Les Galeries Lafayette cèdent les murs du grand magasin de Paris à un groupe anglo-saxon

Les Galeries Lafayette annoncent entrer en négociations exclusives avec un investisseur anglo-saxon, ce samedi 20 décembre. Objectif : céder les murs du magasin BHV de Paris, dès janvier prochain.

Nouvel épisode pour le BHV, dont le fonds de commerce a été racheté il y a deux ans par le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin. L’investisseur avec lequel les Galeries Lafayette sont entrés en négociations exclusives reste pour l’heure inconnu. Le nom de ce groupe «disposant d’une expertise reconnue dans la gestion d’actifs immobiliers«, selon un communiqué, n’a pas été donné. Auditionné fin novembre à l’Assemblée nationale, Frédéric Merlin avait évoqué des «discussions extrêmement précises» avec des «fonds d’investissement» étrangers non chinois.

«Cette acquisition serait réalisée par l’investisseur en accord avec le groupe SGM, qui continuera à assurer l’exploitation du BHV«, ajoute le communiqué. Cette vente se fait selon les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM, est-il ajouté sans précision. «Nous sommes heureux de cette nouvelle étape franchie«, a réagi auprès un porte-parole de SGM, avant d’ajouter rester «focalisés sur la finalisation de cette opération«.

Le groupe Société des grands magasins était initialement sur les rangs pour racheter les murs du magasin. Il était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente arrivant à échéance, ce vendredi 19 décembre. Le programme a pourtant changé, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires, dans le sillage du scandale Shein. La Banque des territoires, entité de la Caisse des dépôts, avait par la suite annoncé son retrait des négociations entamées en juin avec SGM pour l’aider à s’offrir le bâtiment, invoquant une «rupture de confiance«.

Dans un entretien mi-décembre au magazine spécialisé LSA, Frédéric Merlin a dévoilé ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1 000 m2 en juin 2026, la création d’une marque BHV, l’implantation d’un restaurant de type «bouillon» ou encore une offre de parapharmacie. Loin d’être refroidi par la polémique, le patron du BHV entend également donner plus de place aux produits Shein, qui occupent déjà un espace de plus de 1 000 m2, en leur dédiant un étage entier.

Frédéric Merlin avait suscité un tollé en annonçant début octobre l’installation au sein du BHV, du premier magasin physique au monde aux couleurs de la marque asiatique de mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution…). Refusant de voir son nom associé à Shein, Galeries Lafayette a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province – rebaptisés BHV. À cela s’est ajouté le départ du magasin parisien de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d’une accumulation d’impayés ou par opposition à Shein.

La maire (Parti socialiste) de Paris Anne Hidalgo avait accentué la pression, mardi 16 décembre, en manifestant l’intérêt de la capitale pour les murs du grand magasin. L’établissement BHV, ou Bazar de l’Hôtel de Ville, est situé comme son nom juste sous les fenêtres de la Mairie de Paris. Son adjoint chargé du commerce (Parti communiste français), Nicolas Bonnet-Oulaldj, avait estimé le montant de la transaction à 300 millions d’euros.