Le combat juridique des sinistrés de Saint-Denis après l’opération du RAID «Le combat juridique prolongé des victimes de Saint-Denis après l’intervention du RAID»

Dix ans après l’opération policière menée le 18 novembre 2015 pour déloger des terroristes du 13-Novembre, retour sur le combat judiciaire des habitants de la rue de la République à Saint-Denis.

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Un déluge de balles dans le centre-ville de Saint-Denis, à l’angle du 48 rue de la République et de la rue du Corbillon. 1500 munitions sont tirées lors de l’assaut du Raid, lancé peu après 4h du matin le 18 novembre 2015, contre la planque des membres de la cellule terroriste responsable des attentats survenus cinq jours plus tôt à Paris et aux abords du Stade de France. Après sept heures d’intervention, l’opération menée par l’unité d’élite de la police se solde par la mort d’Abdelhamid Abaaoud, de son complice Chakib Akrouh et de la cousine d’Abaaoud, Hasna Aït Boulahcen.

Criblé de balles, l’immeuble vétuste où se cachaient les terroristes a été en partie soufflé par des explosions. Les habitants, eux, sont sous le choc. Parmi près de 90 sinistrés, évacués de leur appartement, un jeune homme égyptien a même été blessé par un tireur d’élite du Raid. «Je ne peux pas oublier, le traumatisme continue depuis 10 ans«, confie Lassina Traoré Tagara, un habitant qui dormait au quatrième étage, au-dessus de la chambre des terroristes. Originaire du Burkina Faso et arrivé en France en 2010, il a été régularisé suite à l’assaut.

«Réveillé en sursaut» par un bruit d’explosion lors de l’opération policière, il a été escorté par les forces de l’ordre. Aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, il se souvient «des tirs» et de «la peur«. «Ça tourne tous les jours dans ma tête, je ne dors pas souvent«, témoigne-t-il. «À chaque fois que je passe ici, j’ai un pincement au cœur. Une partie de ma vie est restée ici«, explique l’habitant, qui a réalisé après coup qu’il avait croisé les terroristes avant l’assaut.

Pour les habitants du 48 rue de la République, c’est aussi le début d’une «longue bataille judiciaire tous azimuts et à leurs frais«, avec plusieurs années de procédure pour être reconnus victimes du terrorisme, raconte Me Claudette Eleini, avocate d’une famille, d’un habitant et d’un commerçant. Un statut qui ne leur sera accordé qu’en octobre 2022 par la cour d’assises de Paris, l’avocate déplorant «une reconnaissance tardive, symbolique«, «une petite médaille sans aucun effet pratique«.

«Après l’assaut, ces personnes n’ont pas bénéficié de l’aide juridictionnelle d’office et n’ont pas reçu de provision automatique du fonds de garantie«, pointe du doigt Me Claudette Eleini. Pour ce qui est de leur préjudice psychologique, ses clients ont été indemnisés «au rabais» fin 2018 au titre de la responsabilité sans faute de l’État.

«Cerise sur le gâteau«, alors qu’elle loue un autre appartement à Saint-Denis, la famille que défend l’avocate a dû supporter des charges de copropriété pour son bien immobilisé, jusqu’à la vente de l’immeuble en 2023. «Et ils n’ont pu récupérer leurs meubles, leurs vêtements et leurs effets personnels qu’en septembre 2024, soit neuf ans après les faits«, s’indigne Me Claudette Eleini.

«Tous ceux que j’ai défendus, qui sont des gens honnêtes et dignes, ont été broyés au niveau judiciaire. Les habitants ont été stigmatisés, humiliés, laissés à eux-mêmes. On les a parfois fait passer dans les médias pour des citoyens de seconde zone, des délinquants, des marchands de sommeil, presque des complices des terroristes. Moralement, c’est une souffrance terrible«, dénonce l’avocate.

Pourquoi un tel traitement ? Après l’extrême violence de l’opération du Raid «dans un lieu où dormaient tant de familles«, «l’Etat était en porte-à-faux«, répond Me Claudette Eleini. «Et si les faits étaient survenus dans un immeuble bourgeois parisien, l’Etat aurait peut-être eu plus de considération pour les victimes«, relève l’avocate.

Pour ce qui est de l’immeuble, sa démolition doit s’achever en décembre prochain. Un projet de reconstruction de nouveaux logements et de commerces doit ensuite commencer. La fin des travaux est prévue en 2029.

Avec Elise Ferret.

Un des témoins déclare : «Je ne peux pas oublier». Une avocate déplore «une reconnaissance tardive» pour ces «oubliés» des attentats.

Un déluge de balles dans le centre-ville de Saint-Denis, à l’angle du 48 rue de la République et de la rue du Corbillon. 1500 munitions sont tirées lors de l’assaut du Raid, lancé peu après 4h du matin le 18 novembre 2015, contre la planque des membres de la cellule terroriste responsable des attentats survenus cinq jours plus tôt à Paris et aux abords du Stade de France. Après sept heures d’intervention, l’opération menée par l’unité d’élite de la police se solde par la mort d’Abdelhamid Abaaoud, de son complice Chakib Akrouh et de la cousine d’Abaaoud, Hasna Aït Boulahcen.

Criblé de balles, l’immeuble vétuste où se cachaient les terroristes a été en partie soufflé par des explosions. Les habitants, eux, sont sous le choc. Parmi près de 90 sinistrés, évacués de leur appartement, un jeune homme égyptien a même été blessé par un tireur d’élite du Raid. Lassina Traoré Tagara, un habitant qui dormait au quatrième étage, au-dessus de la chambre des terroristes, confie : «Je ne peux pas oublier, le traumatisme continue depuis 10 ans». Originaire du Burkina Faso et arrivé en France en 2010, il a été régularisé suite à l’assaut.

Réveillé en sursaut par un bruit d’explosion lors de l’opération policière, il a été escorté par les forces de l’ordre. Aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, il se souvient des tirs et de la peur. «Ça tourne tous les jours dans ma tête, je ne dors pas souvent», témoigne-t-il. «À chaque fois que je passe ici, j’ai un pincement au cœur. Une partie de ma vie est restée ici», explique l’habitant, qui a réalisé après coup qu’il avait croisé les terroristes avant l’assaut.

Pour les habitants du 48 rue de la République, c’est aussi le début d’une longue bataille judiciaire tous azimuts et à leurs frais, avec plusieurs années de procédure pour être reconnus victimes du terrorisme, raconte Me Claudette Eleini, avocate d’une famille, d’un habitant et d’un commerçant. Un statut qui ne leur sera accordé qu’en octobre 2022 par la cour d’assises de Paris, l’avocate déplorant une reconnaissance tardive, symbolique, une petite médaille sans aucun effet pratique.

Après l’assaut, ces personnes n’ont pas bénéficié de l’aide juridictionnelle d’office et n’ont pas reçu de provision automatique du fonds de garantie, pointe du doigt Me Claudette Eleini. Pour ce qui est de leur préjudice psychologique, ses clients ont été indemnisés au rabais fin 2018 au titre de la responsabilité sans faute de l’État.

Cerise sur le gâteau, alors qu’elle loue un autre appartement à Saint-Denis, la famille que défend l’avocate a dû supporter des charges de copropriété pour son bien immobilisé, jusqu’à la vente de l’immeuble en 2023. Et ils n’ont pu récupérer leurs meubles, leurs vêtements et leurs effets personnels qu’en septembre 2024, soit neuf ans après les faits, s’indigne Me Claudette Eleini.

Tous ceux que j’ai défendus, qui sont des gens honnêtes et dignes, ont été broyés au niveau judiciaire. Les habitants ont été stigmatisés, humiliés, laissés à eux-mêmes. On les a parfois fait passer dans les médias pour des citoyens de seconde zone, des délinquants, des marchands de sommeil, presque des complices des terroristes. Moralement, c’est une souffrance terrible, dénonce l’avocate.

Pourquoi un tel traitement ? Après l’extrême violence de l’opération du Raid «dans un lieu où dormaient tant de familles», «l’Etat était en porte-à-faux», répond Me Claudette Eleini. «Et si les faits étaient survenus dans un immeuble bourgeois parisien, l’Etat aurait peut-être eu plus de considération pour les victimes», relève l’avocate.

Pour ce qui est de l’immeuble, sa démolition doit s’achever en décembre prochain. Un projet de reconstruction de nouveaux logements et de commerces doit ensuite commencer. La fin des travaux est prévue en 2029.

Avec Elise Ferret. L’un d’entre eux témoigne : «C’est impossible d’effacer de ma mémoire». Une avocate déplore le fait que ces victimes des attentats soient considérées comme des «oubliées». Please rewrite this sentence.

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