Huit mois après la fin du procès de Joël Le Scouarnec, de nombreuses victimes ne sont toujours pas remboursées de leurs frais de justice, déplore Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de l’ex-chirurgien pédocriminel. «Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès», explique-t-elle. «On nous avait annoncé qu’on recevrait l’argent pour la fin d’année, on comptait là-dessus…», déclare Gabriel, une des victimes directes du pédocriminel. Il attend toujours le remboursement des frais engagés tout au long du procès de Joël Le Scouarnec, condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes. Gabriel a avancé l’ensemble des frais liés à sa participation aux trois mois d’audience à Vannes, ce qui représente plusieurs milliers d’euros. Sa situation financière est très tendue, vivant à l’euro près. Cependant, comme une trentaine d’autres victimes, les remboursements se font toujours attendre, malgré les démarches entreprises par le collectif de victimes pour accélérer le processus. La cour d’appel de Rennes a déclaré que près de 150 dossiers ont été payés pour un total d’environ 120 000 euros, mais qu’il reste 25 dossiers en attente. Malgré les efforts déployés, les problèmes techniques et les délais dans le traitement des remboursements persistent, mettant les victimes dans des situations financières délicates. Des victimes du procès de Joël Le Scouarnec attendent toujours le remboursement de leurs frais de justice

«Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès», déplore Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de l’ex-chirurgien pédocriminel.


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Manon Lemoine (au centre), lors d’un rassemblement de victimes de l’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec, devant le tribunal de Vannes (Morbihan), le 19 mai 2025. (DAMIEN MEYER / AFP)

«On nous avait annoncé qu’on recevrait l’argent pour la fin d’année, on comptait là-dessus…» Gabriel ne cache pas son désarroi. Voilà maintenant huit mois que cet homme de 35 ans attend le remboursement des frais engagés tout au long du procès-fleuve de Joël Le Scouarnec, explique-t-il à franceinfo, lundi 26 janvier. L’ex-chirurgien a été condamné le 28 mai dernier, par la cour criminelle du Morbihan, à vingt ans de réclusion criminelle, pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes.

Gabriel fait partie des victimes directes du pédocriminel, qui l’a violé dans sa chambre d’hôpital, à l’âge de 5 ans. Il a assisté «à l’essentiel» des trois mois d’audience à Vannes, en avançant l’ensemble des frais, alors qu’il venait d’être licencié quand le procès a débuté. Entre les repas et les allers-retours quotidiens en train depuis Rennes, où il vit, il dénombre «plusieurs milliers d’euros» de dépenses. Sa situation financière est aujourd’hui très tendue. Gabriel affirme vivre à l’euro près.

Pour lui, comme pour «une trentaine de victimes», selon Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de Joël le Scouarnec, les remboursements se font toujours attendre. «Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès», souligne-t-elle. Pour tenter de faire accélérer la procédure, elle précise avoir dû recourir à l’aide de la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV), sous l’égide du ministère de la Justice, qui intervient dossier par dossier auprès du tribunal judiciaire de Vannes et du service administratif régional de la cour d’appel de Rennes, chargés de centraliser les remboursements. Ces sommes sont à distinguer des montants alloués aux victimes au titre du préjudice subi, dans le cadre du volet civil du procès.

«Ce dossier montre les défaillances de la justice : on constate un manque de moyens humains évident. Nos mails se perdent, il n’y a aucun système de relance en cas de pièce manquante, personne ne répond au téléphone», s’agace Manon Lemoine, obligée «d’intervenir au cas par cas» pour essayer de débloquer la situation. Elle pointe «des problèmes techniques absurdes» comme l’impossibilité de virer les sommes dues à une victime résidant en Suisse, car son RIB n’est pas français.

Contactée par franceinfo, la cour d’appel de Rennes affirme qu’à ce jour, «près de 150 dossiers ont été payés, pour un montant total d’environ 120 000 euros», et qu’il reste «25 dossiers en attente». «A la demande du président du tribunal judiciaire, le service administratif de la cour d’appel est mobilisé et vient en appui pour achever au plus vite le traitement de ces dossiers», promet la juridiction.

De manière générale, la procédure de traitement et de validation des frais de justice, un vade-mecum en six étapes, s’apparente «aux Douze travaux d’Astérix«, déplore-t-elle, appelant à «une simplification» pour les procès à venir.

Gwen, une autre victime de Joël Le Scouarnec, attend toujours le remboursement des 1 742 euros engagés l’année dernière et espère revoir cette somme au plus vite. «Je compte sur cet argent : il y a eu les fêtes de fin d’année et ma fille est partie au ski avec l’école, c’était pas mal de frais…

Heureusement que j’avais anticipé en mettant de côté au maximum», glisse cette éducatrice spécialisée de 43 ans. Elle affirme avoir envoyé dès la fin du procès toutes les pièces demandées, à savoir des dizaines de tickets de parking et les justificatifs des kilomètres parcourus en voiture chaque jour pour son trajet domicile-tribunal, de Quimperlé à Vannes, afin d’être remboursée de ses frais d’essence.

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«Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès», déplore Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de l’ex-chirurgien pédocriminel.


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Manon Lemoine (au centre), lors d'un rassemblement de victimes de l'ancien chirurgien Joël Le Scouarnec, devant le tribunal de Vannes (Morbihan), le 19 mai 2025. (DAMIEN MEYER / AFP)

Manon Lemoine (au centre), lors d’un rassemblement de victimes de l’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec, devant le tribunal de Vannes (Morbihan), le 19 mai 2025. (DAMIEN MEYER / AFP)

«On nous avait annoncé qu’on recevrait l’argent pour la fin d’année, on comptait là-dessus…» Gabriel ne cache pas son désarroi. Voilà maintenant huit mois que cet homme de 35 ans attend le remboursement des frais engagés tout au long du procès-fleuve de Joël Le Scouarnec, explique-t-il à franceinfo, lundi 26 janvier. L’ex-chirurgien a été condamné le 28 mai dernier, par la cour criminelle du Morbihan, à vingt ans de réclusion criminelle, pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes.

Gabriel fait partie des victimes directes du pédocriminel, qui l’a violé dans sa chambre d’hôpital, à l’âge de 5 ans. Il a assisté «à l’essentiel» des trois mois d’audience à Vannes, en avançant l’ensemble des frais, alors qu’il venait d’être licencié quand le procès a débuté. Entre les repas et les allers-retours quotidiens en train depuis Rennes, où il vit, il dénombre «plusieurs milliers d’euros» de dépenses. Sa situation financière est aujourd’hui très tendue. Gabriel affirme vivre à l’euro près.

Mais pour lui, comme pour «une trentaine de victimes», selon Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de Joël le Scouarnec, les remboursements se font toujours attendre. «Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès», souligne-t-elle. Pour tenter de faire accélérer la procédure, elle précise avoir dû recourir à l’aide de la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV), sous l’égide du ministère de la Justice, qui intervient dossier par dossier auprès du tribunal judiciaire de Vannes et du service administratif régional de la cour d’appel de Rennes,  chargés de centraliser les remboursements. Ces sommes sont à distinguer des montants alloués aux victimes au titre du préjudice subi, dans le cadre du volet civil du procès.

«Ce dossier montre les défaillances de la justice : on constate un manque de moyens humains évident. Nos mails se perdent, il n’y a aucun système de relance en cas de pièce manquante, personne ne répond au téléphone», s’agace Manon Lemoine, obligée «d’intervenir au cas par cas» pour essayer de débloquer la situation. Elle pointe «des problèmes techniques absurdes» comme l’impossibilité de virer les sommes dues à une victime résidant en Suisse, car son RIB n’est pas français.

Contactée par franceinfo, la cour d’appel de Rennes affirme qu’à ce jour, «près de 150 dossiers ont été payés, pour un montant total d’environ 120 000 euros», et qu’il reste «25 dossiers en attente». Le service administratif de la cour d’appel s’est engagé à mobiliser ses ressources pour accélérer le traitement des dossiers, à la demande du président du tribunal judiciaire.

La juridiction déplore que la procédure de traitement et validation des frais de justice, en six étapes, soit aussi complexe, la comparant aux «Douze travaux d’Astérix». Elle appelle à une simplification pour les futurs procès.

Gwen, une victime de Joël Le Scouarnec, attend toujours le remboursement de 1 742 euros dépensés l’année dernière. Elle espère récupérer cette somme rapidement, car elle en a grandement besoin. Ayant envoyé toutes les pièces justificatives demandées dès la fin du procès, elle attend impatiemment son remboursement, incluant des frais de parking et d’essence pour son trajet quotidien entre Quimperlé et Vannes.

Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de l’ex-chirurgien pédocriminel, souligne que les frais engagés sont exorbitants, et que certaines personnes ont dû contracter des emprunts pour assister au procès.

Gabriel, victime directe de Joël Le Scouarnec, attend depuis huit mois le remboursement de ses frais liés au procès. Ayant assisté à la majeure partie de l’audience à Vannes, il a avancé des milliers d’euros pour les repas et les transports quotidiens depuis Rennes. Sa situation financière est critique, vivant au plus près de ses moyens.

Malgré les attentes de Gabriel et d’une trentaine d’autres victimes, les remboursements tardent à arriver. Manon Lemoine souligne la pression financière sur les victimes, certaines ayant dû emprunter de l’argent pour pouvoir suivre le procès. Afin d’accélérer la procédure, elle a dû faire appel à l’aide de la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV), placée sous l’autorité du ministère de la Justice, qui intervient cas par cas auprès du tribunal judiciaire de Vannes et du service administratif régional de la cour d’appel de Rennes pour centraliser les remboursements. Ces montants sont distincts des sommes allouées aux victimes pour préjudice subi dans le cadre du volet civil du procès.

Manon Lemoine exprime son agacement face aux lacunes de la justice, soulignant un manque évident de moyens humains. Elle doit intervenir individuellement pour tenter de résoudre la situation, pointant du doigt des problèmes techniques absurdes tels que l’impossibilité de transférer des fonds à une victime résidant en Suisse en raison de l’absence d’un RIB français.

La cour d’appel de Rennes indique qu’à ce jour, environ 150 dossiers ont été réglés pour un total d’environ 120 000 euros, avec 25 dossiers en attente. La juridiction assure que le service administratif de la cour d’appel est mobilisé pour accélérer le traitement de ces dossiers, sur demande du président du tribunal judiciaire.

La procédure de traitement et de validation des frais de justice est qualifiée de complexe, avec six étapes rappelant les «Douze travaux d’Astérix». Une simplification est réclamée pour les futurs procès.

Gwen, une autre victime de Joël Le Scouarnec, attend toujours le remboursement de 1 742 euros engagés l’année précédente. Elle espère récupérer cette somme rapidement, ayant fait face à des frais importants pendant les fêtes de fin d’année et le voyage scolaire de sa fille. Malgré avoir fourni toutes les pièces demandées après le procès, comme des reçus de parking et des justificatifs de kilomètres parcourus, elle attend toujours le remboursement de ses frais d’essence pour son trajet quotidien entre Quimperlé et Vannes.

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