Lors de son procès en appel, Marine Le Pen réfute catégoriquement l’existence d’un «système» généralisé de détournement de fonds européens au profit du FN. Elle insiste sur le fait que le Parlement européen était au courant de la mutualisation des assistants parlementaires pendant une décennie et n’avait jamais reproché cette pratique au RN. Marine Le Pen nie fermement toute manipulation et conteste l’accusation selon laquelle le parti aurait détourné des fonds entre 2004 et 2016. Bien qu’elle reconnaisse l’existence d’assistants mutualisés, elle souligne qu’il s’agissait de cas distincts les uns des autres sur une période de douze ans. Marine Le Pen nie tout «système» généralisé de détournement de fonds européens au profit du FN lors de son procès en appel, affirmant que malgré un fonctionnement perfectible, tous les employés travaillaient. Elle souligne que la masse salariale du parti a augmenté chaque année et rejette les accusations de favoritisme envers les assistants parlementaires. Marine Le Pen conteste également les déclarations rapportées lors d’une réunion à Strasbourg en 2014 et se défend des accusations de création d’emplois fictifs. L’interrogatoire se poursuivra le lendemain.


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Marine Le Pen, au palais de justice de Paris, le 20 janvier 2026. (BERTRAND GUAY / AFP)

L’interrogatoire de la cheffe de file de l’extrême droite, qui a démarré mardi devant la cour d’appel de Paris, est le premier temps fort de ce procès. L’ancienne candidate à la présidentielle joue son avenir politique.

Dès l’ouverture d’audience, à 9 heures, mardi 20 janvier, Marine Le Pen apparaît concentrée. Assise au premier rang, à quelques mètres de Michèle Agi, la présidente de la cour d’appel, la cheffe de file de l’extrême droite prend des notes tout au long de l’interrogatoire du député Rassemblement national Julien Odoul, échangeant à plusieurs reprises avec Rodolphe Bosselut, son conseil historique.

Puis, à 13h30, son tour arrive enfin. La patronne du groupe RN à l’Assemblée, condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics européens, s’avance face à la cour, sous les ors du palais de justice de Paris. Le moment a quelque chose de solennel : la triple candidate à l’élection présidentielle joue sa survie politique, sous le regard de plusieurs dizaines de journalistes, français et internationaux. Le public, qui a attendu de longues heures dehors, est aussi présent en nombre.

La présidente reprend d’abord le propos liminaire de Marine Le Pen à l’ouverture de l’audience, le 13 janvier, qui a pu apparaître comme une inflexion de sa ligne de défense. «Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis –, je veux bien l’entendre», a déclaré la députée du Pas-de-Calais. Plutôt qu’une dénégation en bloc des faits, Marine Le Pen a ainsi assuré ne pas avoir eu l’intention de commettre ce qui lui est reproché.

Mais les fondamentaux du premier procès sont toujours là. Dès qu’elle prend la parole, mardi, la leader de l’extrême droite incrimine le Parlement européen, qui «n’a jamais reproché [au RN] le travail de [ses] assistants parlementaires. Il était au courant de la mutualisation des assistants pendant dix ans», tranche-t-elle. A ses yeux, «la situation ne posait pas de problème».

Comme en première instance, la cheffe de file de l’extrême droite réfute avec force l’existence d’un «système», terme qui la «gêne parce qu’on a le sentiment d’une manipulation». Le même mot est employé par l’accusation pour décrire comment, à ses yeux, le Front national (ancien nom du RN) a détourné, entre 2004 et 2016, des enveloppes mensuelles de 21 000 euros versées par l’Union européenne à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires, et ce afin de soulager les finances du parti.

Marine Le Pen concède toutefois l’existence d'»assistants mutualisés», c’est-à-dire «qui étaient embauchés par un député et qui travaillaient pour plusieurs députés». Mais elle tient aussitôt à faire la distinction entre «une succession de cas très différents les uns des autres» qui se sont étalés sur douze ans.

Elle insiste sur le fait que le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais que tous ces gens travaillaient.

Le réexamen de l’interrogatoire de Marine Le Pen est prévu pour mercredi. C’est un moment crucial de ce procès, qui a débuté devant la cour d’appel de Paris. L’ancienne candidate à la présidence est en jeu pour son avenir politique.

Dès le début de l’audience à 9 heures le mardi 20 janvier, Marine Le Pen semble concentrée. Assise au premier rang, à quelques mètres de Michèle Agi, la présidente de la cour d’appel, la cheffe de l’extrême droite prend des notes tout au long de l’interrogatoire du député Rassemblement national Julien Odoul, échangeant à plusieurs reprises avec son conseil historique Rodolphe Bosselut.

À 13h30, c’est enfin son tour. La leader du groupe RN à l’Assemblée, condamnée en première instance à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics européens, se présente face à la cour, dans les salles du palais de justice de Paris. Le moment est solennel : la candidate à la présidentielle à trois reprises joue sa survie politique, devant de nombreux journalistes français et internationaux. Le public, qui a attendu dehors pendant de longues heures, est également présent en nombre.

La présidente reprend d’abord le propos introductif de Marine Le Pen à l’ouverture de l’audience le 13 janvier, qui pourrait être interprété comme un changement de sa ligne de défense. «Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis –, je veux bien l’entendre», a déclaré la députée du Pas-de-Calais. Plutôt que de nier catégoriquement les faits, Marine Le Pen a affirmé ne pas avoir eu l’intention de commettre ce qui lui est reproché.

Mais les éléments clés du premier procès restent présents. Dès qu’elle prend la parole le mardi, la leader de l’extrême droite accuse le Parlement européen, affirmant qu’il «n’a jamais reproché [au RN] le travail de [ses] assistants parlementaires. Il était au courant de la mutualisation des assistants pendant dix ans», conclut-elle. Marine Le Pen ne voyait aucun problème dans la situation en question. Elle a vivement nié l’existence d’un «système», un terme qui lui «dérange car on a le sentiment d’une manipulation». Les accusations portent sur le détournement présumé par le Front National (RN) d’enveloppes mensuelles de 21 000 euros versées par l’Union européenne à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires, afin d’alléger les finances du parti.

Malgré cela, Marine Le Pen admet l’existence d’ «assistants mutualisés», c’est-à-dire «embauchés par un député et travaillant pour plusieurs députés». Elle insiste sur le fait que ces cas, étalés sur douze ans, sont tous très différents les uns des autres. Elle affirme que bien que le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, tous ces assistants travaillaient.

Marine Le Pen conteste fermement l’idée que le Front National a cherché à alléger ses charges, soulignant que la masse salariale du parti n’a cessé d’augmenter. Elle réfute également les allégations selon lesquelles elle aurait déclaré lors d’une réunion en 2014 que les députés bénéficieraient d’une aide d’assistant parlementaire, et que le reste de l’enveloppe irait au parti.

La présidente se défend également concernant le cas de Thierry Légier, son ancien garde du corps, qui avait un contrat d’assistant parlementaire. Elle déplore l’indignation causée par sa situation. Marine Le Pen s’emporte lorsque des mails compromettants sont évoqués, affirmant qu’elle n’était pas destinataire de ceux-ci. Elle affirme qu’elle n’aurait jamais demandé à un député de prendre des assistants pour travailler pour le Front National.

L’interrogatoire devient plus tendu lorsque la présidente accroche Marine Le Pen sur le cas de Julien Odoul, assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Marine Le Pen affirme qu’il pouvait être conseiller spécial à son cabinet et assistant parlementaire de madame Troszczynski, mais nie qu’il travaillait huit heures par jour à son cabinet.

En fin de journée, l’interrogatoire est interrompu et doit reprendre le lendemain. Marine Le Pen reste combative et précise dans ses réponses, malgré la tension de la situation.


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Marine Le Pen, au palais de justice de Paris, le 20 janvier 2026. (BERTRAND GUAY / AFP)

Marine Le Pen, au palais de justice de Paris, le 20 janvier 2026. (BERTRAND GUAY / AFP)

L’interrogatoire de la cheffe de file de l’extrême droite, qui a démarré mardi devant la cour d’appel de Paris, est le premier temps fort de ce procès. L’ancienne candidate à la présidentielle joue son avenir politique.

Dès l’ouverture d’audience, à 9 heures, mardi 20 janvier, Marine Le Pen apparaît concentrée. Assise au premier rang, à quelques mètres de Michèle Agi, la présidente de la cour d’appel, la cheffe de file de l’extrême droite prend des notes tout au long de l’interrogatoire du député Rassemblement national Julien Odoul, échangeant à plusieurs reprises avec Rodolphe Bosselut, son conseil historique.

Puis, à 13h30, son tour arrive enfin. La patronne du groupe RN à l’Assemblée, condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics européens, s’avance face à la cour, sous les ors du palais de justice de Paris. Le moment a quelque chose de solennel : la triple candidate à l’élection présidentielle joue sa survie politique, sous le regard de plusieurs dizaines de journalistes, français et internationaux. Le public, qui a attendu de longues heures dehors, est aussi présent en nombre. 

La présidente reprend d’abord le propos liminaire de Marine Le Pen à l’ouverture de l’audience, le 13 janvier, qui a pu apparaître comme une inflexion de sa ligne de défense. «Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis –, je veux bien l’entendre», a déclaré la députée du Pas-de-Calais. Plutôt qu’une dénégation en bloc des faits, Marine Le Pen a ainsi assuré ne pas avoir eu l’intention de commettre ce qui lui est reproché.

Mais les fondamentaux du premier procès sont toujours là. Dès qu’elle prend la parole, mardi, la leader de l’extrême droite incrimine le Parlement européen, qui «n’a jamais reproché [au RN] le travail de [ses] assistants parlementaires. Il était au courant de la mutualisation des assistants pendant dix ans», tranche-t-elle. A ses yeux, «la situation ne posait pas de problème». 

Comme en première instance, la cheffe de file de l’extrême droite réfute avec force l’existence d’un «système», terme qui la «gêne parce qu’on a le sentiment d’une manipulation». Le même mot est employé par l’accusation pour décrire comment, à ses yeux, le Front national (ancien nom du RN) a détourné, entre 2004 et 2016, des enveloppes mensuelles de 21 000 euros versées par l’Union européenne à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires, et ce afin de soulager les finances du parti.

Marine Le Pen concède toutefois l’existence d’«assistants mutualisés», c’est-à-dire «qui étaient embauchés par un député et qui travaillaient pour plusieurs députés». Mais elle tient aussitôt à faire la distinction entre «une succession de cas très différents les uns des autres» qui se sont étalés sur douze ans. Elle insiste d’une voix claire et posée sur le fait que, bien que le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, tous ces gens travaillaient.

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