Méditerranée, Il déserte, De pierre et d’os… trois histoires fortes autour de l’océan et de la survie, à lire chez soi ou au bord de l’eau. Car comme le conseille l’ACBD, l’Association des Critiques et Journalistes de Bande Dessinée, depuis plusieurs années : « C’est l’été : lisez des BD ! »
Méditerranée – Histoires d’un continent kaléidoscope par Aurel (éditions Futuropolis)
«On l’a tour à tour appelée « La Mer », « La Grande Mer »… puis « notre mer ». Elle fut « la mer des Romains » pour les Arabes, « la mer blanche » pour les Turcs, puis finalement au VIIe siècle la « Méditerranée ».» raconte le dessinateur Aurel dès les premières planches de ce roman graphique. Cette mer est donc plurielle, à la fois berceau de civilisations et théâtre de drames contemporains. À travers le parcours d’un réfugié et un voyage culturel de Sète à Valence, en passant par Malte et Marseille, l’auteur se met lui-même en scène, évoquant ses racines familiales, comme ses vacances familiales à La Grande-Motte. Il explore aussi les multiples visages de la Mare Nostrum, entre histoire, mémoire et contrastes.
L’idée de cette BD lui est venue grâce à une question personnelle : qu’est-ce qu’être méditerranéen ? «On a beau avoir une langue commune, des règles de droit commun en France, il y a certaines régions où je me sens moins spontanément à l’aise que sur les rives de la Méditerranée dans d’autres pays«, explique Aurel sur les ondes d’ICI Hérault.
De pierre et d’os par Jean-Paul Krassinsky (éditions Dupuis)
Séparée de sa famille par une tempête de neige et une brèche dans la banquise, Uqsuralik, une jeune femme inuite, entame un périple solitaire à travers les terres glacées pour survivre. Au fil de son voyage, elle devient femme, mère, chasseuse et chamane, affrontant les épreuves imposées par l’Arctique et les hommes. Elle finira par découvrir sa véritable nature.
À l’origine, un roman à la fois poétique et ethnographique de Bérengère Cournut. Lors de sa résidence au sein des bibliothèques du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, l’autrice s’est immergée dans les collections pour documenter les traditions du Groenland oriental et du Grand Nord canadien.
L’adaptation en bande dessinée du roman De pierre et d’os, c’est plus de 200 pages d’aquarelles, une prouesse graphique. Le dessinateur Jean-Paul Krassinsky adore cette technique. Ce roman graphique mêle récit initiatique, conte féministe et aventures, sublimé par des dessins qui rendent hommage à la culture inuite. Il a confié lors d’un entretien avec Télérama : «Aujourd’hui encore je vais souvent me poser dans la rue avec mon tabouret et mon chevalet pour peindre le ciel et la lumière. J’ai ainsi trouvé beaucoup d’idées graphiques près de la gare de Lyon, que j’ai réutilisées pour les paysages du Groenland ! L’aquarelle reste sauvage, l’eau fait ce qu’elle veut, l’environnement est plus fort et on s’en arrange.«
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Il déserte – Georges ou la vie sauvage par Antoine De Caunes et Xavier Coste (éditions Dargaud)
En 1962, le journaliste célèbre de l’époque, Georges de Caunes, quitte tout à Paris, son travail comme sa famille, pour vivre, comme son héros d’enfance Robinson Crusoë, sur une île déserte. Il fait le pari fou de tenir une chronique radiophonique quotidienne. Son fils Antoine, alors âgé de 8 ans, est profondément marqué par ce départ. En 2025, devenu adulte, Antoine de Caunes revient sur cette expérience marquante en s’appuyant sur les écrits et les souvenirs de son père pour raconter cette aventure hors norme. Mis en image par Xavier Coste, le récit explore avec justesse et humour la relation père-fils. Une fuite solaire sur un confetti du pacifique, l’île d’Eiao.
Je vous arrête tout de suite, Monsieur de Caunes, on ne se naufrage pas soi-même. Ça n’a aucun sens votre histoire.
extrait de «Il déserte» – Antoine De Caunes et Xavier Coste
D’entrée de jeu, un pêcheur polynésien, chargé de veiller sur lui et de le déposer sur cet îlot de l’archipel des Marquises, lui explique : «Georges, pour une fois, et c’est rare, un blanc vient ici pour autre chose qu’une chasse au trésor perdue d’avance… Alors vous m’êtes sympathique. Mais c’est toujours pareil avec vous.«
You come from the metropolis with your certainties, your nonchalance…» Prophetic because this adventure was also «a ordeal» according to the apprentice Robinson who lost 16 kilos in 4 months.
Bonus: Wonderful by Cookie Kalkair (Steinkis editions)
«I have never been very close to my father. An ocean separates us. Literally – since I live in Quebec. Yet, when I learn of his stroke, I immediately jump on a plane. In the hospital, in a suspended time, I reunite with a little sister I haven’t seen in years. It’s the waiting… and the axe falls: our father will remain aphasic, he has lost the ability to speak. He has barely a few words… including «Wonderful«, as illustrator Cookie Kalkair recounts the adventure of rediscovering his father in his latest autobiographical album.
As his partner explains to him: «Still, I was thinking, your father is lucky with his accident. He could have ended up stuck in his aphasia with annoying rotten words in his daily life. Instead, now, he finds everything ‘wonderful’!» The story, intimate and luminous, follows the father’s journey from the hospital to his personal reinvention. Despite the suffering, the story is full of sweetness and moments of joy, like the colorful panels and bubbles. The author discovers a teenage half-sister, witnesses her emancipation, and rediscovers his father. The latter settles his scores with the past and chooses to age peacefully on the Mediterranean coast in Spain, free and serene.
Cookie Kalkair and his sister showed this album to their father once it was finished. In this post on Instagram, the illustrator specifies: «You understood, my father can’t really speak anymore. But there, he said: ‘Wonderful!’ and we think that was the case.» He concludes with these words: «For all families who, like us, have had to go through or are going through this kind of ordeal, we hope this will give you courage.«
Lors de sa résidence au sein des bibliothèques du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, l’autrice s’est plongée dans les collections pour documenter les traditions du Groenland oriental et du Grand Nord canadien. L’adaptation en bande dessinée du roman De pierre et d’os propose plus de 200 pages d’aquarelles, une prouesse graphique réalisée par le dessinateur Jean-Paul Krassinsky, passionné par cette technique artistique. Ce roman graphique mêle récit initiatique, conte féministe et aventures, sublimé par des dessins qui rendent hommage à la culture inuite. Dans une interview accordée à Télérama, Krassinsky a partagé : «Aujourd’hui encore je vais souvent me poser dans la rue avec mon tabouret et mon chevalet pour peindre le ciel et la lumière. J’ai ainsi trouvé beaucoup d’idées graphiques près de la gare de Lyon, que j’ai réutilisées pour les paysages du Groenland ! L’aquarelle reste sauvage, l’eau fait ce qu’elle veut, l’environnement est plus fort et on s’en arrange.»
En parallèle, le roman graphique «Il déserte – Georges ou la vie sauvage» par Antoine De Caunes et Xavier Coste (éditions Dargaud) raconte l’histoire de Georges de Caunes, un journaliste renommé qui quitte tout à Paris en 1962 pour vivre sur une île déserte, s’inspirant de son héros d’enfance Robinson Crusoë. Son fils Antoine De Caunes revisite cette expérience en 2025 à travers les écrits et souvenirs de son père, explorant avec justesse et humour la relation père-fils. Mis en images par Xavier Coste, le récit dépeint une aventure hors norme avec une fuite solaire sur l’île d’Eiao, dans l’archipel des Marquises.
En bonus, l’album «Merveilleux» par Cookie Kalkair (éditions Steinkis) relate l’histoire du dessinateur qui, vivant au Québec, se rend en urgence auprès de son père victime d’un AVC. L’album autobiographique dépeint l’attente à l’hôpital, la redécouverte de sa demi-sœur adolescente et la réinvention personnelle de son père devenu aphasique. Malgré la souffrance, l’histoire est empreinte de douceur et de moments de joie, reflétés dans les planches et les bulles colorées. Le père de Cookie Kalkair, incapable de parler à la suite de l’accident, trouve néanmoins le mot «Merveilleux» pour exprimer sa perception de la vie. Cette œuvre intime et lumineuse offre un regard sur la famille, l’épreuve et la résilience.
Ces trois récits, ancrés autour de l’océan et de la survie, offrent des perspectives riches et émouvantes à découvrir chez soi ou au bord de l’eau, en écho aux thèmes de l’aventure, de la famille et de la renaissance. Comme recommandé par l’ACBD, l’Association des Critiques et Journalistes de Bande Dessinée, depuis de nombreuses années : «C’est l’été : lisez des BD !» Vous arrivez de la métropole avec vos certitudes, votre désinvolture…» Prémonitoire car cette aventure a aussi été «un calvaire» pour l’apprenti Robinson qui a perdu 16 kilos en 4 mois.
En bonus : «Merveilleux» par Cookie Kalkair (éditions Steinkis)
« Je n’ai jamais été très proche de mon père. Un océan nous sépare. Littéralement – depuis que je vis au Québec. Pourtant, lorsque j’apprends son AVC, je saute immédiatement dans un avion. À l’hôpital, dans un temps suspendu, je retrouve une petite sœur que je n’ai pas vue depuis des années. C’est l’attente… et le couperet tombe : notre père restera aphasique, il a perdu l’usage de la parole. Il lui reste à peine quelques mots… dont «Merveilleux», ainsi raconte le dessinateur Cookie Kalkair l’aventure de la redécouverte de son père dans son dernier album autobiographique.
Comme lui explique sa compagne : «N’empêche que je me disais, il a du bol quand même, ton père, avec son accident. Il aurait pu se retrouver coincé dans son aphasie avec des mots pourris trop relous au quotidien. Au lieu de ça, maintenant, il trouve tout « merveilleux » !» Le récit, intime et lumineux, suit le parcours du père depuis l’hôpital jusqu’à sa réinvention personnelle. Malgré la souffrance, l’histoire est pleine de douceur et de moment de joie à l’image des planches et des bulles pleines de couleurs. L’auteur découvre une demi-sœur adolescente, assiste à son émancipation et redécouvre son père. Ce dernier règle ses comptes avec le passé et choisit de vieillir paisiblement au bord de la Méditerranée en Espagne, libre et serein.
Cet album, Cookie Kalkair et sa sœur l’ont montré à leur père, une fois terminé. Dans ce post sur Instagram, le dessinateur précise : «Vous l’avez compris, mon père ne peu plus vraiment parler. Mais là, il a dit : « Merveilleux ! » et on pense que c’était le cas.» Il conclut alors par ces mots : «Pour toutes les familles qui, comme nous, ont eu à traverser ou ont à traverser ce genre d’épreuve, on espère que cela vous donnera du courage.»
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