Elles sont arrivées dès 10 heures devant le BHV. Objectif : être les toutes premières à pénétrer dans l’unique magasin physique du géant chinois, Shein, à 13 heures. Récit d’une folle journée.
«Moi j’aime bien voir toute cette animation. Nous sommes à Paris et il se passe toujours quelque chose !«
La rue de Rivoli a l’effervescence des grands jours : devant le BHV, une file d’attente s’étire sur de plus de cinquante mètres aux deux entrées principales. Certaines personnes sont arrivées dès dix heures du matin, alors que le but de leur visite n’ouvrira ses portes que trois heures plus tard. Beaucoup de femmes, de tous les âges mais aussi quelques hommes, faisant clairement plus office d’accompagnateur que d’acheteur potentiel.
Un employé du BHV proposant des pains au chocolat aux clients faisant la queue rue de Rivoli
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© Olivier Badin/France 3 PIDF
Les rares resquilleurs se font immédiatement rappeler à l’ordre par les badauds et les gens discutent assez facilement entre eux, malgré le fait qu’ils sont interrompus toutes les deux minutes par les journalistes venus en nombre pour demander pourquoi ils sont ici.
Sur le trottoir d’en face, c’est plus agité : pendant que des gendarmes tentent plus ou moins de contrôler le flot de vélos et de taxis et une foule qui n’a de cesse de déborder sur la route, des barrières ont été installées. Derrière, des manifestants, en petits groupes. Certains agitent des drapeaux, d’autres invectivent directement les potentiels acheteurs qui font la queue, les accusant d’être des «complices de pédocriminels«. Au milieu de la foule plusieurs élus, reconnaissables à leurs écharpes tricolores, répondent aux caméras. En face, à la fenêtre d’un bureau de ville, quelqu’un a accroché ce drapeau au message simple ‘Non à Shein‘. Lola espérait un peu d’animation, elle est servie.
Jeune retraitée, elle dit «adorer la mode« puis affirme que les femmes sont «accro à l’achat. Ce n’est même pas pour les porter, juste pour les payer !» avant d’éclater de rire.
Elle est arrivée à 11h et a rapidement engagé la conversation avec les autres personnes faisant la queue, dont Josiane, une jeune retraitée au look soigné avec des cheveux courts teints en violet et un maquillage impeccable.
Les deux femmes avouent ne pas connaitre le jeune patron très médiatisé de la SGM, Frédéric Merlin, qui est à quelques mètres d’elles entouré de photographes et de caméras. Elles se souviennent du BHV comme d’une enseigne populaire de leur jeunesse et ne voient pas de problème à ce que la marque Shein s’y installe.
Lola admet acheter souvent sur le site de Shein, malgré les pratiques parfois douteuses de l’entreprise. Dominique, une autre retraitée, aime acheter des vêtements mais craint de ne trouver que des produits standardisés dans la boutique. Hélène, curieuse de voir l’agitation autour de l’ouverture, est plus enclin à une démarche de décroissance.
Après deux heures d’attente, les clients entrent enfin dans la boutique. La scène est surréaliste, avec les clients se précipitant sur les ascenseurs et escalators pour accéder aux six étages. Un contrôle de sécurité est nécessaire à chaque étape, semblable à celui d’un aéroport. Dès que l’on repère le premier panneau d’un mètre sur un mètre affichant ‘Shein’, c’est un véritable tumulte : tout le monde semble pressé et il y a autant de journalistes que de clients, ces derniers tentant difficilement de se frayer un chemin dans les rayons.
Pour chaque achat, aussi petit soit-il, un sac Shein au logo bien visible est offert, comme l’exhibe fièrement David, venu spécialement de Lille pour satisfaire sa compagne, même si elle n’a rien acheté. Malgré une faible récolte et une odeur désagréable dans l’air, il se dit content d’être venu. Plus loin, Lola et une amie cherchent frénétiquement des vêtements, mais la déception se lit sur leur visage en constatant que les prix sont plus élevés qu’en ligne.
Une jeune femme, tenant deux pantalons, confirme leur constat, regrettant que les articles soient souvent plus chers en magasin qu’en ligne. Après une demi-heure passée dans le magasin et une rencontre avec des militantes écologistes, il est difficile de ne pas se remémorer les mots de Lola évoqués plus tôt. «Je suis content d’être venu voir toute cette agitation de mes propres yeux, mais honnêtement, je pense que je vais rester chez moi et continuer à commander tranquillement sur internet. Ça ne vaut pas le déplacement.» Elle est arrivée à 11h et a rapidement engagé la conversation avec les autres personnes faisant la queue, notamment Josiane, une jeune retraitée au look soigné avec des cheveux courts teints en violet et un maquillage impeccable.
Les deux femmes admettent ne jamais avoir entendu parler du patron médiatique de SGM, Frédéric Merlin, même s’il se trouve à quelques mètres d’elles entouré de photographes et de caméras. Elles se souviennent du BHV comme d’une enseigne populaire de leur jeunesse et ne voient donc aucun problème à l’arrivée de la marque Shein. Lola avoue acheter régulièrement sur le site de ce géant chinois malgré ses pratiques contestables sur le plan écologique et social, arguant que toutes les grandes marques ont leurs défauts.
Juste derrière, Dominique, une retraitée de soixante-neuf ans, avoue sa passion pour la mode mais craint de ne trouver que des produits standardisés fabriqués par la marque, contrairement à l’offre variée en ligne. Hélène, du même âge, est là pour l’ambiance et l’agitation, bien qu’elle soit plus encline à la décroissance.
Après une longue attente et plusieurs contrôles de sécurité, les clients entrent enfin dans le magasin. L’ambiance est surréaliste, avec des clients se précipitant sur les ascenseurs et les escalators pour atteindre le sixième étage, où un dernier contrôle est nécessaire pour accéder au nirvana de Shein. Dès qu’on voit le premier écriteau d’un mètre sur un mètre ‘Shein’, c’est un peu le chaos : tout le monde semble pressé et il y a autant de journalistes que de clients, ces derniers essayant tant bien que mal de se frayer un chemin dans les rayons.
Le marketing oblige : pour chaque achat, même minime, vous repartez avec un sac Shein au logo bien voyant. David, venu spécialement de Lille pour faire plaisir à sa compagne, exhibe fièrement le sien ainsi que le t-shirt qu’il vient d’acheter à prix réduit pour l’ouverture. Malgré une faible récolte et une odeur d’égout dans l’air, il est content d’avoir fait le déplacement jusqu’à la capitale.
Un peu plus loin, Lola et une nouvelle amie regardent frénétiquement les portants malgré l’agitation. Lola est déçue car les prix en magasin sont plus élevés qu’en ligne. Une autre cliente confirme en tenant deux pantalons : elle a consulté les prix en ligne ce matin et les articles étaient vendus entre dix et vingt euros, alors qu’en magasin c’est souvent au-dessus de trente euros.
Après avoir parcouru les six étages à pied et traversé les stands vides des autres marques, nous croisons trois jeunes militantes écologistes escortées par la sécurité après avoir tenté de distribuer des tracts.
De retour dans la rue de Rivoli, où la file d’attente s’allonge et où les forces de l’ordre tentent de maintenir l’ordre, on se souvient des paroles de Lola : elle préfère continuer à commander en ligne plutôt que de subir toute cette agitation en magasin. A Crazy Day: Shein Store Opening in Paris
The excitement was palpable on Rue de Rivoli as a long line of eager shoppers stretched over fifty meters outside the BHV department store. Some had arrived as early as 10 am, patiently waiting for three hours until the main attraction of their visit, the opening of the physical store of the Chinese giant Shein, at 1 pm. The crowd was predominantly women of all ages, with a few men accompanying them, more as companions than potential buyers.
On the bustling street, the atmosphere was lively, with people engaging in conversations despite constant interruptions from numerous journalists eager to know the reason behind their presence. The few line-cutters were promptly reprimanded by onlookers, adding to the overall buzz of the day.
Across the street, the scene was more chaotic, with police officers trying to manage the flow of bicycles, taxis, and a crowd spilling onto the road. Barricades had been set up, and behind them, small groups of protesters made their voices heard. Some waved flags, while others directly confronted the waiting shoppers, accusing them of being «accomplices of pedocriminals.» Among the crowd were several elected officials, easily identifiable by their tricolor scarves, giving statements to the cameras. In a nearby office window, a flag with a simple message, «No to Shein,» caught the attention of onlookers. The atmosphere was charged with tension and activism, providing a spectacle that Lola, a young retiree, had been hoping for.
Lola, who professed her love for fashion, humorously remarked that women are «addicted to shopping. They don’t even wear the clothes, just pay for them!» Her laughter echoed the sentiment of many present that day, reveling in the vibrant energy of the moment.
The BHV employee offering chocolate croissants to the waiting customers added a touch of warmth to the scene, creating a sense of camaraderie among the diverse group of individuals gathered for the grand opening. The mix of anticipation, activism, and consumerism painted a vivid picture of a unique day in Paris, where people from all walks of life converged for a common purpose – to experience the buzz surrounding the launch of Shein’s physical store.
As the clock struck 1 pm, the doors of the Shein store finally opened, welcoming the eager shoppers who had patiently waited for this moment. The day had been a whirlwind of emotions, from excitement and anticipation to tension and activism, culminating in a memorable experience for all those who had been part of this extraordinary day on Rue de Rivoli.
In the heart of Paris, amidst the hustle and bustle of city life, a new chapter had begun, symbolized by the grand opening of Shein’s flagship store. The echoes of laughter, chatter, and protest lingered in the air, a testament to the diverse and vibrant spirit of the city and its people. As the sun set on this eventful day, the memories created would be etched in the minds of those who had witnessed the unfolding drama on the streets of Paris.
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