Les députés LFI Ugo Bernalicis et Danièle Obono ont-ils tenté de rendre visite à Nicolas Sarkozy en prison ?

Les députés Ugo Bernalicis et Danièle Obono se sont vu refuser une rencontre avec Nicolas Sarkozy lors d’une visite à la prison de la Santé, à Paris.

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Une visite sous tension à la prison de la Santé ? Lundi 27 octobre 2025, les députés LFI Ugo Bernalicis et Danièle Obono se seraient rendus dans la matinée à la maison d’arrêt de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris.

Mais selon une source pénitentiaire citée par l’AFP, leur visite a été encadrée de manière stricte. L’administration leur aurait refusé la possibilité de rencontrer Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis une semaine dans cet établissement.

«Le directeur leur a rappelé qu’une visite parlementaire vise à contrôler le fonctionnement global d’un établissement pénitentiaire et ne peut être utilisée pour s’entretenir avec un détenu en particulier», a indiqué cette source, confirmant une information du Journal du dimanche. Les élus auraient également souhaité visiter le quartier d’isolement, où l’ancien président est détenu, et échanger avec les deux policiers chargés de sa protection.

De leur côté, les deux députés contestent cette version. «Nous n’avons jamais demandé à rencontrer Nicolas Sarkozy. Mais nous assumons d’aller à la maison d’arrêt quand il s’y trouve», a réagi Ugo Bernalicis.

Selon lui, il s’agissait d’une «visite de détention classique», effectuée en présence de trois journalistes. «Si on peut s’intéresser aux conditions de détention grâce à l’actualité de Nicolas Sarkozy, c’est tant mieux», ajoute le député du Nord, membre de la commission des Lois.

Dans un communiqué, le groupe LFI à l’Assemblée nationale estime que leurs deux élus ont vu leur «droit de visite illégalement restreint».

Les parlementaires n’auraient pas pu accéder au quartier d’isolement, ni conserver leurs téléphones, ni être accompagnés de leurs attachés parlementaires et des journalistes présents. La France insoumise a saisi en urgence le tribunal administratif de Paris sur ce point. L’audience en référé est prévue mercredi à 10 heures.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a indiqué son intention de se rendre prochainement à la Santé pour «s’assurer que les conditions de sécurité sont bonnes pour ce détenu au statut hors du commun».

Une démarche jugée légitime par l’entourage du ministre, qui a dénoncé en revanche l’attitude des députés LFI, assimilée à du «tourisme pénitentiaire».

À droite, les réactions n’ont pas tardé. Sur le réseau X (anciennement Twitter), Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a dénoncé «l’indécence» de la démarche des élus Insoumis.

Pour rappel, Nicolas Sarkozy a été incarcéré le 21 octobre à la prison de la Santé après avoir été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen.

C’est la première fois qu’un ancien président de la République est placé en détention dans l’histoire contemporaine française.

Il bénéficie d’une protection rapprochée assurée par deux officiers de police, une mesure exceptionnelle «eu égard à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui», selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.