L’ONG Care met en garde contre le sous-financement systémique de l’aide humanitaire en Afrique, où 80% des crises les moins médiatisées se produisent. Selon l’ONG, cette invisibilité a des conséquences graves pour les personnes touchées par les conflits, les catastrophes naturelles et la famine. Le rapport annuel de Care souligne que ces crises reçoivent peu de financements, avec des taux aussi bas que 11% pour le Honduras et 14% pour le Zimbabwe et le Malawi. Cette situation met en danger la vie des populations affectées. Care appelle à une sensibilisation accrue pour mobiliser une action politique et une solidarité renforcée face à ces crises humanitaires négligées. Alerte de l’ONG Care : 80% des crises les moins médiatisées se situent en Afrique, souffrant d’un sous-financement de l’aide.

L’ONG affirme que l’invisibilisation de ces crises «a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim».


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Des habitants attendent une distribution alimentaire organisée par les organisations humanitaires internationales, le 22 janvier 2020, à Simumbwe, en Zambie. (GUILLEM SARTORIO / AFP)

«80% des crises les moins médiatisées se situent en Afrique et souffrent d’un sous-financement systémique de l’aide», alerte l’ONG Care qui publie mercredi 28 janvier la 10e édition de son rapport annuel «sur les dix crises humanitaires passées sous silence dans les médias», que Radio France a pu consulter en exclusivité.

Depuis dix ans, «le continent africain est, chaque année, largement oublié par les médias. En 2025, près de 43 millions de personnes sont affectées par les dix crises humanitaires les moins documentées au monde, dont près de 80% se situent dans des pays africains», insiste Care.

Le nombre d’articles publiés en ligne sur «les dix crises les moins documentées» a connu une diminution de plus de 55% en passant de 89 588 en 2024 à 40 061 en 2025. «Ces crises sont en train de disparaître complètement des radars, même auprès des médias qui en parlaient au moins un peu», peut-on lire dans ce rapport. Cette évolution «témoigne de la tendance mondiale à invisibiliser les crises auprès du grand public et à mettre l’aide humanitaire sous pression», poursuit l’ONG. Par comparaison, en 2025, «la fermeture temporaire de TikTok aux Etats-Unis a fait 290 fois plus parler d’elle que la Centrafrique», dénonce le rapport.

Ces dix crises «sont aussi parmi celles qui reçoivent le moins de financements. En 2025, les réponses humanitaires des Nations Unies pour le Honduras n’étaient financées qu’à 11% et tout juste 14% pour le Zimbabwe ou le Malawi. La République centrafricaine atteignait 36%, un ‘record’ dans ce classement mais toujours à peine un tiers des besoins couverts», constate l’ONG. «L’invisibilisation de ces crises a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim», car «elle se traduit par moins de financements, moins d’aide humanitaire et davantage de vies en danger. Informer reste l’un des leviers essentiels pour mobiliser l’action politique et la solidarité», prévient Adéa Guillot, porte-parole de l’ONG CARE France.

La 10e édition du rapport annuel de l’ONG CARE sur les dix crises humanitaires passées sous silence rappelle le contexte troublant dans lequel paraît cette étude avec «près de la moitié des financements publics mondiaux de l’aide humanitaire qui ont disparu en dix ans». En 2025, «l’action humanitaire mondiale a été profondément fragilisée par la décision prise par Washington de supprimer 90% de ses financements de l’aide humanitaire». Il y a eu «des réductions similaires dans une dizaine de pays européens, dont 37% pour la France». «Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, porter assistance à des personnes en danger n’est plus unanimement reconnu comme un impératif vital», regrette Adéa Guillot, porte-parole de CARE France.

Par ailleurs, cette étude confirme année après année que «le changement climatique est désormais un facteur commun à l’ensemble des crises du classement.

Tous les pays mentionnés cette année font face à une série d’épisodes de sécheresse et d’inondations, détruisant les récoltes et entraînant une grave insécurité alimentaire à long terme». Avec cette dixième édition, «CARE ne se contente pas d’un simple constat. L’ONG lance un appel : ces crises existent, elles s’aggravent, elles nous concernent – et elles doivent être portées à notre attention dès maintenant».

Le classement des dix crises oubliées en 2025 :

1/ République centrafricaine : 1 Centrafricain sur 5 est déplacé
2/ Namibie : sécheresse inédite depuis 100 ans
3/ Zambie : une sécheresse historique et la pire crise alimentaire jamais enregistrée en Afrique Australe
4/ Malawi : 6,1 millions de personnes en situation d’urgence / Plusieurs zones ont été déclarées en état de catastrophe naturelle en octobre 2025
5/ Honduras : l’un des pays les plus pauvres et les plus exposés aux chocs climatiques en Amérique latine
6/ Corée du Nord : plus de 10 millions de personnes souffrent de malnutrition
7/ Angola : 1,3 million d’enfants ont besoin d’aide humanitaire
8/ Burundi : 2,7 millions de personnes en zone rurale menacées d’insécurité alimentaire
9/ Zimbabwe : 7,6 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire / La sécheresse alimente des situations de famine
10/ Madagascar : 2,3 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire / 4 cyclones ont eu lieu au cours du premier semestre de l’année

L’ONG affirme que l’invisibilisation de ces crises «a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim».

«80% des crises les moins médiatisées se situent en Afrique et souffrent d’un sous-financement systémique de l’aide», alerte l’ONG Care qui publie mercredi 28 janvier la 10e édition de son rapport annuel «sur les dix crises humanitaires passées sous silence dans les médias», que Radio France a pu consulter en exclusivité.
Depuis dix ans, «le continent africain est, chaque année, largement oublié par les médias. En 2025, près de 43 millions de personnes sont affectées par les dix crises humanitaires les moins documentées au monde, dont près de 80% se situent dans des pays africains», insiste Care. Le nombre d’articles en ligne sur «les dix crises les moins documentées» a chuté de plus de 55%, passant de 89 588 en 2024 à 40 061 en 2025. «Ces crises sont en train de disparaître complètement des radars, même auprès des médias qui en parlaient au moins un peu», peut-on lire dans ce rapport. Cette tendance «témoigne de l’invisibilisation mondiale des crises pour le grand public et de la pression exercée sur l’aide humanitaire», poursuit l’ONG. Par comparaison, en 2025, «la fermeture temporaire de TikTok aux États-Unis a fait l’objet de 290 fois plus de mentions que la Centrafrique», dénonce le rapport.

Ces dix crises «sont également parmi celles qui reçoivent le moins de financements». En 2025, les réponses humanitaires des Nations Unies pour le Honduras n’étaient financées qu’à 11% et tout juste 14% pour le Zimbabwe ou le Malawi. La République centrafricaine atteignait 36%, un ‘record’ dans ce classement mais toujours à peine un tiers des besoins couverts», constate l’ONG. «L’invisibilisation de ces crises a des conséquences directes pour les personnes affectées par les guerres, les catastrophes naturelles et la faim», car «elle se traduit par moins de financements, moins d’aide humanitaire et davantage de vies en danger. Informer reste l’un des leviers essentiels pour mobiliser l’action politique et la solidarité», prévient Adéa Guillot, porte-parole de l’ONG CARE France.

La 10e édition du rapport annuel de l’ONG CARE sur les dix crises humanitaires passées sous silence rappelle le contexte troublant dans lequel paraît cette étude avec «près de la moitié des financements publics mondiaux de l’aide humanitaire qui ont disparu en dix ans». En 2025, «l’action humanitaire mondiale a été profondément fragilisée par la décision prise par Washington de supprimer 90% de ses financements de l’aide humanitaire». Il y a eu «des réductions similaires dans une dizaine de pays européens, dont 37% pour la France». «Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, porter assistance à des personnes en danger n’est plus unanimement reconnu comme un impératif vital», regrette Adéa Guillot, porte-parole de CARE France.

Par ailleurs, cette étude confirme année après année que «le changement climatique est désormais un facteur commun à l’ensemble des crises du classement. Tous les pays cités cette année sont confrontés à une alternance d’épisodes de sécheresse et d’inondations, qui détruit les récoltes et entraîne une insécurité alimentaire grave et durable». Avec cette dixième édition, «CARE ne se contente pas d’un état des lieux. L’ONG lance un appel : ces crises existent, elles s’aggravent, elles nous concernent — et elles doivent être racontées. Maintenant».

Le classement des dix crises oubliées en 2025 :

1/ République centrafricaine : 1 Centrafricain sur 5 est déplacé
2/ Namibie : sécheresse inédite depuis 100 ans
3/ Zambie : une sécheresse historique et la pire crise alimentaire jamais connue sévissent en Afrique Australe
4/ Malawi : 6.1 millions de personnes en situation d’urgence / Plusieurs zones ont été déclarées en état de catastrophe naturelle en octobre 2025
5/ Honduras : l’un des pays les plus pauvres et les plus exposés aux chocs climatiques d’Amérique latine
6/ Corée du Nord : plus de 10 millions de personnes souffrent de malnutrition
7/ Angola : 1,3 million d’enfants ont besoin d’aide humanitaire
8/ Burundi : 2,7 millions de personnes en zone rurale menacées d’insécurité alimentaire
9/ Zimbabwe : 7,6 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire / La sécheresse alimente des situations de famine
10/ Madagascar : 2,3 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire / 4 cyclones ont eu lieu au cours du premier semestre de l’année. The 10th edition of CARE’s annual report on the ten humanitarian crises overlooked by the media reveals that 80% of the least publicized crises are located in Africa and suffer from systemic underfunding of aid. In 2025, nearly 43 million people are affected by these crises, with the continent being largely ignored by the media each year. The report highlights a significant decrease in online articles covering these crises, indicating a global trend of invisibility and lack of funding for humanitarian responses. The consequences of these crises include less funding, reduced aid, and increased danger for those affected. CARE’s report emphasizes the importance of informing the public to mobilize political action and solidarity in addressing these forgotten crises.

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