À la Ferme de la Sauvagerie à Varennes-sur-Seine, deux maraîchers associés remplacent le plastique par du compost. Grâce au dispositif «Je nourris Paris !», une cagnotte citoyenne finance cette transition écologique majeure.
À 30 ans passés, Marie Graingeot a troqué les livres pour les légumes, prouvant ainsi qu’une reconversion radicale peut rimer avec un engagement écologique concret. Après huit années passées dans le secteur de l’édition à Paris, cette diplômée en lettres et sciences politiques a en effet décidé, en 2016, de prendre «la clef des champs» pour redonner du sens à son quotidien. Pour Marie, ce changement de vie était une évidence : «cultiver des légumes était un choix de carrière tout à fait désirable», confie-t-elle.
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In reality, we no longer use our lands to feed the local population as was the case until the 1970s. Only 15% of farms in Ile-de-France are engaged in organic farming for 12 million inhabitants according to the regional observatory of organic agriculture in 2024. At the Ferme de la Sauvagerie in Varennes-sur-Seine, two partner market gardeners are replacing plastic with compost. Through the «Je nourris Paris!» initiative, a citizen fund finances this major ecological transition.
Marie Graingeot, at over 30 years old, traded books for vegetables, proving that a radical career change can be aligned with concrete ecological commitment. After eight years in the publishing sector in Paris, this graduate in literature and political science decided in 2016 to «take the plunge» to give meaning to her daily life. For Marie, this change of life was obvious: «cultivating vegetables was a highly desirable career choice,» she says. Today, as co-founder of the Ferme de la Sauvagerie in Varennes-sur-Seine in the south of Seine-et-Marne, she, along with her partner Gaël Thomas, is leading a crucial donation campaign to eliminate plastic from their crops.
Their farm is a biodiversity laboratory. They have already planted 300 meters of hedges and dug ponds to promote a resilient environment. However, despite their organic certification, a remnant of conventional agriculture poses a problem: the use of plastic sheets to cover the soil. Currently, to combat erosion and nourish the soil, the market gardeners use either crops, green manure, or these famous plastic sheets. Although practical, the latter generate microplastic pollution and do not nourish the soil. Marie and Gaël therefore want to replace them with compost.
Asked about completely abandoning plastic, Marie remains realistic: «The goal is to really reduce it to a minimum. That is, to only use it when we absolutely have no other solutions.» Marie hopes to reduce her usage by 80% this year. However, spreading compost by hand over large areas is exhausting and time-consuming. To move to the next level, the farm needs to invest in ergonomic equipment: a spreader and a loader, representing a total budget of €15,000. This equipment would not only care for the soil but also spare the two market gardeners from fatigue by reducing physical strain.
The crowdfunding campaign launched by the farm has been a great success. To date, the fund has already raised €10,943 from over a hundred contributors. This amount is even more significant as it benefits from the «Je nourris Paris!» initiative. With over €10,000 in citizen donations already validated, the Paris City Hall will contribute its maximum of €10,000, bringing the total budget to around €20,000. Marie is eagerly awaiting the disbursement of these funds: «If the Paris City Hall reacts quickly, it would help us because we want to implement these practices as early as this year, for spring.»
Marie’s journey has not been easy in a region where more than 2/3 of the land is dedicated to cereals. Market gardening now represents less than 1% of agricultural land – a vestige of what was once the largest market gardening plain in France. Without the Abiosol network, a network that welcomes new candidates for installation in Organic and Solidarity Agriculture, she readily admits: «I, for example, would never have succeeded in converting if I had not had these structures. I would not have been able to do it on my own.»
Today, you can find products from the Ferme de la Sauvagerie at Parisian markets in Charonne (20th) and Cours de Vincennes (12th) on Wednesdays and Saturdays, as well as Thursdays at the covered market in Milly-la-Forêt, and in the plates of schoolchildren in Varennes-sur-Seine. Pour Marie, transformer l’agriculture n’est pas simplement un désir, c’est une nécessité vitale. Elle souligne que dans sa région, les terres agricoles sont parmi les meilleures du pays, mais qu’elles ne sont plus utilisées pour nourrir la population locale comme cela était le cas dans les années 1970. Seulement 15 % des exploitations agricoles en Île-de-France sont engagées dans l’agriculture biologique pour une population de 12 millions d’habitants, selon l’observatoire régional de l’agriculture biologique en 2024.
À la Ferme de la Sauvagerie à Varennes-sur-Seine, deux maraîchers associés ont décidé de remplacer le plastique par du compost dans le cadre du dispositif «Je nourris Paris !». Cette transition écologique majeure est financée par une cagnotte citoyenne.
Marie Graingeot, âgée de plus de 30 ans, a abandonné sa carrière dans l’édition à Paris pour se consacrer à la culture de légumes. Cette reconversion radicale témoigne de son engagement écologique concret. Elle a quitté son travail en 2016 pour devenir maraîchère à la Ferme de la Sauvagerie à Varennes-sur-Seine, dans le sud de la Seine-et-Marne, aux côtés de son associé Gaël Thomas. Pour Marie, cultiver des légumes était un choix de carrière désirable et nécessaire pour redonner du sens à sa vie.
La ferme de Marie et Gaël est un laboratoire de biodiversité où plus de cent variétés de légumes, de fruits et d’aromates certifiés biologiques sont cultivées sur cinq hectares de foncier communal, grâce au soutien de la mairie de Varennes-sur-Seine. Malgré leur certification AB, l’utilisation de bâches plastiques pour couvrir les sols pose problème, car elles génèrent de la pollution aux microplastiques. Pour résoudre ce problème, les maraîchers souhaitent les remplacer par du compost.
Marie reste réaliste quant à l’abandon total du plastique, affirmant qu’il est nécessaire de le réduire au maximum et de l’utiliser uniquement en dernier recours. Elle espère réduire son utilisation de 80 % dès cette année. Pour faciliter l’épandage du compost sur de vastes surfaces, la ferme a lancé une campagne de financement participatif qui a déjà récolté plus de 10 000 € auprès de plus d’une centaine de contributeurs. Ce montant est doublé par le dispositif «Je nourris Paris !» grâce à un partenariat entre la Ville de Paris et la plateforme Blue Bees.
Avec le soutien financier de la mairie de Paris, la ferme espère acquérir du matériel ergonomique pour soigner la terre et réduire la fatigue des maraîchers. Cette démarche vise à mettre en place des pratiques durables dès cette année, pour le printemps. Malgré les défis rencontrés dans une région où le maraîchage représente moins de 1 % de la surface agricole, Marie et Gaël poursuivent leur engagement pour une agriculture locale et respectueuse de l’environnement. Marie reconnaît volontiers que sans le réseau Abiosol, un réseau d’accueil pour de nouveaux candidats à l’installation en Agriculture Biologique et Solidaire, elle n’aurait jamais réussi à se reconvertir : «Moi typiquement, je n’aurais jamais réussi à me reconvertir si je n’avais pas eu ces structures-là. […] Je n’y serais pas arrivée toute seule.»
Aujourd’hui, les produits de la Ferme de la Sauvagerie sont disponibles sur les marchés parisiens de Charonne (20e) et du Cours de Vincennes (12e) les mercredis et samedis, ainsi que les jeudis au marché couvert de Milly-la-Forêt, et également dans les assiettes des écoliers de Varennes-sur-Seine.
Pour Marie, transformer l’agriculture n’est pas seulement un désir, c’est une nécessité vitale : «On est dans une région où les terres agricoles sont parmi les meilleures du pays ; c’est pour ça qu’on fait des céréales dessus, parce que les rendements sont importants. Mais en fait, on n’utilise plus nos terres pour nourrir la population locale comme c’était le cas jusque dans les années 1970.»
Selon l’observatoire régional de l’agriculture biologique en 2024, seulement 15 % des fermes sont engagées en bio en Ile-de-France pour 12 millions d’habitants.
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