Clinique Saint-Vincent. Le Dr Serri est chargé de son anesthésie. Alors que l’intervention touche à sa fin, le rythme cardiaque du patient se trouble, il se retrouve en asystolie (absence d’activité électrique cardiaque). Une réanimation débute, puis ce patient est transféré au CHU de Besançon. «Il fait l’objet d’une prise en charge très lourde, mais la situation va se dégrader et il décédera le 8 mars 2014, après avoir passé 5 jours dans le coma» livre M.Olivier Verguet. C’est la famille de la victime qui préviendra les forces de l’ordre au début de l’affaire, en leur montrant le caractère suspect du décès d’Armand Dos Santos. Le Dr Serri, entendu, expliquera ne pas avoir d’explication. Fin de cette parenthèse, sur un cas qui n’est pas jugé lors de ce procès. Retour sur les deux événements indésirables graves étudiés aujourd’hui, ceux d’Armand Dos Santos et de Jean Benoît, en 2014. Deux nouveaux cas mortels ont été exposés face à la cour, mettant en lumière un «empoisonnement au potassium» et la mort «inouïe» d’un patient opéré de la cataracte. Ces tragédies sont survenues malgré un transfert à l’hôpital de Bron qui n’a pas pu sauver les victimes. L’un des cas concerne Armand Dos Santos, qui a subi un arrêt cardiaque le 3 mars 2014 lors d’une opération d’une tumeur rachidienne. Malheureusement, après 5 jours de coma, M. Dos Santos est décédé après son transfert au CHU de Besançon. Le Dr Sylvain Serri était l’anesthésiste en charge de ce patient. Le deuxième cas concerne Jean Benoit, un patient de 79 ans qui a été victime d’un malaise fatal le 10 juin 2014 pendant une opération de la cataracte de l’œil droit. Il était sous la responsabilité du Dr Arbez. Malheureusement, M. Benoit n’a pas survécu à cette intervention chirurgicale. Ces nouvelles tragédies s’ajoutent aux suspicions entourant le médecin anesthésiste Frédéric Péchier, accusé d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017. Son procès devant les assises au tribunal de Besançon se poursuit, et il comparait libre, n’ayant jamais été incarcéré pendant les 8 années d’instruction. Deux nouveaux cas mortels ont été exposés face à la cour, mettant en lumière un «empoisonnement au potassium» et une mort «inouïe» d’un patient opéré de la cataracte. Ces événements indésirables graves se sont produits dans ces deux établissements privés de soin, dans une proportion alarmante.

The trial of the anesthesiologist Dr. Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, including 12 fatally, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continues on Friday, October 31. Our journalist Antoine Comte is at the courthouse and will bring you the highlights of this 36th day of the trial.

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This article is regularly updated throughout the day. Feel free to refresh your page. Scroll to the bottom of the article to read the debates in chronological order.

10:46 AM: The hearing is adjourned until 11 AM. The lawyers for the civil parties and the defense will then question the investigator.

10:40 AM: Through specific questions from the attorney general, Olivier Verguet explains that Dr. Arbez had several patients that day, and she left Jean Benoît alone in the operating room for several minutes.

He repeats once again that the serious adverse event of Mr. Benoît occurred in two stages, and the last complications occurred in the recovery room, after the coronary angiography, while Frédéric Péchier was at the patient’s bedside. «So when Mr. Péchier is near the victims, their condition doesn’t improve?«

I would go even further. Many times, the patients’ condition deteriorates in the recovery room, while Dr. Péchier is near them.

Olivier Verguet,

investigation director

10:35 AM: The second head of the prosecution, attorney general Christine de Curraize, steps up. She will intervene in the case of Mr. Jean Benoît. «Ms. Arbez is the anesthesiologist with the most patients affected by suspicious SAEs. After Mr. Benoît’s cardiac arrest, is it over?«.

«Yes, she will flee the clinic, without a word to her colleagues, under quite horrifying conditions» reveals Olivier Verguet. «Some people at the clinic didn’t even know she had left«.

«And how did she describe Jean Benoît’s cardiac arrest to you?» Ms. De Curraize asks.

Christine de Curraize, avocate générale lors du procès de Frédéric Péchier à Besançon.

© Fabienne Le Moing / France Télévisions

«It’s unbelievable, it’s incomprehensible, it’s insane» lists the police officer.

«And among the other anesthesiologists, was it the same feeling?» the attorney general questions.

«Yes, they said «even in ophthalmology!» And it is important to understand that she only administered one injection of Diprivan, from a vial that she used for multiple patients,» the major responds.

10:30 AM: Thérèse Brunisso argues to convince the court that Dr. Péchier could have caused the serious adverse event of Armand Dos Santos, even if the accused was absent on the day.

«He was the last to have used the operating room in which Mr. Dos Santos had his cardiac arrest» she points out. «So he would have had the means to place a contaminated bag on the anesthesia cart, so that it would be used in the next operation. Do we agree?«

«Yes» agrees Olivier Verguet, who then goes on to discuss the similarities between the cardiac arrests of Mr. Dos Santos and Ms. Simard on January 11, 2017. Le Dr Godfrin, chirurgien, a effectué des opérations similaires sur la colonne vertébrale du patient, avec des troubles se manifestant approximativement une heure après l’anesthésie. La présidente de la cour d’assises, Delphine Thibierge, clarifie à Olivier Verguet que dans le cas de Jean Benoît, c’est une ampoule de Diprivan qui a été contaminée, et non une poche.

En ce qui concerne Armand Dos Santos, le policier affirme que par rapport à l’incident grave impliquant Sandra Simard, «ça ressemble à un copier-coller» avec la contamination au potassium d’une poche de soluté. Le policier explique : «Il fera une comparaison avec l’arrêt cardiaque de Mme Simard, celui qui avait lancé l’enquête, le 11 janvier 2017. Et comme le Dr Serri, il nous dira qu’il ne comprenait pas comment ce patient avait pu se retrouver dans cette situation si brutale«.

Olivier Verguet, directeur d’enquête, explique que «Pour une fois, les séquestres étaient complets, avec notamment trois poches de soluté. Or dans de nombreuses situations, ses poches font défauts dans des cas suspects. Les analyses allaient révéler 100 fois la dose de potassium dans une poche.»

Le policier lâche : «Ici, nous avions donc le même mode opératoire que dans le cas de Mme Sandra Simard, une intoxication au potassium d’une poche de soluté. Pour nous, il n’y avait aucun doute, c’était un empoisonnement au potassium«.

Le policier poursuit en détaillant l’événement indésirable grave d’Armand Dos Santos, survenu le 3 mars 2014, et les circonstances entourant sa mort à la suite d’une opération. Un autre transfert à l’hôpital de Bron ne donnera rien non plus, tout comme le précédent. A cette époque, de nombreux événements indésirables graves (EIG) se produisent dans ces deux établissements de soins privés, dans une proportion excessive. From September 8 to December 19, 2025, follow the ongoing debates in the courtroom live on our website, thanks to our on-site web journalists Jeanne Casez, Antoine Comte, and Sarah Rebouh.

With the collaboration of Sophie Courageot, deputy editor-in-chief, and Morgane Hecky, digital editing manager, and the reporting teams present at the hearing.

This Friday, October 31, the trial of anesthesiologist Frédéric Péchier, suspected of poisoning 30 people, including 12 fatally, between 2008 and 2017 in two private clinics in Besançon (Doubs), continues. Our journalist Antoine Comte is at the courthouse bringing you the highlights of the 36th day of the trial.

This article is regularly updated throughout the day. Feel free to refresh your page. Scroll to the bottom of the article to read the debates chronologically.

– 10:46 AM: The hearing is adjourned until 11 AM. The lawyers of the plaintiffs and the defense will then question the investigator.

– 10:40 AM: Through precise questions from the prosecutor, Olivier Verguet explains that Dr. Arbez had several patients that day and left Jean Benoît alone in the operating room for several minutes.

– 10:35 AM: The second prosecutor, Christine de Curraize, takes the floor. She will intervene in the case of Mr. Jean Benoît. Olivier Verguet describes Ms. Arbez’s reaction to Jean Benoît’s cardiac arrest as appalling.

The article continues with updates from the courtroom proceedings. Le major répond que le Dr Péchier n’avait fait qu’une seule injection de Diprivan à partir d’une ampoule utilisée pour plusieurs patients. Thérèse Brunisso insiste pour convaincre la cour que le Dr Péchier pourrait être responsable de l’événement indésirable grave d’Armand Dos Santos, même s’il était absent le jour même. Elle souligne que le Dr Péchier aurait pu manipuler une poche contaminée pour provoquer l’incident. Le ministère public met en évidence des similitudes entre les arrêts cardiaques de Dos Santos et Simard. Thérèse Brunisso interroge sur l’absence du Dr Péchier lors d’une réunion critique et suggère qu’il aurait pu fomenter un nouvel incident pour échapper à sa responsabilité. L’enquêteur mentionne une tentative de suicide du Dr Péchier après la mort de M. Benoît. La cour examine une réunion sur les événements indésirables graves à laquelle le Dr Péchier n’a pas assisté. Delphine Thibierge demande des explications sur le rôle du Dr Péchier dans ces incidents, soulignant son absence dans un cas et son intervention controversée dans l’autre. La présidente de la cour d’assises, Delphine Thibierge, demande à Olivier Verguet de préciser que dans le cas de Jean Benoît, c’est une ampoule de Diprivan qui a été polluée, et non une poche.

Concernant l’affaire d’Armand Dos Santos, le policier affirme qu’il y a des similitudes avec l’incident grave de Sandra Simard, où une poche de soluté a été contaminée par du potassium.

À 10h, le major Verguet souligne qu’après le décès de Jean Benoît, le Dr Péchier a eu une «pseudo-tentative de suicide» et a été retrouvé avec du sufentanil et du matériel médical dans sa voiture.

Lorsque le policier évoque les problèmes familiaux du Dr Péchier, ce dernier le fixe du regard.

À 9h55, les enquêteurs constatent des séquestres incomplets dans l’affaire de Jean Benoît. Une expertise révèle une forte concentration de Lidocaïne dans les organes du défunt, alors qu’une faible dose avait été administrée pendant l’opération.

À 9h50, il est révélé que le Dr Péchier avait modifié le programme opératoire de Colette Arbez, quelques jours avant l’opération de Jean Benoît.

À 9h45, l’incident de Jean Benoît lors d’une opération d’ophtalmologie est décrit, avec des complications menant à son décès.

À 9h40, les experts confirment une intoxication au potassium dans l’affaire en question.

À 9h35, il est suggéré que le Dr Péchier aurait pu contaminer une poche de soluté lors de l’incident grave, bien qu’il ne soit pas physiquement présent.

Le chirurgien de la victime, le Dr Godfrin, sera également interrogé. «Le Dr Serri va faire une comparaison avec l’arrêt cardiaque de Mme Simard, celui qui avait lancé l’enquête le 11 janvier 2017» explique le policier. «Et comme le Dr Serri, il nous dira qu’il ne comprenait pas comment ce patient avait pu se retrouver dans cette situation si brutale«.

Un autre transfert à l’hôpital de Bron ne donnera pas de résultats non plus.

À 9h01, la cour d’assises, dirigée par la présidente Delphine Thibierge, fait son entrée. Derrière elle, se trouvent les assesseurs et les six jurés. L’audience reprend avec Olivier Verguet qui aborde deux nouveaux cas survenus en 2014, après avoir évoqué le cas d’une petite fille de 8 ans victime d’un événement indésirable grave inexpliqué en 2013.

À 8h57, alors que la défense et l’accusé tardent à arriver, les avocats des parties civiles discutent entre eux. Frédéric Péchier, accompagné de Me Schwerdorffer et de sa sœur Julie Péchier, arrive et consulte des documents sans prêter attention à Olivier Verguet.

À 8h55, le premier témoin du jour, le directeur d’enquête Olivier Verguet, est présent dans la salle, prêt à expliquer les investigations menées sur les cas Dos Santos et Benoît.

À 8h45, l’audience doit reprendre avec l’examen de deux nouveaux cas de décès liés à des événements indésirables graves.

Tout au long de la journée, suivez en direct le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier, accusé d’avoir empoisonné plusieurs patients entre 2008 et 2017. Son procès devant les assises à Besançon est prévu pour durer 15 semaines. A cette époque, un nombre excessif d’événements indésirables graves (EIG) se produisent dans ces deux établissements privés de soins. Ce vendredi 31 octobre se poursuit le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon (Doubs). Notre journaliste Antoine Comte est à la cour d’assises et vous fait vivre les temps forts de ce 36e jour d’audience.

➜ Cet article est régulièrement mis à jour tout au long de la journée. N’hésitez pas à rafraîchir votre page. Rendez-vous en bas de l’article pour lire les débats dans l’ordre chronologique.

10h46 : L’audience est suspendue jusqu’à 11h. Les avocats des parties civiles et de la défense poseront ensuite leur question à l’enquêteur.

10h40 : À travers les questions précises de l’avocate générale, Olivier Verguet explique que le Dr Arbez avait plusieurs patients ce jour-là, et qu’elle a laissé plusieurs minutes Jean Benoît seul dans la salle d’opération. Il répète une nouvelle fois que l’événement indésirable grave de M.Benoît s’est fait en deux temps, et que les dernières complications ont eu lieu en salle de réveil, après la coronarographie, alors que Frédéric Péchier était au chevet du patient. «Donc lorsque M.Péchier est près des victimes, leur état ne s’améliore pas ?»

J’irais même plus loin. De nombreuses fois, l’état des patients va dégénérer en salle de réveil, alors que le Dr Péchier est près d’eux. – Olivier Verguet, directeur d’enquête

10h35 : La deuxième tête de l’accusation, l’avocate générale Christine de Curraize, monte au créneau. Elle interviendra pour le cas de M.Jean Benoît. «Mme Arbez est l’anesthésiste qui a le plus de patients touchés par des EIG suspects. Après l’arrêt cardiaque de M.Benoît, c’est terminé ?».

«Oui, elle va fuir la clinique, sans un mot pour ses collègues, dans des conditions assez effroyables» lâche Olivier Verguet. «Certaines personnes de la clinique ne savaient même pas qu’elle était partie».

«Et comment elle vous décrira l’arrêt cardiaque de Jean Benoît ?» relance Mme De Curraize.

C’est inouï, c’est incompréhensible, c’est démentiel énumère le policier.

«Et chez les autres anesthésistes, c’était le même sentiment ?» s’interroge l’avocate générale.

«Oui, ils disaient «même en ophtalmo !» Et il faut bien comprendre qu’elle n’avait fait qu’une injection de Diprivan, à partir d’une ampoule qu’elle a utilisé pour plusieurs patients» lui répond le major.

10h30 : Thérèse Brunisso pousse pour convaincre la cour que le Dr Péchier a pu provoquer l’événement indésirable grave d’Armand Dos Santos, même si l’accusé était absent le jour même.

«Il était le dernier à avoir utilisé la salle d’opération dans laquelle M.Dos Santos fera son arrêt cardiaque» rappelle-t-elle. Il aurait donc été possible pour lui de placer une poche polluée sur le chariot d’anesthésie pour qu’elle soit utilisée lors de l’opération suivante. Êtes-vous d’accord ?»

«Oui,» approuve Olivier Verguet, revenant ensuite sur les similitudes entre les arrêts cardiaques de M. Dos Santos et de Mme Simard le 11 janvier 2017. Il note «le même chirurgien» (le Dr Godfrin), des opérations de la colonne vertébrale similaires, et une temporalité semblable (les troubles des patients ayant commencé environ 1 heure après l’anesthésie).

«J’ai l’impression que Monsieur Péchier ne comprend pas comment Sandra Simard a pu s’en sortir, puisqu’il a mis la même dose de potassium trois ans plus tôt à Monsieur Dos Santos… Et lui en est mort,» déclare Thérèse Brunisso, avocate générale.

À 10h20, c’est au tour du ministère public de prendre la parole. Thérèse Brunisso, avocate générale, souligne la concomitance entre la réunion de morbi-mortalité et l’incident avec M. Dos Santos. Elle interroge sur l’absence de M. Péchier à cette réunion.

En sachant le rôle qu’il avait joué dans de nombreuses réanimations, le policier approuve qu’il aurait pu être présent à cette réunion.

Pour l’enquêteur, l’incident grave avec M. Dos Santos pourrait être un nouvel «EIG alibi» mis en place par Frédéric Péchier, pour écarter sa responsabilité en polluant une poche en amont de l’événement.

À 10h17, la présidente de la cour interroge sur la tentative de suicide de M. Péchier après la mort de M. Benoît, où il disposait d’ampoules de médicaments et un cathéter.

À 10h15, on se penche sur une réunion de morbi-mortalité qui a suivi la mort de M. Dos Santos en 2014. Frédéric Péchier était absent à cette réunion.

À 10h10, des explications sont demandées sur le rôle du Dr Péchier dans les événements graves étudiés. Il était absent lors de l’incident avec M. Dos Santos mais était le dernier à utiliser la salle d’opération. Dans le cas de M. Benoît, il était présent et a administré une injection au patient.

À 10h05, la déposition se termine. Delphine Thibierge, présidente de la cour d’assises, clarifie à Olivier Verguet que dans le cas de Jean Benoît, c’est une ampoule de Diprivan qui a été contaminée, et non une poche.

Dans le cas d’Armand Dos Santos, le policier affirme que par rapport à l’événement grave impliquant Sandra Simard, «ça ressemble à un copier-coller» avec la contamination au potassium d’une poche de soluté.

À 10 heures, le major Verguet souligne devant la cour qu’après le décès de Jean Benoît le 15 juin 2014, le Dr Péchier a tenté de se suicider après une dispute avec son épouse. Il a quitté la clinique avec du sufentanil, des seringues et un cathéter, et a été retrouvé dans sa voiture dans un bois par les secours grâce à la géolocalisation de son téléphone. Il a été ramené chez lui par le SAMU, ce qui a surpris les enquêteurs, et le lendemain matin, il a anesthésié de nouveaux patients.

Olivier Verguet estime que le Dr Péchier traversait une période difficile sur le plan familial et psychologique à ce moment-là. Son épouse a admis lors de son audition que le divorce avait été évoqué.

À 9h55, les enquêteurs constatent des séquestres incomplets dans le cas de Jean Benoît. Une expertise toxicologique des ampoules utilisées pendant l’opération ne révèle pas d’anomalie, mais l’autopsie révèle une forte présence de Lidocaïne dans les organes de la victime, alors qu’une faible dose avait été administrée pendant l’opération.

Olivier Verguet rapporte que la mort de Jean Benoît a été le dernier événement grave sur un patient de Colette Arbez, qui est partie sans un mot pour ses collègues, moralement affectée. Il mentionne également que le Dr Péchier est intervenu lors de sept arrêts cardiaques suspects sur la fin de l’exercice de Colette Arbez.

À 9h50, il est révélé que le Dr Péchier avait appelé le Dr Arbez pour modifier le programme opératoire quelques jours avant la mort de Jean Benoît, ce qui a conduit à ce qu’elle opère le patient. Il est également noté que Colette Arbez avait déclaré ne pas vouloir prendre sa retraite immédiatement, ce qui a déplu à l’accusé.

À 9h45, l’événement indésirable grave de Jean Benoît est abordé. Après une opération en ophtalmologie à la Clinique Saint-Vincent, le patient se plaint de douleurs thoraciques et fait un malaise suite à une injection de Diprivan. Malgré les efforts pour le réanimer, il décède quelques heures plus tard.

À 9h40, les experts confirment une intoxication au potassium dans ce cas. Le Dr Péchier, bien qu’absent lors de l’événement, était le dernier à avoir utilisé le même bloc opératoire précédemment, ce qui pourrait indiquer une contamination de la poche de soluté par lui.

À 9h35, le chirurgien de la victime, le Dr Godfrin, sera également interrogé. Le policier explique : «Il y aura une comparaison avec l’arrêt cardiaque de Mme Simard, celui qui avait lancé l’enquête le 11 janvier 2017. Et comme le Dr Serri, il nous dira qu’il ne comprenait pas comment ce patient avait pu se retrouver dans cette situation si brutale.»

Olivier Verguet, directeur d’enquête, souligne que les séquestres étaient complets pour une fois, avec notamment trois poches de soluté. Cependant, les analyses révéleront une dose de potassium 100 fois supérieure dans l’une des poches, similaire à ce qui s’était passé dans le cas de Mme Sandra Simard, où une intoxication au potassium provenant d’une poche de soluté avait été identifiée. Pour les enquêteurs, il n’y avait aucun doute, il s’agissait d’un empoisonnement au potassium.

Concernant l’événement indésirable grave d’Armand Dos Santos, le premier patient de la journée le 3 mars 2014, le policier raconte qu’après une opération au niveau du rachis par le Dr Godfrin à la Clinique Saint-Vincent, le patient a connu des complications cardiaques et est décédé le 8 mars 2014. La famille de la victime a alerté les autorités sur la nature suspecte de sa mort, mais le Dr Serri, en charge de l’anesthésie, n’a pas pu fournir d’explication.

Ensuite, Olivier Verguet évoque un autre cas non jugé lors du procès, celui de Jean Benoît en 2014, et revient sur les circonstances entourant les décès suspects de ces deux patients. Il décrit également les tensions parmi les anesthésistes de la clinique Saint-Vincent, notamment liées à la répartition des actes opératoires. Un autre transfert, cette fois-ci à l’hôpital de Bron, ne donnera pas de résultats non plus.

A 9h01, la cour d’assises, dirigée par la présidente Delphine Thibierge, fait son entrée. Derrière elle, les assesseurs et les six jurés. L’audience reprend. «Nous abordons aujourd’hui deux nouveaux cas survenus en 2014» commence Olivier Verguet. «Mais j’aimerais d’abord revenir sur le dossier de cette petite fille de 8 ans, victime d’un événement indésirable grave inexpliqué à la même période, le 10 avril 2013, entre l’événement de Mme Croissant et Mme Baugey.»

Un arrêt cardiaque survenu pendant une opération chez un enfant est extrêmement rare. Cette jeune fille devait subir une opération des amygdales. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’elle fasse un arrêt cardiaque en salle de réveil.

A 8h57, alors que la défense et l’accusé se font attendre, les avocats des parties civiles discutent entre eux. Frédéric Péchier, accompagné de ses avocats, arrive et s’assoit sans un regard pour Olivier Verguet.

A 8h55, la salle est remplie de public, mais l’accusé et son avocat ne sont pas encore arrivés. Le directeur d’enquête, Olivier Verguet, intervient une nouvelle fois au cours du procès.

A 8h45, l’audience reprendra à 9h avec l’examen de deux nouveaux cas de patients décédés. Armand Dos Santos et Jean Benoit ont tous deux été victimes d’événements indésirables graves lors de leurs opérations.

Le procès du médecin anesthésiste Frédéric Péchier se poursuit, avec des soupçons de 30 empoisonnements, dont 12 mortels, entre 2008 et 2017.

La veille, l’interrogatoire de l’accusé sur les cas Gaugey et Croissant a été marqué par des contradictions. Le ministère public et les parties civiles ont mis en avant ces contradictions.

Frédéric Péchier est soupçonné par la justice d’avoir empoisonné plusieurs patients pendant son travail à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté. A cette époque, de nombreux EIG, abréviation d'»événements indésirables graves», se produisent dans ces deux établissements privés de soins, dans une proportion excessive.

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