Marc-Antoine, étudiant de 22 ans, n’a pas pu reprendre le chemin de la fac. L’université d’Evry-Paris Saclay, où il était scolarisé l’an dernier, a refusé sa réinscription en première année de licence. Mais selon le jeune homme en situation de handicap, rien n’a été fait pour favoriser sa réussite et il a mal été accompagné.
«Vous ne pouvez pas vous réinscrire car le jury […] ne vous autorise pas à redoubler». C’est par un simple message, en juillet dernier, que Marc-Antoine a appris la nouvelle. L’université d’Évry – Paris Saclay, au sein de laquelle il suit des études en Sciences de la vie – Chimie depuis deux ans, ne l’autorise pas à se réinscrire. Une réunion pluridisciplinaire à la fin du mois d’août a confirmé cette décision, incompréhensible pour l’étudiant comme pour son père.
«L’équipe pédagogique nous a expliqué qu’ils se basaient sur les notes», relate André, le père du jeune étudiant de 22 ans. «Mais c’est impossible de juger uniquement là-dessus puisque Marc-Antoine n’a pas eu les aménagements nécessaires. Ils disent qu’il y a eu des aménagements… c’est uniquement vrai sur le papier car ils n’ont jamais été effectifs», témoigne André.
En effet, le jeune homme est atteint d’un trouble du spectre autistique, de troubles cognitifs «dys» (dyspraxie, dyslexie, dyscalculie, dysorthographie) et reconnu en situation de handicap à 80% par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Dans ce cadre, il peut ainsi bénéficier de moyens dédiés et d’un emploi du temps adapté afin de suivre des études dans de bonnes conditions.
C’était notamment le cas au lycée, où un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) était présent tous les jours à ses côtés. «Une relation de confiance s’était créée», témoigne Marc-Antoine. «Il était 100% avec moi, il suivait les cours avec moi. J’ai eu quelques difficultés mais rien de comparable à ce que j’ai vécu à l’université». Le jeune homme obtient son baccalauréat, option mathématiques et physique-chimie, en juin 2023, mais les choses se compliquent, une fois arrivé à l’université.
«Je n’ai pas eu toutes les aides immédiatement quand je suis entré à l’université. On me promettait que j’allais les avoir, que ça prenait un peu de temps à mettre en place. Je me disais que ce n’était pas grave et que ça serait une année à tâtons. Mais la deuxième année, c’était la désillusion», selon l’étudiant.
Un plan d’accompagnement a été décidé et plusieurs aménagements auraient dû être mis en place durant les cours et les examens : tutorat, dérogations d’assiduité pour certains cours, aide à la prise de notes, allongement du cursus universitaire, entre autres. «Le médecin de l’université a validé tous les aménagements demandés. Il disait qu’ils étaient indispensables pour Marc-Antoine», raconte André.
«Ces aides ne coûteraient rien à la fac. C’est du travail pour les enseignants c’est vrai, mais la loi le prévoit. On avait par exemple demandé des aménagements pour les examens : la réduction des sujets pour traiter la surcharge cognitive ou la simplification des consignes pour aider à comprendre l’énoncé. Mais la preneuse de note n’a jamais envoyé de notes, ou quasiment pas, il en manquait 70% sur l’année, la tutrice n’était jamais disponible… Ils ignorent complètement le handicap de Marc-Antoine», déplore-t-il.
Pour les examens de fin d’année, j’avais un secrétaire-scripteur qui devait prendre des notes quand je dictais, mais ça n’allait pas du tout. […] L’un d’eux a même passé son temps à lire un livre et regarder son téléphone.
Marc-Antoine ajoute : «Pour les examens de fin d’année, j’avais juste un secrétaire-scripteur, il devait prendre des notes quand je dictais, mais ça n’allait pas du tout. J’ai des problèmes de mémoire et de concentration, exacerbés avec le stress des examens». L’étudiant explique avoir besoin d’une aide concrète, bien plus qu’une simple présence. «Là, les assistants n’étaient pas spécialisés dans la matière étudiée, ils ne m’ont pas sollicité quand je me déconcentrais. L’un d’eux a même passé son temps à lire un livre et à regarder son téléphone… J’ai besoin d’aide un peu plus pro-active, il faut de vrais assistants spécialisés dans chaque matière, qui puissent m’aiguiller mais sans me donner les réponses, me recentrer quand je perds en concentration. C’est basique, ça paraît bête mais ça peut faire 50% du travail», estime-t-il. Le jeune homme a donc effectué deux premières années de licence, sans succès. Il espérait cette année pouvoir à nouveau redoubler sa L1 et obtenir un meilleur accompagnement.
Désormais, c’est un juge qui devra trancher. Une audience est prévue ce jeudi 4 septembre, au tribunal administratif de Versailles, afin de décider si Marc-Antoine peut encore redoubler ou non. Marc-Antoine confie qu’il relativise beaucoup mais ressent tout de même des souffrances psychologiques et des angoisses face à la situation. Il ne sait pas quand il pourra reprendre ses études cette année, voire s’il pourra les reprendre. Il se sent dans le flou. À l’avenir, il aimerait réaliser un doctorat en biologie marine et se spécialiser en exobiologie, l’étude de la vie dans l’univers.
Son père, quant à lui, se montre combatif et déterminé. André espère que l’université sera obligée de revenir sur sa décision de refus d’inscription, qu’il juge illégale car non motivée. Il souligne qu’ils ne demandent pas de privilège, mais simplement l’application de la loi pour soutenir la réussite de son fils.
L’université d’Évry-Paris Saclay indique qu’une médiation a été proposée par le juge et devrait avoir lieu prochainement. Ils précisent qu’aucune interview ne sera accordée avant cette médiation, dans l’intérêt de tous et notamment de l’étudiant, afin de préserver la sérénité des échanges.
Marc-Antoine, étudiant de 22 ans, n’a pas pu se réinscrire à l’université d’Evry-Paris Saclay, où il était scolarisé l’an dernier. Selon lui, rien n’a été fait pour favoriser sa réussite, malgré sa situation de handicap.
«Vous ne pouvez pas vous réinscrire car le jury […] ne vous autorise pas à redoubler.» C’est ainsi que Marc-Antoine a appris la nouvelle en juillet dernier. Son père, André, affirme que l’université se base uniquement sur les notes pour prendre cette décision, ignorant les aménagements nécessaires pour Marc-Antoine en raison de son handicap.
Le jeune homme, atteint d’un trouble du spectre autistique et de troubles cognitifs, bénéficie de moyens adaptés à son handicap. Cependant, ces aménagements n’ont pas été mis en place à l’université, contrairement à ce qui était prévu. Les difficultés rencontrées ont conduit à des arrêts prescrits par des médecins et des psychiatres.
Malgré un plan d’accompagnement validé par le médecin de l’université, les aides nécessaires n’ont pas été mises en place. André souligne que ces aménagements ne coûteraient rien à l’université et sont indispensables pour la réussite de Marc-Antoine. «Nous avons demandé des aménagements pour les examens, tels que la réduction des sujets pour traiter la surcharge cognitive ou la simplification des consignes pour aider à comprendre l’énoncé. Cependant, la preneuse de note n’a jamais envoyé de notes, ou presque pas, il en manquait 70% sur l’année, la tutrice n’était jamais disponible… Ils ignorent complètement le handicap de Marc-Antoine», déplore-t-il.
Pour les examens de fin d’année, j’avais un secrétaire-scripteur qui devait prendre des notes quand je dictais, mais ça n’allait pas du tout. L’un d’eux a même passé son temps à lire un livre et regarder son téléphone.
Marc-Antoine ajoute : «Pour les examens de fin d’année, j’avais juste un secrétaire-scripteur, il devait prendre des notes quand je dictais, mais ça n’allait pas du tout. J’ai des problèmes de mémoire et de concentration, exacerbés avec le stress des examens». L’étudiant explique avoir besoin d’une aide concrète, bien plus qu’une simple présence. «Là, les assistants n’étaient pas spécialisés dans la matière étudiée, ils ne m’ont pas sollicité quand je me déconcentrais. L’un d’eux a même passé son temps à lire un livre et à regarder son téléphone… J’ai besoin d’aide un peu plus pro-active, il faut de vrais assistants spécialisés dans chaque matière, qui puissent m’aiguiller mais sans me donner les réponses, me recentrer quand je perds en concentration. C’est basique, ça paraît bête mais ça peut faire 50% du travail», estime-t-il. Le jeune homme a donc effectué deux premières années de licence, sans succès. Il espérait cette année pouvoir à nouveau redoubler sa L1 et obtenir un meilleur accompagnement.
Désormais, c’est un juge qui devra trancher. Une audience est prévue ce jeudi 4 septembre, au tribunal administratif de Versailles, afin de décider si Marc-Antoine peut encore redoubler ou non. «Je relativise beaucoup… mais je ressens quand même des souffrances psychologiques et des angoisses face à la situation. Je ne sais pas quand je vais reprendre mes études cette année, si même je vais reprendre cette année… Je suis dans le flou», confie Marc-Antoine. À l’avenir, il aimerait réaliser un doctorat en biologie marine puis se spécialiser en exobiologie, l’étude de la vie dans l’univers.
Son père, lui, se montre combatif et déterminé. André espère que l’université sera forcée de revenir sur ce refus d’inscription, une décision illégale selon lui car non motivée. «On ne demande pas un privilège, on souhaite juste l’application de la loi», rappelle-t-il. Chaque jour compte, sans réinscription immédiate, mon fils perd du temps pour ses études et sa santé se détériore. Il était ravi d’aller à l’université, il n’attendait que ça. Et quand on voit comme il est accueilli, c’est difficile. C’est impossible pour lui de réussir de cette façon-là, sans qu’on lui donne les moyens. Il a été arrêté à plusieurs reprises dans l’année, des arrêts prescrits par des médecins et des psychiatres. Je le vis très mal pour mon fils car je sais qu’il est capable de réussir.
Contactée, l’université d’Évry-Paris Saclay indique qu’une «médiation a été proposée par le juge» et que celle-ci «devrait avoir lieu prochainement». Ils précisent également ne donner aucune interview avant cette médiation, «dans l’intérêt de tous et notamment de l’étudiant, et afin de préserver la sérénité des échanges».
«Vous ne pouvez pas vous réinscrire car le jury […] ne vous autorise pas à redoubler». C’est par un simple message, en juillet dernier, que Marc-Antoine a appris la nouvelle. L’université d’Évry – Paris Saclay, au sein de laquelle il suit des études en Sciences de la vie – Chimie depuis deux ans, ne l’autorise pas à se réinscrire. Une réunion pluridisciplinaire à la fin du mois d’août a confirmé cette décision, incompréhensible pour l’étudiant comme pour son père. «L’équipe pédagogique nous a expliqué qu’ils se basaient sur les notes», relate André, le père du jeune étudiant de 22 ans. André témoigne que juger uniquement basé sur les aménagements est impossible, car Marc-Antoine n’a pas bénéficié des aménagements promis et nécessaires malgré ce qui était indiqué sur papier.
Marc-Antoine, atteint d’un trouble du spectre autistique et de divers troubles cognitifs, est reconnu en situation de handicap à 80%. Il avait bénéficié d’un bon accompagnement au lycée avec un AESH, mais une fois à l’université, les aménagements promis n’ont pas été mis en place comme prévu.
Malgré un plan d’accompagnement validé par le médecin de l’université, les aides nécessaires n’ont pas été fournies. Les examens ont été particulièrement difficiles en raison du manque de soutien adapté. Marc-Antoine déplore le manque de personnel qualifié et spécialisé pour l’aider dans chaque matière.
Maintenant, un juge devra décider si Marc-Antoine peut redoubler ou non, lors d’une audience prévue au tribunal administratif de Versailles. Son père espère que l’université sera forcée de revoir sa décision de refus d’inscription, considérée comme illégale. Can you please put this message into different words?
SOURCE
Camille Dupont
Je suis Camille Dupont, professionnelle junior en communication digitale. Je crée et gère du contenu pour les réseaux sociaux et les médias en ligne, en combinant copywriting, narration visuelle et montage de base. Formée en communication audiovisuelle et titulaire d’un master en contenus digitaux, je suis motivée par le storytelling et par la connexion avec les jeunes audiences à travers du contenu créatif.















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