L’enfant, retrouvé nu et dénutri, a été hospitalisé. Son père affirme aux enquêteurs l’avoir caché dans le véhicule pour «le protéger» de sa compagne, qui «voulait le faire interner en psychiatrie». Tous deux ont été mis en examen.
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Une affaire sordide, qui dépasse l’entendement. Un homme de 43 ans a été mis en examen et incarcéré pour la séquestration pendant plus d’un an de son fils de 9 ans dans une camionnette, où le garçon a été retrouvé nu et dénutri, a annoncé le procureur de la République de Mulhouse (Haut-Rhin), vendredi 10 avril. La compagne du père, qui n’est pas la mère de l’enfant, a été mise en examen pour «non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger» et «non-dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles», a précisé Nicolas Heitz dans un long communiqué. «Il y a un travail colossal à effectuer pour déterminer les circonstances exactes de ces conditions de vie», a souligné le magistrat à franceinfo vendredi soir. On fait le point sur les informations relayées par le parquet.
Un enfant découvert dans des conditions atroces
Lundi dernier, «aux alentours de 21 heures», une habitante de la commune d’Hagenbach, située à une vingtaine de kilomètres de Mulhouse, est alertée par des «bruits d’enfant» provenant d’une camionnette garée dans une cour commune privée de plusieurs habitations.
D’après un communiqué du parquet de Mulhouse, une fois sur place, les forces de l’ordre interrogent le propriétaire du véhicule, qui affirme ne pas pouvoir ouvrir les portes du véhicule «en raison d’un dysfonctionnement du système de verrouillage». Il affirme que sa fille s’y est enfermée alors qu’elle y cherchait quelque chose.
Après avoir déverrouillé la camionnette, les gendarmes trouvent un enfant «couché en position fœtale, nu, recouvert d’une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments», «pâle et manifestement dénutri». «Il est recroquevillé (…) son poids et sa taille ne correspondent pas à un enfant de son âge», a expliqué vendredi soir sur franceinfo Nicolas Heitz, ajoutant que «pour le moment, il ne peut pas encore marcher», du fait de sa position assise prolongée. Immédiatement pris en charge à l’hôpital de Mulhouse, l’enfant est toujours hospitalisé. Il est désormais «en sécurité», a assuré le procureur.
Le père et sa compagne mis en examen
Le père, qui vit avec sa compagne âgée de 37 ans et deux autres enfants – leurs filles respectives âgées de 12 et 10 ans – est immédiatement placé en garde à vue. Il reconnaît avoir séquestré et privé de soins le petit garçon. Il explique l’avoir «mis dans cette camionnette à partir de novembre 2024 pour le protéger car sa compagne voulait le faire interner en psychiatrie». Il précise avoir laissé l’enfant sortir avec lui jusqu’en mai 2025 et lui avoir laissé accéder à l’appartement à l’été 2025 quand le reste de la famille était en vacances.
Selon lui, sa compagne se doutait de quelque chose, mais ne savait pas que son fils était dans la camionnette. Entendue à plusieurs reprises comme son conjoint, celle-ci a reconnu avoir «entendu des bruits provenant de ce véhicule et avoir demandé si quelqu’un était à l’intérieur sans obtenir de réponse». Elle affirme que «son compagnon l’avait convaincu que son fils était interné».
Tous deux ont été mis en examen.
La compagne du père a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec les trois enfants – la fille et le fils de l’homme et sa propre fille – et de se rendre à Hagenbach. Le parquet a également pris des ordonnances de placement provisoire des enfants, tout en saisissant le juge des enfants, «afin qu’un suivi éducatif soit opéré».
Le garçon a décrit ses mois de séquestration aux enquêteurs
Entendu par les enquêteurs, le petit garçon a déclaré «avoir eu de grosses difficultés relationnelles avec la compagne de son père», d’après le parquet de Mulhouse. Cette dernière «ne voulait plus de lui dans l’appartement et souhaitait qu’il soit interné en hôpital psychiatrique». L’enfant a affirmé que son père l’avait mis dans la camionnette pour ne pas l’interner. Le début de sa séquestration semble se situer «entre septembre 2024 et décembre 2024». Il avait alors 7 ans.
Depuis, son père lui apportait de la nourriture et des bouteilles d’eau «en venant le voir deux fois par jour». L’enfant avait un baluchon de vêtements et devait faire ses besoins dans des bouteilles en plastique et des sacs poubelle. Le père de l’enfant avait placé une caméra de vidéosurveillance sur la façade de l’immeuble, orientée vers la camionnette. Les images montrent qu’il se rendait effectivement deux fois par jour vers le véhicule, «où il semblait lancer quelque chose à l’intérieur».
Le petit garçon a précisé aux enquêteurs avoir pris sa dernière douche à la fin de l’année 2024 et avoir pu rentrer dans l’appartement pendant l’été 2025, quand «les autres membres de la famille étaient en vacances». «Durant cette période, son père lui avait confié un téléphone portable pour communiquer avec lui et lui dire quand il pouvait sortir de la camionnette ou qu’il devait quitter l’appartement», détaille le procureur dans son communiqué. Le travail des enquêteurs, qui s’annonce «colossal», devra «déterminer les circonstances exactes de ces conditions de vie extrêmement difficiles pour cet enfant», a souligné le procureur sur franceinfo vendredi soir.
Des expertises psychologiques «ordonnées» afin de «déterminer le traumatisme exact»
Les voisins ont confirmé aux enquêteurs que l’enfant avait disparu du jour au lendemain et avaient par la suite «entendu des bruits provenant du véhicule ou de l’appartement de la famille quand ils étaient absents». D’après leurs déclarations, le père de famille leur avait dit que ces bruits provenaient d’un chat. Interrogée, la famille du couple a unanimement affirmé ne pas avoir su que l’enfant était dans la camionnette et pensait «qu’il était placé comme le couple le leur avait indiqué, en raison de ses problèmes psychiatriques».
«Comment l’entourage ne s’est pas rendu compte ? Comment personne dans le voisinage n’a pu réaliser la présence de cette enfant dans le véhicule ?», s’est interrogé Nicolas Heitz sur franceinfo. «C’est au terme de l’information judiciaire qu’on pourra déterminer le déroulement précis des faits et peut-être aller chercher les responsabilités d’autres personnes qui n’ont pas encore été inquiétées», a-t-il ajouté.
La sœur de l’enfant découvert dans la camionnette, âgée de 12 ans, a déclaré vivre avec son père «depuis quatre ou cinq ans, sa mère ayant des difficultés d’ordre psychologique». La jeune fille a précisé que la famille recomposée a déménagé à Hagenbach au début de l’année 2024 et que son petit frère aurait alors «changé de comportement». Deux mois après la rentrée scolaire 2024, elle n’a plus eu de nouvelles de son frère et remarquait que son père sortait régulièrement de l’appartement familial pour se rendre à la camionnette.
Le procureur de la République de Mulhouse souligne «qu’aucun élément médical» ne vient prouver «la réalité des problèmes psychiatriques de cet enfant». Le garçon a été scolarisé en CP jusqu’en 2023-2024 à Mulhouse et ses résultats scolaires étaient très bons. Des expertises psychologiques «vont être ordonnées» afin de «déterminer le traumatisme exact», a précisé vendredi Nicolas Heitz sur franceinfo. Ils ont tous les deux été mis en examen. Le parquet a également pris des ordonnances de placement provisoire des enfants, tout en saisissant le juge des enfants, «afin qu’un suivi éducatif soit opéré».
Le garçon a décrit ses mois de séquestration aux enquêteurs
Entendu par les enquêteurs, le petit garçon a déclaré «avoir eu de grosses difficultés relationnelles avec la compagne de son père», d’après le parquet de Mulhouse. Cette dernière «ne voulait plus de lui dans l’appartement et souhaitait qu’il soit interné en hôpital psychiatrique». L’enfant a affirmé que son père l’avait mis dans la camionnette pour ne pas l’interner. Le début de sa séquestration semble se situer «entre septembre 2024 et décembre 2024». Il avait alors 7 ans.
Depuis, son père lui apportait de la nourriture et des bouteilles d’eau «en venant le voir deux fois par jour». L’enfant avait un baluchon de vêtements et devait faire ses besoins dans des bouteilles en plastique et des sacs poubelle. Le père de l’enfant avait placé une caméra de vidéosurveillance sur la façade de l’immeuble, orientée vers la camionnette. Les images montrent qu’il se rendait effectivement deux fois par jour vers le véhicule, «où il semblait lancer quelque chose à l’intérieur».
Le petit garçon a précisé aux enquêteurs avoir pris sa dernière douche à la fin de l’année 2024 et avoir pu rentrer dans l’appartement pendant l’été 2025, quand «les autres membres de la famille étaient en vacances». «Durant cette période, son père lui avait confié un téléphone portable pour communiquer avec lui et lui dire quand il pouvait sortir de la camionnette ou qu’il devait quitter l’appartement», détaille le procureur dans son communiqué. Le travail des enquêteurs, qui s’annonce «colossal», devra «déterminer les circonstances exactes de ces conditions de vie extrêmement difficiles pour cet enfant», a souligné le procureur sur franceinfo vendredi soir.
Des expertises psychologiques «ordonnées» afin de «déterminer le traumatisme exact»
Les voisins ont confirmé aux enquêteurs que l’enfant avait disparu du jour au lendemain et avaient par la suite «entendu des bruits provenant du véhicule ou de l’appartement de la famille quand ils étaient absents». D’après leurs déclarations, le père de famille leur avait dit que ces bruits provenaient d’un chat. Interrogée, la famille du couple a unanimement affirmé ne pas avoir su que l’enfant était dans la camionnette et pensait «qu’il était placé comme le couple le leur avait indiqué, en raison de ses problèmes psychiatriques».
«Comment l’entourage ne s’est pas rendu compte ? Comment personne dans le voisinage n’a pu réaliser la présence de cette enfant dans le véhicule ?», s’est interrogé Nicolas Heitz sur franceinfo. «C’est au terme de l’information judiciaire qu’on pourra déterminer le déroulement précis des faits et peut-être aller chercher les responsabilités d’autres personnes qui n’ont pas encore été inquiétées», a-t-il ajouté.
La sœur de l’enfant découvert dans la camionnette, âgée de 12 ans, a déclaré vivre avec son père «depuis quatre ou cinq ans, sa mère ayant des difficultés d’ordre psychologique». La jeune fille a précisé que la famille recomposée a déménagé à Hagenbach au début de l’année 2024 et que son petit frère aurait alors «changé de comportement». Deux mois après la rentrée scolaire 2024, elle n’a plus eu de nouvelles de son frère et remarquait que son père sortait régulièrement de l’appartement familial pour se rendre à la camionnette.
Le procureur de la République de Mulhouse souligne «qu’aucun élément médical» ne vient prouver «la réalité des problèmes psychiatriques de cet enfant». Le garçon a été scolarisé en CP jusqu’en 2023-2024 à Mulhouse et ses résultats scolaires étaient très bons. Des expertises psychologiques «vont être ordonnées» afin de «déterminer le traumatisme exact», a précisé vendredi Nicolas Heitz sur franceinfo.
L’enfant, retrouvé nu et dénutri, a été hospitalisé. Son père affirme aux enquêteurs l’avoir caché dans le véhicule pour «le protéger» de sa compagne, qui «voulait le faire interner en psychiatrie». Ils ont tous les deux été inculpés. Le parquet a pris des mesures de placement provisoire des enfants et a saisi le juge des enfants pour assurer un suivi éducatif. Le petit garçon a décrit sa séquestration aux enquêteurs en déclarant avoir eu des difficultés relationnelles avec la compagne de son père. Cette dernière voulait qu’il soit interné en hôpital psychiatrique, mais son père l’a mis dans une camionnette pour l’éviter. Les enquêteurs ont découvert que le père apportait de la nourriture et de l’eau au garçon deux fois par jour. Des expertises psychologiques sont en cours pour déterminer le traumatisme exact subi par l’enfant.
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