Les accusations portées contre la Hongrie de Viktor Orban, accusée d’avoir livré des secrets à la Russie de Vladimir Poutine et «trahi» l’Union européenne, sont basées sur des échanges entre le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto et son homologue russe Sergueï Lavrov. Dans l’un de ces échanges, le ministre hongrois s’engage à fournir un document confidentiel européen à la Russie. Ces révélations ont provoqué une vive réaction, notamment de la part de la Commission européenne, qui a demandé des explications urgentes à Budapest. Pourquoi la Hongrie de Viktor Orban est accusée de livrer des secrets à la Russie de Vladimir Poutine et de «trahir» l’Union européenne[embed]https://www.youtube.com/watch?v=aPk7UhqXdtE[/embed][embed]https://www.youtube.com/watch?v=1i5PkSo3gPM[/embed]

Un consortium de médias indépendants a publié des échanges entre le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto et son homologue russe Sergueï Lavrov. Dans l’un d’eux, le Hongrois promet de fournir un document européen confidentiel.



Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d’un meeting de campagne à Budapest (Hongrie), le 7 avril 2026. (JAKUB PORZYCKI / NURPHOTO / AFP)

Les révélations sont venues secouer la campagne électorale en Hongrie. Le gouvernement sortant du Premier ministre Viktor Orban est sous le feu des critiques, depuis que plusieurs médias ont fait état de conversations téléphoniques avec le pouvoir russe au sujet de l’Union européenne (UE). Les informations ont même poussé jeudi 9 avril la Commission européenne à réclamer dans les «plus brefs délais» des explications à Budapest. On vous résume l’affaire…

Un consortium de médias indépendants a publié des échanges entre le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto et son homologue russe Sergueï Lavrov. Les journalistes décrivent une «ligne directe» fournie à Moscou et citent un ancien ministre européen qui qualifie le ministre de «taupe enthousiaste» dans l’UE. Dans l’un des échanges, en date du 20 août 2024, le Hongrois promet de soutenir des démarches visant à retirer de la liste noire européenne la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov, proche de Vladimir Poutine. «Je suis à votre service», déclare-t-il à son homologue russe.

D’autres exemples sont donnés dans cette enquête, comme une conversation en juin 2025 entre Peter Szijjarto et le vice-ministre russe de l’Energie Pavel Sorokin. Le premier affirme au second qu’il s’emploie à faire rejeter un paquet de sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers russes. Les sanctions finiront par être adoptées.

Le jour même, Peter Szijjarto assume œuvrer en faveur des intérêts russes au sein de l’UE. «On savait déjà que les services de renseignement étrangers interceptaient mes conversations téléphoniques», déclare-t-il sur Facebook. Mais aujourd’hui, «les grandes oreilles ont pu constater que je disais la même chose en privé et en public», ajoute-t-il. Il en profite pour dénoncer «un très grand scandale» et fustige «une ingérence» étrangère.

Au sein de l’UE, les réactions restent pour l’instant mesurées. Les dirigeants se tiennent éloignés de la politique intérieure hongroise, par peur que leurs commentaires soient instrumentalisés par le camp Orban. Tout juste Anitta Hipper, une porte-parole de la Commission européenne, considère-t-elle que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, «s’est entretenue» avec le ministre hongrois, «réitérant l’importance de la confidentialité des discussions à huis clos».

Le ton se durcit une semaine plus tard. Dans un second volet de son enquête, le consortium publie une conversation téléphonique de juillet 2024 au cours de laquelle Peter Szijjarto assure à Sergueï Lavrov qu’il va «immédiatement» lui transmettre un document concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, sans que l’on ne sache vraiment à quel document le ministre fait alors référence. Un haut responsable des services de renseignement occidentaux, cité par les journalistes, estime qu’il «est possible que Lavrov ait simplement cherché à tester les limites de la loyauté de Szijjarto envers la Russie».

Ces informations de presse sont «extrêmement préoccupantes», dénonce mercredi la porte-parole de la Commission européenne Paula Pinho, qui demande à Budapest «de s’expliquer dans les plus brefs délais». Le lendemain, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, fustige sur France Inter une «trahison» de la Hongrie envers «l’exigence de solidarité qui s’impose entre les pays de l’Union européenne». A Bruxelles, plusieurs députés européens demandent à la Commission d’enquêter sur d’éventuelles manipulations russes, lors des élections hongroises, rapporte le Guardian. Le groupe d’élus souhaite une évolution «avant et immédiatement après» le scrutin. Pour l’instant, l’exécutif européen n’a pas donné suite.

Avant d’agir, les Vingt-Six préfèrent attendre le résultat des élections législatives. Une victoire de Viktor Orban, qui rempilerait pour un cinquième mandat, pourrait relancer des débats, après des années de blocages dus à la Hongrie. Certains diplomates évoquent le recours à l’article 7 du traité de l’UE, qui prévoit une suspension des droits de vote au sein de l’Union en cas d’atteinte à l’Etat de droit. Cette procédure a certes déjà été ouverte contre Budapest mais jamais finalisée, tant elle est inédite. L’exclusion de la Hongrie, non prévue par les traités, n’est pas encore sur la table.

Dans l’un des échanges, le Hongrois s’engage à fournir un document confidentiel de l’Union européenne. Dans un échange daté du 20 août 2024, le ministre hongrois Peter Szijjarto a promis de soutenir des démarches visant à retirer de la liste noire européenne la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov, proche de Vladimir Poutine. Il a déclaré à son homologue russe qu’il était à son service.

L’enquête a également révélé une conversation en juin 2025 entre Peter Szijjarto et le vice-ministre russe de l’Energie Pavel Sorokin. Szijjarto a affirmé à Sorokin qu’il travaillait pour faire rejeter des sanctions visant la flotte de pétroliers russes, mais ces sanctions ont finalement été adoptées.

Dans une déclaration sur Facebook, Szijjarto a reconnu qu’il agissait en faveur des intérêts russes au sein de l’UE. Il a dénoncé une ingérence étrangère et a souligné que ses conversations étaient identiques en privé et en public, ce qui a été intercepté par les services de renseignement étrangers.

Les réactions au sein de l’UE restent mesurées, avec Anitta Hipper de la Commission européenne rappelant l’importance de la confidentialité des discussions à huis clos. Cependant, une semaine plus tard, de nouvelles révélations ont suscité des préoccupations, notamment une conversation téléphonique de juillet 2024 où Szijjarto a promis de transmettre immédiatement un document à Sergueï Lavrov concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

Ces informations ont été qualifiées d’extrêmement préoccupantes par la porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, qui a demandé des explications à Budapest. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé une trahison de la Hongrie envers la solidarité entre les pays de l’UE. Certains députés européens demandent une enquête sur d’éventuelles manipulations russes lors des élections hongroises.

Les Vingt-Six préfèrent attendre les résultats des élections législatives avant d’agir, mais une victoire de Viktor Orban pourrait relancer les débats sur l’application de l’article 7 du traité de l’UE, qui prévoit la suspension des droits de vote en cas d’atteinte à l’Etat de droit. L’exclusion de la Hongrie n’est pas encore envisagée. L’un des scandales révélés lors de la campagne électorale en Hongrie concerne une promesse du Hongrois de fournir un document européen confidentiel. Dans un échange daté du 20 août 2024, le Hongrois s’engage à soutenir les efforts visant à retirer de la liste noire européenne la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov, un proche de Vladimir Poutine. Il déclare à son homologue russe : «Je suis à votre service».

D’autres exemples sont mentionnés dans cette enquête, comme une conversation en juin 2025 entre Peter Szijjarto et le vice-ministre russe de l’Energie Pavel Sorokin. Szijjarto affirme à Sorokin qu’il travaille pour faire rejeter des sanctions contre la flotte de pétroliers russes, bien que ces sanctions finissent par être adoptées.

Dans un second volet de l’enquête, un consortium révèle une conversation téléphonique de juillet 2024 où Szijjarto assure à Sergueï Lavrov qu’il lui transmettra immédiatement un document concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, sans préciser de quel document il s’agit.

Ces révélations suscitent des réactions vives au sein de l’UE, avec des appels à l’explication de la part de la Commission européenne et des accusations de trahison de la part de certains pays membres. Certains députés européens demandent même une enquête sur d’éventuelles manipulations russes lors des élections hongroises.

Les Vingt-Six préfèrent attendre les résultats des élections législatives en Hongrie avant d’agir, mais une victoire de Viktor Orban pourrait relancer les débats sur une éventuelle suspension des droits de vote de la Hongrie au sein de l’Union européenne.

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