Le suspect, âgé de 79 ans, a été mis en examen en février 2024 pour viols et agressions sexuelles aggravés sur mineurs commis dans plusieurs pays entre 1967 et 2022.
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Son nom et son visage ont été dévoilés, mardi 10 février, près de deux ans après sa mise en examen. Soupçonné d’avoir violé plusieurs dizaines d’enfants et d’adolescents pendant cinq décennies, Jacques Leveugle, 79 ans, a été interpellé en février 2024 et mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés sur au moins 89 mineurs. Deux ans plus tard, il fait l’objet d’un vaste appel à témoins lancé par la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble pour permettre à toutes les victimes de se manifester.
Pour le procureur de Grenoble, Etienne Manteaux, la décision de rendre publique l’identité du suspect et de publier plusieurs photographies de lui, au fil des décennies, n’avait rien d’automatique. «Nous avons fait cet appel à témoins car nous n’avions pas d’autre choix, précise-t-il à franceinfo. Dans une enquête classique, magistrats et enquêteurs sont tenus au secret de l’enquête. Révéler l’identité d’une personne soupçonnée de tels agissements est quelque chose que l’on fait très exceptionnellement.»
L’enquête repose sur les «mémoires» du suspect, quinze tomes de textes retrouvés fin 2023 sur des clés USB par son neveu. Ces écrits relatent des faits qui auraient été commis entre 1967 et 2022, dans plusieurs pays, selon le parquet de Grenoble. Avant toute communication publique, les enquêteurs ont dû exploiter cette masse de documents, en vérifier la cohérence, recouper les lieux, les dates, les identités. Un travail mené d’abord par la brigade de Vizille (Isère), commune où le septuagénaire était domicilié, puis par la section de recherches de Grenoble, qui a recensé 89 victimes mineures âgées de 13 à 17 ans au moment des faits.
L’appel à témoins a finalement été lancé le 10 février. «Nous retardons le plus possible ce genre de publicité pour ne pas troubler l’enquête», explique Etienne Manteaux. Un doute existait aussi sur la nature même des récits de Jacques Leveugle. «Il fallait s’assurer qu’il ne s’agissait pas simplement d’affabulations sordides consignées par écrit. Il n’était pas question de diffuser de telles informations sans preuves de leur véracité. (…) Visiblement, cet homme agissait de façon solitaire mais nous avons également souhaité nous assurer d’abord qu’il n’y avait pas de complicités», souligne le magistrat.
A ce stade, une quarantaine des 89 victimes mentionnées a pu être identifiée. Mais certaines ne sont désignées que par un prénom ou un surnom dans les «mémoires» du suspect. «Nous espérions réussir à identifier toutes les victimes en nous basant seulement sur ces écrits. Mais le temps court et Jacques Leveugle avance en âge.















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