On avait une confiance aveugle en notre bailleur. On aurait dû se méfier ! Trente locataires de Garges-Lès-Gonesse ont décidé d’assigner en justice leur bailleur social, Immobilière 3F. Leur demande ? Plus de transparence dans le calcul des charges locatives. Face à l’absence des documents requis, ils réclament une expertise comptable sur les charges locatives. Ils sont arrivés plein d’espoir et très stressés au tribunal de proximité de Gonesse ce lundi. Après 8 mois d’attente, Zaouah Ladjal et une dizaine de locataires qui ont pu faire le déplacement espèrent que la justice va enfin les écouter et les aider à y voir plus clair dans le brouillard de leurs loyers. Depuis deux ans, ils demandent les factures et justificatifs de leurs charges locatives jugées parfois trop élevées, mais ils estiment que leur bailleur immobilière 3F ne leur communiquent pas tous les documents escomptés. Alors en dernier ressort, ils s’en remettent à la justice pour qu’elle nomme un expert judiciaire chargé d’analyser tous ces comptes de manière impartiale. Parmi eux, Saintana Antoine, locataire de la rue des Louvres à Garges-lès-Gonesse. Un matin de juin 2024, sa banque l’appelle car elle n’a pas l’argent pour payer une demande de prélèvement de 2438,98 euros émise par son bailleur. Il s’agit d’une régularisation de consommation d’eau de 2021 pour laquelle elle n’a pas été prévenue. Désemparée, la dame de 64 ans, en situation de handicap, vivant seule, en parle à sa voisine, Zaouah Ladjal, présidente d’une association de locataires. Celle-ci contacte aussitôt le bailleur pour comprendre cette régularisation d’un montant astronomique alors que la sexagénaire vit seule. Mais aucune facture détaillée ne lui a été envoyée à ce jour pour justifier de ce montant assure la dame. Alors, sur les conseils de l’association de locataires, elle informe le bailleur qu’elle ne paiera pas tant qu’elle n’aurait pas les justificatifs de sa surconsommation. Au bout de quelques mois, le bailleur entame une procédure d’expulsion pour loyer impayé, qu’elle a finalement annulée. Un stress énorme pour la retraitée, malade et fragile. Pour éviter que d’autres sommes énormes ne soient réclamées aux locataires de la résidence, Zaouah Ladjal demande alors au bailleur la régularisation de charges 2021 et 2022 de deux résidences de rue des Louvres à Garges-lès-Gonesse. La centaine de locataires ne les recevra finalement qu’en 2025. Ce qui est vécu comme un «manque de transparence comptable» et commence à inquiéter beaucoup de locataires résume Zaouah Ladjal. Elle se transforme peu à peu en «oeil de lynx» pour lire les quittances de loyers, car elle repère les anomalies. Comme cette quittance où le prix du mètre cube de l’eau varie d’une ligne à l’autre. On avait une confiance aveugle en notre bailleur. C’était une erreur ! Trente locataires décident d’assigner leur bailleur social en justice suite à la découverte de pratiques douteuses. Afide Farès a réalisé que des prélèvements de 30 euros par mois étaient effectués sans raison apparente, et que l’APL versée par la CAF n’était pas entièrement déduite de son loyer. Zaouah Ladjal, qui a minutieusement analysé les quittances de loyer, estime que 7 locataires au moins sont victimes de cette situation. Malgré les explications d’Immobilière 3F, les locataires persistent et décident de se regrouper pour entamer des poursuites judiciaires. Malheureusement, un problème de procédure retarde le processus, mais les locataires restent déterminés à obtenir justice.

C’est une procédure très rare : trente locataires de Garges-Lès-Gonesse ont attaqué leur bailleur social Immobilière 3F en justice. Ils…

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