À l’issue de son audition, Jacques Moretti est reparti en prison. Il espère toujours être libéré sous caution.
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Jessica et Jacques Moretti, propriétaires français du bar Le Constellation incendié la nuit du Nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana, ont été entendus mardi 20 et mercredi 21 janvier par la justice du canton du Valais.
Interrogés par les procureurs, Jacques et Jessica Moretti sont apparus comme étant «dans le contrôle», selon un participant. «Les magistrats n’ont pas réussi à les bousculer.» Les époux affirment que le personnel du bar avait été formé aux règles de sécurité. Mais selon eux, certains employés ont oublié les consignes à appliquer en cas d’incendie. Jessica Moretti assure, elle, que si elle se trouvait bien dans son bar au moment de l’incendie, elle n’a pas fui avec la caisse remplie d’argent, comme l’a écrit la presse italienne.
De son côté, Jacques Moretti affirme qu’il avait testé il y a quelques années, sans que cela ne l’alerte, la résistance au feu des mousses acoustiques recouvrant le plafond du bar de Crans-Montana. Il avait installé lui-même cet isolant dans le sous-sol de l’établissement. Début janvier, la procureure générale du canton de Valais, Béatrice Pilloud, avait expliqué que l’enquête portait «sur la pose de cette mousse» et devrait déterminer si cet isolant phonique «est conforme» et s’il est «à l’origine, ou pas» de l’embrasement de la salle.
Pendant deux jours, une trentaine d’avocats de victimes ont pu assister à ces interrogatoires, la plupart d’entre eux depuis une salle de retransmission. C’est la première fois que les époux Moretti étaient entendus sur le fond de l’affaire. L’incendie a fait 40 morts – principalement des adolescents et jeunes adultes – et 116 blessés.
Romain Jordan, l’avocat de plusieurs familles de victimes, admet, auprès de franceinfo, avoir eu «des débuts de réponse», mais fait part d’un «sentiment de frustration». «Les parties plaignantes n’ont pas pu poser l’intégralité de leurs questions,» regrette l’avocat. Il souhaite par ailleurs que «rapidement, le banc des prévenus soit complété par les autres personnes responsables». Selon lui, ses clients estiment que la commune de Crans-Montana «a une responsabilité dans ce drame, et qu’en son sein, plusieurs personnes vont devoir en répondre.»
«On voit qu’un certain nombre de personnes doivent être entendues, au niveau de la commune de Crans-Montana» et qu’elles «doivent apporter des réponses,» affirme à franceinfo Patrick Michod, l’avocat de Jacques Moretti. Il assure que son client «a répondu à toutes les questions» et qu’il «n’a rien éludé». «Il se sent responsable de ce qui s’est passé dans son établissement. Il a représenté des excuses aux victimes, il ne se pose pas en victime. Sa peine ne sera jamais à la hauteur de la peine des victimes.» À l’issue de son audition, Jacques Moretti est reparti en prison.
















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