La mère de l’adolescent avait déposé plainte, un an après le suicide de son fils en 2023, victime de harcèlement.
«On a depuis le début l’impression de se heurter à une porte de prison. Cette information judiciaire va permettre d’accéder au dossier. La vérité va enfin pouvoir émerger«, se réjouit Me Jean-Baptiste Soufron, l’avocat de Béatrice le Blay, la mère de Nicolas. Une enquête a donc été ouverte en décembre pour homicide volontaire et harcèlement scolaire, plus de deux ans après le suicide de Nicolas, 15 ans, à Poissy.
«Le ministère a fait tout ce qu’il pouvait pour ralentir les choses et ne pas se remettre en question», poursuit l’avocat. Comment la scolarité a réagi, qu’est-ce qui a été mis en place ? Cette enquête permettra d’établir des faits et ce sera ensuite au juge de décider si des fautes ont été commises et qui doit porter une part de responsabilité.
Nicolas avait été victime de harcèlement lors de l’année scolaire 2022 précédent, son suicide en 2023. Dès le début d’année, il s’était plaint auprès de ses parents, qui avaient alerté les responsables pédagogiques de l’établissement. En constatant que la situation ne s’améliorait pas, sa mère avait finalement écrit au proviseur, qui avait fourni, en avril, une réponse circonstanciée. Mais le rectorat avait quant à lui envoyé, en mai 2023, une lettre au ton menaçant, qualifiant ses propos et son attitude «d’inacceptables», et soulignant les risques pénaux d’une dénonciation inexacte (5 ans d’emprisonnement et 45.000 euros).
À la rentrée suivante, le 5 septembre 2023, Mme Le Blay avait découvert le corps de son fils, pendu, à leur domicile. Quelques jours plus tard, la publication de cette lettre dans la presse avait suscité de vives réactions en France, notamment de la part du ministre de l’éducation de l’époque, Gabriel Attal, pour qui cette lettre était «une honte».
«Ce sont des gens qui manient l’agressivité, et au-delà il y a une forme d’opacité», poursuit l’avocat. À ce jour, il était encore impossible à la famille d’accéder aux différents dossiers qui permettraient de comprendre ce qui s’est passé. «C’est terrible pour les parents de vivre un drame et de n’avoir aucune explication. Et à l’opacité et aux manœuvres de l’éducation scolaire (…) s’ajoute celle de la lenteur habituelle de la justice. On se retrouve dans des dossiers ou deux ans et demi plus tard, les familles n’ont toujours pas d’information. Mais le ministère fait tout ce qu’il fait pour que les enquêtes ne puissent pas avoir lieu.«
On a l’impression que rien n’a changé.
Me Jean-Baptiste Soufron, avocat de la mère de Nicolas
Contactée par téléphone, la mère de l’adolescent n’a pas souhaité réagir personnellement. Elle avait déposé une plainte avec constitution de partie civile en septembre 2024. En parallèle de cette procédure, une enquête interne, menée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, avait finalement conduit Matignon en mars 2025 à blanchir la rectrice de Versailles de l’époque, Charline Avenel. Celle-ci a cependant fini par quitter le ministère et rejoindre celui de l’économie et des finances.
Contacté, le rectorat n’a pas souhaité faire de commentaire. «Ce qui est terrifiant, poursuit l’avocat, c’est que ces drames, qui continuent, auraient dû provoquer une réaction du ministère, mais on a l’impression que rien n’a changé. En attendant ce sont des familles qui en pâtissent avec de nouveaux drames qui arrivent régulièrement.«
Depuis ce drame, la mère de Nicolas Béatrice le Blay a co-fondé l’association «faire face au harcèlement» avec Gabriel Attal, qui fait des interventions dans les écoles auprès des élèves pour sensibiliser au harcèlement.
L’ouverture de cette enquête judiciaire permet à la famille d’accéder au dossier administratif. L’ouverture de cette enquête judiciaire permet à la famille d’avoir accès au dossier administratif.
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