Un père est actuellement jugé pour le meurtre de ses trois filles à Alfortville en 2023, avec son avocate décrivant l’affaire comme un exemple de violences vicariantes. Le père a avoué avoir commis le meurtre de ses filles âgées de 11, 10 et 4 ans, affirmant avoir été poussé à bout par son épouse. Le procès s’est ouvert mercredi et se poursuivra jusqu’à vendredi, avec une peine potentielle de réclusion criminelle à perpétuité. Les avocats des victimes dénoncent le geste comme une tentative d’atteindre l’épouse, soulignant les conséquences dévastatrices pour elle. Le terme «violences vicariantes» est utilisé pour décrire cette forme particulière d’agression exercée à travers un tiers, souvent l’enfant, dans le but de faire souffrir l’autre parent. Ce type de violence est souvent utilisé pour maintenir le contrôle et punir la victime, même après la séparation. Un père est jugé jusqu’à vendredi pour le meurtre de ses trois filles, à Alfortville, en 2023. L’homme a reconnu les faits, tout en affirmant que son épouse l’avait «poussé à bout». «Un exemple paroxystique de violences vicariantes», selon l’avocate Isabelle Stayer.
Il est 14h10, le 26 novembre 2023, lorsque Youness E. se présente au commissariat de Dieppe (Seine-Maritime) et confesse l’assassinat de ses trois filles, à 200 kilomètres de là, dans son appartement d’Alfortville (Seine-et-Marne). Les policiers se rendent immédiatement sur place et découvrent l’horreur : les corps de trois fillettes, âgées de 11, 10 et 4 ans. La veille, Youness E., en instance de divorce, les a emmenées au McDonald’s. Son épouse avait donné son accord pour qu’il passe du temps avec elles ce week-end-là. En rentrant, il a versé des somnifères dans leurs boissons, puis a étouffé la plus jeune avec un coussin et tué les aînées de plusieurs coups de couteau dans la cage thoracique.
Aux policiers, il précise que sa femme «l’a poussé à bout». L’homme confiera par la suite à l’expert psychiatre avoir «la haine» contre elle. Notamment parce que Samira O., son ex-épouse, lui avait annoncé avoir rencontré un autre homme, quelques jours avant les faits. Le procès de Youness E., pour lequel aucune abolition ou altération du discernement n’a été retenue, s’est ouvert mercredi 8 avril, jusqu’à vendredi 10 avril, devant la cour d’assises du Val-de-Marne, à Créteil. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
«En tuant ses filles, il a voulu atteindre son épouse», dénonce auprès de franceinfo Patricia Cohn, avocate de Samira O., décrivant «une femme détruite de l’intérieur». Selon Isabelle Steyer de l’association La Voix de l’enfant, l’accusé âgé de 43 ans a entraîné sa femme dans une culpabilité profonde en ôtant la vie à leurs filles. Ce triple infanticide est considéré comme un exemple extrême de violences vicariantes, où un partenaire utilise l’enfant pour faire souffrir l’autre parent.
Les statistiques sur les infanticides commis dans ce contexte en France sont floues, mais des rapports récents soulignent l’ampleur du problème. Ces meurtres d’enfants s’inscrivent dans un continuum de maltraitances au sein de violences conjugales existantes, où le contrôle coercitif est souvent utilisé pour maintenir l’emprise sur la victime, même après la séparation.
Des mesures législatives récentes visent à retirer l’autorité parentale aux conjoints violents, mais il reste des défis à relever pour protéger les victimes de violences vicariantes. Hauteclair Dessertine, secrétaire adjointe de l’Union nationale des familles de féminicides (UNFF), estime que la justice française accuse un lourd retard en matière de violences vicariantes. Elle regrette que les magistrats ne soient pas suffisamment formés et souligne que la justice travaille encore trop en silo, avec un manque de communication entre les aspects pénal et civil.
Dans le rapport A vif, rédigé par Gwenola Joly-Coz, première présidente de la Cour d’appel de Papeete, et Eric Corbaux, procureur général de la cour d’appel de Bordeaux, il est recommandé d’avoir moins de scrupules concernant le retrait de l’autorité parentale au père violent. Selon eux, les droits de visite, la garde alternée et l’autorité parentale conjointe ne favorisent pas la création de liens authentiques entre le père violent et l’enfant. Au contraire, ces situations peuvent être propices à la perpétuation des violences et à la réitération des comportements agressifs.
Hauteclair Dessertine souligne que la marge de progression en matière de violences vicariantes est immense en France. Elle salue toutefois l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à pénaliser le contrôle coercitif. Pour elle, la France pourrait s’inspirer du modèle espagnol, qui dispose de pôles dédiés aux violences faites aux femmes, dotés d’une vision globale de la situation. En effet, le gouvernement espagnol a récemment approuvé un avant-projet de loi contre les violences vicariantes, qui prévoit d’inscrire ces violences «par procuration» dans le Code pénal en tant que délit à part entière, avec une circonstance aggravante de genre et des peines allant jusqu’à trois ans de prison.
En conclusion, Hauteclair Dessertine appelle à une meilleure prise en charge des violences vicariantes en France, en mettant en place des mesures plus efficaces pour protéger les victimes et prévenir de nouveaux drames familiaux. Elle évoque, pour les infanticides les plus extrêmes, un «féminicide par procuration» avec une forme de mise à mort psychologique de la mère, mettant en avant l’intention avérée du conjoint ou ex-conjoint violent de lui nuire.
Ces actes de meurtre sur enfants s’inscrivent dans un continuum de maltraitances au sein de violences conjugales déjà présentes, selon Pierre-Guillaume Prigent, sociologue et auteur d’une thèse sur «les stratégies des pères violents en contexte de séparation parentale». Avant de tuer ses trois filles, Youness E. avait terrorisé sa femme pendant des années, écopant d’une condamnation en 2021. Le couple s’était séparé mais Youness E. refusait la situation, allant jusqu’à la harceler. Cette situation relève du contrôle coercitif, une forme de violence au sein du couple.
Andreea Gruev-Vintila, maîtresse de conférences en psychologie sociale, souligne que l’utilisation des enfants pour maintenir le contrôle sur la mère est une pratique courante dans ces situations. Les violences morales visent à isoler la mère de ses enfants.
Après la séparation, le conjoint violent cherche à maintenir son emprise en utilisant les enfants. Il peut être aimable en public mais violent en privé. Le partage de l’autorité parentale est un terrain propice à ces violences.
Des associations féministes appellent à retirer l’autorité parentale au conjoint violent, une mesure prévue par la loi de 2024. Malgré des progrès législatifs, la justice peine à réagir en cas de violences psychologiques.
Des avancées législatives sont nécessaires pour lutter contre les violences vicariantes. La France pourrait s’inspirer de l’Espagne, qui a adopté des mesures spécifiques contre ces violences. Could you please rewrite this sentence?
SOURCE














Deja una respuesta