Une sénatrice souhaite interdire la vente de ce produit hors du commun.

Ce jeudi 26 février, le Sénat examine une proposition de loi pour mettre fin à la vente libre du protoxyde d’azote, un «gaz hilarant». Portée par la sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme Marion Canalès, elle vise à réserver ce produit aux seuls professionnels.



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Gaz hilarant, proto, N2O… Le protoxyde d’azote est partout. Dans les rues, sur les réseaux sociaux, sur les banquettes arrière des voitures. Et de plus en plus souvent, au cœur de graves accidents de la route. Face à ce constat, la sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme Marion Canalès porte une proposition de loi examinée ce jeudi 26 février au Sénat, avec un objectif clair : mettre fin à la vente libre de ce gaz aux particuliers et n’en autoriser l’achat qu’aux professionnels qui en font un usage industriel, médical ou gastronomique.

À l’origine, le «proto» n’a pourtant rien d’une drogue. C’est le gaz utilisé pour les siphons à chantilly ou encore comme anesthésique en médecine, ou dans certains procédés industriels. Mais inhalé via des ballons gonflés à partir de cartouches ou de bonbonnes, il procure une euphorie brève. Elle peut aussi provoquer perte de connaissance, asphyxie ou brûlures à froid. En cas de consommation répétée, les conséquences neurologiques peuvent être sévères et irréversibles.

Et les conséquences de ce détournement massif vont parfois plus loin. Selon les chiffres de la sénatrice, les accidents de la route impliquant le protoxyde d’azote ont été multipliés par 40 en cinq ans. Et la moitié des jeunes de moins de 35 ans ayant consommé du «proto» déclarent l’avoir fait au volant. Quant aux consommateurs réguliers, 90 % développeraient une dépendance et 80 % des consommateurs quotidiens présenteraient des troubles neurologiques. Selon Santé Publique France, 14 % des 18-24 ans avaient déjà expérimenté ce gaz en 2022, et plus de 3 % en avaient consommé au cours de l’année écoulée.

Les politiques se sont pourtant déjà emparés du sujet. En 2021, la loi Létard a interdit la vente de protoxyde d’azote aux mineurs et en a prohibé la commercialisation dans les bars et les débits de tabac. En juillet 2023, un arrêté a plafonné les volumes vendus pour limiter les achats en grande quantité. Mais Marion Canalès juge ces dispositifs dépassés : «Le cadre législatif qui existe concerne uniquement les mineurs, alors que les consommateurs ont en moyenne 22 ans«, souligne-t-elle.

Sa proposition de loi entend donc franchir une étape supplémentaire en élargissant l’interdiction à l’ensemble des particuliers, sur le modèle de ce qui a été fait en 2011 avec le GBL, précurseur du GHB, la «drogue du violeur». Sa vente est depuis réservée aux professionnels justifiant d’un usage industriel. Et plusieurs pays européens, dont le Danemark et les Pays-Bas, avaient suivi et adopté ce type de restriction.

Ce qui préoccupe aussi la sénatrice, c’est l’offensive commerciale qu’elle observe autour du produit. «On voit apparaître du protoxyde d’azote à la vanille, au goût coco. Ça n’a aucun sens dans l’usage initial du protoxyde d’azote», dit-elle. Elle pointe du doigt une stratégie «délibérée» pour séduire de nouveaux consommateurs et installer une dépendance. “Les bonbonnes, autrefois de 80 grammes, atteignent désormais 2 kilos”, alerte la sénatrice.

Réserver la vente aux professionnels permettrait, selon elle, non seulement de tarir l’accès au produit, mais aussi d’envoyer un signal clair : «Ce n’est pas un produit banal. Ce n’est pas un usage banal«. Le texte prévoit également un volet prévention, notamment axé sur les risques en matière de sécurité routière. D’autant plus que la consommation au volant est devenue une circonstance aggravante depuis juillet dernier dans les affaires d’homicide involontaire.

Cette proposition de loi sera transpartisane et la troisième initiative sénatoriale sur le protoxyde d’azote. «Je ne suis pas la première parlementaire à me saisir de ce sujet«, reconnaît Marion Canalès.

Mais l’avenir de ce texte pourrait se jouer ailleurs qu’au Sénat. Le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’un chapitre consacré au protoxyde d’azote et aux produits de consommation courante détournés de leur usage serait intégré au prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien. Une perspective qui satisfait partiellement la sénatrice, même si elle insiste : «la loi n’est jamais une baguette magique”.

Une proposition de loi est actuellement examinée par le Sénat pour mettre un terme à la vente libre du protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de «gaz hilarant». Cette initiative est portée par la sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme, Marion Canalès, dans le but de limiter l’accès à ce produit aux seuls professionnels. En raison d’une utilisation détournée, on observe une augmentation alarmante des accidents et des dépendances.

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