La fatwa numérique réprimée par les autorités judiciaires

Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina, les deux auteurs de la cabale en ligne contre Samuel Paty ont été condamnés lundi en appel à dix et quinze ans de réclusion criminelle.

La famille du professeur d’histoire-géographie s’est réjouie de la reconnaissance et de la sévère punition de cette «fatwa numérique» par la cour d’assises spéciale de Paris.

La peine la plus lourde, confirmant la décision de la première instance, a été prononcée contre le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, âgé de 66 ans, reconnu coupable d’association de malfaiteurs terroristes, tout comme Brahim Chnina, 54 ans. En revanche, ce père d’élève a vu sa condamnation réduite à dix ans de réclusion (13 en 2024), pour son rôle dans cette campagne de haine qui a conduit à l’assassinat du professeur par un jihadiste tchétchène de 18 ans en octobre 2020.

Les avocats des proches de l’enseignant ont exprimé leur incompréhension face au sort réservé à deux proches de l’assassin, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans. Condamnés en première instance à seize ans de réclusion pour complicité d’assassinat, ils ont cette fois été reconnus coupables d’association de malfaiteurs sans caractère terroriste retenu. Leurs peines de six et sept ans de prison devraient entraîner leur libération rapide, ce qui a été accueilli avec joie et soulagement par leurs proches.

«C’est donc une décision contrastée mais la sanction criminelle de la fatwa numérique est maintenue, ce qui représente un pas historique pour la justice française», a commenté Thibault de Montbrial, l’avocat d’une des sœurs du professeur. Virginie Le Roy, conseil des parents du professeur et de sa sœur Gaëlle, a renchéri en soulignant que ce verdict marquera l’histoire judiciaire concernant les professeurs et les propos diffamatoires sur les réseaux sociaux.

La condamnation de toute la communauté musulmane française par une justice discriminatoire a été dénoncée par l’un des avocats, Me Francis Vuillemin. Son confrère, Vincent Brengarth, a souligné que la lourde condamnation de son client, tandis que celles des autres co-accusés ont été réduites, permettait à la justice antiterroriste de maintenir sa crédibilité dans cette affaire.

Les profils d’Azim Epsirkhanov et Naïm Boudaoud ne correspondent pas à des islamistes radicaux, et la cour a estimé qu’ils n’avaient pas conscience de la dérive jihadiste ni du projet d’attentat de l’assaillant. Pendant le procès, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ont adopté des postures divergentes, le premier exprimant sa honte tandis que le second est resté inflexible dans ses convictions militantes.

Me Francis Szpiner, avocat du fils et de l’ex-compagne de Samuel Paty, a souligné que c’est peut-être dans cette différence d’attitude qu’il faut chercher l’explication de la différence de peine entre les deux hommes. Le refus de la cour d’assises de donner la parole à Abdelhakim Sefrioui après le verdict a incité ce dernier à se pourvoir en cassation.

En conclusion, la famille du professeur a salué la décision de la cour d’assises spéciale de Paris et espère que cette affaire servira d’exemple pour lutter contre la diffusion de discours de haine en ligne. La famille du professeur d’histoire-géographie s’est réjouie du fait que cette «fatwa numérique» ait été reconnue et sévèrement punie par la cour d’assises spéciale de Paris.

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