Ce lundi 9 mars, le gazole atteint environ deux euros le litre dans les stations-service en France. Les prix du carburant augmentent, conséquence directe de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Des inquiétudes émergent, notamment dans la logistique ou la boulangerie. Les coûts de transport vont-ils rendre votre baguette de pain plus chère ? Ce secteur se montre prudent.
«Le contrôle des marges est possible, mais je tiens quand même à rappeler que le carburant bénéficie d’une liberté des prix au même titre que la baguette de pain«, a affirmé sur RMC ce lundi 9 mars Francis Pousse, président de Mobilians, ce groupement de près de 5 800 stations-service hors grandes surfaces.
Il réagissait à l’annonce de vérification du prix des carburants dans les stations-service, faite par le ministre de l’Économie Roland Lescure. Le coût à la pompe de l’essence et le gazole augmentent de 10 à 20 centimes en moyenne, avec le blocage du détroit d’Ormuz, près de l’Iran. Ce pays qui compte parmi les gros producteurs de pétrole est engagé dans un conflit avec les États-Unis et Israël, depuis le 28 février dernier.
Une guerre avec de possibles conséquences collatérales, au point de faire bouger le prix de votre baguette de pain ? Pas vraiment, à en croire le syndicat des boulangers du Grand Paris.
C’est ce que nous assure une de ses responsables, Adeline Chazelle, ce lundi 9 mars. «Nous sommes autosuffisants, car 90 voire 100 % des céréales sont cultivées en France. Tous nos ingrédients sont produits dans le pays. Il n’y a donc pas d’incidence sur les prix de vente. Le blé vient de la Beauce, qui regroupe les territoires agricoles autour de Chartres. Les levures sont produites dans le Nord, aux environs de Marcq-en-Baroeul. Peut-être que les cours du blé, fixés au niveau international, peuvent en revanche avoir de l’importance«, estime-t-elle.
Même son de cloche ou presque du côté des représentants de meuniers d’Île-de-France au nombre de neuf dans la région. «Il faut regarder les stocks de blé dans le monde, les prévisions de récoltes, donc tous les éléments liés au structurel. Les prix du blé sont actuellement plutôt bas. Il n’y a aucune raison pour que ça augmente. On n’achète pas le blé au jour le jour, et chaque meunier a plus ou moins des couvertures de prix. Le prix est fixé à l’avance, et on est quasiment ouvert jusqu’à la prochaine récolte, jusqu’à août ou septembre«, détaille Thomas Maurey, meunier à Chars (Val-d’Oise) et représentant de l’association des meuniers d’Île-de-France.
Thomas Maurey insiste une fois encore : il s’agit de son point de vue. Les évolutions de prix seront dépendantes des prochaines semaines du conflit au Moyen-Orient. «S’il y a des ajustements cet été qui peuvent s’expliquer par cette guerre, ils peuvent être répercutés en septembre. On pourrait être sur des ajustements de l’ordre de moins de 5 centimes d’euro. La Russie est le premier producteur et exportateur de blé dans le monde. Admettons que l’Iran s’allie par exemple avec la Russie, ou mette la pression : c’est ultra volatil et cela peut faire tout changer«, complète-t-il.
Autre déterminant important : si la France est autosuffisante niveau céréales, les cours du blé restent tout de même fixés à l’international. «C’est un marché mondial comme le pétrole, comme l’or. Aujourd’hui, la Bourse de Chicago, aux États-Unis, fixe les prix du blé. Il y a aussi un cours en Europe, évidemment, mais le moteur reste tout de même à Chicago«, ajoute le représentant de meuniers dans notre région.
Peu d’inquiétudes à avoir pour l’instant pour sa baguette de pain, à en croire nos deux interlocuteurs. Du moins lorsqu’il s’agit de la question de la hausse actuelle du prix des carburants. La situation reste pourtant étroitement surveillée par l’État. Dernier événement en date : les contrôles des prix des carburants en stations-service qui vont s’intensifier.















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