La SGM, le groupe qui détient le BHV Marais, a annoncé l’ouverture d’un point de vente permanent de Shein, dans le cadre d’un partenariat avec le géant asiatique de la vente en ligne de vêtements. Au sein des boutiques situées à proximité du grand magasin, comment réagissent les consommateurs et les vendeurs à l’implantation de ce mastodonte de l’»ultra-fast fashion» ?
«Trop bien, j’imagine qu’il y aura plein de monde pour l’ouverture, mais j’irai jeter un œil«, se réjouit Arthur, un jeune homme parisien, en apprenant l’arrivée de Shein dans la capitale. «C’est pratique pour les clients, on pourra essayer les tailles. Parfois c’est difficile d’être sûr quand on commande«, réagit Sacha, un ami, de passage également devant le BHV Marais.
La Société des grands magasins (SGM) a annoncé mercredi un partenariat avec la marque asiatique avec l’ouverture à partir de novembre de six points de vente pérennes en France, à commencer par le BHV Marais puis «progressivement» dans des Galeries Lafayette en province. Jusqu’ici, le géant de la mode express à prix discount ne vendait ses produits qu’en ligne ou via des boutiques éphémères.
Mais le projet suscite de nombreuses critiques, alors que Shein est régulièrement accusé d’inonder le marché européen avec des prix très bas, un renouvellement de ses références poussé à l’extrême, un marketing agressif, des articles non conformes et des petits colis difficiles à contrôler pour les douanes. La plateforme asiatique, fondée en Chine en 2012, est désormais basée à Singapour.
Le BHV Marais est situé dans le 4e arrondissement, à côté de l’hôtel de ville de Paris.
•
© Pierre de Baudouin
«Je suis violemment contre, c’est scandaleux, inacceptable, insupportable. On va être submergés par de la camelote… Et vu comment les personnes qui produisent les vêtements sont traitées, ça me répugne«, déplore Fabrice, un cinquantenaire parisien, tandis que la marque, soupçonnée de conditions de travail indignes, s’approvisionne principalement en Chine.
«C’est pas vrai ! Je suis scandalisée et choquée. Pour le BHV, c’est idiot de faire de la concurrence au prêt-à-porter français. C’est aussi une erreur écologique, on est envahi par des montagnes de produits de mauvaise qualité, avec toute la pollution que ça implique«, s’indigne Martine, également à l’entrée du BHV. «Je n’achète jamais sur internet. Carole réagit en sortant du grand magasin en disant : «Je connais plein de gens qui commandent sur Shein et qui en sont contents, donc pourquoi pas y faire un tour s’il y a une boutique.» Cependant, les vendeuses des boutiques situées à proximité du BHV ne semblent pas inquiètes. Anne estime que Shein ne fait pas concurrence car ce n’est pas le même public. Julie affirme que la qualité des vêtements chez Shein est inférieure à celle des autres marques. Emma pense que Shein ne fera pas d’ombre aux autres boutiques.
Du côté politique, l’adjoint à la mairie de Paris chargé du commerce demande à la SGM de reconsidérer son partenariat avec Shein. Des critiques sont également formulées par le député PCF de Paris concernant les conditions de travail et les impayés des fournisseurs de Shein. Le président de la SGM affirme que la maire de Paris est une alliée dans ce projet et qu’il se bat pour faire vivre le commerce en centre-ville. «Tout ce qu’on reprochait à Shein ne sera donc plus valable«, déclare-t-il, mettant en avant un «changement de modèle» pour la marque.
Frédéric Merlin, le président de la SGM dit «se battre pour faire vivre le commerce en centre-ville».
•
© Pierre de Baudouin
Au contraire, l’Alliance du Commerce juge que Shein «ne peut pas être le sauveur d’un secteur qu’il a contribué à affaiblir«. Dans un communiqué, l’organisme – qui regroupe des grands magasins et plusieurs enseignes d’habillement – affirme que l’implantation du groupe asiatique «ne peut être interprétée comme un simple fait commercial» puisque cela lui confère «une forme de reconnaissance, alors même que son fonctionnement est contraire aux efforts de transformation du secteur«.
La Confédération des commerçants de France, quant à elle, demande «un contrôle immédiat» par la Répression des fraudes «des promotions et pratiques commerciales de Shein dans ses corners BHV/Galeries Lafayette» et «des sanctions exemplaires en cas d’infractions constatées«.
Fondée en Chine en 2012, la plateforme Shein est désormais basée à Singapour (illustration).
•
© JONATHAN RAA / NURPHOTO
Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges : pour ce qui est de l’implantation de la marque asiatique en province, au-delà du BHV Marais à Paris, le groupe Galeries Lafayette (qui n’est plus l’exploitant des établissements concernés détenus par la SGM) a fait savoir son «profond désaccord«. Le groupe annonce «refuser l’installation» de Shein, pointant du doigt le «positionnement» et les «pratiques de cette marque d’ultra fast fashion«.
De son côté, Shein – qui avait déjà provoqué la polémique en dévoilant il y a deux semaines un partenariat avec l’entreprise française Pimkie – dit vouloir «revitaliser les centres-villes partout en France, restaurer les grands magasins et développer des opportunités pour le prêt-à-porter français«. Selon la plateforme asiatique, le projet avec la SGM est censé permettre «la création de 200 emplois directs et indirects en France«.
Dans les magasins à proximité du grand magasin, les réactions des consommateurs et des vendeurs face à l’implantation de ce mastodonte de l’ultra-fast fashion sont diverses. Carole, en sortant du grand magasin, réagit au contraire en disant: «Je connais plein de gens qui commandent sur Shein et qui en sont contents, donc pourquoi pas y faire un tour s’il y a une boutique».
Les vendeuses des boutiques situées à proximité du BHV, interrogées de manière anonyme, ne semblent pas inquiètes. Anne estime que Shein ne fait pas de concurrence car ce n’est pas le même public qui recherche la même chose. Julie pense que la qualité des produits de Shein est inférieure et ne rivalise pas avec les marques établies. Emma prédit que Shein n’aura pas d’impact sur les boutiques environnantes.
Du côté politique, Nicolas Bonnet Oulaldj a demandé à la SGM de reconsidérer son partenariat avec Shein en raison des pratiques sociales et environnementales douteuses de la marque. Ian Brossat a critiqué l’accueil de Shein au BHV en soulignant les conditions de travail précaires et les impayés des fournisseurs. Frédéric Merlin affirme que la maire de Paris, Anne Hidalgo, soutient ce projet, mais n’a pas encore eu de discussions avec l’adjoint Nicolas Bonnet Oulaldj. Il défend l’ouverture des magasins Shein pour dynamiser le commerce en centre-ville. Il déclare que tout ce qui était reproché à Shein ne sera plus valable, soulignant un changement de modèle pour la marque.
En revanche, l’Alliance du Commerce estime que Shein ne peut pas être le sauveur d’un secteur qu’il a contribué à affaiblir. Selon l’organisme, l’implantation du groupe asiatique ne peut être considérée comme un simple fait commercial, car cela lui confère une forme de reconnaissance, malgré le fait que son fonctionnement soit contraire aux efforts de transformation du secteur.
La Confédération des commerçants de France, de son côté, demande un contrôle immédiat des promotions et pratiques commerciales de Shein dans ses corners BHV/Galeries Lafayette, ainsi que des sanctions exemplaires en cas d’infractions constatées.
En ce qui concerne l’implantation de la marque asiatique en province, le groupe Galeries Lafayette exprime son profond désaccord. Il annonce refuser l’installation de Shein, critiquant le positionnement et les pratiques de cette marque d’ultra fast fashion.
Shein, qui avait déjà suscité la polémique en annonçant un partenariat avec l’entreprise française Pimkie, affirme vouloir revitaliser les centres-villes en France, restaurer les grands magasins et développer des opportunités pour le prêt-à-porter français. Selon la plateforme asiatique, le projet avec la SGM devrait créer 200 emplois directs et indirects en France. Comment réagissent les consommateurs et les vendeurs face à l’implantation de ce géant de l'»ultra-fast fashion» à proximité des boutiques situées à proximité du grand magasin ? Carole, en sortant du grand magasin, réagit en disant qu’elle connaît beaucoup de gens qui commandent sur Shein et qui en sont satisfaits, donc pourquoi ne pas y jeter un coup d’œil s’il y a une boutique. En revanche, les vendeuses des boutiques situées à proximité du BHV, comme Zara et Mango, ne semblent pas inquiètes. Anne estime que Shein ne fait pas concurrence car ce n’est pas le même public et ça ne dure pas dans le temps. Julie affirme que la qualité de Shein est inférieure à celle des autres marques. Emma pense que les clients fidèles resteront fidèles malgré l’arrivée de Shein.
Du côté politique, Nicolas Bonnet Oulaldj demande à la SGM de reconsidérer son partenariat avec Shein, critiquant l’exploitation sociale et la pollution textile de la marque. Ian Brossat qualifie l’accueil de Shein au BHV de coup de pub, malgré les critiques des salariés sur leurs conditions de travail et les impayés des fournisseurs. Frédéric Merlin affirme que la maire de Paris, Anne Hidalgo, est une alliée dans ce projet, mais n’a pas encore eu d’échanges avec Nicolas Bonnet Oulaldj. Il souligne son engagement pour faire vivre le commerce en centre-ville.
SOURCE

















Deja una respuesta