Un supermarché abandonné et inaccessible depuis 15 ans, surnommé le «Mausolée» du graff, a été désaffecté, squatté, puis peint par les artistes Lek et Sowat ainsi qu’une vingtaine d’autres graffeurs avant d’être muré. Situé à la porte de la Villette à Paris, cet ancien Casino va bientôt rouvrir temporairement cet automne. Entre street art et exploration urbaine, des visites sont prévues à la lueur des lampes torches. Au cœur de ce site, s’étalant sur 40 000 m² répartis sur trois niveaux, on trouve un sol noir couvert de crasse, des voitures brûlées et des tas de détritus, contrastant avec les multiples signatures, lettrages colorés et immenses fresques abstraites qui ornent les murs. Caché sous le périphérique dans le 19e arrondissement, à la limite d’Aubervilliers, ce «Mausolée» est un véritable musée underground. Propriété de la Ville de Paris, le site a été déserté depuis 15 ans, offrant aux visiteurs la possibilité de redécouvrir cet ancien supermarché à l’abandon dans l’obscurité. Pour les artistes Lek et Sowat, y accéder est presque comme entrer dans la grotte de Lascaux. Reportage. Le «Mausolée» du graffiti, un supermarché abandonné et inaccessible depuis 15 ans, rouvre au public à Paris. Avec son partenaire Lek, Sowat a investi les lieux entre 2010 et 2011. Comme l’explique Sowat, Lek, «un ancien enfant du quartier», «venait ici en tant que client avec sa maman». Fan d’urbex, d’exploration urbaine, il repasse un jour devant le supermarché, alors habité par des squatteurs, bientôt délogés. «J’ai vu qu’il n’y avait plus personne,» raconte Lek. Reportage. Le «Mausolée» du graff, un supermarché abandonné et inaccessible depuis 15 ans, rouvre au public à Paris. «Il y a 15 ans, j’ai trouvé un accès via la voie ferrée, et j’ai escaladé en passant par un dépôt de la RATP.» Le Mausolée est situé au 1, boulevard de la Commanderie, dans le 19e arrondissement de Paris. © Pierre de Baudouin 23 artistes ont participé à la première phase du projet en 2010. © Pierre de Baudouin Avec Sowat, il commence alors «s’amuser». Jayone, O’clock, Bom.k… Le duo invite ensuite une vingtaine d’artistes pour les aider à peindre, formant ainsi une «résidence expérimentale» pendant plus d’un an. Pour immortaliser le projet, Lek et Sowat tournent un film en stop motion, et en tirent aussi un livre. Puis le lieu est muré. «C’est émouvant de revenir 15 ans après,» confie Sowat. «On était passé complètement à autre chose.

Désaffecté, squatté puis peint par les artistes Lek et Sowat et une vingtaine d’autres graffeurs avant d’être muré, un «ancien…

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