Le personnel du restaurant solidaire victime d’agressions redoute un événement grave

Entre agressions racistes et menaces aux couteaux, les salariés du restaurant Emeraude Ternes qui dépend de la Ville de Paris disent ne plus se sentir en sécurité.

Elle-même a vu «ses coordonnées personnelles publiées sur Facebook» par un convive avec qui elle dit avoir eu une altercation.

Pour pallier cette situation de «souffrance», le syndicat FO demande que l’arbitrage des sanctions soit transféré au personnel présent sur le terrain et non plus à la Maison Des Solidarités. «Si on continue comme ça, quelque chose de grave va finir par arriver», alerte Zahra Chalal.

Contactée, la Maison Des Solidarités ne nous a pas encore répondu.

*Le prénom a été changé.

Entre agressions racistes et menaces aux couteaux, les salariés du restaurant Emeraude Ternes qui dépend de la Ville de Paris disent ne plus se sentir en sécurité.

Les usagers se succèdent dans le calme à la porte du restaurant du 17e arrondissement comme à leur habitude. Rien ne laisse présager de problème dans ce lieu solidaire géré par la Ville de Paris, via la Maison des solidarités. La capitale compte 43 de ces sites qui accueillent gratuitement des retraités le midi et des personnes en situation de précarité le soir.

L’endroit est d’ordinaire «tellement convivial» comme le décrit Léonie*. Mais la responsable de la cuisine qui y exerce depuis près de 50 ans a récemment ressenti de la «peur au ventre en partant travailler». Dans un communiqué publié le 10 décembre 2025, le syndicat FO du personnel alerte sur «la multiplication d’incivilités et de comportements agressifs de la part de certains convives» dans les restaurants «Émeraude» et «Solidaires».

Le restaurant Emeraude Ternes (17e arrondissement), celui où Léonie est de service, serait particulièrement touché par cette situation. «Un des usagers venait régulièrement me dire que je n’avais pas ma place ici en tant que femme noire et qu’il allait me faire renvoyer», relate la responsable de la cuisine. Après une main courante déposée, l’homme a été interdit de déjeuner dans le restaurant.

Une issue favorable au personnel qui n’est pas forcément habituelle au restaurant. «En septembre dernier, une usagère s’est pris la tête avec un agent et a sorti un couteau. Le soir, elle est revenue avec un cutter», se désole Pascal, le chef cuisinier du restaurant. Après un signalement à la Maisons des solidarités (MDS) qui gère le restaurant, la femme n’a écopé «que d’un avertissement trois mois plus tard».

Un système de sanction dénoncé par le syndicat FO. «Les signalements à la direction pour «incivilités» sont toujours minimisés et jamais suivis de faits», dénonce Mélissa Semadeni, déléguée permanente du personnel qui relate une ambiance de travail où «menaces, actes d’intimidation et menaces de mort» coexistent.

Pas plus tard que cette semaine, un usager a menacé Pascal de «le retrouver dehors» après que ce dernier lui a notifié qu’il ne pouvait pas prendre deux entrées. «J’ai peur en partant. Je me retourne sur le chemin. J’ai juste envie de rentrer voir ma femme et mes enfants à la maison», soupire le chef cuisinier. Lui qui officie depuis dix ans à Emeraude Ternes dit être constamment «en stress» et constate que les «agents n’en peuvent plus tout et que beaucoup ne veulent plus venir travailler».

Quand un employé affirme avoir été «traité de singe», un autre employé relate avoir reçu «un coup de poing sans raison valable» de la part d’un usager. Un geste qui lui a valu «seulement 15 jours d’interdiction du restaurant».

Des agressions de «plus en plus fréquentes» selon Pascal pour qui l’explication se trouve dans le manque de sanction. «Comme certains usagers ont compris qu’ils avaient peu de chances de risquer une réelle interdiction, ils se croient intouchables», juge le chef cuisinier.

De son côté, Zahra Chalal, adjointe au syndicat FO et salariée du restaurant, indique que «le nombre d’usagers avec un suivi psychologique augmente alors que le personnel n’est pas compétent pour les accompagner au mieux». Elle-même a vu «ses coordonnées personnelles publiées sur Facebook» par un convive avec qui elle dit avoir eu une altercation.

Pour pallier cette situation de «souffrance», le syndicat FO demande que l’arbitrage des sanctions soit transféré au personnel présent sur le terrain et non plus à la Maison Des Solidarités. «Si on continue comme ça, quelque chose de grave va finir par arriver», alerte Zahra Chalal.

Contactée, la Maison Des Solidarités ne nous a pas encore répondu.

*Le prénom a été changé.

Entre agressions racistes et menaces aux couteaux, les salariés du restaurant Emeraude Ternes qui dépend de la Ville de Paris disent ne plus se sentir en sécurité.

Une situation alarmante

Les usagers se succèdent dans le calme à la porte du restaurant du 17e arrondissement comme à leur habitude. Rien ne laisse présager de problème dans ce lieu solidaire géré par la Ville de Paris, via la Maison des solidarités. La capitale compte 43 de ces sites qui accueillent gratuitement des retraités le midi et des personnes en situation de précarité le soir.

L’endroit est d’ordinaire «tellement convivial» comme le décrit Léonie*. Mais la responsable de la cuisine qui y exerce depuis près de 50 ans a récemment ressenti de la «peur au ventre en partant travailler». Dans un communiqué publié le 10 décembre 2025, le syndicat FO du personnel alerte sur «la multiplication d’incivilités et de comportements agressifs de la part de certains convives» dans les restaurants «Émeraude» et «Solidaires».

Des incidents inacceptables

Le restaurant Emeraude Ternes (17e arrondissement), celui où Léonie est de service, serait particulièrement touché par cette situation.«Un des usagers venait régulièrement me dire que je n’avais pas ma place ici en tant que femme noire et qu’il allait me faire renvoyer», relate la responsable de la cuisine. Après une main courante déposée, l’homme a été interdit de déjeuner dans le restaurant.

Une issue favorable au personnel qui n’est pas forcément habituelle au restaurant. «En septembre dernier, une usagère s’est pris la tête avec un agent et a sorti un couteau. Le soir, elle est revenue avec un cutter», se désole Pascal, le chef cuisinier du restaurant. Après un signalement à la Maisons des solidarités (MDS) qui gère le restaurant, la femme n’a écopé «que d’un avertissement trois mois plus tard».

Des sanctions inadéquates

Un système de sanction dénoncé par le syndicat FO. «Les signalements à la direction pour «incivilités» sont toujours minimisés et jamais suivis de faits», dénonce Mélissa Semadeni, déléguée permanente du personnel qui relate une ambiance de travail où «menaces, actes d’intimidation et menaces de mort» coexistent.

Pas plus tard que cette semaine, un usager a menacé Pascal de «le retrouver dehors» après que ce dernier lui a notifié qu’il ne pouvait pas prendre deux entrées. «J’ai peur en partant. Je me retourne sur le chemin. J’ai juste envie de rentrer voir ma femme et mes enfants à la maison», soupire le chef cuisinier.

Appel à l’action

Quand un employé affirme avoir été «traité de singe», un autre employé relate avoir reçu «un coup de poing sans raison valable» de la part d’un usager. Un geste qui lui a valu «seulement 15 jours d’interdiction du restaurant».

Des agressions de «plus en plus fréquentes» selon Pascal pour qui l’explication se trouve dans le manque de sanction. «Comme certains usagers ont compris qu’ils avaient peu de chances de risquer une réelle interdiction, ils se croient intouchables», juge le chef cuisinier.

Conséquences sur le personnel

De son côté, Zahra Chalal, adjointe au syndicat FO et salariée du restaurant, indique que «le nombre d’usagers avec un suivi psychologique augmente alors que le personnel n’est pas compétent pour les accompagner au mieux».

SOURCE

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