Né il y a 10 ans, le collectif ougandais exporte sa musique dans le monde entier. Deux groupes emblématiques du mouvement sont en concert à Paris.
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C’est le versant musical d’Africa Fashion. L’exposition du Quai Branly célèbre l’intense créativité de la mode africaine. Elle se devait de saluer aussi l’audace d’une bouillonnante scène musicale. Ce sera chose faite avec deux concerts ce week-end : HHY & The Kampala Unit samedi 11 avril et Arsenal Mikebe le dimanche 12. Deux groupes aux noms ésotériques, figures de proue d’une électro africaine expérimentale et futuriste, loin des clichés de la musique traditionnelle, sans pour autant la renier.
Deux Européens, Derek Debru et Arlen Dilsizian, sont à la manœuvre pour faire entendre des musiques locales plutôt que les tubes internationaux de dancehall ou de hip-hop diffusés dans les boîtes de Kampala. Deux groupes emblématiques du mouvement sont en concert à Paris ce week-end : «HHY & The Kampala Unit» le samedi 11 avril et «Arsenal Mikebe» le dimanche 12. Deux Européens, Derek Debru et Arlen Dilsizian, se lancent dans une manœuvre audacieuse : promouvoir des musiques locales plutôt que les tubes internationaux de dancehall ou de hip-hop qui inondent les boîtes de nuit de Kampala.
«Tous les artistes Nyege font partie de ce qu’on appelle communément l’underground», explique Derek Dubru. «Ils ne passent pas à la radio. Certains sont des stars dans leur propre communauté, mais leur musique reste hyper locale. Rien qu’en Ouganda, on a découvert une vingtaine de genres musicaux différents !» Le festival s’étend ensuite à toute l’Afrique de l’Est, puis à tout le continent, à la recherche de musiques contemporaines jouées sur des platines bricolées, dans les mariages, au coin de la rue, à l’échelle d’une ville ou d’un district.
Une décennie plus tard, Nyege Nyege compte un studio d’enregistrement et deux labels, Hakuna Kulala et Nyege Nyege Tapes. La mouvance regroupe aujourd’hui une multitude de styles et d’artistes, du cruise beats nigérian de DJ Tobzy au singeli tanzanien survolté de Jay Mitta ou DJ Travella, en passant par le balani malien de DJ Diaki. Que ce soit de la dance locale ou des projets avant-gardistes, l’objectif principal de Derek Debru est de faire entendre de la musique africaine contemporaine, et non seulement de la «world music».
Le festival Nyege Nyege s’est exporté à Aubervilliers, Bordeaux et Lagos. En 2025, plus de 400 soirées ou festivals estampillés Nyege Nyege ont fait vibrer les dancefloors du monde entier. La nébuleuse underground est en train de redéfinir les contours de la musique électro bien au-delà de l’Afrique, tout en préservant son essence, selon Florence Nanduwala, la trompettiste de Kampala Unit : «Nyege Nyege, c’est comme une grande famille. On partage tout. On partage la musique, on regarde sans arrêt ce que font les autres, on s’écoute et on échange nos idées. On se connaît depuis des années et on grandit tous ensemble.»
Le collectif Nyege Nyege, né il y a 10 ans, exporte désormais sa musique dans le monde entier, avec des artistes invités dans les grands festivals européens d’électro. Leur démarche audacieuse et leur passion pour les musiques locales ont permis de créer une communauté artistique unique et dynamique, qui continue de repousser les limites de la scène musicale africaine contemporaine. Deux groupes emblématiques du mouvement seront en concert à Paris.
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