L’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy doit être écroué ce mardi à la prison de la Santé. Jacques Mesrine, Jean-Luc Lahaye ou encore Patrick Balkany y ont été incarcérés.
La prison de la Santé a ouvert en 1867 dans le 14 e arrondissement. C’est le dernier établissement pénitentiaire intramuros. Les derniers condamnés à mort y ont été guillotinés le 28 novembre 1972.
Selon les derniers chiffres officiels, le taux d’occupation s’établit à 191 %, soit le double des 757 places prévues. La prison a été rénovée entre 2014 et 2019. Les conditions de détentions d’avant rénovation ont été pointées dans le livre choc, Médecin-chef à la prison de la Santé, Véronique Vasseur qui dénonçait une prison «vétuste, crasseuse et quasi moyenâgeuse» et racontait «la vermine qui court dans les matelas«.
Pour les protéger, certains détenus sont regroupés dans le quartier dit des «personnes vulnérables» ou «QB4» («Quartier Bas 4»), une vingtaine de cellules de part et d’autre d’une coursive, au-dessus des deux étages réservés aux arrivants. Célébrités ou politiques, comme Jean-Luc Lahaye, Samy Naceri, Patrick Balkany ou encore Claude Guéant y ont été incarcérés.
Des trafiquants de drogue menacés, des douaniers ou des policiers, des personnes impliquées dans des affaires antiterroristes (comme le Vénézuélien Carlos) ou des crimes très médiatisés peuvent y être installés.
Néanmoins, les cellules et les régimes de détention sont identiques. Il n’existe pas de traitement préférentiel malgré ce surnom de «Quartier VIP».
Nicolas Sarkozy ne devrait pas y être incarcéré. Il devrait être incarcéré dans le quartier de l’isolement pour garantir sa sécurité et la confidentialité.
La Santé a accueilli des prisonniers de «droit commun» de légende, Jacques Mesrine, François Besse, Bruno Sulak ou Albert Spaggiari. Mais aussi des personnages de la «grande histoire».
Avant l’île du Diable, Alfred Dreyfus y passe. C’est aussi le cas de victimes du nazisme et de la Collaboration, comme Georges Mandel, héros de Nicolas Sarkozy qui a écrit une biographie sur le résistant et homme politique, assassiné en 1944.
Pendant la guerre d’Algérie, plusieurs chefs du FLN y sont enfermés, Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf. Dans le camp de l’Algérie française, le général putschiste Maurice Challe, et Jean Bastien-Thiry, l’homme qui a tenté d’assassiner Charles de Gaulle, y sont écroués. Maurice Papon, le préfet de police de la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961, la rejoint quelques décennies plus tard après sa condamnation pour son rôle dans la déportation de juifs.
En 1972, Robert Badinter assiste à l’exécution de son client Roger Bontems, le dernier avec son complice Claude Buffet à être guillotiné à la Santé. L’image de l’homme «coupé en deux» le traumatise et pèse lourd dans son combat pour l’abolition de la peine de mort.
Soupçonné pour le vol de la Joconde au Louvre, Guillaume Apollinaire y passe quelques jours en 1911. Il en sort avec «A la Santé», inclus dans «Alcools», qui dit un quotidien carcéral intemporel. «Avant d’entrer dans ma cellule, il a fallu me mettre nu»; «Que lentement passent les heures, comme passe un enterrement»; «Dans une fosse comme un ours, chaque matin je me promène, tournons tournons tournons toujours, Le ciel est bleu comme une chaîne»; «J’écoute les bruits de la ville, Et prisonnier sans horizon, Je ne vois qu’un ciel hostile, Et les murs nus de ma prison.«
En 1978, Mesrine et Besse, habillés en surveillants, s’échappent après avoir maîtrisé 14 personnes. Michel Vaujour s’envole en 1986 dans l’hélicoptère piloté par son épouse. Un filet a été installé depuis.
Le tueur en série Guy Georges scie les barreaux en 2000, mais son plan est déjoué. En 2002, des explosifs sont trouvés dans la cellule du braqueur Antonio Ferrara avant que «le roi de la belle» puisse les utiliser.
La prison de la Santé est le seul établissement pénitentiaire situé en plein cœur de la capitale. C’est le seul établissement pénitentiaire situé en plein cœur de la capitale.
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