Une nouvel accident de train, deux jours après la collision ferroviaire dans le sud du pays, a relancé les critiques sur le rail espagnol. La gestion des lignes et des trains est visée malgré des investissements records ces dernières années.
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 3min
La loi des séries ? Deux jours après sa pire catastrophe ferroviaire depuis 2013, une collision de trains à grande vitesse près d’Adamuz en Andalousie qui a fait au moins 42 morts, mardi 20 janvier, un nouvel accident ferroviaire a fait un mort et cinq blessés graves. Un train de banlieue à destination de Barcelone a heurté les débris d’un mur de soutènement qui s’était effondré sur la voie près de Gelida, à une quarantaine de kilomètres de la capitale catalane. Le gestionnaire du réseau ferroviaire national Adif a indiqué que l’effondrement avait été provoqué par une tempête et les pluies qui s’abattent sur une grande partie de la région. On fait le point sur le système ferroviaire espagnol.
En Espagne, l’ADIF (pour «administrateur des infrastructures ferroviaires») et sa branche ADIF Alta Velocidad gèrent l’essentiel des infrastructures ferroviaires : voies, signalisation, aiguillages, gares et sécurité de l’infrastructure. ADIF est un organisme public rattaché au ministère espagnol des Transports. Le schéma est proche de celui de la France, où SNCF Réseau gère l’infrastructure, séparée des opérateurs qui font rouler les trains.
Concernant les trains qui circulent, jusqu’à l’ouverture à la concurrence actée en 2020, Renfe était l’opérateur unique du transport ferroviaire de voyageurs longue distance et grande vitesse. Depuis, d’autres entreprises circulent sur le réseau, notamment Ouigo et Iryo, un opérateur privé, détenu majoritairement par le groupe public italien Ferrovie dello Stato.
Tous ces opérateurs utilisent les infrastructures d’ADIF et lui versent des redevances d’accès au réseau (les «péages»), un mécanisme comparable à celui qui existe aussi en France.
L’Espagne dispose de l’un des plus grands réseaux de grande vitesse au monde, avec près de 4 000 kilomètres de lignes à grande vitesse. C’est aussi un secteur où les investissements publics sont particulièrement élevés.
Selon l’ADIF, l’administrateur des infrastructures ferroviaires a exécuté près de 4,5 milliards d’euros d’investissements en 2024, en hausse de 32% sur un an. Un peu plus de la moitié de cette enveloppe concerne la grande vitesse, le reste étant fléché vers le réseau «classique», dont les trains du quotidien.
L’ADIF met notamment en avant de grands chantiers, des lignes nouvelles et des travaux de rénovation sur des axes déjà exploités.
Malgré cette hausse des investissements, le rail espagnol fait régulièrement l’objet de critiques, avec des épisodes de pannes de signalisation, de retards en cascade, de trains immobilisés pendant des heures, ou encore de perturbations majeures sur des axes clés.
Le mécontentement des voyageurs est visible dans les chiffres publiés par Renfe qui enregistre une forte hausse des réclamations et des indemnisations automatiques.
Dans ses comptes de 2023, la Renfe indique 353 665 réclamations écrites déposées en 2023, contre 189 214 en 2019 et 1 364 977 remboursements et indemnisations automatiques en 2023.
















Deja una respuesta