Arrivées dès 10 heures devant le BHV, les premières clientes se pressent pour être les premières à entrer dans la seule boutique physique du géant chinois Shein à 13 heures. C’est le récit d’une journée mouvementée. «Moi j’aime bien voir toute cette animation. Nous sommes à Paris et il se passe toujours quelque chose !» La rue de Rivoli est en effervescence : une file d’attente s’étend sur plus de cinquante mètres devant le BHV, avec des personnes arrivées dès dix heures du matin pour une ouverture trois heures plus tard. Beaucoup de femmes de tous âges et quelques hommes, plus accompagnateurs qu’acheteurs potentiels. Les rares resquilleurs sont rapidement rappelés à l’ordre par les passants, et les gens discutent facilement malgré les interruptions fréquentes des nombreux journalistes présents. De l’autre côté de la rue, c’est plus agité : gendarmes tentant de contrôler le flux de vélos et de taxis, manifestants agitant des drapeaux et accusant les clients en attente d’être complices de pédocriminels. Au milieu, des élus répondent aux caméras, pendant qu’un drapeau «Non à Shein» flotte à une fenêtre. Lola, une jeune retraitée, avoue adorer la mode et affirme que les femmes sont accros aux achats, même sans forcément porter les vêtements, juste pour les payer, avant d’éclater de rire. Les premières clientes de la boutique Shein au BHV sont arrivées à 11h et ont rapidement engagé la conversation avec les autres personnes faisant la queue comme elles, dont Josiane, une jeune retraitée au look soigné avec ses cheveux courts teints en violet et son maquillage impeccable. Les deux femmes avouent ne jamais avoir entendu parler du jeune patron très médiatique de la SGM, l’exploitant des lieux, Frédéric Merlin, alors qu’il passe à quelques mètres d’elles entouré de photographes et de caméras. Elles se souviennent du BHV comme une enseigne populaire où tout le monde allait lorsque elles étaient jeunes adultes, donc elles ne voient pas de problème à voir une marque comme Shein s’installer ici, surtout au moment où des enseignes établies comme Zara ont considérablement augmenté leurs prix. Lola avoue acheter souvent sur le site internet de Shein malgré les pratiques parfois douteuses de la marque sur le plan écologique et social. Elle estime que toutes les grandes marques ont des pratiques similaires, donc elle ne voit pas où est l’hypocrisie. Juste derrière, Dominique, une retraitée de soixante-neuf ans, affirme adorer acheter des vêtements mais craint de ne trouver que des produits standardisés fabriqués par la marque dans la boutique. Elle préfère l’offre plus large en ligne avec différentes marques. Elle est curieuse de voir l’agitation autour de l’ouverture de la boutique. Hélène, du même âge, avoue être là surtout pour l’ambiance et le tumulte, même si elle est plus en phase de décroissance et se débarrasse plus d’articles qu’elle n’en achète. Elle veut voir si toute cette agitation est justifiée. Après près de deux heures de queue, les clientes entrent enfin dans la boutique Shein. Une atmosphère surréaliste règne à l’intérieur, avec les clients se précipitant sur les ascenseurs et les escalators pour accéder aux six étages. Un contrôle de sécurité strict attend les clients à chaque étape, rappelant un contrôle aéroportuaire. Faire du shopping avec les premières clientes de la boutique Shein au BHV peut être un peu chaotique. Dès que l’on aperçoit le premier écriteau d’un mètre sur un mètre ‘Shein’, tout le monde semble pressé et il y a autant de journalistes que de clients, ces derniers essayant tant bien que mal de se frayer chemin dans les rayons. Le marketing oblige : pour chaque achat, aussi minime soit-il, vous repartez avec un sac Shein au logo bien voyant. David, venu exprès de Lille pour «faire plaisir à sa compagne», exhibe fièrement son sac et le t-shirt qu’il vient d’acheter en promotion pour l’ouverture. Malgré une faible récolte et une odeur désagréable, il est content d’avoir fait le déplacement. Lola et sa nouvelle amie sont déçues en découvrant que les prix en magasin sont plus élevés qu’en ligne. Une autre cliente confirme leur constat en comparant les prix des articles. Après une demi-heure de shopping, elles quittent la boutique en se disant déçues et préférant continuer à commander en ligne. En redescendant les étages du BHV, trois jeunes militantes écologistes tentent de distribuer des tracts avant d’être escortées par la sécurité. De retour sur la rue de Rivoli, l’agitation autour de la boutique Shein continue, mais Lola préfère désormais commander en ligne depuis chez elle.

Elles sont arrivées dès 10 heures devant le BHV. Objectif : être les toutes premières à pénétrer dans l’unique magasin…

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Vidéo. Shein au BHV à Paris, une première mondiale, dans un climat de tensions C’est une première mondiale, le géant asiatique de la fast fashion, Shein, ouvre ce mercredi son premier magasin «physique» au BHV à Paris. Devant les portes du magasin, des premiers clients, des manifestants et des policiers. Des élus de gauche se sont également mobilisés rue de Rivoli. À 13 heures, en plein cœur de Paris, le géant de la fast fashion va accueillir ses premiers clients. Certains sont arrivés dès le début de la matinée pour être certains d’accéder à cet espace de 1200 mètres carrés situé au 6ème étage du BHV. Et cela dans une ambiance tendue, rue de Rivoli. L’association Mouv’Enfant, menée par son fondateur Arnaud Gallais a une nouvelle fois dénoncé la vente sur le site internet de Shein de poupées sexuelles, avant d’être écartée par la police. Depuis hier soir, les forces de l’ordre sont présentes autour du magasin. La préfecture de police de Paris dit suivre l’événement avec une «attention toute particulière» afin d’assurer «la sécurité à la fois de nos concitoyens» mais aussi «des infrastructures». L’arrivée de la plateforme, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la mode jetable ultra-éphémère. Depuis l’annonce de l’arrivée de Shein au BHV, début octobre, le gouvernement, la mairie de Paris, des élus, des associations et des acteurs du secteur textile français ont fustigé son implantation en France dénonçant la concurrence déloyale, les conditions de fabrication des vêtements aussi bien sur le plan social qu’environnemental. Une levée de boucliers, avant même la révélation samedi par la Répression des fraudes (DGCCRF) de la vente de poupées sexuelles ressemblant à des fillettes. Vidéo: Tensions à Paris lors de l’ouverture de Shein au BHV, une première mondiale

C’est une première mondiale, le géant asiatique de la fast fashion, Shein, ouvre ce mercredi son premier magasin «physique» au…

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