Salaires trop faibles, groupes surchargés ou encore manque de formation, les personnels de l’animation dénoncent des conditions de travail qui se dégradent. Près d’une centaine de cantines d’écoles primaires et maternelles parisiennes seront fermées du 10 au 21 novembre 2025.
Arthur «ne sait plus quoi faire». Ce responsable pédagogique d’une équipe d’animateurs dans une école du 20e arrondissement de Paris «manque de personnel au quotidien». Au point qu’organiser des activités manuelles avec les enfants devient ingérable. À l’instar de «beaucoup de [ses] collègues», il va participer à l’appel à la grève lancée par l’intersyndical des animateurs du périscolaire.
Du 10 au 21 novembre 2025, près d’une centaine de cantines d’écoles primaires et maternelles de Paris seront fermées pour protester contre des conditions de travail qui se dégradent. «Cette mobilisation n’est que la suite de celles qui se succèdent depuis le mois de novembre 2023», explique Nicolas Léger. Pour le co-secrétaire général du syndicat SUPAP-FSU, le secteur n’a depuis obtenu que des «avancées minimes».
«On aime vraiment notre boulot», soupire Anne-Charlotte qui se dit «épuisée» et avoir «peur pour la sécurité des enfants». Dans son école primaire parisienne, cette animatrice se retrouve parfois «d’un seul coup devant 20 enfants alors qu’ils sont d’habitude 12».
De son côté, Alice rapporte qu’en maternelle, «on peut se retrouver seule à faire le change des enfants et à surveiller le dortoir». Pour «tenter d’aller au bout d’un projet sur l’environnement» mené avec les élèves, cette animatrice préscolaire raconte devoir puiser sur son temps personnel. «On arrive avec plein de motivations au début de l’année, mais on est très vite freiné à cause du manque d’encadrants. C’est très frustrant», soupire Alice.
Le nombre de vacataires pour ces postes dans la capitale est passé de 5 000 à 8 500 en deux ans. «La Ville ne respecte pas la loi. Beaucoup d’entre eux sont sur des postes permanents depuis des années et devraient donc devenir des contractuels», explique Nicolas Léger, co-secrétaire général du syndicat SUPAP-FSU du secteur.
De son côté, Arthur souhaite que les animateurs obtiennent un contrat après 2 ans d’activité. «Les vacataires refusent souvent de venir pour seulement deux heures de dépannage et ceux qu’on arrive à former partent en banlieue parisienne pour avoir un CDI«, se désole ce responsable pédagogique.
Certains de ces vacataires «n’ont même pas le BAFA et on les envoie sur le terrain», explique Arthur pour qui la formation, même pour les animateurs titulaires, reste fondamentale. «On a beaucoup d’enfants qui ont des besoins particuliers. Certains sont atteints de handicap. D’autres sont très violents et prennent des médicaments pour se contenir», détaille le responsable pédagogique.
Faute de formation, «on doit se débrouiller avec nos connaissances personnelles et parfois prendre plus de temps avec les enfants qui en ont beaucoup besoin», explique Arthur. Une démarche qui se «fait au détriment du temps accordé aux autres enfants». Seules des formations à distance sont proposées aux animateurs.
«On a besoin de formateurs qui viennent rencontrer nos enfants et d’animateurs qui les fréquentent régulièrement», tranche Arthur qui demande que le «travail d’animateur soit reconnu à sa juste valeur». Une position partagée par Anne-Charlotte et Alice qui souhaitent parle d’un métier «plus de reconnaissance». Dans ce métier où «il n’y a pas de possibilité d’évolution» et aucune formation diplômante de l’animation proposée, la première se voit «encore sur le terrain à 68 ans».
Toutes ces problématiques sont incluses dans la trentaine de propositions que l’intersyndicale des animateurs périscolaire a transmises à la Ville dont le conseil municipal se réunit ce 18 novembre 2025. «Si nous n’obtenons aucune avancée d’ici là, la grève pourrait être reconduite jusqu’au 31 décembre», indique Nicolas Léger.
Sollicitée, la mairie de Paris ne nous a, pour l’instant, pas encore répondu.
















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