In Paris, the Cochin Institute is launching the first structured collection of menstrual blood in France to accelerate the diagnosis of endometriosis. The study, which still lacks volunteers, is just beginning. Explanations.
Since September, the Cochin Institute in Paris has been conducting the MultiMendo study, an exploratory research analyzing menstrual blood from diagnosed endometriosis patients. Up to 20% of women of childbearing age are affected by it.
In the Île-de-France region, 300,000 to 600,000 women are estimated to be affected by endometriosis, according to the Regional Health Agency. The wait for care in an expert center varies between six months and a year.
By launching the first structured collection of menstrual blood in France, the Cochin Institute aims to identify biomarkers that could, in the long run, reduce the diagnostic delays, currently estimated between 7 and 10 years.
But to move forward, the study needs volunteers from the Île-de-France region who are already diagnosed.
This research opens up a scientifically unexplored path. It marks a step in understanding a disease that has long been invisible, with the diagnosis remaining a challenging journey for many women.
For researcher Ludivine Doridot, who leads the project, the link between menstruation and endometriosis is well-documented: «Epidemiological studies show that women who have earlier periods are at a higher risk. One of the most supported theories is that of menstrual reflux: endometrial fragments would travel back through the fallopian tubes and could implant elsewhere. Menstrual blood could therefore contain cells that are the origin of the condition.»
The idea came from a colleague, but a method had to be devised to retrieve this biological fluid in the laboratory.
The kit given to participants includes a menstrual cup and vials. The cup must be worn for four hours to collect the sample, then picked up at home by a courier. Each volunteer must take three samples over three cycles.
The criteria:
- be a woman aged 18 to 45
- live in Île-de-France
- have been diagnosed with endometriosis
- have already used a cup
Close to 50 women have already joined the study, but the team is looking for an additional 200. Paradoxically, most current volunteers are not diagnosed.
«Many affected women no longer have their periods because the most common treatment, the pill, suppresses them. They cannot participate,» explains Ludivine Doridot. For now, the promotion is limited to local advertising around the Cochin Institute.
The study is still in its early stages. «We know that menstrual blood is relevant, but no one has worked on it yet. In the medium term, we hope to identify reliable markers and then launch a national study to confirm their usefulness,» details the researcher.
These future markers could then be tested on undiagnosed women and compared to other methods, some of which are not yet available, such as imaging tools.
Reactions on the street are very different. Laurence, met in Paris, sees it as a necessary advancement: «I would be ready to participate without hesitation. When you see the suffering linked to endometriosis, wearing a cup for four hours is nothing, especially with someone coming to collect the sample. We just need to sit comfortably and wait. I think of my mother, from the 60s, who was never diagnosed. It’s time to move things forward!»
Conversely, some affected women are more reserved. A 32-year-old Parisian, who is affected herself, explains that she no longer wants to «waste time in yet another protocol», believing that «nothing really changes» for patients.
It’s not the device that’s the problem, it’s the medical wandering
Sarah, a journalism student in Île-de-France, suffers from endometriosis but will not participate in the collection. For her, the cup is not suitable for her pain. «Just like tampons, it’s not comfortable with endometriosis,» she says.
Diagnosed after 11 years of medical wandering, she denounces: «Even with a diagnosis, some doctors question what we are experiencing. That’s the real problem. Hormonal treatments damage us, painkillers are not enough. What we really lack is an effective treatment.»
While Sarah applauds the research intention, she remains skeptical: «The work of the Cochin Institute and the researcher is a small step. Markers are good, but as long as mentalities don’t change, we will remain in wandering. I understand women who think it won’t change anything: we live the pain, the appointments where we are told we are exaggerating, the denied diagnoses…«
«Nous, ce qu’on attend, c’est une solution!» affirme-t-elle.
À Paris, l’Institut Cochin lance la première collecte structurée de sang menstruel en France pour accélérer le diagnostic de l’endométriose. L’étude qui manque encore de volontaires n’en est qu’à ses débuts. Explications.
Depuis septembre, l’Institut Cochin à Paris conduit l’étude MultiMendo, une recherche exploratoire analysant le sang menstruel de patientes diagnostiquées d’endométriose. Jusqu’à 20 % des femmes en âge de procréer en sont atteintes.
En Île-de-France, 300 000 à 600 000 femmes seraient concernées par l’endométriose, selon l’Agence régionale de santé. L’attente pour obtenir une prise en charge dans un centre expert varie entre six mois et un an.
En lançant la première collecte structurée de sang menstruel en France, l’Institut Cochin veut repérer des biomarqueurs qui pourraient, à terme, réduire les délais de diagnostic qu’ils estiment encore entre 7 et 10 ans.
Mais pour avancer, l’étude a besoin de volontaires franciliennes déjà diagnostiquées.
Cette recherche ouvre une piste scientifique encore peu explorée. Elle marque une étape dans la compréhension d’une maladie longtemps invisibilisée, dont le diagnostic reste un parcours difficile pour de nombreuses femmes.
Pour la chercheuse Ludivine Doridot qui dirige le projet, le lien entre règles et endométriose est documenté : «les études épidémiologiques montrent que les femmes qui ont leurs règles plus tôt sont plus à risque. L’une des théories les plus étayées est celle du reflux menstruel : des fragments d’endomètre remonteraient par les trompes et pourraient s’implanter ailleurs. Le sang des règles pourrait donc contenir des cellules à l’origine de la pathologie».
L’idée lui est venue d’une collègue mais encore fallait-il concevoir une méthode pour récupérer ce fluide biologique en laboratoire.
Le kit remis aux participantes contient une cup menstruelle et des flacons. La cup doit être portée quatre heures pour collecter l’échantillon, ensuite récupérée à domicile par un transporteur. Chaque volontaire doit réaliser trois prélèvements sur trois cycles.
Les critères :
– être une femme de 18 à 45 ans
– habiter en Île-de-France
– avoir été diagnostiquée comme souffrant d’endométriose
– avoir déjà utilisé une cup
Près de 50 femmes ont déjà rejoint l’étude mais l’équipe en recherche 200 supplémentaires. Paradoxalement, la plupart des volontaires actuelles ne sont pas diagnostiquées.
«Beaucoup de femmes atteintes n’ont plus leurs règles parce que le traitement le plus courant; la pilule, les supprime. Elles ne peuvent donc pas participer», explique Ludivine Doridot. Pour l’instant, la diffusion reste limitée à un affichage local autour de l’Institut Cochin.
L’étude est encore à ses débuts. «On sait que le sang menstruel est pertinent mais personne n’a encore travaillé dessus. À moyen terme, on espère identifier des marqueurs fiables puis lancer une étude nationale pour confirmer leur utilité», détaille la chercheuse.
Ces futurs marqueurs pourraient ensuite être testés chez des femmes non diagnostiquées et comparés à d’autres méthodes dont certaines ne sont pas encore disponibles comme des outils d’imagerie.
Dans la rue, les réactions sont très différentes. Laurence, rencontrée à Paris y voit une avancée nécessaire : «Je serais prête à participer sans hésitation. Quand on voit la souffrance liée à l’endométriose, ce n’est rien de porter une cup quatre heures, surtout avec quelqu’un qui vient récupérer l’échantillon. On a juste à s’installer confortablement et attendre. Je pense à ma mère, des années 60, qui n’a jamais été diagnostiquée. Il est temps qu’on fasse avancer les choses ! «.
À l’inverse, certaines femmes atteintes se montrent plus réservées. Une Parisienne de 32 ans, elle-même concernée, explique ne plus vouloir «perdre de temps dans un énième protocole», estimant que «rien ne change vraiment» pour les patientes.
Sarah, étudiante en journalisme en Île-de-France, souffre d’endométriose mais ne participera pas à la collecte. Pour elle, la cup n’est pas adaptée à ses douleurs. «Tout comme les tampons, ce n’est pas confortable avec l’endométriose», déclare-t-elle.
Diagnostiquée après 11 ans d’errance médicale, elle dénonce : «même avec un diagnostic, certains médecins remettent en cause ce qu’on vit. C’est ça le vrai problème. Les traitements hormonaux nous bousillent, les antidouleurs ne suffisent pas. On manque surtout d’un traitement efficace».
Si Sarah salue l’intention de la recherche, elle reste sceptique : «Le travail de l’Institut Cochin et de la chercheuse, c’est un petit pas. Les marqueurs, c’est bien mais tant que les mentalités ne changent pas, on restera dans l’errance. Elle comprend les femmes qui pensent que ça ne changera rien : on vit la douleur, les rendez-vous où on nous dit qu’on exagère, les diagnostics niés… Nous, ce qu’on attend, c’est une solution!», affirme-t-elle.
À Paris, l’Institut Cochin lance la première collecte structurée de sang menstruel en France pour accélérer le diagnostic de l’endométriose. L’étude qui manque encore de volontaires n’en est qu’à ses débuts. Explications.
Depuis septembre, l’Institut Cochin à Paris conduit l’étude MultiMendo, une recherche exploratoire analysant le sang menstruel de patientes diagnostiquées d’endométriose. Jusqu’à 20 % des femmes en âge de procréer en sont atteintes. En Île-de-France, 300 000 à 600 000 femmes seraient concernées par l’endométriose, selon l’Agence régionale de santé. L’attente pour obtenir une prise en charge dans un centre expert varie entre six mois et un an. En lançant la première collecte structurée de sang menstruel en France, l’Institut Cochin veut repérer des biomarqueurs qui pourraient, à terme, réduire les délais de diagnostic qu’ils estiment encore entre 7 et 10 ans. Mais pour avancer, l’étude a besoin de volontaires franciliennes déjà diagnostiquées. Cette recherche ouvre une piste scientifique encore peu explorée. Elle marque une étape dans la compréhension d’une maladie longtemps invisibilisée, dont le diagnostic reste un parcours difficile pour de nombreuses femmes. Pour la chercheuse Ludivine Doridot qui dirige le projet, le lien entre règles et endométriose est documenté : «les études épidémiologiques montrent que les femmes qui ont leurs règles plus tôt sont plus à risque. L’une des théories les plus étayées est celle du reflux menstruel : des fragments d’endomètre remonteraient par les trompes et pourraient s’implanter ailleurs. Le sang des règles pourrait donc contenir des cellules à l’origine de la pathologie». L’idée lui est venue d’une collègue mais encore fallait-il concevoir une méthode pour récupérer ce fluide biologique en laboratoire. Le kit remis aux participantes contient une cup menstruelle et des flacons. La cup doit être portée quatre heures pour collecter l’échantillon, ensuite récupérée à domicile par un transporteur. Chaque volontaire doit réaliser trois prélèvements sur trois cycles. Les critères : être une femme de 18 à 45 ans, habiter en Île-de-France, avoir été diagnostiquée comme souffrant d’endométriose, avoir déjà utilisé une cup. Près de 50 femmes ont déjà rejoint l’étude mais l’équipe en recherche 200 supplémentaires. Paradoxalement, la plupart des volontaires actuelles ne sont pas diagnostiquées. «Beaucoup de femmes atteintes n’ont plus leurs règles parce que le traitement le plus courant; la pilule, les supprime. Elles ne peuvent donc pas participer», explique Ludivine Doridot. Pour l’instant, la diffusion reste limitée à un affichage local autour de l’Institut Cochin. L’étude est encore à ses débuts. «On sait que le sang menstruel est pertinent mais personne n’a encore travaillé dessus. À moyen terme, on espère identifier des marqueurs fiables puis lancer une étude nationale pour confirmer leur utilité «, détaille la chercheuse. Ces futurs marqueurs pourraient ensuite être testés chez des femmes non diagnostiquées et comparés à d’autres méthodes dont certaines ne sont pas encore disponibles comme des outils d’imagerie. Dans la rue, les réactions sont très différentes. Laurence, rencontrée à Paris y voit une avancée nécessaire : «Je serais prête à participer sans hésitation. Quand on voit la souffrance liée à l’endométriose, ce n’est rien de porter une cup quatre heures, surtout avec quelqu’un qui vient récupérer l’échantillon. On a juste à s’installer confortablement et attendre. Je pense à ma mère, des années 60, qui n’a jamais été diagnostiquée. Il est temps qu’on fasse avancer les choses!». À l’inverse, certaines femmes atteintes se montrent plus réservées. Une Parisienne de 32 ans, elle-même concernée, explique ne plus vouloir «perdre de temps dans un énième protocole», estimant que «rien ne change vraiment» pour les patientes. Sarah, étudiante en journalisme en Île-de-France, souffre d’endométriose mais ne participera pas à la collecte. Pour elle, la cup n’est pas adaptée à ses douleurs. Elle explique que l’endométriose rend l’utilisation des tampons inconfortable. Après avoir été diagnostiquée suite à 11 ans d’errance médicale, elle critique le manque de compréhension de certains médecins envers la douleur vécue. Malgré les avancées de la recherche, elle reste sceptique quant au changement des mentalités et insiste sur le besoin urgent d’une solution efficace pour les femmes souffrant de cette maladie.
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