Selon Jonathan Piron, l’impasse américaine en Iran révèle le manque d’une «orientation stratégique» des Etats-Unis Selon l’expert en Iran Jonathan Piron, l’impasse américaine en Iran met en évidence le manque d’une «orientation stratégique» de la part des Etats-Unis.

Alors que les États-Unis se déchirent sur une éventuelle opération terrestre au Moyen-Orient, après plus de 30 jours de guerre, l’historien décrit un éventuel renforcement du régime iranien dans toute la région après la fin du conflit.


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Épaisses fumées s’élevant alors que des explosions secouent Ispahan, en Iran, le 31 mars 2026. (- / UGC/UNKNOWN / AFP)

Se dirige-t-on vers une opération terrestre de la part des Américains en Iran ? Alors qu’un tanker au Koweit a été touché dans une attaque de drones iraniens, mardi 31 mars, laissant craindre une marée noire, Donald Trump n’entend pas quitter le détroit d’Ormuz sans ramener une victoire de principe. Des milliers de Marines sont désormais au Moyen-Orient, signe d’un risque d’escalade supplémentaire et peut-être aussi la preuve des difficultés des Etats-Unis à conclure ce conflit.

«Ce dont on se rend compte maintenant, c’est qu’il y a un grand amateurisme de la part de l’administration américaine» estime sur franceinfo l’historien Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran. Selon le chercheur, les Américains se sont engagés dans le conflit avec «toute une série de conceptions, d’idées d’un effondrement certain, ce qui ne s’est pas réalisé.»

Et si cela a provoqué «l’enlisement actuel dans la région», ce qui inquiète surtout Jonathan Piron, c’est «cette menace de prise de contrôle complète du détroit d’Ormuz par le régime iranien (…) c’est une reconfiguration, en fait, qui est en cours.»

Les États-Unis tentent aujourd’hui d’affaiblir économiquement le régime iranien en s’attaquant au complexe pétrolier de l’île de Kharg, par lequel l’Iran exporte 90% de son pétrole brut. 17 000 soldats américains sont au Moyen-Orient prêts à intervenir si Donald Trump le décide.

Mais le régime iranien n’ignore pas l’opinion américaine très critique vis-à-vis de Donald Trump et d’une éventuelle guerre au sol. «On voit d’ailleurs sur X des communications du président du Parlement [iranien], mis en avant comme un des négociateurs possibles, qui joue et rit de cette situation, souligne Jonathan Piron. Ils comprennent très bien qu’ils ont un levier d’action – via le détroit d’Ormuz – inédit qui leur permet de faire pression sur les États-Unis.»

Donc même si «le régime iranien ne tient plus», avec «toute une série de capacités détruites», et que «la reconstruction va prendre du temps», Donald Trump pourrait proclamer une victoire tout en laissant le détroit d’Ormuz aux mains de l’Iran.

Alors que le détroit d’Ormuz était précédemment géré en partenariat avec Oman, la nouvelle configuration pourrait entraîner «un chaos dans la suite«.

L’historien conclut en mettant en lumière que si les Iraniens ont pu perdre la guerre de manière conventionnelle, ils ont peut-être remporté une victoire en termes d’influence régionale.

Il est également souligné que faute d’une «orientation stratégique«, l’administration américaine pourrait se retirer de la région sans avoir réussi à pacifier l’espace ni à affaiblir durablement le régime iranien sur le plan stratégique. Alors que le détroit d’Ormuz était précédemment géré en coopération avec Oman, la nouvelle configuration actuelle pourrait conduire à «un chaos dans la suite». Selon l’historien Jonathan Piron, même si les Iraniens ont peut-être perdu la guerre de manière conventionnelle, ils pourraient avoir remporté une nouvelle influence régionale.

Piron conclut en soulignant que l’administration américaine, en l’absence d’une «orientation stratégique», pourrait bientôt se retirer de la région sans avoir pacifié l’espace ni affaibli de manière significative le régime iranien.

Se dirige-t-on vers une opération terrestre des États-Unis en Iran ? Après plus de 30 jours de guerre, l’historien évoque un possible renforcement du régime iranien dans toute la région à la suite du conflit.

Alors qu’un pétrolier au Koweït a été touché par une attaque de drones iraniens, laissant craindre une marée noire, Donald Trump semble déterminé à ne pas quitter le détroit d’Ormuz sans une victoire symbolique. La présence de milliers de Marines au Moyen-Orient semble indiquer un risque d’escalade supplémentaire et les difficultés des États-Unis à trouver une issue au conflit.

Jonathan Piron estime qu’il y a actuellement «un grand amateurisme de la part de l’administration américaine» et que les États-Unis se sont engagés dans le conflit avec des attentes d’effondrement du régime iranien qui ne se sont pas réalisées. Cette situation a conduit à l’enlisement actuel dans la région, avec le risque d’une prise de contrôle totale du détroit d’Ormuz par l’Iran.

Les États-Unis cherchent à affaiblir économiquement l’Iran en ciblant le complexe pétrolier de l’île de Kharg, principale voie d’exportation du pétrole brut iranien. Cependant, le régime iranien semble conscient de l’opposition américaine à une guerre terrestre et utilise le détroit d’Ormuz comme levier pour exercer une pression sur les États-Unis.

Malgré la destruction de nombreuses capacités du régime iranien, le processus de reconstruction prendra du temps. Donald Trump pourrait revendiquer une victoire tout en laissant le contrôle du détroit d’Ormuz à l’Iran. Avant, ce détroit stratégique était géré en collaboration avec Oman, mais la nouvelle situation pourrait entraîner «un chaos à venir». Selon Jonathan Piron, même si les Iraniens ont peut-être perdu la guerre de manière conventionnelle, ils pourraient avoir gagné en influence régionale. L’historien conclut en expliquant que faute d’une «orientation stratégique», l’administration américaine pourrait bientôt se retirer de la région sans avoir pacifié l’espace ni affaibli de manière durable le régime iranien.

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