Alors que des centaines de coursiers contestent la suspension «arbitraire» de leur compte, le syndicat Union-Indépendants a organisé une mobilisation ce lundi devant le siège parisien de la plateforme de livraison de repas. De son côté, l’entreprise dit «lutter contre la sous-traitance irrégulière».
«Reçus par la police«, environ 80 livreurs se sont rassemblés sous une pluie fine ce lundi matin devant le siège d’Uber Eats situé dans le 3e arrondissement de la capitale, indique Union-Indépendants, à l’origine de la mobilisation. «Dès notre arrivée, la sécurité a prévenu les forces de l’ordre. Des policiers sont venus et ont évidemment constaté qu’il n’y avait aucun problème, avant de repartir directement«, raconte Fabian Tosolini, un représentant du syndicat.
Le syndicat pointe du doigt la multiplication des «suspensions arbitraires«, «injustifiées» et «massives» de comptes de coursiers travaillant pour la plateforme. Des déconnexions «sans motif«, face auxquelles les livreurs demandent des «explications immédiates» et des «réponses claires«.
Plusieurs dizaines de livreurs se sont rassemblés devant le siège d’Uber Eats ce lundi matin.
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© Pierre de Baudouin
Présent ce matin devant Uber Eats, Islam, un livreur indépendant qui travaille depuis cinq ans pour la plateforme, a reçu il y a trois mois un mail annonçant son blocage pour «partage de compte«. Autrement dit, il est soupçonné d’avoir confié son compte à un autre coursier, ce qu’il conteste.
«C’est faux, je ne l’ai jamais partagé. J’ai demandé les raisons, on ne m’a jamais donné aucun élément. Je vis à La Courneuve, dans le 93. J’ai une famille, des enfants, c’est compliqué«, témoigne-t-il.
Fabian Tosolini explique que «des centaines» de coursiers concernés sont venues demander de l’aide ces derniers mois aux permanences organisées par le syndicat à Paris. «Le compte est exclu du jour au lendemain, et Uber Eats est dans l’incapacité de justifier la décision. Si le téléphone a borné à 5 km d’écart en moins de 20 secondes, effectivement il y a eu triche. Mais quand il y a une faute, il faut des preuves. Quand la plateforme n’en fournit pas, le compte doit être rouvert«, déclare-t-il.
«Le problème, c’est que lorsque les livreurs font appel, on leur répond juste une phrase bateau. On apporte des éléments de notre côté, mais dans la quasi-totalité des cas, il n’y a jamais de réactivation«, déplore le responsable syndical, venu «demander des comptes» face à des «pratiques opaques«.
Ces décisions plongent ces travailleurs dans une précarité extrême, ils sont privés de leur source de revenus
Fabian Tosolini, représentant du syndicat Union-Indépendants
«Humainement, socialement, c’est inacceptable, alerte-t-il. Quand le compte est coupé, le livreur n’a plus rien à manger. Ces décisions plongent ces travailleurs dans une précarité extrême, ils sont privés de leur source de revenus.«
«Certains livrent pour la plateforme depuis sept ans, avec parfois 30 000 courses cumulées. Et une fois que le compte est désactivé, vous ne pouvez même pas tenter de devenir livreur Uber VTC quelques années après. Vous êtes condamné à vie, il n’y a pas de seconde chance«, souligne Fabian Tosolini, qui précise que «ces pratiques concernent malheureusement l’ensemble des plateformes«.
Contactée, l’entreprise Uber Eats dit lancer «des actions continues destinées à contrôler l’authenticité des documents fournis par les livreurs lors de leur inscription et à lutter contre la sous-traitance irrégulière«. Lors de contrôles menés «régulièrement«, elle assure avoir «découvert de nouveaux réseaux de fraude qui se déploient notamment via les réseaux sociaux«.
Comment détecter des réseaux organisés sur TikTok et Discord, et identifier rétroactivement de nombreux comptes de sous-locations irrégulières. Après avoir repéré ces comptes frauduleux, la plateforme les a désactivés en suivant un processus d’information et de demande d’appel rigoureux. Elle affirme constamment améliorer ses procédures pour contrer des mécanismes de fraude de plus en plus sophistiqués. De plus, elle a communiqué de manière transparente les raisons de ces désactivations aux syndicats qui les ont demandées, et a effectué des vérifications supplémentaires. Malgré plusieurs invitations à rencontrer l’Union-Indépendants pour expliquer les signaux pris en compte par les agents d’Uber, la plateforme n’a reçu aucune réponse.
Le syndicat gère entre 1 500 et 1 700 demandes de réactivation par an auprès d’Uber Eats au niveau national, avec environ 40 000 livreurs en Île-de-France, toutes plateformes confondues. Des centaines de coursiers ont contesté la suspension arbitraire de leur compte et ont demandé des explications claires face à des déconnexions sans motif. La mobilisation organisée par l’Union-Indépendants devant le siège parisien d’Uber Eats a rassemblé environ 80 livreurs, qui ont été reçus par la police sans incident. Certains livreurs affirment avoir été bloqués pour partage de compte, ce qu’ils contestent, soulignant le manque de justification de la plateforme pour de telles décisions. Le syndicat demande des preuves avant de suspendre définitivement un compte. Le représentant syndical déplore le manque de réactivation des comptes suspendus, malgré les efforts déployés pour fournir des éléments de leur côté. Il dénonce des pratiques opaques qui plongent les travailleurs dans une précarité extrême en les privant de leur source de revenus. Fabian Tosolini, représentant du syndicat Union-Indépendants, souligne l’inacceptabilité humaine et sociale de telles pratiques, mettant en lumière la situation difficile dans laquelle se retrouvent ces travailleurs une fois leur compte désactivé. Certains livreurs ont accumulé des milliers de courses au fil des années, pour se retrouver sans rien une fois leur compte suspendu, sans possibilité de se tourner vers d’autres plateformes de livraison. Ces pratiques semblent affecter l’ensemble des plateformes, selon Tosolini.
L’entreprise Uber Eats affirme mener des actions pour contrôler l’authenticité des documents fournis par les livreurs et lutter contre la sous-traitance irrégulière. Elle mentionne avoir découvert de nouveaux réseaux de fraude opérant notamment sur les réseaux sociaux, ce qui l’a amenée à désactiver des comptes de sous-locations irrégulières. Après avoir identifié ces comptes frauduleux, Uber Eats affirme les avoir désactivés en suivant scrupuleusement les étapes d’information et de demandes d’appel possibles. La plateforme affirme également mettre en place des procédures en évolution constante pour contrer des mécanismes de fraude de plus en plus sophistiqués.
Uber Eats assure avoir communiqué de manière transparente les motifs de désactivation des comptes à la demande des syndicats et avoir effectué des vérifications supplémentaires. Cependant, le syndicat Union-Indépendants affirme gérer entre 1 500 et 1 700 demandes de réactivation par an auprès d’Uber Eats au niveau national. Il estime qu’il y a environ 40 000 livreurs en Île-de-France, toutes plateformes confondues.
La mobilisation organisée par le syndicat devant le siège d’Uber Eats a permis de rassembler environ 80 livreurs, qui ont été reçus par la police. Malgré les craintes initiales, aucun problème n’a été constaté par les forces de l’ordre. Le syndicat dénonce les suspensions arbitraires, injustifiées et massives de comptes de coursiers travaillant pour la plateforme, soulignant l’impact négatif sur la vie des travailleurs concernés. Des déconnexions «sans motif», pour lesquelles les livreurs demandent des «explications immédiates» et des «réponses claires».
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